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23 octobre 2026

Retraite à l’étranger : six pays comparés pour un retraité français

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Publié le :
23 octobre 2026

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

En résumé…

Un Français retraité ne choisit pas un pays pour son taux d’impôt mais pour la réponse à une seule question : quel État imposera chacune de ses pensions. Dans la plupart des conventions lues, la pension d’un emploi privé est imposée seulement dans le pays de résidence et la pension d’un ancien agent public reste imposée par l’État qui la verse. Deux conventions s’écartent de la règle sur un point : celle de Hong Kong pour la pension privée qui vient d’un fonds français reconnu, celle de l’Italie pour la pension de sécurité sociale.

Le pays se choisit donc deux fois : par le régime local qu’il offre, et par ce que sa convention avec la France laisse à la France.

« On m’a dit que le Portugal, la Grèce ou Singapour étaient imbattables pour la retraite. » Nous l’entendons d’un ancien cadre lyonnais qui a vendu sa société et touche une pension privée, une pension de base et quelques loyers. Sa question n’est pas « où paie-t-on le moins ? » mais « où paiera-t-il, sur chacune de ces lignes, et à qui ? ».

1. Trois pensions, trois règles

Privée, publique, sécurité sociale : la convention ne les traite pas pareil

Les conventions distinguent la pension privée (versée en raison d’un emploi passé), la pension publique (versée par un État ou une collectivité) et, dans certains textes, la pension de sécurité sociale. La règle courante : la privée est imposée dans l’État de résidence, la publique dans l’État qui la verse. Certaines conventions font exception : celle conclue avec l’Italie laisse à l’État qui la verse l’imposition de la pension de sécurité sociale (article 18, par. 2), l’État de résidence accordant un crédit d’impôt, et celle conclue avec le Luxembourg impose elle aussi à la source ces pensions. Où se range votre retraite de base ou votre retraite complémentaire ? La question se tranche convention par convention, pas par habitude : voir les pensions françaises des non-résidents.

Un régime local de faveur ne prime jamais la convention

Le cas de la Grèce le montre. Un retraité qui y transfère sa résidence peut demander, avant le 31 mars, un taux forfaitaire de 7 % sur ses revenus de source étrangère pendant quinze ans (article 5B du code des impôts grec), à condition de ne pas avoir été résident grec pendant cinq des six années précédentes et de venir d’un pays lié à la Grèce par un accord de coopération administrative. Le texte précise que l’article 5B ne l’emporte pas sur les conventions. Si la convention donne la pension à la France, le 7 % ne la touche pas.

2. Le tableau, pays par pays

PaysPension d’un emploi privé (convention)Pension publique française (convention)Régime local ou patrimoine
EspagneImposable seulement en Espagne (art. 18)Imposable seulement dans l’État payeur (art. 19, par. 2), sauf résident ayant la nationalité espagnole sans avoir celle de l’État payeur ; en principe en FranceImpôt sur le patrimoine : par défaut, 700 000 € exonérés et barème de 0,2 % à 3,5 % (valeurs 2025), que chaque communauté autonome peut modifier. Les éléments de patrimoine non visés aux autres paragraphes de l’article 23 de la convention ne sont imposables que dans l’État de résidence (par. 5). Voir notre article
PortugalImposable seulement dans l’État de résidence (art. 19)Imposable seulement dans l’État payeur (art. 20, par. 2, réécrit par le protocole signé le 25 août 2016), sauf résident qui en a aussi la nationalité sans avoir celle de l’État payeurRégime fiscal local : notre article
ItalieImposable seulement dans l’État de résidence (art. 18, par. 1)Imposable seulement dans l’État payeur (art. 19, par. 2), sauf résident ayant la nationalité italienne sans avoir celle de l’État payeur. Pension de sécurité sociale : imposable dans l’État qui la verse, avec crédit d’impôt en Italie (art. 18, par. 2)Voir notre article dédié et le régime des néo-résidents
GrèceImposable seulement dans l’État de résidence (convention de 1963, art. 12 ; convention signée le 11 mai 2022, art. 17). Le texte applicable dépend de sa date d’application, à vérifier avant tout calculImposable seulement dans l’État payeur (convention de 1963, art. 14 ; convention de 2022, art. 18, par. 2)7 % forfaitaire sur les revenus de source étrangère pendant 15 ans, sur demande avant le 31 mars ; le régime de l’article 5B n’écarte pas la convention
SingapourImposable seulement à Singapour (art. 17)Imposable dans l’État payeur (art. 18, par. 2). La convention ne traite pas expressément la pension de sécurité socialeRevenus de source étrangère reçus par un résident personne physique exonérés (section 13(7A) de la loi locale), sauf société de personnes à Singapour ; pas de droits de succession depuis le 15 février 2008
Hong KongPeut aussi être imposée en France si elle provient d’un fonds reconnu ou réglementé par la loi française (art. 17, par. 1 et 2)Imposable seulement dans l’État payeur (art. 18, par. 2)Pas de droits de succession depuis le 11 février 2006

Hong Kong est l’exception à retenir pour la pension d’un emploi privé : parmi les pays du tableau, c’est le seul dont la convention laisse aussi à la France le droit d’imposer une telle pension d’origine française, lorsqu’elle vient d’un fonds reconnu ou réglementé par la loi française. Pour la pension de sécurité sociale, l’Italie laisse de même l’imposition à l’État qui la verse. Un territoire à faible fiscalité ne dispense donc pas forcément de l’impôt français. Pour en savoir plus : Singapour, Hong Kong.

Pour le technicien. Espagne : convention du 10 octobre 1995, articles 18, 19 et 23 ; loi 19/1991 sur l’impôt sur le patrimoine (articles 4, 28 et 30). Italie : convention du 5 octobre 1989, articles 18 et 19. Portugal : convention du 14 janvier 1971, articles 19 et 20, et protocole du 25 août 2016 (article 20). Grèce : convention du 21 août 1963 (articles 12 et 14) ou convention signée à Athènes le 11 mai 2022 (articles 17, 18 et 29) ; article 5B du code des impôts grec (loi 4172/2013), demande auprès de l’autorité fiscale (AADE) avant le 31 mars. Singapour : convention du 15 janvier 2015, articles 17 et 18. Hong Kong : convention du 21 octobre 2010, articles 17 et 18. Références françaises : articles 4 B (domicile fiscal) et 164 B (revenus de source française des non-résidents) du Code général des impôts (CGI). Santé : règlement (CE) n° 883/2004, articles 24, 25 et 27.

3. Cas chiffré : deux pensions, deux États

Situation. Un retraité de 63 ans perçoit 30 000 € par an de pension privée et 12 000 € par an de pension d’ancien agent public français, soit 42 000 €. Il envisage l’Espagne ou la Grèce. Hypothèses : le seul revenu est ce couple de pensions, constant sur la période, et le retraité n’a ni la nationalité espagnole ni la nationalité grecque. Exemple illustratif, calculé avec les règles en vigueur au 23/10/2026.

Problème. Que reste-t-il à la France ?

Stratégie. Appliquer à chaque ligne la règle de sa convention, au lieu de raisonner sur le total.

Résultat. Espagne : la pension privée (30 000 €, soit 71,43 % du total) est imposée seulement en Espagne ; la pension publique (12 000 €, soit 28,57 %) reste imposée par la France, État payeur. Grèce : la convention attribue la pension privée à la Grèce (article 12 de la convention de 1963, article 17 de celle signée en 2022), donc le forfait de 7 % donne 7 % × 30 000 € = 2 100 € par an, soit 31 500 € sur 15 ans, pour cette ligne ; la pension publique reste imposée par la France, État payeur, et ne relève pas du forfait. Dans les deux pays, le chiffre dépend d’une lecture ligne par ligne, non d’un taux unique.

Notre position

Classer ses pensions avant de choisir son pays

Trois gestes. Dresser la liste de vos pensions et en déterminer la nature : privée, publique, sécurité sociale. Lire, pour chaque pays envisagé, l’article « pensions » de la convention et le comparer au régime local : un forfait de faveur ne vaut que si la convention laisse à l’État d’accueil le droit d’imposer. Enfin, traiter la santé avant de signer un bail : dans l’Union européenne, l’Espace économique européen ou la Suisse, le formulaire S1, demandé à sa caisse de retraite avant le départ, ouvre les soins du pays de résidence aux frais du régime français ; hors de cette zone, à Singapour ou à Hong Kong par exemple, la couverture de l’Assurance maladie française prend fin. Notre travail commence ici : dire, dans votre dossier, quelle ligne va où. Pour les pays dont les conventions sont détaillées : Espagne, Portugal, Italie, Grèce.

Questions fréquentes

Y a-t-il un pays où mes pensions françaises ne seraient imposées nulle part ?

La convention répartit le droit d’imposer, elle n’accorde pas l’exonération. Une absence d’impôt vient du régime local, pas de la convention, et une pension publique laissée à la France y reste imposée.

Dois-je encore déclarer en France si je pars à la retraite à l’étranger ?

Oui, pour les revenus de source française qui restent imposables en France (par exemple la pension publique, ou des loyers de biens situés en France). La pension doit aussi être servie à l’étranger : voir le certificat de vie.

Un forfait fiscal pour retraités suffit-il à choisir un pays ?

Non. Le forfait de la Grèce, par exemple, est conditionné par la durée de non-résidence antérieure, par le pays d’origine et par la convention. Il ne remplace ni la lecture de la convention ni les autres coûts du pays.

Vous préparez votre retraite à l’étranger ?

Le premier entretien sert à classer vos pensions, à lire la convention de chaque pays envisagé et à écarter ceux qui ne tiennent pas.

Vous êtes notaire, expert-comptable, avocat ou confrère conseil et un client part à la retraite hors de France ? Nous intervenons en co-traitance sur la lecture des conventions : le client reste le vôtre.

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Le premier entretien sert à établir votre position exacte et à dire s’il y a quelque chose à faire — parfois il n’y a rien, et nous le disons aussi. Trente minutes, sans engagement.

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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 23/10/2026.

Sources officielles consultées

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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