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Convention fiscale

La convention fiscale France-Macédoine du Nord : dividendes à 15 %, intérêts et redevances sans taux

La convention France-Macédoine plafonne l’impôt de l’État de la source à 15 % du brut pour les dividendes. Une société qui détient au moins 10 % du capital n’est imposée que dans son État de résidence. Les intérêts et les redevances ne sont imposables que chez le bénéficiaire effectif, sous réserve d’exceptions. Le texte vise le revenu et la fortune.

Un texte de 1999 qui remplace celui de la Yougoslavie

La convention a été signée à Paris le 10 février 1999. Elle est entrée en vigueur le 1er mai 2004 et s’applique aux retenues à la source à compter du 1er janvier 2005. Elle remplace, pour les deux États, la convention signée le 28 mars 1974 avec la Yougoslavie (BOFiP, BOI-INT-CVB-MKD). Le BOFiP intitule sa page « Ex République Yougoslave de Macédoine » ; la liste administrative (BOI-ANNX-000306) écrit « Macédoine du Nord ». La convention n’est pas dans la liste des conventions modifiées par la MLI (BOI-ANNX-000511).

Macédoine du Nord : retenues maximales et règles clés

RevenuArticleRègle écriteMaximum à la source
Dividendes10Aussi imposables dans l’État de la source ; imposables seulement chez le bénéficiaire si c’est une société détenant au moins 10 % du capital15 % ; aucune imposition à la source pour la société à 10 %
Intérêts11Imposables seulement dans l’État du bénéficiaire effectif, sous réserve des exceptions des § 3, 5 et 6 (voir ci-dessous)Aucun taux écrit
Redevances12Imposables seulement dans l’État du bénéficiaire effectif, sous les mêmes réservesAucun taux écrit
Plus-values13Immeubles, dont ceux d’une société à actif immobilier de plus de 50 % : État de situation ; autres gains : État du cédantAucun taux écrit
Pensions18Imposables seulement dans l’État de résidence, hors fonction publiqueAucun taux écrit
Fortune23Immeubles : État de situation ; participation d’au moins 10 % du capital : voir l’articleAucun taux écrit

Le seuil de 10 % : de 15 % à zéro

Le paragraphe 2 de l’article 10 contient deux règles. Le a) plafonne l’impôt à 15 % du brut des dividendes. Le b) écarte toute imposition dans l’État de la source lorsque le bénéficiaire effectif est une société résidente de l’autre État qui détient directement ou indirectement au moins 10 % du capital de la société qui paie. Il n’y a pas de palier intermédiaire.

Dividendes de 50 000 € : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Un résident de Macédoine du Nord, personne physique, profil fictif, perçoit 50 000 € bruts de dividendes d’une société française.

Problème. Il veut connaître le maximum retenu par la France.

Stratégie. Il applique l’article 10 § 2 a), puis vérifie qu’il est bien le bénéficiaire effectif.

Résultat. Le plafond est de 7 500 € (15 % de 50 000 €), soit un reste d’au moins 42 500 €. Une société détenant au moins 10 % du capital ne serait pas imposée à la source : 50 000 € restent à elle avant son propre impôt. Ce calcul donne un maximum prévu par la convention, pas l’impôt effectivement dû.

Résidence (article 4) et salariés (article 15)

L’article 4 retient comme résident toute personne assujettie à l’impôt en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège de direction. Pour une personne physique résidente des deux États : foyer permanent, intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord des autorités.

Pour les salariés, l’article 15 retient un séjour qui n’excède pas au total 183 jours au cours de toute période de douze mois consécutifs, un employeur non résident de l’autre État et une charge non supportée par un établissement stable.

Éliminer la double imposition

L’article 24 prévoit que la France élimine la double imposition par un crédit d’impôt imputable sur l’impôt français, plafonné à l’impôt français correspondant. La Macédoine accorde une déduction de l’impôt payé en France, dans la limite de la fraction de l’impôt macédonien correspondante. L’article 27 organise l’échange de renseignements.

Ce que la page ne dit pas sur la Macédoine du Nord

Les impôts macédoniens internes, l’application à l’IFI (le texte vise l’ISF), les modalités du crédit d’impôt et la procédure amiable ne sont pas traités. Le texte lu ne mentionne ni successions ni donations.

Questions fréquentes

Quel plafond de retenue sur les dividendes entre la France et la Macédoine du Nord ?

15 % du brut (article 10 § 2 a). Une société résidente de l’autre État qui détient au moins 10 % du capital n’est imposée que chez elle (article 10 § 2 b).

Les intérêts et les redevances sont-ils retenus à la source ?

Le texte ne fixe aucun taux : ils ne sont imposables que dans l’État de résidence du bénéficiaire effectif (articles 11 et 12), sous réserve des exceptions suivantes : établissement stable ou base fixe dans l’État de la source (§ 3), relations spéciales (§ 5), créance ou droit constitué principalement pour tirer avantage de la convention (§ 6).

La convention couvre-t-elle les successions ?

Le texte lu vise le revenu et la fortune (article 2) et ne mentionne pas les successions.

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Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles