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Fiscalité et résidence

Vivre en Tanzanie : quatre critères de résidence, barème mensuel et retenues à la source

Selon l’administration fiscale tanzanienne (Tanzania Revenue Authority, TRA), une personne physique est résidente pour une année de revenus si elle remplit l’un de quatre critères, dont 183 jours de présence. Le résident est imposé sur ses revenus quelle qu’en soit la source, sauf s’il est résident depuis deux ans ou moins au total au cours de sa vie : il est alors imposé selon la règle des non-résidents, sur les seuls revenus de source tanzanienne (section 6(2)). Le non-résident est imposé sur ce qui a une source en Tanzanie. Le barème mensuel des commerçants en nom propre lu à la TRA monte à 30 %. Cette page ne donne pas le texte de la section 86 de la loi sur l’impôt sur le revenu, qui définit la résidence : il n’a pas pu être lu. Elle ne traite ni le patrimoine, ni les visas.

Quatre critères pour devenir résident

La TRA expose, sur sa page consacrée au démarrage d’une activité, quand une personne physique est résidente en Tanzanie pour une année de revenus. Il suffit de remplir l’un des critères suivants :

  1. avoir un foyer permanent en Tanzanie et y être présent pendant une partie quelconque de l’année ;
  2. être présent en Tanzanie 183 jours ou plus au total pendant l’année ;
  3. être présent pendant l’année de revenus et pendant chacune des deux années précédentes, pour des périodes dont la moyenne dépasse 122 jours pour chacune de ces années ;
  4. être agent ou fonctionnaire du Gouvernement tanzanien en poste à l’étranger.

Le premier critère ne fixe pas de nombre de jours : le texte lu parle d’une présence pendant une partie quelconque de l’année, combinée à un foyer permanent. Nous n’avons pas pu lire la définition de « foyer permanent ». La loi renvoie à sa section 86 pour le sens de « resident » ; le PDF de la TRA est restitué seulement jusqu’à la section 38 environ.

Résident ou non-résident : ce qui est imposé

La section 6 de l’Income Tax Act distingue deux cas. Pour une personne résidente, le revenu imposable comprend les revenus d’emploi, d’activité et de placement de l’année, quelle que soit leur source. Pour une personne non résidente, il ne comprend ces revenus que dans la mesure où ils ont une source en Tanzanie.

La section 6(2) ajoute une exception décisive pour un nouvel arrivant : une personne physique résidente depuis deux ans ou moins au total au cours de sa vie est imposée selon la règle des non-résidents (section 6(1)(b)). Seuls les revenus de source tanzanienne entrent alors dans son assiette.

Pour un résident tanzanien, les revenus de l’étranger entrent dans l’assiette de l’impôt, sauf application de la section 6(2) décrite ci-dessus. La France, de son côté, applique ses propres critères de domicile fiscal. Les deux pays n’ont pas de convention : notre page sur l’absence de convention France-Tanzanie traite ce cas.

Barème mensuel d’un commerçant en nom propre

La page « Income Tax for Individuals » de la TRA donne un barème mensuel pour les « individual traders who are not under presumptive tax regime », c’est-à-dire les commerçants en nom propre hors régime présomptif. La TRA présente le même barème pour la Tanzanie continentale et pour Zanzibar.

Revenu mensuel imposable (TZS)Impôt
jusqu’à 270 000nul
de 270 000 à 520 0008 % de l’excédent de 270 000
de 520 000 à 760 00020 000 plus 20 % de l’excédent de 520 000
de 760 000 à 1 000 00068 000 plus 25 % de l’excédent de 760 000
au-delà de 1 000 000128 000 plus 30 % de l’excédent de 1 000 000

La page ajoute qu’un revenu annuel de 3 240 000 TZS n’est pas imposable. Elle ne dit pas si ce barème s’applique aussi aux salariés. Elle mentionne un régime présomptif, fondé sur le chiffre d’affaires, mais son tableau n’a pas été restitué de façon fiable : la page ne donne pas ses seuils, et l’accès à ce régime suppose d’être résident pour l’année de revenus.

Un commerçant en Tanzanie continentale : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Paul, profil fictif, a un foyer permanent en Tanzanie continentale et y exerce une activité commerciale en nom propre, hors régime présomptif. Son revenu mensuel imposable est de 600 000 TZS certains mois et de 1 500 000 TZS d’autres mois (montants supposés).

Problème. Il veut estimer l’impôt mensuel selon le barème de la TRA.

Stratégie. Il applique la tranche qui correspond à chaque revenu mensuel et ajoute la somme fixe de la tranche.

Résultat. Pour 600 000 TZS, l’impôt est de 20 000 plus 20 % de 80 000, soit 36 000, c’est-à-dire un taux moyen de 6,0 %. Pour 1 500 000 TZS, l’impôt est de 128 000 plus 30 % de 500 000, soit 278 000, c’est-à-dire un taux moyen de 18,5 %. Un contrôle de cohérence : 270 000 par mois, multiplié par 12, donne les 3 240 000 TZS annuels non imposables. Ces chiffres n’incluent ni cotisations sociales ni obligations déclaratives.

Salariés : retenue sur les non-résidents et cotisations NSSF

La page « Pay As You Earn » de la TRA prévoit pour les salariés non-résidents une retenue forfaitaire de 15 % du revenu brut d’emploi, qu’elle qualifie d’« effectively a final withholding ». Le même taux de 15 % s’applique aux rémunérations des administrateurs qui ne sont pas dirigeants à temps plein ; la TRA précise que l’impôt dû est alors une retenue non libératoire (« non-final withholding tax »). La page ne définit pas le « non-résident » : elle cite en exemple les salariés temporaires venus de l’étranger. Elle ne donne pas de taux pour les salariés résidents.

Côté sécurité sociale, le fonds national de sécurité sociale tanzanien (NSSF) indique que tout employeur enregistré verse 20 % des salaires. La répartition est de 10 % pour l’employeur et 10 % pour le salarié, ou de 15 % et 5 %. La part du salarié ne dépasse pas 10 %. Un retard est sanctionné par une pénalité de 5 % par mois. La page ne mentionne pas les ressortissants étrangers : elle ne dit pas si ou comment un expatrié est concerné.

Revenus du capital : retenues et plus-values

La TRA publie un tableau de retenues à la source avec une colonne pour les résidents et une pour les non-résidents. L’extrait ci-dessous en reprend les principales lignes.

PaiementRésidentNon-résident
Dividendes de sociétés cotées à Dar es Salaam5 %5 %
Dividendes d’autres sociétés10 %10 %
Intérêts10 %10 %
Redevances10 %10 %
Loyers à usage commercial10 %10 %
Dividendes versés à une société résidente détenant 25 % ou plus de la société distributrice5 %« NA »
« Other Withholding payments from Investment Returns »15 %15 %
Rémunérations de services (« service fees »)5 %15 %
Rémunérations d’administrateurs (« directors fee »)15 %15 %
« Other assets »sans objet15 %

Le tableau ne porte pas de date d’effet. La TRA définit des retenues libératoires et des retenues non libératoires (qui s’imputent sur l’impôt dû) sans classer chaque ligne du tableau.

Pour les plus-values sur terrains et bâtiments situés en Tanzanie, la page « Capital Gains Tax » fixe 10 % de la plus-value pour une personne résidente et 30 % pour une personne non résidente. La TRA prévoit notamment trois exonérations : un logement détenu et occupé au moins trois ans avec une plus-value d’au plus 15 000 000 TZS, une terre agricole d’une valeur de marché inférieure à 10 000 000 TZS, utilisée à des fins agricoles pendant au moins deux des trois années précédentes, et les actions cotées à Dar es Salaam détenues par une personne qui contrôle moins de 25 % de la société.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne donne ni le texte de la section 86 de la loi, ni les seuils du régime présomptif, ni le calendrier de déclaration des particuliers. Elle ne traite ni l’impôt sur le patrimoine ou la succession, ni les visas et titres de séjour, ni l’épargne locale : aucune source officielle lisible ne nous a permis de les établir. Le Finance Act 2026 figure parmi les textes publiés par la TRA : nous ne l’avons pas lu en entier. La fiscalité locale se valide avec un professionnel installé en Tanzanie. Ce qui relève de la France, notamment la déclaration de départ et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages sur le domicile fiscal et l’exit tax.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre statut au regard des quatre critères, année par année, et le total des années passées comme résident en Tanzanie au cours de votre vie (section 6(2)).
  • Votre activité : commerçant en nom propre, salarié, administrateur, investisseur.
  • La cotation des sociétés dont vous détenez des titres.
  • Le moment de vos ventes d’immeubles et votre qualité de résident à cette date.
  • Le régime présomptif, dont les seuils n’ont pas été lus.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quand devient-on résident fiscal en Tanzanie ?

Selon la TRA, dès que l’un des quatre critères est rempli : foyer permanent avec présence dans l’année, 183 jours ou plus, présence pendant l’année de revenus et chacune des deux années précédentes pour des périodes dont la moyenne dépasse 122 jours pour chacune de ces années, ou poste d’agent du Gouvernement à l’étranger.

Les revenus de l’étranger sont-ils imposés en Tanzanie ?

Pour un résident, la section 6 de l’Income Tax Act vise les revenus de toute source, sauf s’il est résident depuis deux ans ou moins au total au cours de sa vie : la section 6(2) l’impose alors sur les seuls revenus de source tanzanienne. Pour un non-résident, seulement les revenus de source tanzanienne.

Quelle retenue frappe un salarié non-résident ?

La TRA indique 15 % du revenu brut d’emploi, sans définir le non-résident.

Quel taux sur la vente d’un immeuble ?

10 % de la plus-value pour un résident, 30 % pour un non-résident, avec des exonérations notamment pour un logement détenu et occupé au moins trois ans, une terre agricole et les actions cotées à Dar es Salaam.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles