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Fiscalité et résidence
Vivre au Cameroun : domicile fiscal, barème des salaires et impôt sur les capitaux mobiliers
Le Cameroun impose à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) toute personne qui y a un domicile fiscal, sous réserve des conventions internationales. Une personne domiciliée y déclare l’ensemble de ses revenus mondiaux. Un salarié est taxé selon un barème de 10 % à 35 %, un dividende à 16,5 % au taux normal. La France peut, en parallèle, continuer à vous considérer comme domicilié chez elle : la convention de 1976 départage alors les deux États.
Cette page s’appuie sur deux fiches de la Direction générale des impôts (DGI) du Cameroun, publiées sans date et consultées le 18/10/2026, et sur la convention. Un code général des impôts camerounais, édition 2026, est publié sur le site de la DGI ; nous n’avons pas pu en lire les articles 24, 25 et 74 bis ni le barème de l’IRPP. Les articles cités viennent des fiches : vérifiez chaque chiffre dans le code avant de vous y fier. La page ne traite ni la sécurité sociale camerounaise, ni le placement de l’épargne sur place, ni les visas.
L’article 25 : qui est domicilié au Cameroun ?
Selon la fiche de la DGI, l’article 25 du code général des impôts pose le principe : « toutes les personnes physiques ayant un domicile fiscal au Cameroun sont imposables à l’IRPP ». La fiche décrit comme domiciliées au Cameroun les personnes qui :
- ont leur foyer ou leur lieu de séjour principal au Cameroun ;
- y exercent une activité professionnelle, salariée ou non, sauf si elle est exercée à titre accessoire ;
- y ont le centre de leurs intérêts économiques.
La fiche ne donne aucun seuil de jours. Elle ne dit pas non plus si un seul de ces trois points suffit : cela se vérifie dans le texte du code. Elle range aussi parmi les résidents fiscaux les personnes imposables en vertu d’une convention.
Ces critères sont ceux du droit camerounais. Quand la France vous considère aussi comme domicilié chez elle, c’est l’article 2 de la convention qui tranche : le foyer permanent d’habitation, c’est-à-dire le centre des intérêts vitaux, puis le séjour le plus long, puis la nationalité. Le détail figure dans notre page sur la convention.
Revenus mondiaux pour les résidents, revenus camerounais pour les autres
La fiche est nette pour les résidents : « tout résident fiscal au Cameroun est tenu de déclarer l’ensemble de ses revenus mondiaux ». Elle donne l’exemple des dividendes d’une société étrangère, imposables au Cameroun, sans indiquer le taux applicable à ce cas. Elle vise aussi les personnes, résidentes ou non, qui perçoivent des revenus de source camerounaise.
L’article 24 du code range les revenus en sept catégories : traitements, salaires, pensions et rentes viagères ; revenus de capitaux mobiliers ; revenus fonciers ; bénéfices industriels et commerciaux ; bénéfices agricoles ; bénéfices des professions non commerciales ; autres revenus non commerciaux. Les pensions de retraite relèvent donc de la catégorie des traitements et salaires, d’après la fiche.
Le barème sur les salaires
La fiche « Traitements et salaires » décrit le calcul ainsi :
| Étape | Règle |
|---|---|
| Abattement | 30 % du revenu brut pour frais professionnels, avant déduction des cotisations sociales obligatoires |
| Abattement | 500 000 F CFA sur le revenu imposable annuel |
| Jusqu’à 2 000 000 F CFA | 10 % |
| De 2 000 001 à 3 000 000 F CFA | 15 % |
| De 3 000 001 à 5 000 000 F CFA | 25 % |
| Au-delà de 5 000 000 F CFA | 35 % |
| Majoration | 10 % de l’impôt liquidé, au titre des centimes additionnels communaux (CAC) |
L’employeur retient l’impôt à chaque paiement et le reverse au plus tard le 15 du mois suivant. Aucune retenue n’est opérée si le salaire mensuel est inférieur à 62 000 F CFA. Le barème de la fiche vaut pour les salaires : nous ne donnons pas celui des autres catégories.
Dividendes et intérêts : l’IRCM
Pour les revenus de capitaux mobiliers (IRCM), la fiche donne trois taux, CAC compris :
| Revenu | Taux |
|---|---|
| Taux normal : 15 % d’IRCM, plus 10 % de ce montant au titre des CAC | 16,5 % |
| Intérêts d’obligations d’une durée d’au moins 5 ans : 5 % plus CAC | 5,5 % |
| Dividendes et intérêts d’actions ou obligations cotées à la BVMAC : 10 % plus CAC | 11 % |
La seconde fiche de la DGI, qui résume les principaux impôts, donne l’IRCM à 15 % dans une colonne intitulée « hors CAC » : les deux documents sont cohérents. Le payeur dispose de 15 jours après le paiement pour reverser l’impôt. La fiche prévoit des taux majorés dans certains cas, que cette page ne détaille pas.
La convention France-Cameroun plafonne à 15 % l’impôt de l’État de la société sur les dividendes, pour le bénéficiaire effectif (article 13 § 2). Cette page ne tranche pas la façon dont ce plafond s’articule avec le taux normal de 16,5 % du droit interne : la question se pose à partir de votre situation et se vérifie avec un conseil local.
Déclarer : le 30 juin
Les contribuables non professionnels souscrivent une déclaration annuelle récapitulative de revenus « au plus tard le 30 juin de chaque année » (article 74 bis du code, cité par la fiche). Le retard de paiement de l’IRPP est sanctionné par des intérêts et des pénalités dont la fiche donne les taux ; vérifiez-les avant de vous fier à une échéance.
Patrimoine et transmission : ce que la fiche de la DGI donne
La seconde fiche, qui résume les principaux impôts, indique, hors CAC : un impôt sur les plus-values de cession immobilière à 5 %, une taxe sur la propriété foncière à 0,1 %, des droits d’enregistrement sur les mutations par décès selon un barème progressif renvoyant à l’article 544-B-b du code, et un droit proportionnel sur les mutations entre vifs au taux de 15 %, 10 %, 5 %, 2 % ou 1 %, la fiche mentionnant aussi des droits fixes. Les taux du barème des mutations par décès ne figurent pas dans la fiche, qui se présente comme un résumé. Nous ne chiffrons donc pas une succession camerounaise.
Côté convention, les articles 27 à 34 A traitent des successions : les immeubles ne sont soumis à l’impôt sur les successions que dans l’État où ils sont situés, les autres biens dans l’État où le défunt avait son domicile au décès (articles 28 et 32).
Salaires et seuil de 183 jours
Si vous restez salarié d’un employeur français et séjournez au Cameroun, l’article 22 de la convention fixe le seuil de 183 jours sur l’année fiscale, sous deux autres conditions. Il ne s’agit pas du seuil de résidence camerounaise, que la fiche de la DGI ne chiffre pas.
Salaire de 12 000 000 F CFA et dividende de 5 000 000 F CFA : exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Un salarié domicilié au Cameroun, profil fictif, perçoit 12 000 000 F CFA bruts par an. Il reçoit aussi un dividende de 5 000 000 F CFA, versé par une société camerounaise (hypothèse de l’exemple).
Problème. Il veut estimer l’impôt qui résulte du barème décrit par la DGI, en ignorant ses cotisations sociales, dont la fiche ne détaille pas l’articulation avec les abattements.
Stratégie. Il applique l’abattement de 30 %, puis celui de 500 000 F CFA, passe le revenu dans les quatre tranches, ajoute les 10 % de CAC, puis applique le taux d’IRCM au dividende.
Résultat. L’abattement de 30 % ramène 12 000 000 à 8 400 000 F CFA, puis à 7 900 000 après l’abattement de 500 000. Les tranches donnent 200 000, 150 000, 500 000 et 1 015 000 F CFA, soit 1 865 000 F CFA d’IRPP. Avec 186 500 F CFA de CAC, le total s’élève à 2 051 500 F CFA. Sur le dividende, supposé versé par une société camerounaise, le taux normal de 16,5 % de la fiche donne 825 000 F CFA ; au taux de 11 % applicable aux titres cotés à la BVMAC, 550 000 F CFA. La fiche ne donne pas le taux d’un dividende de société étrangère : l’exemple n’en traite pas. Ce calcul est une illustration : le calcul réel de l’employeur peut différer, et le plafond de 15 % de la convention n’est pas intégré.
Ce qui change selon votre cas
- Votre domicile : foyer, activité professionnelle, centre des intérêts économiques, et l’article 2 de la convention si la France vous retient aussi.
- La nature de vos revenus : salaires, capitaux mobiliers, immobilier, activité non salariée.
- Le caractère coté ou non de vos titres.
- La situation de vos biens, pour les droits sur les mutations et les successions.
La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.
Questions fréquentes
Un Français installé au Cameroun est-il imposé sur ses revenus mondiaux ?
Selon la fiche de la DGI, tout résident fiscal au Cameroun déclare l’ensemble de ses revenus mondiaux. La qualité de résident s’apprécie selon l’article 25 du code, sous réserve des conventions.
Quel est le taux d’imposition des dividendes au Cameroun ?
La fiche de la DGI donne 16,5 % au taux normal, centimes additionnels compris, et 11 % pour les titres cotés à la BVMAC. La convention plafonne à 15 % l’impôt de la source pour le bénéficiaire effectif.
Quel est le barème de l’impôt sur les salaires ?
10 % jusqu’à 2 000 000 F CFA, puis 15 %, 25 % et 35 % au-delà de 5 000 000 F CFA, après abattements, avec 10 % de centimes additionnels communaux.
Quelle est la date limite de déclaration ?
Le 30 juin de chaque année pour la déclaration annuelle récapitulative des contribuables non professionnels, selon la fiche de la DGI.
Faut-il encore déclarer en France ?
Cela dépend de votre domicile fiscal français, que l’article 4 B du CGI apprécie et que la convention peut départager.
Faire le point sur votre situation
Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et le Cameroun. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- Direction générale des impôts du Cameroun, « Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) : ce que vous devez savoir » : https://www.impots.cm/sites/default/files/documents/TOUT%20SAVOIR%20SUR%20L%27IRPP_0.pdf
- Direction générale des impôts du Cameroun, « Principaux impôts et taxes du système fiscal camerounais » : https://www.impots.cm/sites/default/files/documents/FT%20imp%C3%B4ts%20et%20taxes%20du%20syst%C3%A8me%20fiscal%20Camerounais%202.pdf
- Texte de la convention France-Cameroun (DGI du Cameroun) : https://www.impots.cm/sites/default/files/documents/Convention-franco-camerounaise.pdf
- Doctrine BOFiP, convention France-Cameroun (BOI-INT-CVB-CMR) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/pgp/554-PGP