Saint-Germain-en-Laye compte 24 698 foyers fiscaux, dont 779 paient l’impôt sur la fortune immobilière avec un patrimoine taxable moyen de 2,32 millions d’euros. Le revenu fiscal moyen y atteint 69 214 euros par foyer, plus du double de la moyenne nationale. Beaucoup de ces familles ont un point commun : une partie importante de leur fortune n’est plus dans l’immobilier, mais en capital financier, souvent après la vente d’une entreprise. C’est précisément ce capital que plusieurs projets pour 2027 visent.
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Saint-Germain-en-Laye en chiffres
Les statistiques publiées par la DGFiP en 2025, sur les revenus de 2024, situent la ville parmi les plus aisées des Yvelines :
- 24 698 foyers fiscaux, dont 65,6 % sont imposés, contre 48,1 % en moyenne dans les villes françaises ;
- un revenu fiscal de référence moyen de 69 214 euros, contre 33 939 euros en moyenne nationale ;
- un impôt sur le revenu moyen de 14 961 euros par foyer imposé ;
- 779 redevables de l’IFI, avec un patrimoine immobilier taxable moyen de 2 316 995 euros.
Ces chiffres ne disent qu’une partie de la réalité. L’IFI ne taxe que l’immobilier. Un couple qui a vendu sa société et placé le produit de la cession en titres, en assurance-vie ou en contrats de capitalisation n’apparaît pas dans ces statistiques au-delà de sa maison. Les fortunes financières de la ville sont, par construction, invisibles dans les données fiscales publiques.
Une ville de familles installées
Entre la forêt, la terrasse du Nôtre et le centre historique, Saint-Germain-en-Laye attire depuis longtemps des familles qui veulent la proximité de Paris et de La Défense sans renoncer au calme. On y croise des fondateurs qui ont cédé leur entreprise, des cadres dirigeants de grands groupes, des professions libérales, des familles venues pour les établissements scolaires, dont le lycée international.
Cette dernière particularité compte. Une partie des foyers a vécu à l’étranger, a des enfants binationaux ou installés hors de France, parfois un conjoint d’une autre nationalité. Pour ces familles, l’idée de s’installer ailleurs n’a rien d’exotique : elles l’ont déjà fait. Et elles savent que l’organisation du patrimoine doit précéder le déménagement, pas le suivre.
2027 : le capital financier en première ligne
Depuis la fin de l’ISF en 2018, les actifs financiers échappent à l’impôt sur la fortune. Plusieurs programmes de la présidentielle 2027 proposent de revenir sur ce choix : retour d’un impôt sur la fortune incluant les placements, impôt plancher sur les très hauts patrimoines inspiré de la taxe Zucman, alourdissement des droits de succession (voir ce que prévoient les programmes 2027 et la taxe Zucman).
La fiscalité du capital a d’ailleurs déjà bougé. Depuis 2026, les prélèvements sociaux sur les plus-values de valeurs mobilières et les dividendes sont passés de 17,2 % à 18,6 %, ce qui porte le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %. Les contrats d’assurance-vie, eux, restent à 17,2 %.
Pour une famille qui a vendu son entreprise, la question n’est donc pas théorique. C’est le fruit de trente ou quarante ans de travail, celui qui doit financer la retraite, aider les enfants à s’installer, peut-être un jour les petits-enfants. Les foyers les mieux conseillés n’attendent pas le printemps 2027 pour s’organiser (voir faut-il quitter la France avant 2027 ?).
Un cas concret : un couple de cédants près de la forêt
Situation. Bernard, 70 ans, et Isabelle, 68 ans, ont vendu leur société de distribution en 2024. Il leur reste 7 millions d’euros de placements financiers après impôt. Leur maison, près de la forêt de Saint-Germain, vaut 2,5 millions d’euros. Ils ont trois enfants, dont un installé à Londres.
Problème. Sans organisation, leurs 9,5 millions d’euros seraient transmis aux trois enfants au décès des parents : six transmissions d’environ 1,58 million d’euros (chaque parent vers chaque enfant), taxées au barème après l’abattement de 100 000 euros de l’article 779 du CGI. Les droits atteindraient environ 2,68 millions d’euros. Et si un impôt sur la fortune incluant les placements revenait, les 7 millions d’euros de capital financier y seraient exposés chaque année d’ici là.
Stratégie. Trois décisions, prises avec le notaire de la famille :
- une donation-partage de 3 millions d’euros de portefeuille, avec réserve d’usufruit : à 70 ans, la nue-propriété vaut 60 % selon le barème de l’article 669 du CGI. Les parents gardent les revenus, les enfants reçoivent le capital à terme (voir démembrement de propriété) ;
- Isabelle, qui a moins de 70 ans, verse 1 million d’euros sur un contrat d’assurance-vie au profit des trois enfants : chaque bénéficiaire reçoit 152 500 euros hors droits, puis est taxé à 20 % au-delà (article 990 I du CGI) ;
- la maison et le solde du portefeuille restent aux parents, pour leur sécurité et leur liberté.
Résultat. Les droits passent d’environ 2,68 millions d’euros à environ 1,9 million d’euros, même dans l’hypothèse prudente d’un décès dans les quinze ans qui suivent la donation : 229 000 euros pour la donation, 109 000 euros pour l’assurance-vie, 1,57 million d’euros sur le reste. L’économie atteint environ 770 000 euros. Si les parents vivent plus de quinze ans après la donation, les abattements se reconstituent (article 784 du CGI) et l’économie dépasse 1,2 million d’euros. Surtout, 4 millions d’euros sont déjà transmis ou organisés dans les règles actuelles, quelle que soit la suite.
Et si l’un des enfants vit à l’étranger
Le fils de Bernard et Isabelle vit à Londres. Il hérite ou reçoit des donations de parents résidents de France : les droits français s’appliquent sur l’ensemble des biens transmis, et le Royaume-Uni peut avoir son mot à dire sur ce qu’il reçoit. Il faut aussi vérifier la clause bénéficiaire de l’assurance-vie et la loi applicable à la succession (voir résidence fiscale). C’est le genre de détail qu’on règle facilement avant, et difficilement après.
Si ce sont les parents qui envisagent un jour de s’installer à l’étranger, l’ordre des opérations change tout. Un départ mal préparé peut coûter très cher (voir combien coûte un départ raté, préparer un départ sans partir et exit tax).
Comment Balmont Conseil intervient
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Sources : DGFiP, statistiques de l’impôt sur le revenu et de l’IFI par commune, 2025 (revenus 2024) ; loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; Code général des impôts, articles 669, 779, 784 et 990 I.









