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Fiscalité et résidence

Vivre en Afrique du Sud : résidence fiscale, barème, succession et donations

L’Afrique du Sud vous traite en résident fiscal par deux voies : un domicile permanent auquel vous revenez normalement, ou un test de présence physique, qui commence à plus de 91 jours dans l’année et suppose d’autres conditions. Le résident est imposé sur son revenu mondial, le non-résident sur ses seuls revenus de source sud-africaine. L’État prélève aussi des droits de succession de 20 % puis 25 %, et une taxe sur les donations dont les non-résidents sont exclus.

Cette page s’appuie sur les pages de l’administration fiscale sud-africaine (SARS) mises à jour entre mars et août 2026, à l’exception de deux documents : le guide de résidence (6e édition, mai 2009) et la FAQ sur l’exonération des revenus d’emploi à l’étranger (3e édition, 17 mars 2020). Elle ne traite ni la sécurité sociale, ni les visas, ni le taux d’impôt sur les gains en capital, ni la cessation de résidence.

Deux tests de résidence, dont un test de présence sur six ans

Le guide du SARS sur la résidence, dans son édition de mai 2009, distingue deux tests.

La résidence ordinaire. Une personne est résidente si son domicile permanent, auquel elle revient normalement, se trouve en Afrique du Sud.

La présence physique. Ce test s’applique chaque année, à trois conditions cumulatives : plus de 91 jours dans l’année fiscale, plus de 91 jours dans chacune des cinq années précédentes, et plus de 915 jours cumulés sur ces cinq années. L’année fiscale va du 1er mars à la fin février. Une partie de journée compte comme un jour entier.

Le guide ajoute deux règles de sortie. Une personne devenue résidente par le test de présence cesse de l’être après au moins 330 jours pleins consécutifs passés hors du pays. Une personne qui émigre cesse d’être résidente à la date de son départ. Une personne considérée comme résidente exclusivement d’un autre pays lié à l’Afrique du Sud par une convention est exclue de la définition de « résident ».

L’édition du guide date de mai 2009, soit plus de dix-sept ans : vérifiez qu’une version plus récente ne modifie pas ces critères avant de compter vos jours.

Résident ou non-résident : ce qui est imposé

Selon le même guide, les résidents sont imposés sur leur revenu mondial, sous réserve d’exclusions, et les non-résidents sur les seuls revenus de source sud-africaine. Pour l’impôt sur les gains en capital, la page du SARS précise qu’un non-résident n’est imposé que sur les biens immobiliers situés en Afrique du Sud ou sur les actifs d’un établissement stable. Les intérêts indirects, comme les actions d’une société immobilière, sont assimilés à de l’immobilier.

Barème de l’année fiscale 2027

La page du SARS, mise à jour le 17 mars 2026, affiche le barème de l’année fiscale 2027, du 1er mars 2026 au 28 février 2027. Le lien « See changes » de la page porte la date du 25 février 2026.

Revenu imposable (rands)Impôt
1 à 245 10018 % du revenu imposable
245 101 à 383 10044 118 + 26 % de la fraction au-delà de 245 100
383 101 à 530 20079 998 + 31 % de la fraction au-delà de 383 100
530 201 à 695 800125 599 + 36 % de la fraction au-delà de 530 200
695 801 à 887 000185 215 + 39 % de la fraction au-delà de 695 800
887 001 à 1 878 600259 783 + 41 % de la fraction au-delà de 887 000
1 878 601 et plus666 339 + 45 % de la fraction au-delà de 1 878 600

Pour la même année, le rebate primaire est de 17 820 rands, et le seuil d’imposition de 99 000 rands pour une personne de moins de 65 ans. Les rebates sont de 9 765 rands à partir de 65 ans et de 3 249 rands à partir de 75 ans (seuils de 153 250 et 171 300 rands).

Dividendes : une taxe de 20 %

Le taux de la dividends tax est de 20 % pour les dividendes versés depuis le 22 février 2017, sauf exonération ou taux réduit. La taxe vise les dividendes versés par une société résidente d’Afrique du Sud ou par une société étrangère dont les actions sont cotées sur une bourse sud-africaine. Les non-résidents peuvent bénéficier d’un taux réduit par convention. Pour la France, les plafonds de la convention sont présentés dans notre page sur la convention franco-sud-africaine.

Plus-values : l’exclusion annuelle

Pour l’année fiscale 2027, l’exclusion annuelle des personnes physiques passe à 50 000 rands, contre 40 000 rands de 2017 à 2026. L’année du décès, elle s’élève à 440 000 rands pour 2027, contre 300 000 rands de 2017 à 2026. Les pages du SARS lues affichent leurs taux d’inclusion et l’exclusion de la résidence principale pour les années 2018 et 2019 : nous ne les reprenons pas, car ils se vérifient pour l’année en cours.

Succession : l’estate duty

La page du SARS, mise à jour le 19 août 2026, fixe les droits de succession à 20 % sur la première tranche de 30 millions de rands de valeur taxable, puis 25 % au-delà. Un abattement de 3,5 millions de rands est déduit de la valeur nette de la succession.

L’impôt porte sur les biens mondiaux d’une personne physique résidant habituellement en Afrique du Sud. Pour les non-résidents, il porte sur leurs biens situés en Afrique du Sud. La page cite des conventions d’estate duty avec les États-Unis, le Royaume-Uni, le Zimbabwe et les pays du BLS (Botswana, Lesotho, Eswatini). Elle ne cite pas la France, et la convention franco-sud-africaine de 1993 ne traite ni les successions ni les donations.

Donations : réservées aux résidents

La donations tax s’élève à 20 % de la valeur cumulée des biens donnés jusqu’à 30 millions de rands, puis 25 % au-delà, le cumul partant du 1er mars 2018. Les 150 000 premiers rands donnés chaque année par une personne physique sont exonérés. Une donation à un conjoint est exonérée. Seules les personnes résidentes sont redevables : la page écrit que les non-résidents ne le sont pas.

Résidents qui travaillent à l’étranger : l’exonération d’emploi

Une FAQ du SARS, dans son édition du 17 mars 2020, décrit une exonération des revenus d’emploi à l’étranger plafonnée à 1,25 million de rands par année d’imposition. Elle suppose d’être hors d’Afrique du Sud plus de 183 jours pleins cumulés et plus de 60 jours pleins consécutifs sur une période de 12 mois. Elle ne vise que les résidents fiscaux salariés. Le texte a six ans : relisez-le avant d’en faire état.

Côté France : ce qui reste imposable

Le domicile fiscal français subsiste tant que l’un des trois critères reste rempli : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle, le centre des intérêts économiques. La doctrine écrit : « il suffit que l’un des critères soit rempli ». Notre page sur l’article 4 B les détaille.

Si la France cesse d’être votre domicile fiscal, vous n’y êtes imposable que sur vos revenus de source française, sous réserve de la convention. Les taux minimum sont de 20 % jusqu’à 29 579 € et de 30 % au-delà pour les revenus perçus en 2025, avec une option pour le taux moyen quand il est plus favorable. L’IFI continue de viser vos biens immobiliers situés en France, au-delà de 1 300 000 € de patrimoine net taxable au 1er janvier. Tant que vous êtes domicilié en France, vous déclarez chaque année les comptes ouverts, utilisés ou clos à l’étranger. Service-public.gouv.fr indique une amende de 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € par compte lorsque le pays n’a pas de convention d’assistance contre la fraude et l’évasion fiscales avec la France : vérifiez à la source le montant applicable à votre situation.

Droits de succession sud-africains : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Un défunt, profil fictif, résidait habituellement en Afrique du Sud. Sa succession nette est de 40 000 000 rands (hypothèse).

Problème. Ses héritiers veulent connaître l’ordre de grandeur de l’estate duty.

Stratégie. Ils déduisent l’abattement de 3,5 millions de rands, puis appliquent 20 % à la première tranche de 30 millions de rands de valeur taxable et 25 % au-delà.

Résultat. La valeur taxable est de 36 500 000 rands. L’impôt est de 6 000 000 rands sur la première tranche, plus 1 625 000 rands à 25 % sur les 6 500 000 rands restants, soit 7 625 000 rands au total.

Ce profil est fictif. Le calcul ignore les déductions et exonérations que la page ne détaille pas, la conversion en euros, et le traitement français de cette succession.

Vivre en Afrique du Sud : ce qui change selon votre cas

  • Votre domicile permanent et votre nombre de jours de présence, année par année.
  • La nature de vos revenus : salaires, dividendes, loyers, pensions, gains.
  • Le maintien ou non de votre foyer, de votre activité ou de vos intérêts économiques en France.
  • Le lieu de vos biens et le lien de parenté avec vos héritiers.
  • Votre projet de donation avant ou après votre installation.

Aucun résultat n’est promis. Ces points s’examinent dossier par dossier, avec un professionnel sud-africain pour le droit local.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il passer en Afrique du Sud pour être résident fiscal ?

Le test de présence physique exige plus de 91 jours dans l’année fiscale, plus de 91 jours dans chacune des cinq années précédentes, et plus de 915 jours cumulés sur ces cinq années. Le test de résidence ordinaire ne dépend pas d’un nombre de jours : il vise le domicile permanent.

Y a-t-il des droits de succession en Afrique du Sud ?

Oui. D’après le SARS, 20 % sur la première tranche de 30 millions de rands de valeur taxable, puis 25 %, après un abattement de 3,5 millions de rands.

Un non-résident paie-t-il la taxe sur les donations ?

Selon la page du SARS, seules les personnes résidentes sont redevables de la donations tax.

Un Français installé en Afrique du Sud reste-t-il résident fiscal français ?

Cela dépend de ses critères. La doctrine française retient trois critères et un seul suffit. En cas de double résidence, la convention franco-sud-africaine départage.

Faire le point sur votre situation

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Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles