Travailler en Égypte : où est imposé votre salaire ? L’article 15 et la règle des 183 jours
Un salaire est imposable dans le pays où le travail est réellement exercé. Une mission courte reste imposable dans le pays de résidence si elle ne dépasse pas 183 jours au cours de l’année fiscale et si l’employeur et la charge du salaire restent hors du pays de mission.

- Le salaire d’un résident d’un pays n’est imposable que dans ce pays, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre pays, qui peut alors l’imposer (article 15, paragraphe 1).
- Le pays de résidence garde seul l’imposition si le séjour ne dépasse pas 183 jours au total au cours de l’année fiscale, si l’employeur n’est pas résident de l’autre pays et si le salaire n’est pas supporté par un établissement stable qu’il y a (article 15, paragraphe 2).
- Les tantièmes et jetons de présence d’un administrateur sont imposables dans le pays de résidence de la société (article 16).
- Pour un résident de France, un salaire imposable en Égypte est pris en compte en France avec un crédit égal à l’impôt français correspondant, s’il est soumis à l’impôt égyptien (article 24, paragraphe 2, a, i).
Qui impose votre salaire ?
Le texte de la convention
« Nonobstant les dispositions du paragraphe 1, les rémunérations qu'un résident d'un Etat reçoit au titre d'un emploi salarié exercé dans l'autre Etat ne sont imposables que dans le premier Etat si : a) Le bénéficiaire séjourne dans l'autre Etat pendant une période ou des périodes n'excédant pas au total 183 jours au cours de l'année fiscale considérée, et b) Les rémunérations sont payées par un employeur ou pour le compte d'un employeur qui n'est pas un résident de l'autre Etat, et c) La charge des rémunérations n'est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe que l'employeur a dans l'autre Etat. »
Texte publié par impots.gouv.fr.
Les trois conditions de la mission courte
Le salaire d’une mission en Égypte reste imposable en France seulement si les trois conditions sont réunies (article 15, paragraphe 2) :
- 1183 jours au plusLe séjour en Égypte ne dépasse pas 183 jours au total au cours de l’année fiscale considérée.
- 2Employeur non égyptienLe salaire est payé par un employeur qui n’est pas résident d’Égypte, ou pour son compte.
- 3Pas de refacturation localeLa charge du salaire n’est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe de l’employeur en Égypte.
Une seule condition manquante suffit pour que l’Égypte puisse imposer le salaire, par exemple une refacturation à une filiale égyptienne. Pour un résident de France, le salaire imposable en Égypte reste à déclarer en France ; le crédit égal à l’impôt français n’est accordé que si le salaire est effectivement soumis à l’impôt égyptien. Le montage du contrat se règle avant le départ.
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Les autres sujets de la convention
Questions fréquentes
Comment se comptent les 183 jours ?
La convention vise un séjour n’excédant pas au total 183 jours au cours de l’année fiscale considérée, en une ou plusieurs périodes (article 15, paragraphe 2, a).
Mon salaire égyptien doit-il être déclaré en France ?
Si vous restez résident de France, oui : il est pris en compte, avec un crédit égal à l’impôt français correspondant, à condition d’être soumis à l’impôt égyptien (article 24, paragraphe 2, a, i).
Et pour un travailleur indépendant ?
L’article 14 s’applique : l’autre pays peut imposer s’il y est présent plus de 183 jours au cours de l’année fiscale ou s’il y dispose régulièrement d’une base fixe, pour les revenus qui s’y rattachent.
Source : Convention signée à Paris le 19 juin 1980 (avec un protocole), modifiée par l’avenant signé au Caire le 1er mai 1999 et par la Convention multilatérale signée par la France et l’Égypte le 7 juin 2017 — Version consolidée de la convention avec l'Egypte modifiée par la convention multilatérale (impots.gouv.fr). Statut : En vigueur depuis le 1er octobre 1982 ; avenant entré en vigueur le 1er juin 2004 ; Convention multilatérale entrée en vigueur le 1er janvier 2019 pour la France et le 1er janvier 2021 pour l’Égypte. Ce document ne se substitue pas aux textes qui font foi. Analyse : Balmont Conseil, mise à jour le 8 novembre 2026. Information générale, pas un conseil personnalisé.