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Indemnités de fin de carrière

Indemnités de fin de carrière : une dette que votre entreprise doit déjà, et qu’elle peut financer à l’avance.

Chaque salarié qui part à la retraite a droit à une indemnité fixée par la loi ou la convention collective. Provisionnée au bilan, elle ne se déduit pas du résultat. Financée par un contrat d’assurance, les primes se déduisent, et le jour du départ, c’est l’assureur qui paie.

2 moisde salaire au minimum après 30 ans d’ancienneté pour un départ volontaire à la retraite, un demi-mois dès 10 ans (article D1237-1 du Code du travail). La convention collective prévoit souvent davantage.
Déductiblesles primes d’un contrat d’assurance qui finance les indemnités prévues par la convention collective (BOI-BIC-CHG-40-20-20), quand une provision ne l’est pas (article 39, 1-5° du CGI).
40 %de contribution patronale sur la part exonérée d’une indemnité de mise à la retraite, pour les départs depuis le 1er janvier 2026 (article L137-12 du Code de la sécurité sociale).

Le minimum légal

Ce que la loi impose, selon l’ancienneté.

Ancienneté dans l’entrepriseIndemnité minimale de départ volontaire
10 ansUn demi-mois de salaire
15 ans1 mois de salaire
20 ans1 mois et demi de salaire
30 ans2 mois de salaire

La convention collective ou le contrat de travail prévoient souvent davantage : c’est le montant le plus favorable qui est dû, et qu’il faut financer. La mise à la retraite, possible à partir de 70 ans, ouvre au moins l’indemnité de licenciement (article L1237-7 du Code du travail).

Provision ou contrat

La même dette, deux façons d’y faire face.

Ce qui changeProvision au bilanContrat d’assurance
Résultat imposablePas de déduction tant que l’indemnité n’est pas versée (article 39, 1-5° du CGI)Primes déductibles, si l’indemnité est prévue par la convention collective ou un accord
Le jour du départL’entreprise paie l’indemnité sur sa trésorerieL’assureur la verse, depuis le contrat
Au bilanUne provision, ou une mention en annexe (article L123-13 du Code de commerce)Les actifs du contrat viennent en déduction de l’engagement

Le contrat se dimensionne à partir de la convention collective, des salaires et de la pyramide des âges : on chiffre d’abord les départs des prochaines années.

Pour le salarié

Ce que reçoit celui qui part.

Départ volontaire

L’indemnité est imposable et soumise aux cotisations sociales, comme un salaire. Seuls les départs dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi y échappent (article 80 duodecies du CGI).

Mise à la retraite

Exonérée d’impôt sur le revenu jusqu’au plus élevé de trois montants : le montant légal ou conventionnel, 2 fois la rémunération de l’année précédente, ou 50 % de l’indemnité, dans la limite de 240 300 € en 2026 (article 80 duodecies du CGI).

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande.

Mon entreprise doit-elle inscrire cet engagement au bilan ?

Pas obligatoirement dans les comptes individuels : la provision est la méthode recommandée, et à défaut l’engagement figure en annexe (article L123-13 du Code de commerce). Il se calcule salarié par salarié, selon l’ancienneté, le salaire et la probabilité d’être encore présent au départ (recommandation ANC n° 2013-02).

Départ volontaire ou mise à la retraite : lequel coûte le plus à l’entreprise ?

La mise à la retraite. L’indemnité est au moins celle de licenciement, et l’employeur verse 40 % de contribution sur la part exonérée de cotisations, pour les départs depuis le 1er janvier 2026 (article L137-12 du Code de la sécurité sociale). Le départ volontaire coûte l’indemnité conventionnelle, avec les cotisations d’un salaire.

Combien faut-il prévoir ?

Un salarié qui part après 30 ans d’ancienneté avec un salaire de 4 000 € reçoit au moins 8 000 € au titre du minimum légal, davantage si la convention collective le prévoit. Additionné sur les départs des dix prochaines années, c’est ce montant que le contrat doit couvrir. Le simulateur en donne un premier ordre de grandeur.

Vos indemnités de fin de carrière, chiffrées salarié par salarié, et financées avant l’échéance.