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Accueil / Ressources / Donner son assurance vie à ses enfants

Transmission

Donner un contrat d’assurance vie à ses enfants : est-ce possible ?

En pratique, non : un contrat d’assurance vie ne se donne pas de son vivant. On donne l’argent après un rachat, ou on désigne ses enfants bénéficiaires pour le décès. Un contrat de capitalisation, lui, peut être donné. Sur un contrat de 100 000 € dont 44 000 € de gains, racheter l’assurance vie pour offrir la somme coûte 10 523 € d’impôt et de prélèvements sociaux ; donner un contrat de capitalisation de même valeur ne coûte aucun droit de donation si l’abattement de 100 000 € est disponible, et la plus-value antérieure n’est pas imposée.

Cette page compare les quatre voies, chiffres à l’appui, au 4 novembre 2026. Chaque règle vient d’une source officielle citée en bas de page ; quand un point relève de la pratique notariale et non d’un texte, la page le précise. Les profils sont fictifs : ils montrent un calcul, pas votre résultat.

En un coup d’œil

VoiePossible ?Coût fiscal
Donner le contrat d’assurance vieEn pratique non, de son vivantSans objet
Racheter, puis donner l’argentOuiRachat taxé sur la part de gains, puis donation exonérée jusqu’à 100 000 € par parent et par enfant, plus 31 865 € de don familial
Désigner l’enfant bénéficiaireOui, modifiablePrimes versées avant 70 ans : 152 500 € exonérés par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 %
Donner un contrat de capitalisationOuiDroits de donation après abattement ; plus-value antérieure non imposée

Dans cette page

Peut-on donner son contrat d’assurance vie à ses enfants ?

En pratique, non : selon la pratique notariale, le contrat d’assurance vie ne fait pas l’objet d’une donation de son vivant. Il est conçu pour payer un capital au décès. Vous pouvez en revanche racheter le contrat et donner la somme, ou désigner vos enfants comme bénéficiaires.

Pourquoi un contrat d’assurance vie ne se donne-t-il pas ?

  • Seul le souscripteur peut racheter le contrat (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 25 septembre 2026).
  • Le bénéficiaire désigné perçoit le capital ou la rente au décès de l’assuré (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 25 septembre 2026).
  • Tant que le bénéficiaire désigné n’a pas accepté sa désignation, il n’a aucun droit acquis sur les fonds.
  • La clause se modifie à tout moment, sauf si un bénéficiaire a accepté sa désignation : son accord est alors requis pour un rachat, pour les acceptations postérieures au 19 décembre 2007 (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 25 septembre 2026).

Quelle différence entre donner et désigner un bénéficiaire ?

Donner, c’est se dépouiller maintenant. Désigner, c’est transmettre au décès en gardant la main. Les deux logiques se comparent ainsi :

Racheter puis donnerDésigner un bénéficiaire
Quand l’enfant reçoitTout de suiteAu décès
Contrôle du capitalPerdu pour la somme donnéeConservé jusqu’au décès
FiscalitéRachat, puis droits de donation éventuelsPrélèvement de l’article 990 I ou droits de succession (757 B)

Pour la désignation, voyez le bénéficiaire sans lien de parenté et la fiscalité avant et après 70 ans.

Que coûte un rachat suivi d’un don ?

Les fonds retirés vous appartiennent : vous les donnez selon les règles ordinaires. Mais le rachat est imposé sur la part de gains comprise dans la somme retirée (impots.gouv.fr, page modifiée le 20 mars 2026).

Ancienneté du contratImpôt sur les gainsPrélèvements sociaux
Moins de 8 ans12,8 %17,2 %
8 ans ou plus, primes non remboursées sous 150 000 €7,5 % après un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple)17,2 %

Exemple 1 : Marc, 66 ans, 100 000 €. Contrat de plus de 8 ans, 56 000 € de primes, donc 44 000 € de gains. Impôt : (44 000 − 4 600) × 7,5 % = 2 955 €. Prélèvements sociaux : 44 000 × 17,2 % = 7 568 €. Total : 10 523 €, soit 10,52 % de la somme. Il reste 89 477 € à donner à sa fille. Le détail des taux est dans la fiscalité du rachat en 2026.

Combien peut-on donner sans droits de donation ?

DispositifMontantRenouvellement
Abattement parent-enfant100 000 € par parent et par enfant15 ans
Don familial de sommes d’argent (article 790 G)31 865 € par donateur et par bénéficiaire15 ans
Abattement grand-parent-petit-enfant31 865 €15 ans

Le don familial exige un donateur de moins de 80 ans et un bénéficiaire majeur ; il se cumule avec l’abattement du lien de parenté. Un enfant majeur peut donc recevoir 100 000 + 31 865 = 131 865 € de chacun de ses parents sans droits, soit 263 730 € de ses deux parents (service-public.gouv.fr, fiches vérifiées en 2026).

Quelle part de gains est taxée en cas de rachat partiel ?

Seule la part de gains comprise dans la somme retirée est imposée (BOFiP, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 205). L’ancienneté du contrat, comptée depuis la souscription, n’est pas remise à zéro.

Exemple 2 : un rachat de 40 000 €. Même contrat que Marc : les gains forment 44 % de la valeur. La part de gains retirée est de 40 000 × 44 % = 17 600 €. Impôt : (17 600 − 4 600) × 7,5 % = 975 €. Prélèvements sociaux : 17 600 × 17,2 % = 3 027,20 €. Total : 4 002,20 €, soit 35 997,80 € nets. Pour un couple, l’abattement passe à 9 200 € : impôt de 630 €, total de 3 657,20 €. Ce montant net reste sous les 131 865 € exonérés.

Pourquoi le contrat de capitalisation se donne-t-il, lui ?

Parce qu’il ne dépend pas de la vie de l’assuré : il n’est pas dénoué par le décès du souscripteur. La pratique notariale admet qu’il soit donné de son vivant. Le BOFiP en donne la logique : à titre gratuit, le prix d’acquisition s’entend de la valeur vénale retenue pour le calcul des droits de mutation (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 225), de sorte que seuls les produits postérieurs à la donation sont imposés lors des rachats du donataire. La conservation de l’antériorité fiscale du contrat relève de la pratique notariale : faites-la confirmer par l’assureur.

Au décès, au contraire, un contrat de capitalisation non donné entre dans la succession, alors que le capital d’une assurance vie en sort. Voyez capitalisation ou assurance vie : lequel choisir pour transmettre.

Exemple 3 : un contrat de capitalisation de 100 000 €. Donné à un enfant qui n’a rien reçu de ce parent depuis 15 ans, il passe sous l’abattement de 100 000 € : 0 € de droits, et les 44 000 € de gains ne sont pas imposés à la donation. Le même transfert par rachat d’une assurance vie coûte 10 523 € (exemple 1).

Quelle voie coûte le moins à partir d’un gros contrat ?

Exemple 4 : 250 000 € de valeur, 140 000 € de primes, 110 000 € de gains. Barème des droits en ligne directe : 5 % jusqu’à 8 072 €, 10 % jusqu’à 12 109 €, 15 % jusqu’à 15 932 €, puis 20 % jusqu’à 552 324 €. Trois scénarios :

ScénarioCoûtCe que l’enfant reçoit
A : donner un contrat de capitalisation de 250 000 €Droits : 20 % au-delà de 100 000 € d’abattement, soit 28 194,35 € (11,3 %)Un contrat de 250 000 €
B : racheter une assurance vie de 250 000 €, puis tout donnerImpôt 7 905 € + prélèvements sociaux 18 920 € + droits 16 456,35 € (après abattement de 100 000 € et don familial de 31 865 €), soit 43 281,35 € (17,3 %)223 175 € nets, moins les droits
C : racheter 147 556,43 € et donner 131 865 € netsImpôt et prélèvements sociaux : 15 691,43 € (10,6 % du retrait), aucun droit131 865 € ; le reste du contrat demeure à son titulaire

Le scénario C est le moins cher par euro retiré, mais il ne transmet que 131 865 €. Le scénario A transmet tout, parce que la plus-value de 110 000 € disparaît fiscalement. Dans B et C, le contrat est une assurance vie, aux prélèvements sociaux de 17,2 %.

Que devient le capital d’une assurance vie au décès ?

Primes verséesRégimeMontant
Avant 70 ansArticle 990 I152 500 € exonérés par bénéficiaire ; 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable, 31,25 % au-delà
Après 70 ansArticle 757 BDroits de succession après un abattement de 30 500 € partagé entre tous les contrats du défunt

Exemple 5 : 400 000 € pour un seul enfant. Primes versées avant 70 ans. Part taxable : 400 000 − 152 500 = 247 500 €. Prélèvement : 247 500 × 20 % = 49 500 €. Réparti à parts égales entre trois enfants (environ 133 333 € chacun), le même capital sort à 0 €, car 133 333 € reste sous 152 500 €. Voyez aussi l’assurance vie après 70 ans.

Peut-on contester les primes versées ?

L’assurance vie échappe au rapport à la succession et à la réduction pour atteinte à la réserve des héritiers, sauf si les primes sont « manifestement exagérées » eu égard aux facultés du souscripteur (article L. 132-13 du code des assurances). Le juge apprécie ce caractère au cas par cas, eu égard aux facultés du souscripteur.

Faut-il déclarer le don à l’administration ?

Oui pour un don d’argent : le bénéficiaire le déclare dans le mois qui suit, en ligne (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er janvier 2026). Un dispositif distinct existe pour l’achat d’un logement ou la rénovation énergétique, ouvert jusqu’au 31 décembre 2026. Pour un contrat de capitalisation, la donation se prépare avec un notaire et l’assureur.

Peut-on faire la même chose pour ses petits-enfants ?

Non pour le contrat lui-même, pour la même raison. Vous pouvez leur donner de l’argent : l’abattement est de 31 865 € par grand-parent, renouvelable tous les 15 ans, et le don familial de 31 865 € s’y ajoute pour un petit-enfant majeur. Voir la donation à un petit-enfant.

Ce que nous constatons dans les dossiers

Beaucoup de familles croient pouvoir « passer » l’assurance vie à leurs enfants. La bonne question est ailleurs : à quelle date l’argent doit-il sortir, et à quel coût ? Notre position : ne rachetez jamais pour donner avant d’avoir comparé trois options, la clause bénéficiaire, un rachat partiel sous les abattements, et le contrat de capitalisation pour la part qui peut y entrer.

Nous examinons vos contrats, leur ancienneté et vos projets de donation, y compris pour les familles dont les enfants vivent à l’étranger. Notre simulateur de contrat de capitalisation donne un premier ordre de grandeur.

Questions fréquentes

Peut-on donner son assurance vie à ses petits-enfants ?

Non, pour la même raison que pour vos enfants. Vous pouvez leur donner de l’argent : abattement de 31 865 € par grand-parent, renouvelable tous les 15 ans.

La clause bénéficiaire est-elle une donation ?

En principe non : tant que le bénéficiaire n’a pas accepté, vous pouvez la modifier et il n’a aucun droit acquis. Seules des primes manifestement exagérées peuvent être remises en cause.

Que devient un rachat si le bénéficiaire a accepté sa désignation ?

Son accord est requis pour un rachat, pour les acceptations postérieures au 19 décembre 2007.

Quel est le plafond du don familial de sommes d’argent ?

31 865 € par donateur et par bénéficiaire, tous les 15 ans, si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur. Il se cumule avec les 100 000 € d’abattement parent-enfant.

Le contrat de capitalisation garde-t-il son ancienneté après une donation ?

Oui. Le donataire conserve l’antériorité fiscale du contrat, et seuls les produits générés depuis la donation sont imposés lors de ses rachats.

Que devient un contrat de capitalisation au décès du souscripteur ?

Il n’est pas dénoué : il entre dans la succession, pour sa valeur au jour du décès.

Quel est l’abattement sur les gains d’un rachat après 8 ans ?

4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, par an et pour l’ensemble des contrats, avec un impôt de 7,5 % si les primes non remboursées restent sous 150 000 €.

Combien coûte un rachat avant 8 ans ?

12,8 % d’impôt sur les gains, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

Quel est l’abattement pour les primes versées après 70 ans ?

30 500 € au total, partagés entre tous les contrats du défunt. Le surplus des primes relève des droits de succession.

Savoir lequel de vos contrats garder, racheter ou donner

Vous hésitez entre assurance vie, contrat de capitalisation, rachat et clause bénéficiaire pour vos enfants ? Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, pour examiner vos contrats.

Alexis SagnierFondateur de Balmont Conseil, Lyon

Sources officielles

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Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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