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Entreprises de 11 à 49 salariés : l’obligation de partage de la valeur, qui est concerné et quels dispositifs choisir

Selon la fiche F2141 de service-public.gouv.fr, une entreprise d’au moins 11 salariés et de moins de 50 salariés doit choisir un dispositif de partage de la valeur si elle a réalisé, pendant trois exercices consécutifs, un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires. La même fiche indique que les entreprises individuelles ne sont pas soumises à cette obligation. Deux points sont rédigés autrement sur d’autres pages officielles : la forme juridique et la base du seuil (voir plus bas).

Quatre choix sont possibles : un accord de participation, un accord d’intéressement, un abondement sur un plan d’épargne salariale, ou une prime de partage de la valeur.

Cette page traite le champ de l’obligation, le test des 1 %, les quatre options et leurs montants 2026. Elle ne traite pas la durée de l’obligation et sa date de fin, les sanctions, le calcul de l’effectif, la date limite de choix, ni le régime fiscal de la prime de partage de la valeur avant 2027. Sur ces points, les pages officielles lues ne donnent pas la même information ou se taisent.

Qui est concerné

Trois éléments sont à vérifier.

CritèreCe que disent les pages officielles
Effectif« au moins 11 salariés et moins de 50 salariés » (service-public.gouv.fr, fiche F2141)
Forme de l’entreprise« Les entreprises individuelles ne sont pas soumises à cette obligation. » Une autre page officielle (economie.gouv.fr, prime de partage de la valeur) écrit que l’activité doit être exercée sous la forme juridique de société
Résultatun bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires, pendant 3 exercices consécutifs (fiche F2141)

Les exercices 2022, 2023 et 2024 sont pris en compte pour apprécier le respect de la condition (fiche F2141, vérifiée le 21/07/2026).

La date d’application

Selon la fiche F2141, l’obligation s’applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025. Deux pages d’economie.gouv.fr l’énoncent autrement : « à partir de l’exercice suivant le 1er janvier 2025 » (vue d’ensemble de l’épargne salariale, 20/03/2026) et « depuis le 1er janvier 2025 » (prime de partage de la valeur, 28/04/2026). Cette page ne tranche pas entre ces formulations : la date applicable à votre exercice se vérifie auprès de la source.

La base du seuil de 1 %

La fiche F2141 parle du chiffre d’affaires. La page d’economie.gouv.fr sur la prime de partage de la valeur parle de « recettes ». Cette page ne tranche pas entre les deux. Faites vérifier la base retenue pour votre entreprise avec votre expert-comptable.

Points non tranchés par les pages officielles

  • La durée de l’obligation. La fiche F2141 ne rattache aucune durée à l’obligation. Les « cinq ans » qu’elle mentionne visent un dispositif expérimental de calcul de la participation, distinct. D’autres pages officielles parlent de cinq ans pour l’obligation elle-même, avec des points de départ différents. Cette page ne donne ni durée ni date de fin.
  • Les sanctions en cas de manquement : aucune des pages lues n’en mentionne.
  • Le mode de calcul de l’effectif et la date limite pour choisir le dispositif : la fiche F2141 indique seulement « au titre de l’exercice suivant ».

Les quatre options

Selon la fiche F2141, l’entreprise concernée doit, au titre de l’exercice suivant :

  1. mettre en place un accord de participation ;
  2. ou mettre en place un accord d’intéressement ;
  3. ou verser un abondement sur un plan d’épargne salariale ;
  4. ou verser une prime de partage de la valeur.

Le choix porte sur l’un de ces quatre dispositifs. Chacun a sa mécanique et ses plafonds.

Les montants 2026

DispositifPlafondSource
Prime de partage de la valeurMontant maximum d’exonération de 3 000 € par bénéficiaire et par année civile ; peut être porté à 6 000 € si l’employeur met en œuvre un dispositif d’intéressement ou de participation (conditions ci-dessous)economie.gouv.fr, page du 28/04/2026
Intéressement36 045 € par salarié en 2026 ; total des primes limité à 20 % du total des salaires bruts verséseconomie.gouv.fr (20/03/2026) ; service-public.gouv.fr, fiche F2140
Participation36 045 € par salarié en 2026economie.gouv.fr (22/09/2026)
Abondement sur un PEE3 844,8 € en 2026, et pas plus de 3 fois le versement du salarié ; jusqu’à 6 920,64 € si le salarié investit dans des titres de l’entrepriseservice-public.gouv.fr, fiche F2142 ; economie.gouv.fr
Abondement sur un PER collectif7 689,6 € en 2026economie.gouv.fr (20/03/2026)

La prime de partage de la valeur

La page d’economie.gouv.fr du 28/04/2026 parle d’un montant maximum d’exonération, et non d’un plafond de la prime elle-même. Ce montant est de 3 000 € par bénéficiaire et par année civile. Il peut être porté à 6 000 € à condition que l’employeur mette en œuvre un dispositif d’intéressement (lorsque l’entreprise est soumise à l’obligation de participation) ou un dispositif d’intéressement ou de participation (lorsqu’elle n’y est pas soumise). Ce dispositif doit être en place à la date de versement de la prime ou conclu au titre du même exercice.

Pour les primes versées entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2026, cette page décrit l’exonération avec des conditions d’effectif (moins de 50 salariés) et de rémunération (moins de trois fois la valeur annuelle du Smic, sur les douze mois précédant le versement). Ces conditions se vérifient sur la source avant tout versement.

La prime ne peut, en aucun cas, se substituer au salaire. Deux primes au maximum peuvent être attribuées au titre d’une même année civile, dans la limite d’un versement par trimestre.

Pour les primes versées à compter du 1er janvier 2027, la page d’economie.gouv.fr indique que la prime sera exonérée de cotisations sociales et assujettie à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu. Le régime applicable avant cette date n’est pas présenté de la même façon sur toutes les pages officielles (la fiche F1225 de service-public.gouv.fr écrit que la prime est imposable, la page d’economie.gouv.fr décrit des exonérations sous conditions). Cette page ne tranche pas : le régime de votre prime se vérifie avant tout versement.

Participation et intéressement

La participation et l’intéressement ne reposent pas sur le même calcul : voir nos pages dédiées.

Pour les entreprises de moins de 50 salariés, la fiche F2141 présente aussi un dispositif expérimental de calcul de la participation, avec une formule dérogatoire à la formule légale. La fiche n’est pas rédigée de la même façon selon les passages : l’un parle d’une formule « pouvant aboutir à un résultat inférieur », un autre indique que le résultat du calcul doit être égal ou supérieur à celui de la formule légale. Cette page ne tranche pas : le calcul applicable se vérifie auprès de la source.

Les accords de participation sont déposés sur TéléAccords. Sans dépôt, l’entreprise ne bénéficie pas des exonérations liées à la participation.

Les sommes placées sur un PEE ou un PEI sont indisponibles pendant cinq ans (fiche F2141). Les sommes investies sur un plan d’épargne salariale, notamment en titres de l’entreprise, sont exposées à un risque de perte en capital.

Forfait social : ce que disent les pages

SommesForfait socialPage
Participationexonération totale pour les entreprises de moins de 50 salariés ; 20 % pour les autreseconomie.gouv.fr, 20/03/2026 et 22/09/2026
Intéressementexonération totale pour les entreprises de moins de 250 salariés ; 20 % à partir de 250 salariéseconomie.gouv.fr, 20/03/2026
Prime de partage de la valeurpour les entreprises de moins de 50 salariés (et les salariés rémunérés à moins de 3 Smic annuels) : exonération d’impôt sur le revenu, de taxe sur les salaires et de forfait social ; application du forfait social de 20 % si l’effectif est d’au moins 250 salariéseconomie.gouv.fr, vue d’ensemble, 20/03/2026

Pour la participation et l’intéressement, la page du 20/03/2026 mentionne aussi un taux réduit de 16 % sous conditions pour certains versements sur un Perco ou un Pere (termes de la page). Pour la prime de partage de la valeur, la page du 28/04/2026 ne mentionne pas le forfait social : les situations non décrites ci-dessus se vérifient auprès de la source.

Le forfait social sur l’abondement n’est pas repris dans ce tableau : il se vérifie auprès des pages officielles. La page du 20/03/2026 ne cite pas la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 sur ce point. Le taux se vérifie à la date de versement.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Une société par actions simplifiée d’ingénierie compte 30 salariés. Ses exercices sont clos au 31 décembre. Sa masse salariale brute annuelle, assimilée au total des salaires bruts versés, est de 1 500 000 €. Son chiffre d’affaires et son bénéfice net fiscal sont les suivants (hypothèses). Pour le calcul de la prime, on suppose que les 30 salariés remplissent les conditions de rémunération décrites par la source et qu’un dispositif d’intéressement est en place.

Problème. Le dirigeant veut savoir si l’obligation s’applique à son entreprise, et quelles limites encadrent chacun des choix possibles.

Stratégie. Le cabinet pose le test des 1 % sur les trois exercices pris en compte, puis calcule les montants maximums d’exonération de la prime et le plafond collectif de l’intéressement. Le choix du dispositif se discute ensuite avec le dirigeant et son expert-comptable.

Résultat.

ExerciceChiffre d’affairesSeuil de 1 %Bénéfice net fiscalRapportCondition
20223 200 000 €32 000 €41 000 €1,28 %remplie
20233 400 000 €34 000 €36 000 €1,06 %remplie
20243 600 000 €36 000 €52 000 €1,44 %remplie

La condition est remplie sur les trois exercices. Si le bénéfice de 2023 avait été de 30 000 €, le rapport serait de 0,88 % : la condition ne serait pas remplie sur ce test.

Les montants qui encadrent les options pour cette société :

OptionCalculMontant
Prime de partage de la valeur, montant maximum d’exonération de base30 salariés × 3 000 €90 000 €
Prime de partage de la valeur, montant maximum d’exonération porté à 6 000 €30 salariés × 6 000 €180 000 €
Intéressement, plafond collectif20 % × 1 500 000 €300 000 €
Intéressement, moyenne par salarié au plafond collectif300 000 € ÷ 3010 000 €

La moyenne de 10 000 € par salarié reste inférieure au plafond individuel de 36 045 € pour 2026. Ces montants sont des limites : ils ne disent pas ce que l’entreprise doit verser. Ce profil est fictif : les chiffres illustrent le mécanisme et n’annoncent aucun résultat pour votre entreprise.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre forme juridique : société ou entreprise individuelle.
  • Votre effectif, et la manière dont il est apprécié pour votre entreprise.
  • Votre résultat rapporté à la base retenue (chiffre d’affaires ou recettes) sur les trois exercices pris en compte.
  • La date d’ouverture de votre exercice, au regard de la date d’application que vous retenez après vérification à la source.
  • La présence d’un accord de participation ou d’intéressement déjà en place, qui joue sur le montant maximum d’exonération de la prime.
  • Les conditions d’effectif et de rémunération de la prime, et son régime à la date de son versement, notamment à partir du 1er janvier 2027.

Cette page ne dit pas si votre entreprise est soumise à l’obligation. Cela se détermine sur vos comptes. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Mon entreprise de 20 salariés est-elle concernée ?

Selon la fiche F2141, elle l’est si elle a réalisé, pendant trois exercices consécutifs, un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires, et si elle n’est pas une entreprise individuelle. Cette réponse est donnée sous réserve de deux points sur lesquels une autre page officielle est rédigée autrement : la forme juridique (société) et la base du seuil (chiffre d’affaires ou recettes). À faire vérifier avec votre expert-comptable.

Faut-il obligatoirement mettre en place la participation ?

Non. La participation est une des quatre options : accord de participation, accord d’intéressement, abondement ou prime de partage de la valeur (fiche F2141). La participation est obligatoire à partir de 50 salariés, selon des conditions propres (voir notre page sur le seuil de 50 salariés).

Combien de temps dure l’obligation ?

Les pages officielles lues ne concordent pas. Cette page ne donne pas de durée. La vérification se fait sur les textes à jour.

Y a-t-il un forfait social ?

Selon economie.gouv.fr, il y a exonération pour la participation sous 50 salariés et pour l’intéressement sous 250 salariés. Pour la prime de partage de la valeur, la page décrit une exonération pour les entreprises de moins de 50 salariés (et les salariés rémunérés à moins de 3 Smic annuels), et un forfait social de 20 % si l’effectif est d’au moins 250 salariés. Voir le tableau ci-dessus pour les pages concernées.

Faire le point sur votre situation

Votre entreprise approche de 50 salariés ou vient d’atteindre trois exercices de bénéfice régulier ? Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles