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Thaïlande : la règle des 180 jours et l’imposition des revenus étrangers remis

Pour un étranger qui séjourne en Thaïlande 180 jours ou plus dans l’année civile, les revenus de source étrangère gagnés à partir du 1er janvier 2024 sont imposables en Thaïlande dès qu’ils y sont remis, en totalité ou en partie, même lors d’une année ultérieure. C’est ce que décrit l’infographie du Revenue Department thaïlandais, seule source thaïlandaise consultée pour cette page (PDF intitulé « How do foreigners living in Thailand pay tax? », non daté).

Cette page présente cette règle et ce qu’en dit la source. Elle ne donne ni taux, ni barème, ni date limite de dépôt : l’infographie n’en contient pas. Elle ne traite pas non plus les visas. Pour le droit thaïlandais, un conseil local reste nécessaire.

La règle en deux conditions

L’infographie pose deux conditions, qui se cumulent.

ConditionCe que dit la source
Un séjour de 180 jours ou plusRevenu gagné à partir du 1er janvier 2024 par un étranger qui « stays in Thailand for 180 days or more in a tax (calendar) year »
Une remise en ThaïlandeRevenu « remitted to Thailand (wholly or partially) », même si la remise a lieu une année fiscale plus tard

Le seuil s’écrit « 180 jours ou plus » : 180 jours remplissent la condition, 179 non. La source indique que l’année fiscale est l’année civile.

Les revenus de source thaïlandaise sont imposables, qu’ils soient payés en Thaïlande ou à l’étranger : l’infographie écrit « whether such income is paid within or outside Thailand ». La condition des 180 jours et de la remise vise les revenus de source étrangère gagnés à partir du 1er janvier 2024.

Quand le revenu est gagné une année et remis une autre, le tableau de la page 3 de l’infographie rattache le nombre de jours de séjour à l’année où le revenu est gagné. Ce tableau se vérifie sur le PDF original avant toute remise importante.

Ce que contient la déclaration

La déclaration d’impôt thaïlandaise se fait sur le formulaire P.N.D.90 ou P.N.D.91, selon l’infographie. Elle reprend :

  • les revenus de source thaïlandaise gagnés dans l’année ;
  • les revenus de source étrangère « remitted to Thailand during the tax year ».

Selon cette description, l’assiette retient les sommes remises dans l’année, pas l’ensemble des revenus gagnés à l’étranger. En cas de remise partielle, l’infographie indique (page 5) que le montant imposable est réparti en conséquence ; cette page ne détaille pas cette répartition.

Les deux exceptions

La source liste deux situations où les revenus étrangers remis ne sont pas imposables.

  1. Revenus acquis avant le 1er janvier 2024. Elle vise le revenu de source étrangère « derived before 1st January 2024 and remitted into Thailand in a later tax year ». Le tableau de la page 3 distingue les revenus gagnés avant le 1er janvier 2024 et ceux gagnés à partir du 1er janvier 2024.
  2. Étranger non résident fiscal thaïlandais. Les revenus de source étrangère « derived by a foreigner who is not Thai tax resident » ne sont pas imposables, même remis ensuite. L’infographie n’emploie pas d’autre définition de la résidence que le seuil de 180 jours.

L’impôt déjà payé à l’étranger

L’infographie indique que l’impôt payé à l’étranger peut être imputé sur l’impôt thaïlandais : « Income tax paid abroad can be credited against Thai taxes ». Elle renvoie à la convention de double imposition applicable. Elle ne donne pas la méthode de calcul du crédit. Cette page n’en décrit ni le plafond ni les justificatifs.

Ce que la source ne donne pas

PointDans l’infographie
Taux ou barème de l’impôt thaïlandaisAbsent
Date limite de dépôtAbsente
Date de publication ou de mise à jourAbsente
Liste des conventions de double impositionAbsente
Définition de la résidence fiscale hors seuil de 180 joursAbsente

Ces éléments se lisent sur les textes et les pages de l’administration fiscale thaïlandaise, ou avec un conseil local. Cette page n’en tire aucune conclusion.

Côté français : l’attention porte sur le domicile fiscal

Le seuil thaïlandais ne règle pas la question du domicile fiscal français, qui obéit à ses propres critères. L’article 4 B du CGI retient trois critères, commentés par le BOFiP (BOI-IR-CHAMP-10) : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle, le centre des intérêts économiques. Selon le BOFiP, « il suffit que l’un des critères soit rempli ».

Critère (BOFiP)Ce que dit l’administration
Foyer« le lieu où les intéressés habitent normalement »
Séjour de plus de six moisNe « constitue pas un critère absolu »
Activité principaleCelle à laquelle le contribuable consacre « le plus de temps effectif »
Centre des intérêts économiquesLieu des principaux investissements, ou pays d’où l’on tire la majeure partie de ses revenus

Une personne peut être considérée comme résidente à la fois par la France et par la Thaïlande. La page « Résident de France » d’impots.gouv.fr (modifiée le 27/01/2026) précise que, dans ce cas, la convention fiscale applicable départage et que la notion de résident de la convention « prévaudra toujours » sur celle de domicile fiscal. Elle décrit une cascade générale de critères (foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité), sans l’appliquer à un pays donné.

Une convention France-Thaïlande existe : signée le 27 décembre 1974, complétée par un échange de lettres des 20 août 1999 et 6 mars 2000, elle vise l’impôt sur le revenu (BOI-ANNX-000306, version du 29/04/2026, conventions en vigueur au 1er janvier 2026). Cette page n’en décrit pas le contenu : ses critères de résidence, comme son traitement des dividendes, intérêts et plus-values, sont à vérifier sur le texte de la convention.

Résidence fiscale en Thaïlande : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Un consultant, profil fictif, passe 190 jours en Thaïlande en 2025. Il perçoit 1 100 000 THB de revenus de source thaïlandaise. Il gagne aussi 2 400 000 THB de revenus de source étrangère, et en remet 700 000 THB en Thaïlande la même année (montants et jours : hypothèses).

Problème. Quelle part de ses revenus entre dans l’assiette de la déclaration thaïlandaise ?

Stratégie. Appliquer les deux conditions de l’infographie : 180 jours ou plus, et remise en Thaïlande. Compter les revenus thaïlandais et les seuls revenus étrangers remis dans l’année.

Résultat. Avec 190 jours, la condition des 180 jours est remplie. L’assiette est de 1 100 000 + 700 000 = 1 800 000 THB. Les 1 700 000 THB de revenus étrangers non remis ne sont pas comptés dans cette assiette. Avec 175 jours, la première condition ne serait pas remplie : l’assiette tomberait à 1 100 000 THB, soit 700 000 THB de moins. Avec 180 jours exactement, elle le serait.

Ce profil est fictif. Le calcul additionne des montants ; il n’applique aucun taux, car la source n’en donne pas, et il ne tient pas compte de déductions éventuelles.

Résidence fiscale en Thaïlande : ce qui change selon votre cas

  • Votre nombre de jours de présence sur l’année civile.
  • La date de gain de vos revenus : avant ou après le 1er janvier 2024.
  • Le montant et le calendrier de vos remises vers la Thaïlande.
  • Votre statut de résident fiscal en Thaïlande et en France, qui se juge dossier par dossier.
  • L’impôt déjà payé à l’étranger et la convention applicable.

Aucun résultat n’est promis : la règle dépend de votre situation.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour entrer dans la règle ?

180 jours ou plus dans l’année civile, selon l’infographie du Revenue Department.

Mes revenus gagnés avant 2024 sont-ils concernés ?

L’infographie classe parmi les exceptions les revenus de source étrangère acquis avant le 1er janvier 2024 et remis plus tard.

Quel formulaire utilise-t-on ?

L’infographie cite le formulaire P.N.D.90 ou P.N.D.91.

La Thaïlande applique-t-elle un taux précis à ces revenus ?

L’infographie consultée n’en donne pas. Le barème se vérifie auprès de l’administration thaïlandaise.

Passer moins de six mois en France suffit-il à quitter la France fiscalement ?

Pas à lui seul. Selon le BOFiP, « il suffit que l’un des critères soit rempli » pour être domicilié en France (foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques), et le séjour de plus de six mois « ne constitue pas un critère absolu ».

Faire le point avant de transférer des fonds

La remise de revenus, le calendrier des séjours et la résidence fiscale se préparent avec les chiffres de votre dossier. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles