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Fiscalité et résidence

Vivre au Nicaragua : résidence à 180 jours, barème des revenus du travail et retenues à la source

Au Nicaragua, une personne physique est résidente fiscale, notamment, si elle reste plus de 180 jours dans l’année civile, ou si son centre d’intérêt économique principal se situe dans le pays. Ce critère est celui de l’article 7 de la loi 822 de concertation fiscale, dont le texte figure dans la Gaceta n° 240 du 18 décembre 2014 (loi 891). Les revenus du travail suivent un barème progressif de 0 % à 30 %, en córdobas. Pour les revenus du capital, plusieurs textes de l’administration fiscale indiquent 15 %, un autre cite 10 % pour certaines catégories. D’autres lois ont réformé la loi 822 depuis 2014 et leur texte n’est pas traité ici : la page signale ces limites aux endroits utiles. Elle ne traite ni le patrimoine, ni l’épargne locale, ni les visas.

L’article 7 : plus de 180 jours, ou le centre d’intérêt économique

La Gaceta n° 240 du 18/12/2014 publie la loi 891, qui réforme la loi 822, et reproduit un article 7 intitulé « Residente ». Cet article 7 définit, « pour les effets fiscaux », le résident personne physique. Une personne physique est résidente dans les cas suivants :

  • une personne, nationale ou étrangère, qui vient de l’extérieur et reste sur le territoire plus de 180 jours dans l’année civile, même sans continuité, selon ce que prévoit le règlement ;
  • une personne dont le centre d’intérêt économique ou principal se situe dans le pays, sauf si elle établit sa résidence ou son domicile fiscal dans un autre pays au moyen d’un certificat des autorités fiscales compétentes ;
  • certaines personnes de nationalité nicaraguayenne qui ont leur résidence habituelle à l’étranger, comme les membres des missions diplomatiques et consulaires, ainsi que certains agents étrangers en poste au Nicaragua en l’absence de réciprocité.

Le texte ajoute une réserve sur le certificat : lorsque le pays est considéré comme un « paraíso fiscal », l’administration nicaraguayenne n’admet pas la validité du certificat, sauf preuve contraire du contribuable.

La foire aux questions de l’administration (DGI) cite elle aussi la règle de plus de 180 jours, en renvoyant à l’article 7, numéro 1, de la loi 822, dans la réponse sur un étranger conseiller d’une institution publique.

Cinq lois sont listées par le ministère des Finances parmi les textes qui réforment la loi 822 : les lois 891, 922, 987, 1212 et 1279. Seule la loi 891 est présentée ici, et le rattachement de l’article 7 à la réforme qu’elle opère n’est pas établi. Le critère de l’article 7 se confirme donc auprès de la DGI avant toute décision.

Résident ou non-résident : qui paie l’impôt sur les revenus du travail

La DGI écrit que sont contribuables les personnes physiques, résidentes ou non, qui perçoivent des revenus du travail de façon habituelle ou occasionnelle. Selon son guide, les employeurs sont tenus de retenir chaque mois un montant à valoir sur l’impôt annuel sur les revenus du travail dû par le salarié.

Barème des revenus du travail

La DGI publie le barème progressif de l’article 23 de la loi 822, en vigueur depuis le 1er janvier 2013. Il s’applique au revenu net annuel, en córdobas (C$).

Revenu net annuel (C$)Impôt de base (C$)Taux sur la fraction au-delà de
jusqu’à 100 00000 %
de 100 000,01 à 200 000015 % au-delà de 100 000
de 200 000,01 à 350 00015 00020 % au-delà de 200 000
de 350 000,01 à 500 00045 00025 % au-delà de 350 000
au-delà de 500 00082 50030 % au-delà de 500 000

Deux pages de la DGI donnent ce barème : la foire aux questions et l’instruction de la déclaration annuelle. Aucune n’est datée. Le barème a pu être modifié par les lois postérieures à 2013.

Le calendrier est incertain : la foire aux questions indique une déclaration dans les 90 premiers jours qui suivent la fin de la période fiscale, qui court du 1er janvier au 31 décembre, et le guide de la DGI mentionne la liquidation et la déclaration au plus tard 45 jours après la fin de cette période. Nous ne tranchons pas ces deux indications : elles se vérifient auprès de la DGI.

Un revenu net de 420 000 C$ : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Camille, profil fictif, est résidente fiscale nicaraguayenne. Son revenu net annuel du travail est de 420 000 C$ (montant supposé).

Problème. Elle veut estimer l’impôt annuel selon le barème de l’article 23.

Stratégie. Elle repère sa tranche, de 350 000,01 à 500 000 C$, puis ajoute l’impôt de base de 45 000 C$ à 25 % de la fraction au-delà de 350 000 C$.

Résultat. La fraction au-delà de 350 000 C$ est de 70 000 C$ ; à 25 %, elle donne 17 500 C$. L’impôt total est de 62 500 C$, soit un taux moyen de 14,9 %. Ce calcul ignore les déductions, les cotisations sociales et les retenues déjà opérées par l’employeur, qui ne sont pas traitées ici.

Revenus du capital et non-résidents : des sources qui divergent

Pour les revenus du capital, le guide de la DGI (« Aprendamos a tributar ») indique 15 % pour les résidents et les non-résidents, et 30 % pour des opérations avec des territoires qualifiés de « paraísos fiscales » dans le texte. Un avis de la DGI du 5 janvier 2024 liste, pour les retenues sur dividendes et sur intérêts, 15 % pour les résidents comme pour les non-résidents, et 15 % sur les gains en capital sur titres. La foire aux questions de la DGI sur les gains de capital mentionne en revanche des taux de 10 % pour certaines catégories de revenus du capital mobilier. Nous ne tranchons pas : le taux applicable dépend de la catégorie de revenu et du texte en vigueur.

Pour les revenus du travail des non-résidents, les sources divergent aussi. L’article 24 de la loi 891 (2014) prévoit une retenue définitive de 15 %. L’avis de la DGI de janvier 2024 (code 35) indique 20 % pour les rémunérations de revenus du travail des non-résidents, et le guide de la DGI mentionne aussi 20 %, dans sa section sur les revenus du travail. Nous ne tranchons pas non plus ce point.

Cotisations à l’INSS

La page de l’institut de sécurité sociale (INSS) sur les régimes d’affiliation donne, pour le régime intégral, 7,0 % de part salariale, et pour la part patronale 21,5 % dans les entreprises de moins de 50 travailleurs et 22,50 % dans celles de plus de 50. La page ne porte pas de date. Elle précise que le régime intégral couvre des prestations de court, moyen et long terme. Une page de l’INSS sur l’assurance invalidité, vieillesse et décès indique qu’une pension de vieillesse suppose 60 ans et 750 semaines cotisées. La page ne dit pas si un étranger est couvert.

Le Nicaragua et les listes françaises

Le Nicaragua ne figure pas parmi les 11 États et territoires de la liste française des États et territoires non coopératifs, d’après l’annexe au projet de loi de finances pour 2027. Il figure en revanche parmi les régimes géographiques de sanctions listés par la DG Trésor. Sa page consacrée au Nicaragua, publiée le 19 mars 2026, mentionne un gel des avoirs au titre du règlement (UE) 2019/1716 du 14 octobre 2019 et renvoie, pour identifier les personnes concernées, au registre national des gels. Nous n’en tirons aucune conclusion juridique : pour une opération précise, vérifiez la page de la DG Trésor et le registre. L’absence de convention fiscale entre la France et le Nicaragua est traitée dans notre page dédiée.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne traite pas l’impôt sur le patrimoine, les successions, l’épargne locale, les retenues sur les redevances ni les visas et titres de séjour : ces points ne sont pas traités ici et sont à vérifier auprès de l’administration nicaraguayenne. La fiscalité locale se valide avec un professionnel installé au Nicaragua. Ce qui relève de la France, notamment la déclaration de départ, l’exit tax et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages sur le domicile fiscal.

Ce qui change selon votre cas

  • Le nombre de jours passés au Nicaragua dans l’année civile.
  • Le lieu de votre centre d’intérêt économique, et votre certificat de résidence fiscale ailleurs.
  • La nature de vos revenus : salaire, activité, dividendes, intérêts, gains.
  • Votre qualité de résident ou de non-résident au moment de chaque retenue.
  • Votre situation au regard de la France, tant que vous y êtes domicilié.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quand devient-on résident fiscal au Nicaragua ?

Selon l’article 7 de la loi 822, dont le texte figure dans la Gaceta n° 240 de 2014, notamment après plus de 180 jours dans l’année civile, ou lorsque le centre d’intérêt économique est dans le pays. Les lois postérieures ne sont pas traitées ici.

Quel est le barème de l’impôt sur les revenus du travail ?

De 0 % jusqu’à 100 000 C$ à 30 % au-delà de 500 000 C$, avec trois tranches intermédiaires à 15 %, 20 % et 25 %, selon la DGI.

Les revenus du capital sont-ils retenus à la source ?

La DGI indique 15 % dans son guide et dans un avis de janvier 2024. Sa foire aux questions cite 10 % pour certaines catégories : le taux se vérifie par catégorie.

Combien cotise-t-on à la sécurité sociale ?

Pour le régime intégral, l’INSS indique 7,0 % pour le travailleur et 21,5 % ou 22,50 % pour l’employeur selon la taille de l’entreprise.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles