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Fiscalité et résidence
Vivre au Japon : qui est résident, ce qui est imposé, ce qui se transmet
Au Japon, on est résident dès qu’on a un domicile, ou une résidence continue d’un an ou plus. Un étranger résident depuis cinq ans ou moins sur les dix dernières années est « résident non permanent » : ses revenus de source étrangère payés à l’étranger ne sont imposés que s’ils sont remis au Japon. Le barème de l’impôt sur le revenu va de 5 % à 45 %. Cette page reprend les pages de l’administration fiscale japonaise (NTA) et dit ce qu’elle ne traite pas.
Elle ne traite que du Japon. Le domicile fiscal français et les formalités de départ sont dans nos pages sur la France.
Trois statuts de résidence, trois champs d’imposition
Le guide de l’impôt sur le revenu de la NTA distingue trois situations.
| Statut | Définition | Revenus imposés |
|---|---|---|
| Résident | Domicile (jusho), ou résidence (kyosho) continue d’un an ou plus | L’ensemble des revenus, y compris de source étrangère, payés au Japon ou à l’étranger |
| Résident non permanent | Résident de nationalité non japonaise, avec un domicile ou une résidence au Japon pendant cinq ans ou moins au total sur les dix dernières années | Revenus de source japonaise, revenus de source étrangère payés au Japon, et revenus de source étrangère payés à l’étranger seulement dans la mesure où ils sont remis au Japon |
| Non-résident | Toute personne qui n’est pas résidente | Revenus de source japonaise uniquement |
Un départ temporaire n’interrompt pas la résidence si certains liens subsistent, par exemple une famille qui reste au foyer. La NTA précise la même définition du non-résident sur sa page consacrée à ce statut : pas de domicile et pas de résidence continue d’un an.
Le statut japonais se détermine par le droit japonais. Si vous êtes aussi résident de France, la convention départage (article 4 § 2) : notre page sur la convention France-Japon détaille l’ordre des critères.
Le barème de l’impôt sur le revenu
La NTA publie un tableau de l’impôt de base, avec la mention « lois en vigueur au 1er avril 2026 ».
| Revenu imposable (yens) | Taux | Déduction (yens) |
|---|---|---|
| 1 000 à 1 949 000 | 5 % | 0 |
| 1 950 000 à 3 299 000 | 10 % | 97 500 |
| 3 300 000 à 6 949 000 | 20 % | 427 500 |
| 6 950 000 à 8 999 000 | 23 % | 636 000 |
| 9 000 000 à 17 999 000 | 33 % | 1 536 000 |
| 18 000 000 à 39 999 000 | 40 % | 2 796 000 |
| 40 000 000 et plus | 45 % | 4 796 000 |
L’impôt s’obtient en multipliant le revenu imposable par le taux, puis en retranchant la déduction. Ce tableau donne l’impôt de base. La NTA cite aussi une surtaxe spéciale de reconstruction dans ses règles de retenue, et la convention franco-japonaise vise des impôts locaux sur les habitants (article 2). Cette page ne calcule ni l’une ni les autres.
Les non-résidents : retenue à la source et déclaration
Un non-résident n’est imposé que sur ses revenus de source japonaise. La NTA en donne des exemples : bénéfices d’un établissement stable, loyers d’immeubles situés au Japon, dividendes d’excédents ou de bénéfices et distributions reçues de sociétés japonaises, redevances, salaires pour un travail exercé au Japon, et pensions issues de contrats d’assurance.
Pour un non-résident sans établissement stable, une retenue à la source de 20,42 % s’applique à plusieurs catégories de revenus, et de 15,315 % pour deux d’entre elles. Si une convention s’applique, les taux peuvent être réduits ou le revenu exonéré : la demande se dépose par l’intermédiaire du payeur avant la date du paiement. Cette page n’identifie pas les catégories à 15,315 %. La page de la NTA les numérote, et la convention France-Japon plafonne elle-même certains taux.
Partir du Japon : le représentant fiscal
Une personne qui perd son domicile ou sa résidence au Japon, mais conserve des obligations déclaratives, doit désigner un représentant fiscal qui réside au Japon. La NTA décrit la notification à déposer auprès du bureau des impôts compétent. Faute de notification avant le départ, la NTA indique qu’une déclaration est à déposer avant le départ. Cette page de la NTA ne couvre pas la taxation des plus-values latentes à la sortie.
Droits de succession : où se trouvent les biens
La NTA pose une règle de principe : un héritier qui vit à l’étranger sans domicile au Japon n’est imposé à l’impôt sur les successions japonais que sur les biens situés au Japon. Elle prévoit des exceptions, liées à la nationalité et au domicile de l’héritier et du défunt, qui se lisent cas par cas. La même page fixe des règles de localisation : les dépôts bancaires sont situés à l’agence qui les a reçus, les actions au siège de la société émettrice.
