Convention France–République tchèqueConvention du 28 avril 2003 et son protocole, modifiés par la Convention multilatérale signée le 7 juin 2017

Vous travaillez en République tchèque ou en France : quel pays impose votre salaire ? L’article 15 de la convention

Un salaire est imposable dans l’État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État, qui peut alors l’imposer. L’exception des 183 jours se calcule sur toute période de douze mois consécutifs, et non par année civile.

Prague, République tchèque
Article 15 · SalairesPrague, République tchèque
En bref
  • Les salaires d’un résident d’un État ne sont imposables que dans cet État, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État, qui peut alors les imposer (article 15, paragraphe 1).
  • Ils restent imposables seulement dans l’État de résidence si le séjour dans l’autre État n’excède pas 183 jours sur toute période de douze mois consécutifs commençant ou se terminant dans l’année fiscale, si l’employeur n’y est pas résident et si la charge n’y est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe (article 15, paragraphe 2).
  • Les jetons de présence versés par une société de l’autre État sont imposables dans cet État (article 16), règle étendue aux gérants relevant de l’article 62 du code général des impôts résidant en République tchèque (protocole, point 5).
  • Un résident de France intègre le salaire imposable en République tchèque dans le calcul de l’impôt français et reçoit un crédit égal à l’impôt français correspondant (article 23, paragraphe 1, a, i).

Qui impose votre rémunération ?

Votre situationQui imposeTexte
Résident de France travaillant en République tchèque pour un employeur tchèqueRépublique tchèque ; crédit égal à l’impôt françaisArt. 15 § 1 et 23 § 1 a i
Séjour de 183 jours au plus sur douze mois, employeur et charge hors de République tchèqueFrance seulementArt. 15 § 2
Résident de République tchèque travaillant en FranceFrance ; déduction en République tchèqueArt. 15 § 1 et 23 § 2
Gérant d’une société française soumise à l’IS, résident de République tchèqueFrance (règle des jetons de présence)Art. 16 et protocole, point 5
Personnel navigant en trafic internationalÉtat du siège de direction effective de l’entrepriseArt. 15 § 3

Le texte de la convention

Article 15, paragraphe 2

« Le bénéficiaire séjourne dans l’autre Etat pendant une période ou des périodes n’excédant pas au total 183 jours au cours de toute période de douze mois consécutifs commençant ou se terminant dans l’année fiscale considérée, et b) Les rémunérations sont payées par un employeur ou pour le compte d’un employeur qui n’est pas un résident de l’autre Etat, et c) La charge des rémunérations n’est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe que l’employeur a dans l’autre Etat. »

Protocole, point 5

« Les dispositions de l’article 16 s’appliquent aux revenus visés à l’article 62 du code général des impôts français, revenant à une personne physique qui est un résident de la République tchèque en sa qualité d’associé ou de gérant d’une société qui est un résident de France et qui y est soumise à l’impôt sur les sociétés. »

Texte publié par impots.gouv.fr.

Les trois conditions de la mission courte

Pour que le salaire reste imposable seulement dans l’État de résidence, les trois conditions de l’article 15, paragraphe 2, doivent être réunies :

  1. 1
    183 jours au plusSur toute période de douze mois consécutifs commençant ou se terminant dans l’année fiscale considérée.
  2. 2
    Employeur non résidentRémunération payée par un employeur qui n’est pas résident de l’État où le travail est exercé.
  3. 3
    Pas de charge sur placeRémunération non supportée par un établissement stable ou une base fixe de l’employeur dans cet État.

Ce qu’ont jugé les tribunaux

Voir les 2 décisions qui concernent la République tchèque →
Ce que cela change pour vous

Le décompte sur douze mois glissants peut rattraper des missions réparties à cheval sur deux années civiles : il suffit qu’une seule des trois conditions manque pour que la République tchèque puisse imposer le salaire. Pour un gérant de société française qui s’installe en République tchèque, la rémunération relève de la règle des jetons de présence et reste imposable en France. Le détachement ou le départ du dirigeant se prépare en amont.

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Vous êtes salarié ou dirigeant et vous travaillez, même ponctuellement, entre la France et la République tchèque ?

Oui

Les autres sujets de la convention

Questions fréquentes

Les 183 jours se comptent-ils par année civile ?

Non : l’article 15, paragraphe 2, a, retient toute période de douze mois consécutifs commençant ou se terminant dans l’année fiscale considérée.

Un salarié détaché par son employeur français reste-t-il imposable en France ?

Seulement si les trois conditions de l’article 15, paragraphe 2, sont réunies : 183 jours au plus sur douze mois, employeur non résident de République tchèque et pas de charge supportée par un établissement stable sur place.

Comment la France traite-t-elle un salaire imposable en République tchèque ?

Il est pris en compte pour le calcul de l’impôt français, avec un crédit égal à l’impôt français correspondant, si le bénéficiaire est soumis à l’impôt tchèque sur ce salaire (article 23, paragraphe 1, a, i).

Source : Convention du 28 avril 2003 et son protocole, modifiés par la Convention multilatérale signée le 7 juin 2017 — Version consolidée de la convention avec la République tchèque modifiée par la convention multilatérale – Impôts sur le revenu et la fortune (impots.gouv.fr). Statut : En vigueur depuis le 1er juillet 2005 ; elle a remplacé la convention franco-tchécoslovaque du 1er juin 1973. Ce document ne se substitue pas aux textes qui font foi. Analyse : Balmont Conseil, mise à jour le 8 novembre 2026. Information générale, pas un conseil personnalisé.

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