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Règle des 183 jours : salariés en mission à l’étranger et conventions fiscales
La règle des 183 jours est une clause de convention fiscale. Cette page lit celle du Luxembourg. Dans la convention France-Luxembourg, un salarié résident d’un État qui travaille dans l’autre reste imposable dans son État de résidence si trois conditions sont réunies : un séjour qui n’excède pas 183 jours, un employeur non résident de l’État d’exercice, une rémunération non supportée par un établissement stable situé dans cet État. Dépassez le seuil, et l’autre État peut imposer.
Cette page lit une seule convention, celle du Luxembourg (article 14 du texte consolidé, et commentaire BOFiP BOI-INT-CVB-LUX-20). Elle ne dit rien des autres conventions : leur rédaction peut différer. Elle ne traite pas les frontaliers, le télétravail, les cotisations sociales, ni les rémunérations différées.
Trois « 183 jours » qui n’ont rien à voir
| Où le chiffre apparaît | Ce qu’il sert à décider |
|---|---|
| Une clause de convention fiscale (ici art. 14 §2, France-Luxembourg) | Quel État impose le salaire d’une mission dans l’autre État |
| Le droit interne français, exonération du salarié détaché (article 81 A du CGI, BOI-RSA-GEO-10-20) | Une exonération d’impôt sur le revenu pour certaines activités exercées à l’étranger plus de 183 jours sur 12 mois consécutifs |
| Le domicile fiscal en France (fiche F62 de service-public.gouv.fr) | Le lieu de séjour principal |
Pour le troisième, la page ne publie pas de seuil de séjour : il est à vérifier auprès de la fiche F62 (vérifiée le 01/01/2026) avant de décider.
Pour le deuxième, le BOFiP BOI-RSA-GEO-10-20, en vigueur depuis le 08/06/2026, vise un détachement de plus de 183 jours sur 12 mois consécutifs. Les travailleurs frontaliers et les agents de la fonction publique sont exclus (paragraphe 80). Pour la prospection commerciale, la fiche F31442 (vérifiée le 15/04/2026) cite un seuil de 120 jours. Ce régime est une exonération de droit interne. Il ne remplace pas la lecture de la convention.
Ce que dit la convention France-Luxembourg
La convention a été signée à Paris le 20 mars 2018. Elle a été modifiée par un avenant du 10 octobre 2019 et par un avenant du 7 novembre 2022 (texte consolidé publié sur impots.gouv.fr).
Le principe : l’État où l’emploi est exercé
L’article 14, paragraphe 1, dit que les salaires reçus par un résident d’un État au titre d’un emploi salarié ne sont imposables que dans cet État, à moins que l’emploi ne soit exercé dans l’autre. Si l’emploi y est exercé, « les rémunérations reçues à ce titre sont imposables dans cet autre Etat ». Le BOFiP le résume ainsi : les salaires d’origine privée sont imposables dans l’État où s’exerce l’activité professionnelle (BOI-INT-CVB-LUX-20, paragraphe 250).
L’exception : trois conditions cumulatives
Le paragraphe 2 de l’article 14 prévoit que les rémunérations ne sont imposables que dans l’État de résidence si les trois conditions suivantes sont réunies :
- le salarié séjourne dans l’autre État pendant une période ou des périodes « n’excédant pas au total 183 jours », durant toute période de douze mois commençant ou se terminant durant l’année fiscale considérée (texte consolidé) ;
- les rémunérations sont payées par un employeur, ou pour son compte, qui n’est pas résident de l’autre État ;
- la charge des rémunérations n’est pas supportée par un établissement stable que l’employeur a dans l’autre État.
Il suffit qu’une condition manque pour que l’exception tombe. Le seuil de 183 jours n’est donc qu’une des trois portes.
Comment on compte les jours
Le commentaire BOFiP retient la méthode des jours de présence physique (BOI-INT-CVB-LUX-20, paragraphe 270). Le jour d’arrivée et le jour de départ comptent. Toute fraction de journée passée dans l’État compte comme une journée, et les samedis, dimanches, jours fériés et jours de vacances sont des jours de présence. Les journées de simple transit entre deux points extérieurs à l’État d’activité sont exclues. Le paragraphe 280 retient la durée totale de tous les séjours : si elle dépasse 183 jours, l’imposition revient à l’État où les séjours sont accomplis, pour l’ensemble des rémunérations liées à l’activité exercée pendant ces séjours.
Ce qui se vérifie dans le texte à jour
Deux points sont à vérifier auprès du texte consolidé à jour et de ses avenants avant toute décision : la période d’appréciation des 183 jours, et le point 3 du protocole (règle propre à certains salariés, fondée sur un nombre de jours de présence). La page ne publie aucun chiffre sur ce point 3 : à vérifier auprès de la source.
Le BOFiP BOI-INT-CVB-LUX-20 date du 23/02/2021. Le dernier avenant, du 7 novembre 2022, est postérieur à cette version du commentaire. Le texte consolidé indique, par une note, que le point 3 du protocole a été modifié par cet avenant.
La convention prévaut sur le droit interne
Quand une convention s’applique, sa notion de résident l’emporte sur celle de domicile fiscal du droit interne (BOI-INT-DG-20-10-10, paragraphe 40). Sans convention, le droit interne de chaque pays s’applique (economie.gouv.fr, page du 24/04/2026). Voir notre page sur la liste des conventions pour savoir si un pays est lié à la France.
Règle des 183 jours : exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Sophie, résidente fiscale de France, est salariée d’un employeur résident de France. En 2026, elle effectue plusieurs missions au Luxembourg. Hypothèses : son employeur n’a pas d’établissement stable au Luxembourg qui supporte sa rémunération, elle n’a pas d’autre séjour au Luxembourg sur les douze mois qui précèdent et qui suivent ces séjours, et tous les jours de chaque séjour, week-ends compris, sont des jours de présence.
Problème. Son séjour excède-t-il 183 jours, en comptant arrivée et départ ?
Stratégie. Compter les jours de présence physique de chaque séjour, jour d’arrivée et jour de départ inclus, puis additionner.
Résultat.
| Scénario A | Scénario B | |
|---|---|---|
| 1er séjour : 2 mars au 30 avril | 60 jours | 60 jours |
| 2e séjour : 8 juin au 24 juillet | 47 jours | 47 jours |
| 3e séjour | 14 sept. au 9 oct. : 26 jours | 14 sept. au 30 nov. : 78 jours |
| Total | 133 jours | 185 jours |
| Écart avec le seuil de 183 jours | 50 jours sous le seuil | 2 jours au-dessus |
Dans le scénario A, la condition de durée est remplie. Les deux autres conditions sont supposées remplies (voir les hypothèses), donc l’exception s’applique. Dans le scénario B, le seuil est dépassé de 2 jours : selon le BOFiP, l’imposition revient au Luxembourg pour l’ensemble des rémunérations liées à l’activité exercée pendant les séjours.
Ce profil est fictif. Les chiffres illustrent le décompte et ne présagent pas de votre situation (décompte par dates, arrivée et départ inclus).
Règle des 183 jours : ce qui change selon votre cas
- La convention applicable : la rédaction du seuil, de la période et des conditions peut différer d’un pays à l’autre.
- Votre employeur : résident ou non de l’État où vous travaillez, présence d’un établissement stable.
- Le décompte réel de vos jours de présence, séjour par séjour.
- Les points particuliers du protocole, dont le point 3 de la convention France-Luxembourg.
- Votre statut : salarié détaché, frontalier, agent public, avec des règles propres.
La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.
Questions fréquentes
Les 183 jours sont-ils les mêmes dans toutes les conventions ?
Cette page ne reprend que la convention France-Luxembourg. Chaque convention a son propre texte : il se lit pays par pays.
Comment compte-t-on les jours ?
Selon le commentaire BOFiP de la convention France-Luxembourg, en jours de présence physique : arrivée et départ comptent, toute fraction de journée compte, le simple transit est exclu (BOI-INT-CVB-LUX-20, paragraphe 270).
Que se passe-t-il si je dépasse 183 jours dans l’autre pays ?
L’imposition revient à l’État où les séjours sont accomplis, pour les rémunérations liées à l’activité exercée pendant ces séjours (BOI-INT-CVB-LUX-20, paragraphe 280).
Les 183 jours de l’exonération du salarié détaché sont-ils la même règle ?
Non. C’est une condition de droit interne (article 81 A du CGI) pour certaines activités énumérées, sur 12 mois consécutifs (BOI-RSA-GEO-10-20). La convention est une autre source.
Suffit-il de passer moins de 183 jours en France pour ne plus y être résident ?
La page ne publie pas de seuil : il est à vérifier auprès de la fiche F62. Le domicile fiscal repose sur plusieurs critères, dont un seul suffit. Voir notre page sur l’activité principale et le domicile fiscal.
Faire le point avant une mission longue
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Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
À lire aussi
Sources officielles
- impots.gouv.fr, convention France-Luxembourg, texte consolidé (signée le 20/03/2018, avenants du 10/10/2019 et du 07/11/2022) : https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/luxembourg/nid_13316_convention_fr_lux_consolidee.pdf
- BOFiP, BOI-INT-CVB-LUX-20 (version du 23/02/2021) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-INT-CVB-LUX-20
- BOFiP, BOI-INT-DG-20-10-10 (version du 12/09/2012) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-INT-DG-20-10-10
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-10-20 (en vigueur depuis le 08/06/2026) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-RSA-GEO-10-20
- service-public.gouv.fr, fiche F31442 (vérifiée le 15/04/2026) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31442
- service-public.gouv.fr, fiche F62 (vérifiée le 01/01/2026) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F62
- economie.gouv.fr, « Impôt : quelles règles pour les résidents à l’étranger » (24/04/2026) : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/impots-et-fiscalite/gerer-mon-impot-sur-le-revenu/impot-quelles-regles-pour-les-residents-letranger