Le barème de la NTA s’applique au montant acquis par chaque héritier, calculé selon sa part légale :
| Montant acquis (yens) | Taux | Déduction (yens) |
|---|---|---|
| jusqu’à 10 millions | 10 % | sans objet |
| de 10 à 30 millions | 15 % | 500 000 |
| de 30 à 50 millions | 20 % | 2 millions |
| de 50 à 100 millions | 30 % | 7 millions |
| de 100 à 200 millions | 40 % | 17 millions |
| de 200 à 300 millions | 45 % | 27 millions |
| de 300 à 600 millions | 50 % | 42 millions |
| au-delà de 600 millions | 55 % | 72 millions |
Le montant de l’abattement de base n’a pas été lu : cette page ne le donne pas. La convention fiscale France-Japon ne traite pas les successions.
Ce que cette page ne traite pas
Elle ne traite pas les impôts locaux sur les habitants, la surtaxe de reconstruction, l’imposition des plus-values latentes à la sortie, les cotisations sociales, ni l’épargne sur place (comptes, assurance-vie). Aucune page officielle lue ne permet d’affirmer ces points.
Un revenu de 12 millions de yens : exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Un cadre français, profil fictif, travaille au Japon depuis trois ans. Il a un domicile japonais, un revenu imposable de 12 000 000 yens (hypothèse) et des revenus de source étrangère payés sur un compte en France.
Problème. Il veut savoir quel statut s’applique à lui et combien représente l’impôt de base sur son revenu japonais.
Stratégie. Il compte ses années de résidence sur les dix dernières, puis lit le barème de la NTA.
Résultat. Avec trois ans de résidence, sous le seuil de cinq ans, il est résident non permanent s’il n’a pas la nationalité japonaise : ses revenus de source étrangère payés à l’étranger ne sont imposés que dans la mesure où ils sont remis au Japon. Sur 12 000 000 yens, la tranche est de 33 % : 12 000 000 x 33 % – 1 536 000 = 2 424 000 yens d’impôt de base, soit 20,2 % du revenu imposable. À 18 000 000 yens, la tranche passe à 40 % et l’impôt de base est de 4 404 000 yens, soit 24,47 %.
Ce profil est fictif. Le calcul ne comprend ni la surtaxe, ni les impôts locaux, ni les cotisations sociales, ni le droit à déduction.
Ce qui change selon votre cas
- Le nombre d’années passées au Japon sur les dix dernières.
- Votre nationalité, qui conditionne le statut de résident non permanent.
- Le lieu de paiement et la source de vos revenus.
- Les biens que vous détenez au Japon et ailleurs, pour la succession.
- Votre domicile fiscal français, tant que vous le conservez.
Aucun résultat n’est acquis d’avance, et le droit japonais se valide avec un conseil local.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un résident non permanent au Japon ?
C’est un résident de nationalité non japonaise qui a eu un domicile ou une résidence au Japon pendant cinq ans ou moins au total sur les dix dernières années, d’après le guide de la NTA.
Les revenus de source étrangère sont-ils imposés au Japon ?
Pour un résident hors non-permanent, oui, qu’ils soient payés au Japon ou à l’étranger. Pour un résident non permanent, ceux qui sont payés à l’étranger ne le sont que s’ils sont remis au Japon. Un non-résident n’est imposé que sur ses revenus de source japonaise.
Un héritier qui vit à l’étranger paie-t-il l’impôt japonais sur ses biens étrangers ?
La règle de principe de la NTA est que seuls les biens situés au Japon sont imposables, avec des exceptions qui dépendent de la nationalité et du domicile de l’héritier et du défunt.
Quel est le taux maximal de l’impôt sur le revenu ?
Le tableau de la NTA applique 45 % à la tranche de 40 000 000 yens et plus, avant surtaxe et impôts locaux.
Faire le point sur votre situation
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Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- NTA, guide de l’impôt sur le revenu 2025, section « Taxpayers and the scope of taxable income » : https://www.nta.go.jp/english/taxes/individual/pdf/incometax_2025/04.pdf
- NTA, Tax Answer No.2260, barème de l’impôt sur le revenu (lois au 01/04/2026) : https://www.nta.go.jp/taxes/shiraberu/taxanswer/shotoku/2260.htm
- NTA, No.12006, impôt d’un non-résident : https://www.nta.go.jp/english/taxes/individual/12006.htm
- NTA, No.12004, personne qui quitte le Japon : https://www.nta.go.jp/english/taxes/individual/12004.htm
- NTA, Tax Answer No.4138, héritiers résidant à l’étranger (lois au 01/04/2026) : https://www.nta.go.jp/taxes/shiraberu/taxanswer/sozoku/4138.htm
- NTA, Tax Answer No.4155, barème des droits de succession (lois au 01/04/2026) : https://www.nta.go.jp/taxes/shiraberu/taxanswer/sozoku/4155.htm
- Convention France-Japon, texte consolidé (impots.gouv.fr) : https://www.impots.gouv.fr/japon-version-consolidee-de-la-convention-avec-le-japon-modifiee-par-la-convention-multilaterale