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Revenir en France depuis les Émirats arabes unis : visa, convention et déclarations
Dès que l’un des critères de l’article 4 B du CGI est rempli en France, vous êtes domicilié fiscalement en France, même si votre visa émirien court encore. L’année du retour se déclare en deux temps, et vos comptes aux Émirats entrent dans vos obligations déclaratives de résident. Côté émirien, le visa de résidence est annulé automatiquement après plus de 180 jours consécutifs hors du pays.
Ce que les Émirats demandent quand vous partez
Selon le portail officiel (mise à jour du 28 septembre 2026), le visa d’une personne qui vit hors du pays plus de 180 jours consécutifs est annulé automatiquement. Un permis de nouvelle entrée existe ; golden visa et résidence verte n’ont pas à le demander. Le visa ne peut en principe être annulé que par le parrain, après ceux des personnes à sa charge.
Le service d’annulation de l’Autorité fédérale de l’identité (ICP) précise :
- l’Emirates ID lié au permis est annulé en même temps ;
- les permis des membres de la famille placés sous le parrainage d’un travailleur étranger doivent être annulés avant le sien ;
- des délais de grâce courent après l’annulation, de 180 jours (permis golden, green et blue) à 30 jours (autres cas), puis l’amende est de 50 AED par jour de séjour irrégulier.
Selon le portail officiel (page sur l’annulation de l’Emirates ID), les résidents qui quittent définitivement le pays doivent remettre leur carte.
La page de l’ICP porte deux dates contradictoires (corps : 11 décembre 2024 ; pied de page : date du jour) : nous ne tranchons pas, relisez le service avant d’agir. Nous n’avons lu ni la clôture des comptes bancaires émiriens, ni la sécurité sociale entre les deux pays ; pour la couverture maladie, voir l’assurance maladie au retour d’expatriation.
Dès quand êtes-vous résident fiscal français ?
La doctrine (BOI-IR-CHAMP-10) retient des critères personnels, professionnels et économiques ; un seul suffit. Le séjour principal en France se retient au-delà de six mois de présence, sans être un critère absolu.
La convention du 19 juillet 1989 départage une personne résidente des deux États dans l’ordre : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord des autorités compétentes (article 4, paragraphe 2). L’article 19, paragraphe 2, prévoit que les revenus d’un résident des Émirats fiscalement domicilié en France sont imposables en France malgré les autres dispositions de la convention, la France imputant l’impôt perçu par les Émirats ; la clause vise aussi les filiales contrôlées à plus de 50 % par une société dont le siège de direction est en France, et ne s’applique pas aux personnes physiques citoyennes des Émirats. Détail : convention fiscale France-Émirats arabes unis.
L’année du retour se déclare en deux temps
Les démarches décrites par l’administration le 25 juin 2026 :
- À l’arrivée, mettez à jour votre adresse et vos coordonnées bancaires dans votre espace Finances publiques.
- Sans revenu de source française pendant votre séjour aux Émirats, pas de 2042-NR : vous déclarez tous vos revenus, français et étrangers, de votre date d’arrivée au 31 décembre, sur la 2042 au printemps de l’année suivante.
- Avec des revenus de source française avant le retour, la 2042-NR reprend ces seuls revenus du 1er janvier à l’arrivée, puis la 2042 reprend tout le reste de l’année : non-résident pour la première partie, résident pour la seconde.
- Une première déclaration en France se dépose sur papier.
Le portail des Émirats indique que le pays ne prélève pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques (mise à jour du 30 mars 2026). Cela décrit le droit émirien, pas l’imposition française d’un résident français.
Ce que la convention de 1989 prévoit pour vos revenus de source émirienne
| Revenu | Ce que dit la convention |
|---|---|
| Dividendes (art. 8) et revenus de créances (art. 9) | Payés à un résident de l’autre État, ils ne sont imposables que dans cet autre État si ce résident en est le bénéficiaire effectif (exception : créances rattachées à un établissement stable ou une base fixe) |
| Gains en capital (art. 11) | Immeubles : État de situation ; parts de sociétés dont l’actif est constitué pour plus de 80 % de biens immobiliers : règle propre de l’article 11 § 1 b (voir le texte) ; autres biens : État de résidence du cédant, sauf établissement stable ou base fixe ; participation de plus de 25 % des bénéfices : État de résidence de la société |
| Pensions (art. 14) | Pensions et rémunérations similaires au titre d’un emploi antérieur : État de résidence du bénéficiaire (§ 1, sous réserve de l’article 15) ; sommes versées en application de la législation de sécurité sociale : État payeur (§ 2) |
Selon l’article 19, les revenus de source émirienne imposables aux Émirats sont aussi imposables en France lorsqu’ils sont perçus par un résident de France, qui accorde un crédit d’impôt. Pour les gains de l’article 11 (paragraphes 1 et 3) et pour les revenus d’un établissement stable ou d’une base fixe, le crédit est égal à l’impôt payé aux Émirats, sans pouvoir excéder l’impôt français correspondant à ces revenus ; pour les autres revenus, il est égal au montant de l’impôt français correspondant. Le paragraphe vise aussi les rémunérations de l’article 15. L’impôt émirien n’est pas déductible. Une clause issue de la convention multilatérale refuse l’avantage de la convention si l’un des objets principaux d’un montage était de l’obtenir.
La liste administrative mentionne la convention du 19 juillet 1989 et un avenant du 6 décembre 1993. Notre page vivre aux Émirats décrit l’autre côté.
Comptes, immobilier et patrimoine
Les comptes et contrats. Domicilié en France, vous déclarez chaque année les comptes bancaires, contrats d’assurance-vie ou de capitalisation et comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger, sur les formulaires 3916 ou 3916-bis. L’amende annoncée est de 1 500 € par compte non déclaré ; la page prévoit un montant majoré selon la situation de l’État au regard des conventions de lutte contre la fraude, que nous n’appliquons pas aux Émirats sans source.
L’IFI. Selon impots.gouv.fr, une personne domiciliée fiscalement en France est imposable à l’IFI sur ses biens et droits immobiliers situés en France ou à l’étranger, au-delà d’un patrimoine net taxable de 1 300 000 € au 1er janvier, et le domicile fiscal s’apprécie au 1er janvier de l’année d’imposition. Le régime des impatriés limite l’IFI aux biens situés en France jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant l’année d’établissement du domicile fiscal en France. À partir de quand un bien aux Émirats entre dans votre IFI dépend de votre dossier. Une question reste ouverte : l’article 16 A de la convention traite l’ISF, et aucun texte lu ne vise l’IFI. Nous ne tranchons pas.
Les successions. L’article 17 réserve les immeubles à l’État de situation, et les autres biens meubles, dont titres et dépôts, à l’État de résidence du défunt.
Le certificat de résidence fiscale émirien
L’Autorité fiscale fédérale délivre un certificat aux personnes qui sont résidentes fiscales des Émirats selon la législation émirienne (fiche mise à jour le 11 août 2026). Pour une personne physique, les pièces dépendent de la durée de présence (183 jours ou plus, ou 90 à 182 jours). Les frais sont de 50 AED de dépôt, 1 000 AED pour l’examen et le certificat électronique d’une personne physique sans numéro fiscal, et 250 AED par copie papier, non remboursables en cas de rejet. Le délai estimé est de 10 jours ouvrés, plus 5 pour une copie papier. La fiche ne dit pas si ce certificat tient lieu de quitus fiscal ; service-public.fr indique que le quitus s’obtient auprès de l’administration fiscale du pays que l’on quitte, et que tout transfert d’argent d’au moins 10 000 € se déclare en ligne.
Impatriés et exit tax au retour
Le régime de l’article 155 B vise les personnes non domiciliées fiscalement en France pendant les cinq années civiles précédant leur prise de fonctions dans l’entreprise établie en France qui les recrute. Il court jusqu’au 31 décembre de la huitième année suivant la prise de fonctions et exclut les personnes venues de leur propre initiative.
Après un sursis ou un paiement d’exit tax, le « retour en France » donne lieu à dégrèvement (avec sursis) ou à restitution (sans sursis), si vous détenez encore les titres à la date du retour (notice 2074-ETD).
Départ le 15 janvier 2027 et seuil des 180 jours : exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Un couple, profil fictif, vit aux Émirats avec un visa de résidence parrainé par l’employeur de l’un des deux. Il rentre en France le 15 janvier 2027 et n’a aucun revenu de source française. Le chiffrage du certificat porte sur une seule personne, le salarié.
Problème. Il veut connaître la date d’annulation automatique du visa si rien n’est fait, le coût du certificat de résidence fiscale du salarié et la déclaration de l’année du retour.
Stratégie. Le parrain annule d’abord le visa du conjoint, puis celui du salarié, et le couple remet les Emirates ID. Le salarié demande un certificat de résidence fiscale à son nom, avec deux copies papier.
Résultat. Les 180 jours hors des Émirats sont atteints le 14 juillet 2027, et le 181e jour est le 15 juillet 2027 (décompte indicatif : la page ne précise pas le premier jour compté). Le certificat d’une personne physique coûte 50 + 1 000 + 2 × 250 = 1 550 AED. En France, le couple déclare tous ses revenus du 15 janvier au 31 décembre 2027 sur la 2042 au printemps 2028, sans 2042-NR. La fiche ne dit pas ce qu’il advient d’une demande de certificat déposée après le départ.
Ce qui change selon votre cas
- Votre catégorie de visa : golden visa, résidence verte, visa lié à un employeur ou à un conjoint.
- La nature de vos revenus émiriens : dividendes, intérêts, pensions, gains.
- Vos biens, comptes et contrats aux Émirats, et un éventuel sursis d’exit tax.
Aucun résultat n’est acquis d’avance : chaque point se lit avec vos pièces.
Questions fréquentes
Mon visa émirien est-il annulé automatiquement si je pars ?
Le portail officiel indique qu’il l’est après plus de 180 jours consécutifs hors des Émirats. Pour un départ définitif, le parrain l’annule, après les visas des personnes à charge.
Quels revenus déclarer l’année du retour ?
Tous vos revenus, de source française et étrangère, de votre date d’arrivée au 31 décembre, sur la 2042 ; la 2042-NR reprend les éventuels revenus de source française antérieurs.
Mon bien immobilier aux Émirats entre-t-il dans l’IFI ?
Selon impots.gouv.fr, une personne domiciliée fiscalement en France est imposable à l’IFI sur ses biens immobiliers situés en France ou à l’étranger si son patrimoine net taxable dépasse 1 300 000 € au 1er janvier, et le domicile s’apprécie à cette date. Le régime des impatriés peut limiter l’IFI aux biens situés en France jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant l’établissement du domicile. Nous n’avons pas trouvé de texte disant si la convention y change quelque chose.
Dois-je déclarer mon compte bancaire émirien ?
Oui, si vous êtes domicilié en France : formulaire 3916 ou 3916-bis, amende de 1 500 € par compte non déclaré.
Faire le point sur votre retour
Balmont Conseil est installé à Lyon depuis bientôt 14 ans et accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre retour, prenez rendez-vous.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
Sources officielles
- Portail officiel des Émirats, dispositions générales du visa de résidence : https://u.ae/en/information-and-services/visa-and-emirates-id/Visa-information/general-provisions-for-the-residence-visa
- ICP, annulation des permis de résidence : https://icp.gov.ae/en/services-details/?serviceid=64afe3c1035448005bd52e68
- Portail officiel des Émirats, annulation de l’Emirates ID : https://u.ae/en/information-and-services/visa-and-emirates-id/emirates-id/cancelling-emirates-id-
- Autorité fiscale fédérale, certificats de résidence fiscale : https://tax.gov.ae/en/services/issuance.of.tax.certificates.aspx
- Portail officiel des Émirats, autres impôts : https://u.ae/en/information-and-services/finance-and-investment/taxation/other-taxes
- Convention France-Émirats arabes unis, texte consolidé : https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/emirats_arabes_unis/emirats_convention_cml.pdf
- Liste des conventions fiscales (BOI-ANNX-000306) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2509-PGP.html/identifiant=BOI-ANNX-000306-20260429
- Retour en France après expatriation, démarches : https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/je-suis-de-retour-en-france-apres-expatriation-quelles-demarches-dois-je
- Revenus à déclarer au retour : https://www.impots.gouv.fr/international-particulier/questions/je-reviens-en-france-apres-un-sejour-letranger
- Fiche service-public.fr, impôt sur le revenu, retour d’expatriation : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31443?lang=en
- Fiche service-public.fr, rentrer en France après avoir vécu à l’étranger : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32823?lang=en
- Doctrine BOFiP, domicile fiscal (BOI-IR-CHAMP-10) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1911-PGP.html/identifiant=BOI-IR-CHAMP-10-20160728
- Régime des impatriés : https://www.impots.gouv.fr/international-particulier/le-regime-des-impatries
- Personnes imposables à l’IFI : https://www.impots.gouv.fr/particulier/personnes-imposables-lifi
- Notice de la déclaration 2074-ETD : https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/formulaires/2074-etd/2026/2074-etd_5518.pdf