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Fiscalité et résidence

Vivre en Argentine : résident après 12 mois, gains mondiaux imposés et impôt sur les biens personnels

Pour l’impôt sur les gains, l’administration fiscale argentine (ARCA) range parmi les résidents l’étranger qui a obtenu la résidence permanente, ou qui est resté 12 mois avec des autorisations temporaires. La loi prévoit que le résident est imposé sur ses gains mondiaux. L’ARCA publie aussi le barème 2025 de l’impôt sur les biens personnels : minimum non imposable de 384 728 044,57 pesos, puis trois tranches de 0,50 %, 0,75 % et 1,00 %. Cette page ne traite ni les dividendes, ni les plus-values, ni les titres de séjour.

Qui est résident : ce que dit l’ARCA

La page « Residencia » de l’ARCA, qui ne cite aucun article de loi et ne porte pas de date, énumère les résidents au sens de l’impôt sur les gains.

  • Les personnes physiques de nationalité argentine, nées ou naturalisées. Elles perdent la qualité de résident si elles ont acquis la résidence permanente dans un État étranger, ou si elles restent à l’étranger de façon continue pendant 12 mois. La perte prend effet le premier jour du mois suivant la cause.
  • Les personnes physiques de nationalité étrangère qui ont obtenu la résidence permanente en Argentine. Celles qui ne l’ont pas obtenue sont résidentes si elles sont restées avec des autorisations temporaires pendant 12 mois.

Pour les seules déductions personnelles, la même page range parmi les résidents la personne physique qui vit plus de six mois dans le pays au cours de l’exercice fiscal.

Gains mondiaux d’un résident

L’article 1 de la loi n° 20.628, dans son texte ordonné par le décret 824/2019 publié sur Infoleg, prévoit que les résidents sont imposés sur la totalité de leurs gains, obtenus dans le pays ou à l’étranger. Les non-résidents le sont sur leurs seuls gains de source argentine.

Pour un ressortissant français, la convention franco-argentine de 1979 organise l’élimination de la double imposition : notre page sur la convention détaille ses articles.

Salaires : l’échelle de l’article 94 pour juillet à décembre 2025

L’ARCA publie une « échelle de l’article 94 de la loi de l’impôt sur les gains du régime de retenue » pour la période de juillet à décembre 2025. Les montants sont actualisés selon l’indice des prix INDEC, d’après l’article 73 de la loi n° 27.743. L’échelle de la déclaration annuelle n’est pas reprise ici.

Gain net imposable cumulé de plus de (pesos)jusqu’à (pesos)Impôt (pesos)Plus, sur l’excédent
0,001 635 136,560,005 %
1 635 136,563 270 273,1281 756,839 %
3 270 273,124 905 409,68228 919,1212 %
4 905 409,687 358 114,52425 135,5115 %
7 358 114,5214 716 229,04793 041,2319 %
14 716 229,0422 074 343,562 191 082,9923 %
22 074 343,5633 111 515,343 883 449,3327 %
33 111 515,3449 667 273,026 863 485,7131 %
49 667 273,02au-delà11 995 770,5935 %

Impôt sur les biens personnels : assujettis et minimum non imposable

Selon l’ARCA, l’impôt sur les biens personnels vise les personnes physiques résidentes dans le pays, pour leurs biens situés dans le pays et à l’étranger, et les personnes physiques résidentes à l’étranger, pour leurs biens situés dans le pays. Il porte sur les biens possédés au 31 décembre de chaque année. La page emploie le mot « résidentes » sans le définir : le rapprochement avec la définition de l’impôt sur les gains n’est pas fait ici.

Le minimum non imposable affiché par l’ARCA est de 384 728 044,57 pesos pour la période 2025, de 292 994 964,89 pour 2024 et de 100 000 000 pour 2023. Pour une maison d’habitation, le seuil affiché pour 2025 est de 1 346 548 155,99 pesos.

Barème 2025 des biens personnels

La page des taux de l’ARCA applique le barème à la valeur totale des biens situés dans le pays et à l’étranger qui dépasse 384 728 044,57 pesos.

Valeur au-delà du minimum, de plus de (pesos)jusqu’à (pesos)Montant fixe (pesos)Plus, sur l’excédent
052 664 283,7300,50 %
52 664 283,73114 105 948,16263 321,420,75 %
114 105 948,16au-delà724 133,891,00 %

La page prévoit un barème réduit en 2025 pour les contribuables dits « cumplidores ». Ses conditions ne sont pas détaillées ici.

Un patrimoine de 500 000 000 de pesos : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Camille, profil fictif, est résidente en Argentine. Son patrimoine total, biens du pays et de l’étranger, s’élève à 500 000 000 de pesos au 31 décembre 2025 (montant supposé).

Problème. Elle veut estimer l’impôt sur les biens personnels de la période 2025 avec le barème général.

Stratégie. Elle retranche le minimum de 384 728 044,57 pesos, puis place l’excédent dans la tranche correspondante.

Résultat. L’excédent est de 115 271 955,43 pesos. Il dépasse 114 105 948,16 de 1 166 007,27 pesos. L’impôt est de 724 133,89 plus 1,00 % de 1 166 007,27, soit 735 793,96 pesos. Ce calcul ignore le seuil propre à la maison d’habitation, le barème réduit et les règles de valorisation des biens, que cette page n’établit pas.

Sécurité sociale

La fiche du Cleiss (millésime 2025) décrit un régime où l’ANSES gère les pensions, les prestations familiales et le chômage, la SRT les accidents du travail, et les « Obras Sociales » l’assurance maladie. Les salariés sont couverts pour la maladie-maternité, la vieillesse-invalidité-survivants, les accidents du travail, le chômage et les prestations familiales. Les travailleurs non-salariés n’ouvrent droit qu’aux soins et aux pensions, et pas au chômage. La fiche indique que les cotisations sont à verser à l’AFIP et ne donne pas les taux.

Ce que cette page ne traite pas

Les dividendes, les plus-values et la déclaration annuelle des gains relèvent de la loi de l’impôt sur les gains et de ses textes d’application : ces points ne sont pas détaillés ici, et se vérifient auprès de l’ARCA. Il en va de même pour les catégories de résidence migratoire (Dirección Nacional de Migraciones), pour l’épargne placée sur place et pour les successions. La fiscalité locale se valide avec un professionnel installé en Argentine. Ce qui relève de la France, dont le domicile fiscal et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages dédiées.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre nationalité et le titre de séjour dont vous disposez.
  • La durée de votre séjour, mois par mois.
  • La nature de vos revenus : salaires, dividendes, loyers, plus-values.
  • La valeur et la localisation de vos biens au 31 décembre.
  • Le maintien ou non d’un domicile fiscal en France.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quand devient-on résident fiscal en Argentine ?

Selon l’ARCA, un étranger est résident s’il a obtenu la résidence permanente ou s’il est resté 12 mois avec des autorisations temporaires. Un Argentin perd cette qualité après 12 mois continus à l’étranger ou en obtenant la résidence permanente ailleurs.

Les revenus de l’étranger sont-ils imposés en Argentine ?

Pour un résident, l’article 1 de la loi n° 20.628 vise les gains obtenus dans le pays ou à l’étranger. Les non-résidents sont imposés sur leurs gains de source argentine.

Quel est le minimum non imposable des biens personnels en 2025 ?

L’ARCA affiche 384 728 044,57 pesos pour la période 2025, avec un seuil de 1 346 548 155,99 pesos pour une maison d’habitation.

Y a-t-il une convention fiscale entre la France et l’Argentine ?

Oui, selon la liste du BOFiP : convention du 4 avril 1979, avenant du 15 août 2001. Les impôts visés sont l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la fortune. Elle est décrite sur notre page dédiée.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)