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Hypothèque légale : définition, cas d’application et effets

L’hypothèque légale est la sûreté immobilière que la loi accorde à certains créanciers sans qu’une convention soit nécessaire : le Trésor public pour les impôts, la sécurité sociale, les époux entre eux pour les créances nées du régime matrimonial, les majeurs protégés sur les biens de leur tuteur, et, depuis 2022, le prêteur de deniers qui finance l’acquisition d’un immeuble (ex-privilège de prêteur de deniers). Elle doit être inscrite au service de publicité foncière pour être opposable.

Comment ça marche

L’hypothèque légale du prêteur de deniers garantit la banque qui finance l’achat d’un bien existant ; elle est moins coûteuse qu’une hypothèque conventionnelle car exonérée de taxe de publicité foncière, et prend rang à la date de la vente si elle est inscrite dans les deux mois. Elle ne peut pas garantir la construction ou les travaux, qui exigent une hypothèque conventionnelle ou une caution.

L’hypothèque légale du Trésor permet à l’administration fiscale de garantir le recouvrement d’impôts dus en l’inscrivant sur les immeubles du contribuable, notamment en cas de sursis de paiement ou de plan de règlement ; elle apparaît alors dans l’état hypothécaire et peut bloquer une vente tant que la dette n’est pas apurée. Les hypothèques légales des époux et des mineurs protègent les créances familiales.

Exemple concret

Un couple achète un appartement ancien 350 000 € avec un prêt de 280 000 €. La banque prend une hypothèque légale de prêteur de deniers : le coût est d’environ 0,8 % du prêt contre 1,5 % pour une hypothèque conventionnelle. À la revente avant le terme, une mainlevée sera nécessaire, facturée quelques centaines d’euros.

Points de vigilance

  • Toute hypothèque, légale ou conventionnelle, doit être levée à la vente du bien si le prêt n’est pas soldé : prévoir les frais de mainlevée.
  • Un état hypothécaire est systématiquement demandé par le notaire acquéreur ; une inscription du Trésor retarde la vente.
  • L’hypothèque légale du prêteur de deniers ne couvre pas la part du prêt affectée aux travaux.
  • La caution bancaire (Crédit Logement) est une alternative sans inscription, souvent partiellement remboursée à la fin du prêt.

Termes voisins

Cautionnement.

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Alexis SagnierFondateur de Balmont Conseil, Lyon

Questions fréquentes

Quelle différence avec une hypothèque conventionnelle ?

L’hypothèque légale naît de la loi et coûte moins cher pour le prêteur de deniers ; la conventionnelle résulte d’un acte notarié et peut garantir tout type de prêt, y compris les travaux.

Le fisc peut-il hypothéquer ma maison sans mon accord ?

Oui, pour garantir des impôts dus, par inscription d’une hypothèque légale, le plus souvent après mise en demeure ou dans le cadre d’un sursis de paiement.

Combien de temps dure l’inscription ?

Elle produit effet jusqu’à un an après la dernière échéance du prêt, puis s’éteint automatiquement ; une mainlevée anticipée est nécessaire en cas de vente.

Source officielle

articles 2393 et suivants du code civil (ordonnance du 15 septembre 2021) ; article 1929 ter du code général des impôts