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Fiscalité et résidence

Vivre au Pérou : domicilié après 183 jours, revenus mondiaux et barème calculé en UIT

Au Pérou, un étranger devient « domicilié » s’il a résidé ou séjourné plus de 183 jours calendaires sur une période quelconque de 12 mois. Le domicilié est imposé sur ses revenus de toutes provenances. Le non-domicilié l’est sur sa seule rente de source péruvienne. Les revenus du travail suivent un barème de 8 % à 30 % exprimé en UIT, l’unité d’imposition de l’administration (5 350 soles en 2025). Cette page ne traite ni la sécurité sociale, ni le titre de séjour de longue durée.

Domicilié : 183 jours sur n’importe quelle période de 12 mois

La SUNAT, l’administration fiscale péruvienne, définit le domicile des personnes physiques. Une personne de nationalité péruvienne qui a son domicile dans le pays est domiciliée. Une personne étrangère l’est si elle a résidé ou séjourné dans le pays « plus de 183 jours calendaires durant une période quelconque de 12 mois ».

Deux conséquences se lisent dans cette formule :

  • la période de 12 mois n’est pas l’année civile : le compte glisse ;
  • le seuil est franchi à partir du 184e jour, la formule étant « plus de 183 jours ».

La perte du statut obéit à la règle inverse. Pour un étranger domicilié, elle intervient s’il reste absent du pays plus de 183 jours calendaires sur une période quelconque de 12 mois. Pour un Péruvien, la page de la SUNAT sur les non-domiciliés vise d’abord celui qui a obtenu la résidence dans un autre pays, prouvée par un visa ou un contrat de travail d’au moins un an ; à défaut de preuve, il est considéré non domicilié s’il reste absent plus de 183 jours calendaires sur une période quelconque de 12 mois. Selon la SUNAT, un Péruvien qui a perdu le statut le retrouve dès son retour dans le pays, sauf s’il y reste 183 jours ou moins sur une période de 12 mois. La page ne décrit pas de règle de retour pour un étranger. Ces pages de la SUNAT ne portent pas de date.

Revenus du monde entier ou rente de source péruvienne

Un document de formation de la SUNAT (première édition numérique de septembre 2023) résume la règle : les domiciliés sont imposés sur les revenus qu’ils obtiennent partout dans le monde, les non-domiciliés sur les seules rentes imposables de source péruvienne.

Pour le domicilié, les revenus de source étrangère ne forment pas une catégorie à part. La cartilla de la SUNAT sur la déclaration annuelle prévoit que le résultat net de ces opérations, s’il est positif, s’ajoute à la rente nette du travail. Les retenues sur les non-domiciliés sont décrites dans notre page sur l’absence de convention entre la France et le Pérou.

Revenus du travail : un barème en UIT

L’exercice 2025 court du 1er janvier au 31 décembre 2025. L’UIT de 2025 est fixée à 5 350 soles. La SUNAT retient une déduction fixe de 7 UIT, soit 37 450 soles, sans justificatif. Le reste suit une échelle progressive cumulative :

Tranche de revenu netEn soles (UIT 2025)Taux
jusqu’à 5 UIT0 à 26 7508 %
de 5 à 20 UIT26 751 à 107 00014 %
de 20 à 35 UIT107 001 à 187 25017 %
de 35 à 45 UIT187 251 à 240 75020 %
au-delà de 45 UIT240 751 et plus30 %

Chaque taux ne s’applique qu’à la fraction de revenu comprise dans sa tranche. Les échéances de la déclaration annuelle dépendent du dernier chiffre du RUC, le numéro de contribuable. Les déductions autres que les 7 UIT ne sont pas traitées ici.

Dividendes, intérêts et plus-values : les taux de la SUNAT

RevenuRègle indiquée par la SUNAT
Dividendes5 % du montant payé, retenus par le débiteur au moment du versement
Intérêts et autres rentes (redevances, droits de clientèle, marques, brevets)6,25 % de la rente nette après une déduction de 20 %, soit 5 % de la rente brute
Cession de valeurs mobilières6,25 % de la rente nette
Cession d’immeubles5 % de la plus-value

Le taux de 5 % sur les plus-values immobilières vient du document de formation de 2023, recoupé par un cas pratique de la SUNAT qui applique un « taux effectif de 5 % ». Les pages de la SUNAT citées pour ces taux n’indiquent pas s’ils visent les domiciliés ou les non-domiciliés, et les pages sur les dividendes ne portent pas de date de publication. Vérifiez ces taux dans le texte en vigueur avant toute décision.

Un revenu du travail de 200 000 soles : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Camille, profil fictif, est domiciliée au Pérou. Son revenu annuel du travail est de 200 000 soles (montant supposé).

Problème. Elle veut estimer l’impôt de l’exercice 2025 selon le barème de la SUNAT.

Stratégie. Elle retranche la déduction fixe de 7 UIT, soit 37 450 soles, puis applique chaque taux à la fraction de sa tranche.

Résultat. Le revenu net est de 162 550 soles. La fraction à 8 % (26 750 soles) donne 2 140 soles. La fraction à 14 % (80 250 soles) donne 11 235 soles. La fraction à 17 % (55 550 soles) donne 9 443,50 soles. L’impôt total est de 22 818,50 soles, soit 14,04 % du revenu net et 11,41 % du revenu brut. Ce calcul ignore les retenues déjà opérées, les autres déductions et les crédits éventuels, qui ne sont pas traités ici.

Entrer au Pérou et y rester

France Diplomatie (page mise à jour le 21 septembre 2026) indique que les ressortissants français n’ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 3 mois. Le séjour sans visa est limité à 90 jours sur une période de 183 jours. Au-delà de 90 jours, les séjours touristiques exigent un visa, à demander au consulat général du Pérou en France. Le passeport doit être valide au moins 6 mois à l’arrivée.

Ces règles d’entrée relèvent de l’immigration. Elles ne remplacent pas le critère de domicile fiscal de la SUNAT, qui compte des jours de présence sur 12 mois.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne donne ni la sécurité sociale péruvienne, ni les conditions d’un titre de séjour de longue durée, ni le crédit éventuel pour un impôt payé hors du Pérou, ni les loyers, ni un impôt sur le patrimoine : ces points ne sont pas traités ici et sont à vérifier auprès de la SUNAT. La fiscalité locale se valide avec un professionnel installé au Pérou. Ce qui relève de la France, notamment le domicile fiscal, la déclaration de départ et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages dédiées.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre nombre de jours de présence au Pérou sur chaque période de 12 mois.
  • La nature de vos revenus : travail, dividendes, intérêts, cessions.
  • Le lieu d’où viennent ces revenus : Pérou ou étranger.
  • Votre situation au regard de la France, qui reste à examiner séparément.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quand devient-on résident fiscal au Pérou ?

Un étranger devient domicilié quand il a résidé ou séjourné plus de 183 jours calendaires sur une période quelconque de 12 mois, selon la SUNAT.

Les revenus de l’étranger sont-ils imposés au Pérou ?

Pour un domicilié, oui : la SUNAT parle de revenus obtenus partout dans le monde. Le résultat net de source étrangère s’ajoute à la rente nette du travail.

Quel est le barème de l’impôt sur le revenu du travail ?

Cinq tranches de 8 % à 30 %, bornées à 5, 20, 35 et 45 UIT. L’UIT de 2025 est de 5 350 soles, avec une déduction fixe de 7 UIT.

Quel est le taux sur les dividendes ?

5 % du montant payé, retenus par le débiteur, selon la SUNAT, dont les pages citées ne précisent pas si ce taux vise les domiciliés ou les non-domiciliés.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)