Accueil / Ressources / PER ou assurance-vie : fiscalité et sorties comparées

Assurance, prévoyance et retraite

PER ou assurance-vie : comparer la fiscalité et les sorties en 2026

Le PER et l’assurance-vie ne répondent pas à la même question. Les versements volontaires sur un PER sont déductibles du revenu global, dans une limite, mais l’épargne n’est disponible avant la retraite que dans des cas listés. L’assurance-vie permet des retraits à tout moment et des versements sans limite de montant, avec une fiscalité qui dépend de l’ancienneté du contrat.

Cette page compare les règles. Elle ne dit pas lequel choisir : cela dépend de votre taux d’imposition aujourd’hui et à la sortie, et de votre besoin de liquidité. Selon les supports choisis (unités de compte, actions), l’épargne placée dans l’un ou l’autre produit comporte un risque de perte en capital.

Elle ne traite pas la fiscalité au décès, le taux des prélèvements sociaux de l’assurance-vie, les contrats luxembourgeois, les non-résidents ni la durée du report des plafonds non utilisés.

Le tableau de comparaison

PERAssurance-vie
VersementsVolontaires : déductibles du revenu global, dans la limite d’un plafondSans limite de montant
Déduction à l’entréeOui, dans la limite du plafond ; option possible pour renoncer à la déductionLes sources officielles citées sur cette page n’en décrivent pas
Versements à partir de 70 ansNon déductibles depuis le 1er janvier 2026Sans objet pour la déduction
DisponibilitéDans les seuls cas listés par les textesRetraits à tout moment
Sortie en capitalPart des versements déduits : barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %. Produits : prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026Gains imposés selon l’ancienneté : 12,8 % avant 8 ans ; 7,5 % sous conditions après 8 ans, après abattement
Versements non déduitsPart de capital correspondante exonérée d’impôt sur le revenuSans objet
RentePrélèvements sociaux à 18,6 % sur une fraction de la rente versée à compter du 1er janvier 2026Non traitée ici

Le simulateur PER ou assurance-vie du site illustre ces mécanismes. Il ne remplace pas l’analyse de votre dossier.

À l’entrée : la déduction

Pour le PER, la page de l’administration fiscale indique que les cotisations « sont déductibles du revenu global ». Les travailleurs non salariés peuvent opter pour une déduction de leurs revenus professionnels.

Le plafond de déduction pour 2026 est calculé sur les revenus d’activité de 2025, nets de frais professionnels. Il est égal à 10 % de ces revenus, avec un maximum de 37 680 € et un minimum de 4 710 €. Service-public précise que ce montant est réduit de certains éléments, par exemple des abondements de l’employeur. Le calcul détaillé fait l’objet de la page dédiée au plafond de déduction.

Deux règles complètent ce plafond :

  • À partir de 70 ans, les versements ne sont plus déductibles. Le BOFiP écrit qu’ils « ne sont plus déductibles lorsque le titulaire de ce plan est âgé de soixante-dix ans ou plus ». Cette règle s’applique depuis le 1er janvier 2026. Les versements restent possibles.
  • La déduction est facultative. Pour le PER individuel, l’option de renoncer à la déduction doit être déclarée au gestionnaire du plan au moment de chaque versement (service-public). Le BOFiP vise, pour cette option, le PERECO, le PERO et le PERIN. Elle change le régime fiscal de la sortie (voir plus bas).

La durée du report d’un plafond non utilisé n’est pas donnée ici : les sources officielles lues divergent, et la règle a été modifiée par la loi de finances pour 2026. Vérifiez-la avant de verser.

Pour l’assurance-vie, les pages officielles citées décrivent des versements sans limite de montant, sans déduction du revenu à l’entrée. La comparaison n’en retient donc pas.

La disponibilité : le point qui sépare les deux produits

L’assurance-vie. economie.gouv.fr indique qu’elle permet des retraits à tout moment. La fiscalité dépend ensuite de l’ancienneté du contrat.

Le PER. Service-public.gouv.fr précise que l’épargne se récupère de façon anticipée, sous forme d’un versement unique, « dans les seuls cas suivants ». La liste comprend notamment le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, l’invalidité, le surendettement et l’achat de la résidence principale. Une page dédiée détaille cette liste.

Pour la résidence principale, les droits issus de versements obligatoires restent bloqués. Selon service-public, l’épargne issue des versements obligatoires dans un PER d’entreprise est versée uniquement sous forme de rente. Si le montant mensuel de la rente ne dépasse pas 110 €, elle peut être convertie en capital, d’un commun accord entre l’assureur et le bénéficiaire.

Le régime fiscal de la sortie anticipée pour la résidence principale n’est pas traité ici : il se vérifie avant toute demande.

À la sortie : la fiscalité

PER, sortie en capital

La fiscalité dépend de l’origine des sommes retirées :

  • Versements déduits. La part de capital correspondante est imposée comme une pension, au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans l’abattement de 10 % (BOFiP, BOI-RSA-PENS-30-10-20). Aucun prélèvement social ne s’y ajoute.
  • Produits. Ils sont imposés au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt sur le revenu, soit 31,4 % au total en 2026 avec 18,6 % de prélèvements sociaux. L’option pour le barème est possible.
  • Versements non déduits. La part de capital correspondante est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

PER, sortie en rente

Des prélèvements sociaux s’appliquent sur une fraction de la rente, au taux de 18,6 % pour les rentes versées à compter du 1er janvier 2026.

Assurance-vie, rachat

Seuls les gains sont imposés. Pour des primes versées depuis le 27 septembre 2017 :

Ancienneté du contratImpôt sur le revenu sur les gains
Moins de 8 ansPrélèvement de 12,8 %, ou barème progressif sur option globale
8 ans et plus7,5 % sous conditions, sinon 12,8 % ; l’abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) s’applique à l’ensemble des contrats

Le taux de 7,5 % dépend du montant global des primes non remboursées en capital, apprécié sur l’ensemble de vos contrats au regard d’un seuil de 150 000 €.

Les prélèvements sociaux de l’assurance-vie ne sont pas chiffrés ici. Les pages officielles que nous avons lues donnent des taux différents (17,2 % ou 18,6 %, avec des exceptions selon les contrats). Nous ne tranchons pas : faites vérifier le taux qui s’applique à votre contrat avant de décider.

La transmission

economie.gouv.fr présente l’assurance-vie comme un outil de transmission et recommande de prendre le temps de rédiger la clause bénéficiaire. La fiscalité au décès, pour l’un et l’autre produit, n’est pas traitée ici.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Une cheffe d’entreprise a perçu 200 000 € de revenus d’activité en 2025, nets de frais professionnels. Elle est célibataire (une part de quotient familial) et résidente fiscale en France. En 2026, elle a 20 000 € disponibles. Hypothèses : son revenu net imposable avant déduction est de 200 000 €, sans autre revenu ni autre abattement ; aucun autre versement ni abondement ne réduit son plafond ; primes d’assurance-vie sous 150 000 €, aucun autre contrat ; règles inchangées jusqu’à la sortie.

Problème. Comparer, sur le seul impôt sur le revenu, 20 000 € versés sur un PER et 20 000 € versés sur une assurance-vie.

Stratégie. Calculer le plafond, puis l’impôt sur le revenu à l’entrée et à la sortie pour chaque produit. Le capital est retiré en une fois, avec 10 000 € de produits (hypothèse de calcul, sans prévision de rendement). L’assurance-vie est rachetée après 8 ans. Le taux de sortie de la part déduite n’est pas connu : quatre taux d’illustration sont testés.

Résultat.

Le plafond de déduction est de 10 % × 200 000 € = 20 000 €, entre le minimum de 4 710 € et le maximum de 37 680 €. Le versement de 20 000 € est donc intégralement déductible.

À l’entrée, le revenu net imposable passe de 200 000 € à 180 000 €. Avec le barème applicable aux revenus 2025 (service-public F1419 : 41 % de 84 578 € à 181 917 € ; 45 % au-delà), 18 083 € de la part déduite auraient été imposés à 45 % et 1 917 € à 41 %. L’impôt sur le revenu diminue donc de 18 083 × 45 % + 1 917 × 41 % = 8 923,32 €.

À la sortie du PER, les produits de 10 000 € sont imposés à 12,8 %, soit 1 280 € d’impôt sur le revenu. Dans l’assurance-vie, le gain de 10 000 € est réduit de l’abattement de 4 600 €, soit 5 400 €, imposés à 7,5 % : 405 €.

Taux qui s’applique à la sortie à la part déduite (hypothèse)Impôt sur le revenu net du PER (entrée et sortie)Impôt sur le revenu de l’assurance-vieÉcart
10 %− 5 643,32 €405 €PER : 6 048,32 € de moins
30 %− 1 643,32 €405 €PER : 2 048,32 € de moins
41 %556,68 €405 €PER : 151,68 € de plus
45 %1 356,68 €405 €PER : 951,68 € de plus

Un montant négatif signifie que l’impôt évité à l’entrée dépasse l’impôt payé à la sortie.

Ce tableau ne compte ni les prélèvements sociaux ni la disponibilité. Sur les produits du PER, 18,6 % de prélèvements sociaux s’ajoutent : 1 860 € pour 10 000 € de produits. Le taux de l’assurance-vie n’est pas chiffré ici. Les sommes du PER ne sont pas disponibles avant la sortie, hors cas listés ; celles de l’assurance-vie le sont à tout moment. Selon les supports, le capital investi peut aussi baisser : le calcul suppose 10 000 € de produits et n’est pas une prévision.

Ce profil est fictif. Les taux de sortie de 10 %, 30 %, 41 % et 45 %, ainsi que les 10 000 € de produits, sont des hypothèses de calcul. Les chiffres illustrent le mécanisme et ne présagent pas de votre situation.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre taux d’imposition aujourd’hui, et celui que vous attendez à la sortie. Dans l’exemple, l’écart change de sens selon le taux de sortie retenu.
  • Votre âge, au regard du seuil de 70 ans pour la déduction.
  • Votre besoin de disponibilité : retraits à tout moment d’un côté, cas listés de l’autre.
  • L’ancienneté de vos contrats d’assurance-vie et le montant de vos primes, qui déterminent le taux de 7,5 % ou de 12,8 %.
  • Le statut de vos versements dans le PER : déduits, non déduits, volontaires ou obligatoires.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Un versement sur un PER est-il déductible ?

Oui, du revenu global, dans la limite d’un plafond : 10 % de vos revenus d’activité, avec un maximum de 37 680 € et un minimum de 4 710 € pour 2026 (revenus 2025). À partir de 70 ans, les versements ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026.

Peut-on retirer son argent d’un PER comme d’une assurance-vie ?

Non. L’assurance-vie permet des retraits à tout moment. Pour le PER, la récupération anticipée n’est possible que dans les cas listés par les textes.

Quel est l’impôt sur un rachat d’assurance-vie après 8 ans ?

Pour des primes versées depuis le 27 septembre 2017, 7,5 % sous conditions, sinon 12,8 %, après un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple). Les prélèvements sociaux s’y ajoutent, à un taux à vérifier sur votre contrat.

Faire le point sur votre épargne

Vous hésitez entre ces deux supports, ou vous souhaitez vérifier ce que prévoient vos contrats ? Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles