Accueil / Ressources / PEA, compte-titres ou assurance-vie : comparer

Épargne et placements

PEA, compte-titres ou assurance-vie : comparer les trois enveloppes en 2026

Ces trois enveloppes ne se distinguent pas par les titres qu’on y met, mais par leurs règles de plafond, de retrait et d’impôt. Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements et se referme en principe en cas de retrait avant 5 ans. Le compte-titres n’a ni plafond ni limite de retrait, mais ses revenus et plus-values sont imposables. L’assurance-vie n’a pas de plafond de versement et permet de retirer de l’argent, avec un impôt qui baisse après 8 ans.

Cette page compare les règles. Elle ne dit pas laquelle choisir : cela dépend de votre horizon, de votre besoin de disponibilité et des titres que vous visez. Les sources officielles signalent un risque de perte en capital sur ces placements (voir la section dédiée plus bas).

Elle ne compare pas les taux de prélèvements sociaux des trois enveloppes, car les pages officielles lues ne les donnent pas de manière concordante. Elle ne traite pas la situation des personnes qui quittent la France ou n’y résident pas, ni le montant des frais, ni les rendements, ni la fiscalité au décès. Pour le PEA, service-public.gouv.fr écrit : « Il faut être fiscalement domiciliée en France pour pouvoir ouvrir et détenir un PEA. » Si vous vivez ou partez à l’étranger, vérifiez votre situation auprès de cette source avant toute démarche.

Le tableau de comparaison

PEACompte-titres ordinaireAssurance-vie
Plafond de versements150 000 €AucunAucun plafond maximum
Titres et supportsTitres éligibles seulementNotamment actions, obligations, parts de FCP, actions de SICAV, bons de souscription, warrants, ETFFonds en euros et unités de compte
RetraitAvant 5 ans : clôture du plan, en principeAucune limite de retraitPossible avant la fin du contrat
Impôt sur le revenu à la sortieAucun après 5 ansPFU de 12,8 %, ou barème sur option12,8 % ou 7,5 % selon l’ancienneté, abattement après 8 ans
Condition de résidenceDomiciliation fiscale en France (service-public.gouv.fr)Non traité iciNon traité ici
Nombre de contratsUn PEA classique par personneAutant que souhaitéNon traité ici
TitulairePersonnel, pas de compte jointIndividuel, joint ou indivisNon traité ici

Les plafonds

PEA. La limite des versements est de 150 000 € à compter de l’ouverture du plan. Pour un majeur rattaché au foyer fiscal, service-public.gouv.fr indique un plafond de versement propre, limité à 20 000 € tant que dure le rattachement. Si vous détenez aussi un PEA-PME-ETI, la limite des versements sur les deux plans est de 225 000 €, soit 450 000 € pour un couple soumis à imposition commune (impots.gouv.fr). Les versements se font en numéraire.

Compte-titres ordinaire. L’AMF indique qu’il n’existe aucun plafond pour le compte-titres, à la différence du PEA.

Assurance-vie. Service-public.gouv.fr indique : « Il n’y a pas de plafond maximum pour les versements sur un contrat d’assurance-vie. »

Les titres que l’on peut loger

PEA. Seuls les titres éligibles y entrent. Ils peuvent être cotés ou non cotés, et doivent être détenus en pleine propriété. Le compte en espèces du plan n’est pas rémunéré et ne peut pas être débiteur. Pour les ETF, l’AMF indique que les ETF acceptés dans le PEA sont ceux « qui doivent être investis à 75 % en actions de sociétés de l’Union européenne ». La formulation de ce seuil et du périmètre géographique diffère d’une source officielle à l’autre (AMF, economie.gouv.fr, BOFiP) : il faut la vérifier auprès de la source pour chaque fonds avant de l’acheter.

Compte-titres. L’AMF indique qu’il accueille « tous types de titres, comme notamment » les actions, les obligations, les parts de FCP, les actions de SICAV, les bons de souscription, les warrants et les ETF ou trackers. Un compte espèces y est associé : il est débité des achats et des frais, et crédité des ventes et des revenus.

Assurance-vie. Sur un fonds en euros, les sommes « restent valorisées en euro dans le contrat ». Sur les unités de compte, elles sont valorisées en unités de compte et non en euros. Service-public.gouv.fr indique que le niveau de risque d’un produit financier est classé de 1 à 7.

La disponibilité

PEA. En principe, tout retrait, total ou partiel, avant la fin de la 5e année du plan entraîne sa clôture. Après 5 ans, un retrait partiel n’entraîne pas la clôture et de nouveaux versements restent possibles. Un retrait total clôture le plan. Le « en principe » du texte renvoie à des exceptions. Service-public.gouv.fr cite, pour un retrait partiel anticipé, le licenciement, l’invalidité ou la mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son époux ou partenaire de Pacs, le retrait de titres d’une société en liquidation, et le retrait réinvesti dans les 3 mois pour la création ou la reprise d’entreprise. Vérifiez les conditions auprès de la source avant de retirer.

Compte-titres. « Contrairement au PEA, il n’y a aucune limite de retrait. » Le compte peut être clos à tout moment, mais l’AMF précise que des frais de clôture peuvent être facturés.

Assurance-vie. « Vous pouvez retirer de l’argent avant la fin du contrat. » Un rachat total met fin au contrat. L’assureur doit verser les sommes dans un délai de 2 mois après la demande.

L’impôt sur le revenu à la sortie

PEA. Si vous n’effectuez aucun retrait dans les 5 ans suivant le premier versement, vos gains ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Un retrait avant 5 ans soumet les gains au prélèvement forfaitaire unique (PFU), qui est de 31,4 % au total d’après impots.gouv.fr (page modifiée le 17/07/2026), sauf cas d’exonération prévus par les textes. Selon impots.gouv.fr, certains retraits anticipés ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, par exemple en cas de décès du titulaire du plan ou si les sommes servent à créer ou reprendre une entreprise, sous certaines conditions. Les prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas.

Compte-titres. Revenus et plus-values sont imposables, avec en plus les prélèvements sociaux. Le PFU est de 12,8 % d’impôt sur le revenu. Le total est de 31,4 % selon impots.gouv.fr (page modifiée le 20/03/2026). Vous pouvez opter pour le barème progressif en cochant la case 2OP de la déclaration de revenus. Les cessions se déclarent sur l’annexe 2074, dont les totaux sont reportés sur la déclaration 2042-C. Dans certains cas, vous n’avez pas à la remplir.

Assurance-vie. Tant qu’aucun rachat n’est effectué, les gains ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu. Pour les produits de versements effectués à compter du 27 septembre 2017, le taux forfaitaire est de 12,8 %. Il est ramené à 7,5 % pour les contrats de plus de 8 ans. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple marié ou pacsé soumis à imposition commune) s’applique aux gains. Le taux de 7,5 % dépend aussi du montant des primes versées sur l’ensemble de vos contrats, apprécié au regard d’un seuil de 150 000 €.

Les prélèvements sociaux de l’assurance-vie ne sont pas chiffrés ici. Les pages officielles lues donnent des taux différents.

Le risque de perte en capital

Les trois enveloppes ne protègent pas le capital investi en actions ou en unités de compte.

  • Compte-titres. L’AMF indique que le capital et le rendement ne sont pas assurés et qu’il faut être prêt à perdre tout ou partie de l’épargne investie.
  • PEA. Service-public.gouv.fr précise que le PEA ne prévoit pas de conservation du capital investi.
  • Assurance-vie. Pour un contrat en unités de compte, service-public.gouv.fr écrit : « Seul le nombre d’unités de compte est garanti par l’assureur, mais pas leur valeur. »

Les chiffres de cette page décrivent des règles d’impôt. Ils ne disent rien du rendement ni du capital que vous retrouverez.

Les frais

Aucune page officielle lue ne donne de montant de frais de courtage ou de tenue de compte, ni pour le PEA ni pour le compte-titres.

  • Compte-titres. L’AMF cite une commission de tenue de compte annuelle possible, des frais de courtage sur chaque ordre sur actions, et des droits de garde possibles.
  • PEA. Selon economie.gouv.fr (page écrite le 04/12/2025), les frais d’ouverture d’un PEA sont limités à 10 €.
  • Assurance-vie. Les frais d’entrée et sur versement ne peuvent pas excéder 5 % des primes versées dans l’année.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Marc et Sophie, mariés et imposés ensemble, disposent de 100 000 € à placer. Ils retirent la totalité de l’épargne le jour de la sortie, avec un gain de 30 000 € (hypothèse de calcul, sans prévision de rendement). Pour l’assurance-vie, ils n’ont aucun autre contrat et leurs primes sont inférieures à 150 000 €, avec des versements postérieurs au 27 septembre 2017. Les titres visés sont éligibles au PEA.

Problème. Comparer, sur le seul impôt sur le revenu, la sortie selon l’enveloppe et la durée de détention.

Stratégie. Les 100 000 € entrent dans le plafond de 150 000 € du PEA, avec 50 000 € de marge. On applique à chaque enveloppe les règles décrites plus haut.

Résultat.

Enveloppe et duréeImpôt sur le revenu sur 30 000 € de gain
Compte-titres, PFU à 12,8 %3 840 €
PEA, retrait avant 5 ans, hors cas d’exonération (le plan est clos en principe)3 840 €
PEA, retrait après 5 ans0 €
Assurance-vie, rachat après 8 ans, couple1 560 €

Pour l’assurance-vie, la base est de 30 000 € − 9 200 € = 20 800 €, imposée à 7,5 %. Entre le compte-titres et le PEA détenu plus de 5 ans, l’écart est de 3 840 €. Entre le compte-titres et l’assurance-vie après 8 ans, il est de 2 280 €.

Ce tableau suppose qu’aucun cas d’exonération du PEA ne s’applique et que les gains de 30 000 € sont réalisés : le capital investi peut aussi diminuer. Il ne compte aucun prélèvement social : ils s’ajoutent dans chaque cas. Il ne tient pas compte des frais ni de la disponibilité. Le PEA impose de rester sous 150 000 € de versements et de n’y loger que des titres éligibles. Le profil est fictif et les 30 000 € de gain sont une hypothèse. Les chiffres illustrent le calcul. Ils ne présagent pas de votre situation.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre horizon. Les seuils de 5 ans (PEA) et de 8 ans (assurance-vie) changent le traitement du retrait.
  • Les titres que vous visez, selon qu’ils sont éligibles ou non au PEA.
  • Le montant à placer, au regard du plafond de 150 000 € du PEA.
  • Votre composition familiale : un PEA est personnel, sans compte joint, et l’abattement de l’assurance-vie diffère entre personne seule et couple.
  • Le montant de vos primes d’assurance-vie sur l’ensemble de vos contrats.
  • Votre besoin de disponibilité.
  • Votre résidence fiscale : service-public.gouv.fr exige une domiciliation fiscale en France pour ouvrir et détenir un PEA. Le reste de la situation des non-résidents n’est pas traité sur cette page et se vérifie avant tout projet de départ.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un PEA et un compte-titres ?

Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements, n’accepte que des titres éligibles et se referme en principe en cas de retrait avant 5 ans. Le compte-titres n’a ni plafond ni limite de retrait, et ses revenus et plus-values sont imposables. Dans les deux cas, le capital investi n’est pas protégé.

Peut-on retirer son argent d’un PEA comme d’une assurance-vie ?

Pas dans les mêmes conditions. Avant 5 ans, un retrait du PEA entraîne en principe la clôture du plan. L’assurance-vie permet de retirer de l’argent avant la fin du contrat, et l’assureur doit verser les sommes dans un délai de 2 mois.

Peut-on avoir un PEA, un compte-titres et une assurance-vie en même temps ?

Oui pour le compte-titres : on peut en ouvrir autant qu’on le souhaite. Pour le PEA, il est interdit d’en détenir plusieurs classiques en même temps.

Un PEA peut-il être ouvert en compte joint ?

Non. Un PEA est personnel et ne peut pas être ouvert sous la forme d’un compte joint. Le compte-titres peut être individuel, joint ou indivis.

Faire le point sur vos enveloppes

Vous détenez déjà plusieurs de ces enveloppes, ou vous hésitez sur l’ordre dans lequel les utiliser ? Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles