La France qui peut partir n’est pas celle des milliardaires : c’est celle des cadres dirigeants de l’Ouest parisien, des frontaliers du Genevois, des chefs d’entreprise lyonnais, des retraités aisés de la Côte d’Azur et des familles propriétaires de vignes ou d’entreprises. Des foyers qui ont entre 1 et 30 millions d’euros, une mobilité réelle, et une inquiétude précise : la fiscalité du patrimoine après 2027. Cette série décrit où ils vivent, ce qui les rattache à la France, ce qu’ils risquent de payer, et comment décider, partir ou rester, avec des chiffres plutôt qu’avec des craintes.
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Qui sont-ils : la sociologie de la France aisée
Deux cartes se superposent sans se confondre. Celle des revenus, mesurée par le niveau de vie médian, est dominée par les villages frontaliers de la Suisse : Bossey, Grilly, Archamps devancent Neuilly-sur-Seine. Celle des patrimoines, mesurée par l’impôt sur la fortune immobilière, reste parisienne et littorale : le 16e arrondissement compte plus de 10 000 redevables, le 7e la plus forte proportion de France, Mougins et Cannes les plus gros patrimoines de la Côte d’Azur. Entre les deux, le 1 % des revenus commence à environ 7 500 euros de niveau de vie mensuel, et beaucoup de ceux qui l’atteignent ne se sentent pas riches.
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Où ils vivent : les territoires
Chaque territoire a ses règles. Le frontalier genevois est imposé à la source en Suisse ; le frontalier bâlois paie son impôt en France. Le chef d’entreprise de Neuilly prépare une cession ; le médecin des Monts d’Or a une société d’exercice libéral ; le propriétaire de Mougins paie l’IFI sur une villa ; le cadre toulousain a des stock-options ; le vigneron bordelais transmet un domaine. Ces articles partent du territoire pour arriver à la stratégie.
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- Frontaliers de Bâle : Neuwiller, Leymen et le Sundgau
- Neuilly, Le Vésinet, Saint-Nom : céder et rester mobile
- Professions libérales des Monts d’Or, d’Écully et de Charbonnières
- Lac d’Annecy : résidence secondaire et transmission
- Mougins, Cannes, Antibes : succession, IFI et résidence hors de France
- Sud toulousain : cadres de l’aéronautique, stock-options et mobilité
- Bordeaux ouest : propriétaires viticoles, Dutreil et IFI
Commune par commune : là où la fortune est la plus concentrée
Nous descendons ensuite au niveau de chaque commune et de chaque arrondissement, en commençant par ceux où les patrimoines sont les plus élevés. Chaque page s’appuie sur les chiffres de la DGFiP (nombre de foyers à l’IFI, patrimoine moyen, revenus), décrit qui y vit, ce que 2027 peut y changer, et présente un cas chiffré propre à la commune : donner avant de vendre une entreprise, alléger l’IFI, transmettre une maison sans la vendre, sauter une génération, ou comprendre pourquoi un déménagement à Monaco ne change rien pour un Français.
- Paris 7e : près d’un foyer sur cinq à l’IFI, 3,6 millions d’euros de patrimoine immobilier moyen
- Paris 6e : 17,9 % des foyers à l’IFI, et la transmission directe aux petits-enfants
- Paris 16e : 10 159 foyers à l’IFI, le record de France, et des dirigeants qui préparent une cession
- Saint-Cloud : 2,5 millions d’euros de patrimoine IFI moyen et des dirigeants qui transmettent leur entreprise
- Versailles : 1 650 foyers à l’IFI et des familles nombreuses qui transmettent leur immobilier
- Saint-Germain-en-Laye : après la cession, protéger le capital financier
- Cannes : 3,2 millions d’euros de patrimoine IFI moyen, et pourquoi Monaco n’est pas la solution
Ce qu’ils craignent : 2027 et la fiscalité du patrimoine
La France est entrée en 2026 dans le top 15 des pays que quittent le plus de millionnaires, selon Henley & Partners. Les lois de finances pour 2026 ont relevé la CSG sur les revenus du capital, durci la taxation des holdings et encadré le pacte Dutreil et l’apport-cession. Et les programmes publiés pour 2027 vont du rétablissement d’un impôt sur la fortune à l’allègement des droits de succession.
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Comment partir, ou rester, sans se tromper
Un départ se prépare des années à l’avance et se rate en quelques mois. Il suffit que la famille reste en France pour que le départ n’existe pas aux yeux de la loi. Les destinations, elles, ont chacune un régime : forfait suisse réservé à ceux qui ne travaillent pas en Suisse, forfait italien de 300 000 euros, impôt belge de 10 % sur les plus-values depuis 2026.
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Un cas concret : le même patrimoine, trois décisions
Situation. Un couple de 62 et 64 ans, originaire de Lille, détient un portefeuille de titres de 8 millions d’euros et réalise environ 300 000 euros de plus-values par an pour vivre. Il hésite entre rester en France, s’installer en Belgique, ou « partir à moitié » en laissant la maison familiale et les habitudes à Lille.
Rester en France. Les plus-values sont taxées à 31,4 % : 94 200 euros par an.
Partir vraiment en Belgique. Les plus-values réalisées depuis l’installation sont taxées à 10 % au-delà de 10 000 euros de franchise par personne, soit 28 000 euros, auxquels s’ajoutent 12 000 euros de taxe annuelle sur le compte-titres : 40 000 euros par an. L’exit tax française sur les plus-values latentes au départ est suspendue et s’éteint si les titres sont conservés le temps requis.
Partir à moitié. Si le foyer reste à Lille, le couple reste résident français : l’impôt français de 94 200 euros par an reste dû, augmenté des intérêts de retard et, en cas de manquement délibéré, d’une majoration de 40 % (37 680 euros), sans compter l’impôt payé en Belgique à régulariser. Plus de 130 000 euros par an, pour un départ qui n’a pas eu lieu.
Résultat. L’écart entre la meilleure et la pire décision dépasse 90 000 euros par an sur ce seul poste. La destination compte moins que la manière de partir, ou de rester.
Comment Balmont Conseil intervient
Balmont Conseil accompagne la France qui peut partir, qu’elle parte ou non : bilan patrimonial et fiscal, test de résidence, chiffrage de l’exit tax, transmission, assurance-vie luxembourgeoise, comparaison des destinations, et, pour ceux qui restent, stratégie robuste aux scénarios de 2027. Nous partons de votre territoire et de votre famille, pas d’un pays à la mode. Vous avez déjà un notaire, un avocat, un expert-comptable : nous travaillons avec eux, et le premier échange, confidentiel, dure 30 minutes.
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Sources : Insee, Filosofi 2023 (publié le 25 mai 2026) ; DGFiP Statistiques, IFI 2025 ; Henley & Partners, Private Wealth Migration Report 2026 ; Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ; Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; Loi belge du 2 avril 2026 instaurant un impôt sur les plus-values ; Code général des impôts, articles 4 B, 167 bis, 1727 et 1729.










