« Alexis, je vends ma boîte 5 millions d’euros dans deux ans, mais je pars m’installer à Maurice dans trois mois. Est-ce que je vais devoir payer l’impôt tout de suite ? »

Exemple chiffré
Cas type : dirigeant fondateur d'une société non cotée. Prix d'acquisition des titres : 10 000 €. Valeur vénale au jour du départ : 5 000 000 €. Plus-value latente : 4 990 000 €.
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Élément |
Montant |
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Plus-value latente imposable |
4 990 000 € |
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Impôt sur le revenu (12,8 %) |
638 720 € |
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Prélèvements sociaux (17,2 %) |
858 280 € |
Total exit tax théorique : 1 497 000 € (30 % de la plus-value latente). Ce montant n'est pas encaissé par le Trésor au jour du départ si le contribuable bénéficie du sursis. Il devient effectivement dû en cas de cession des titres avant les délais de péremption du sursis, ou à la date de cession effective dans la limite des quinze ans.
Qu'est-ce que l'exit tax ? Définition, mécanisme et exemple chiffré
L'exit tax est une imposition française codifiée à l'article 167 bis du Code général des impôts. Elle frappe les plus-values latentes sur les titres de sociétés détenus par un contribuable au moment où il transfère sa résidence fiscale hors de France. Elle est déclenchée si le patrimoine en valeurs mobilières dépasse 800 000 € ou si la participation atteint au moins 50 % du capital d'une société.
Le taux applicable est le PFU de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Un sursis de paiement automatique s'applique pour un transfert vers l'Union européenne ou l'Espace économique européen ; un sursis sur option, sous condition de constitution de garanties, est possible pour les autres destinations. L'exit tax devient libératoire au bout de quinze ans pour les titres conservés.
Le mécanisme en cinq points
Fait générateur : le transfert de résidence fiscale. L'exit tax est déclenchée le jour où le contribuable cesse d'être résident fiscal français au sens de l'article 4 B du CGI. La date d'effet retenue est généralement la date d'établissement effectif dans le pays d'accueil.
Assiette : les plus-values latentes au jour du départ. L'administration calcule la différence entre la valeur vénale des titres au jour du départ et leur prix d'acquisition. Cette différence latente devient imposable même en l'absence de cession effective.
Seuils de déclenchement : alternatifs. Le dispositif s'applique si l'une des deux conditions est remplie au moment du départ : patrimoine en titres supérieur à 800 000 € OU participation directe ou indirecte égale ou supérieure à 50 % dans une société française.
Taux : prélèvement forfaitaire unique de 30 %. L'imposition s'établit au PFU de 30 % (12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux). Le contribuable peut opter pour le barème progressif si cela s'avère plus favorable.
Sursis de paiement : automatique vers l'UE/EEE, sur option ailleurs. Pour un transfert vers un État membre de l'UE ou de l'EEE ayant conclu une convention d'assistance administrative avec la France, le sursis est de droit. Pour les autres pays, le contribuable doit en faire la demande et constituer des garanties (caution bancaire, nantissement de titres) sauf cas particuliers.
Lecture Balmont
L'exit tax n'est pas une taxe, c'est un sursis. Elle ne devient effectivement payée que dans trois cas : cession des titres avant la fin du sursis, retour en France avec rachat des titres, ou défaillance dans les obligations déclaratives annuelles. La maîtrise du dispositif consiste à ne jamais déclencher l'imposition effective : c'est l'objet de l'ingénierie de cession.
Comprendre l’Exit Tax :
Le « péage » fiscal des entrepreneurs
L’Exit Tax (article 167 bis du CGI) vise à imposer les plus-values latentes sur les droits sociaux, titres, ou participations détenus par les contribuables transférant leur domicile fiscal hors de France. L’idée du législateur est simple : éviter que vous n’alliez réaliser votre plus-value dans un pays à faible fiscalité après avoir profité de l’écosystème français.
Qui est concerné ? (Seuils et conditions d’application)
Vous entrez dans la catégorie de contribuables visés par le droit fiscal français si vous remplissez deux critères cumulatifs :
- Le critère de durée : Vous avez été résident fiscal français pendant au moins 6 ans au cours des 10 dernières années précédant votre départ.
- Le critère de patrimoine : Vous détenez des participations directes ou indirectes dont la valeur globale dépasse un plafond de valeur de 800 000 € OU si vous détenez au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société.

Les sociétés concernées et les actifs exclus
L’impôt cible principalement les titres de holding, de SAS ou de SARL, ainsi que les parts d’OPCVM. En revanche, les biens immobiliers (soumis à la fiscalité des revenus fonciers pour non-résidents) et les liquidités sont des actifs exclus de ce dispositif. Attention toutefois à l’IFI des non-résidents qui continuera de s’appliquer si votre patrimoine immobilier français dépasse 1,3 M€.
Élaboration de stratégie : Le sursis de paiement, votre meilleur allié
La clé d’une stratégie exit tax réussie réside dans l’obtention et le maintien du sursis de paiement. Sans ce sursis, l’impôt est dû dès l’année suivant votre départ, ce qui peut créer une impasse de trésorerie majeure (taxer une richesse « virtuelle » non encore encaissée).
Le Sursis Automatique vs Sursis sous Garantie
- Pays partenaires (UE, EEE) : Le sursis est automatique. Vous ne payez rien au moment du départ, l’impôt reste un impôt différé. Cela s’applique également à certains pays ayant signé une convention d’assistance mutuelle avec la France.
- Hors UE (ex: Dubaï, USA, Maurice, Singapour) : Le sursis nécessite une démarche administrative complexe. Vous devez désigner un représentant fiscal en France et constituer des garanties (caution bancaire, nantissement de titres) auprès du fisc pour couvrir 30 % de la plus-value latente (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux).
L’impact du PLF 2026 et le calendrier législatif
La nouvelle réglementation fiscale est mouvante. Les discussions autour de l’impact du PLF 2026 suggèrent un durcissement des conditions. Aujourd’hui, après un délai de 2 ou 5 ans (selon le montant des titres au départ), l’impôt est théoriquement effacé si vous n’avez pas vendu vos titres. Le législateur pourrait allonger ces délais pour lutter contre les « expatriations de confort » purement fiscales.
Optimisation patrimoniale avant le départ : Scénarios concrets
L’élaboration de stratégie doit intervenir au moins 6 à 12 mois avant le départ pour être efficace. Voici les leviers que nous activons chez Balmont Conseil :
La donation avant expatriation :
« Purger » la plus-value
C’est l’une des stratégies les plus puissantes. En donnant la nue-propriété de vos titres à vos enfants (donataires) avant votre départ, vous transférez la charge fiscale. Si les enfants restent résidents français, l’Exit Tax sur ces titres tombe. C’est une excellente façon de combiner optimisation patrimoniale et transmission de patrimoine.
L’apport à une Holding (150-0 B ter)
Si vous prévoyez de vendre votre entreprise après votre départ, l’apport des titres à une holding soumise à l’IS peut permettre de cristalliser le report d’imposition. Toutefois, attention au respect du quota de réinvestissement de 60 %. Nous analysons vos stratégies d’investissement pour vérifier que le réinvestissement est éligible et ne casse pas le report.
Gérer les clauses d’earn-out et de garantie
Pour les dirigeants en cours de cession, les clauses d’earn-out (complément de prix) sont un piège. Si le complément de prix est versé alors que vous êtes déjà à l’étranger, il peut être taxé deux fois selon les conventions fiscales. Nous retravaillons la valorisation des actifs et les protocoles pour minimiser ce risque.
Obligations déclaratives : Le parcours du combattant
Votre déclaration fiscale de non-résident devient une pièce maîtresse de votre patrimoine.
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L’année N+1 : Vous devez déposer le formulaire 2074-ETD avec votre déclaration de revenus. C’est à ce moment que l’on fixe l’évaluation des titres. Une sous-évaluation peut entraîner un redressement ; une surévaluation vous fait constituer des garanties trop lourdes.
2
Le suivi annuel (Formulaire 2074-ETS) : Chaque année, vous devez déclarer que vous détenez toujours les titres. L’omission de ce suivi des impositions est la cause n°1 de déchéance du sursis. Le fisc considère alors que l’impôt est dû immédiatement, avec pénalités de retard.
Seuil de l'exit tax : 800 000 € ou 50 % de participation, le détail des deux conditions
L'exit tax (article 167 bis du Code général des impôts) s'applique lorsque l'une des deux conditions suivantes est remplie au moment du transfert de résidence fiscale hors de France : soit la valeur globale des titres détenus dans le patrimoine du contribuable dépasse 800 000 €, soit la participation directe ou indirecte du contribuable dans une société atteint au moins 50 % de ses bénéfices ou de son capital.
Les deux conditions sont alternatives : il suffit qu'une seule soit satisfaite. La valeur retenue est la valeur vénale au jour du départ. L'appréciation se fait par foyer fiscal et inclut les titres détenus en pleine propriété, en nue-propriété et en usufruit.
Tableau récapitulatif des seuils
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Condition |
Seuil |
Référence légale |
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Patrimoine en titres |
≥ 800 000 € |
Article 167 bis I-1° CGI |
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Participation au capital |
≥ 50 % des droits sociaux |
Article 167 bis I-2° CGI |
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Périmètre |
Foyer fiscal complet |
Article 167 bis II CGI |
Lecture Balmont
Le seuil de 800 000 € paraît élevé mais il est franchi par la quasi-totalité des dirigeants ayant fondé une PME rentable depuis dix ans. La valorisation latente des titres non cotés est fréquemment sous-estimée par les fondateurs eux-mêmes. Notre cabinet pratique systématiquement une réévaluation contradictoire en début d'audit pour mesurer l'exposition réelle. La règle empirique : si le chiffre d'affaires dépasse 1,5 M€ avec une marge nette supérieure à 15 %, le seuil est presque toujours atteint.
Quels titres entrent dans le calcul ?
Sont inclus dans l'assiette tous les titres représentatifs de droits sociaux ou de valeurs mobilières détenus par les membres du foyer fiscal au jour du départ : actions, parts sociales, parts de FCP, parts de SICAV, obligations convertibles, bons de souscription, stock-options exercées et titres détenus dans le cadre de PEE, PERCO ou PEA déjà attribués.
Ne sont pas comptabilisés les contrats d'assurance-vie en unités de compte (relevant d'un régime distinct), les biens immobiliers détenus en direct (relevant le cas échéant de l'IFI et de la fiscalité des plus-values immobilières), et les titres de sociétés à prépondérance immobilière (régime spécifique).
1
Le seuil de 800 000 € se calcule-t-il en valeur vénale ou en prix d'acquisition ?
En valeur vénale au jour du transfert de résidence. Pour les titres non cotés, l'évaluation se fait par les méthodes admises par la doctrine fiscale (multiples sectoriels, actualisation des flux, valeur mathématique), et il est recommandé de la documenter contradictoirement par un commissaire aux comptes ou un expert agréé pour anticiper toute contestation ultérieure.
2
Le seuil de 50 % de participation s'applique-t-il par société ou par foyer ?
Par société, mais en cumulant les participations des membres du foyer fiscal et celles détenues indirectement via des structures interposées (holding, fiducie). Une participation individuelle de 30 % couplée à 25 % détenus par le conjoint atteint le seuil.
3
Une cession partielle juste avant le départ peut-elle ramener sous le seuil ?
Théoriquement oui, mais l'opération doit être réelle (transfert effectif des droits, prix réel) et antérieure au transfert de résidence. Une cession fictive ou intra-familiale serait écartée par l'administration au titre de l'abus de droit (article L. 64 du LPF). La pratique consiste plutôt à utiliser l'apport-cession via holding (article 150-0 B ter) pour différer la fiscalité plutôt que la contourner.
FAQ détaillée : Tout ce qu’un dirigeant doit savoir sur l’Exit Tax
L’accompagnement Balmont Conseil : Expertise et Précision
Analyse de risque
Nous simulons le coût réel d’une cession à 3, 5 et 10 ans selon votre pays de destination.
Coordination avec les experts
Nous travaillons avec vos avocats fiscalistes pour valider les clauses d’earn-out et de garantie.
Support technologique
Notre plateforme utilise l’IA pour surveiller les évolutions des conventions fiscales et vous alerter en cas de modification du droit applicable à votre situation d’expatrié.
Conclusion : L’anticipation, clé de votre sérénité internationale
Une stratégie exit tax n’est pas une tentative d’évitement fiscal, c’est une mesure de protection des actifs et de saine gestion. Dans un monde où le calendrier législatif s’accélère et où la transparence fiscale devient la norme (échange automatique d’informations), s’appuyer sur des stratégies d’investissement robustes est indispensable.