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Fiscalité et résidence
Vivre en Malaisie : résidence fiscale à 182 jours, barème et formalités de départ
La Malaisie vous traite en résident fiscal dès 182 jours de présence dans l’année d’imposition, et elle prévoit trois autres voies d’accès à ce statut. Le résident paie au barème progressif de 0 à 30 %. Le non-résident est imposé à un taux forfaitaire de 30 %, sans relief. La France peut en parallèle continuer à vous considérer comme domicilié chez elle : un seul de ses trois critères suffit.
Cette page s’appuie sur les pages de l’administration fiscale malaisienne, mises à jour entre mai et octobre 2026, et sur les règles françaises. Elle ne traite pas les revenus de source étrangère perçus en Malaisie, les droits de succession, la sécurité sociale ni les visas : aucune source officielle lue ne permet de les couvrir. Elle ne donne pas non plus de taux de plus-value immobilière.
Résident fiscal : quatre critères, un seul suffit
L’administration malaisienne reproduit l’article 7 de l’Income Tax Act de 1967. Une personne est résidente pour une année d’imposition si elle remplit l’un de ces critères.
| Critère | Ce que dit la page |
|---|---|
| Présence de 182 jours | Séjour en Malaisie pendant des périodes qui totalisent 182 jours ou plus dans l’année |
| Séjours liés | Moins de 182 jours, mais rattachés à une période d’au moins 182 jours consécutifs qui couvre l’année précédente ou suivante |
| 90 jours | Au moins 90 jours dans l’année, et résidence ou présence d’au moins 90 jours dans trois des quatre années précédentes |
| Résidence continue | Résidence pour l’année suivante après trois années de résidence |
Pour les séjours liés, certaines absences temporaires comptent comme du temps de présence : service en Malaisie (y compris conférences, séminaires ou études à l’étranger), problèmes de santé de la personne ou d’un proche, visites sociales de 14 jours au total au plus. La page de l’administration ne détaille pas d’autre règle de décompte : lisez l’article 7 avant de compter vos jours.
Ce seuil de 182 jours n’est pas celui de la convention franco-malaisienne, qui compte 183 jours pour l’imposition des salaires d’un résident de l’autre État. Les deux se lisent séparément : notre page sur la convention détaille la seconde règle.
Résident ou non-résident : deux régimes
Selon l’administration, l’étendue de l’imposition d’un particulier dépend de son statut. L’impôt est établi sur les revenus qui naissent ou proviennent de Malaisie. Le résident relève du barème progressif et des reliefs prévus par l’Income Tax Act. Le non-résident est imposé à un taux forfaitaire de 30 %, sans aucun relief.
Le barème des résidents, tel que la page l’affiche pour les années d’imposition 2023, 2024 et 2025 :
| Revenu imposable (RM) | Taux |
|---|---|
| 0 à 5 000 | 0 % |
| 5 001 à 20 000 | 1 % |
| 20 001 à 35 000 | 3 % |
| 35 001 à 50 000 | 6 % |
| 50 001 à 70 000 | 11 % |
| 70 001 à 100 000 | 19 % |
| 100 001 à 400 000 | 25 % |
| 400 001 à 600 000 | 26 % |
| 600 001 à 2 000 000 | 28 % |
| Au-delà de 2 000 000 | 30 % |
La page ne donne pas le barème de l’année d’imposition 2026 : vérifiez-le auprès de l’administration.
Reliefs et rebate : ce que le résident peut déduire
Pour l’année d’imposition 2025, l’administration liste un relief de 9 000 RM pour le contribuable et ses proches à charge, un relief de 4 000 RM (plafonné) pour le conjoint, et 2 000 RM par enfant non marié de moins de 18 ans. La page générale de l’administration pour les particuliers indique aussi un rebate de 400 RM pour le contribuable et de 400 RM pour le conjoint, limité à un revenu imposable de 35 000 RM au plus ; elle ne précise pas l’année d’imposition concernée. Le non-résident n’a droit à aucun relief.
Déclarer : numéro fiscal et calendrier
Un étranger qui s’installe demande son numéro fiscal en ligne, via e-Daftar sur le portail MyTax. Selon la page de l’administration, la demande se fait en ligne via e-Daftar (à compter du 1er janvier 2024), et une copie du passeport en cours de validité figure parmi les pièces.
Le calendrier affiché par l’administration : formulaire BE (revenus salariaux) au 30 avril, ou 15 mai en ligne ; formulaire B (revenus d’entreprise) au 30 juin, ou 15 juillet en ligne. La page précise que les dates en ligne peuvent changer. Vérifiez le calendrier de l’année avant de déposer.
Quitter la Malaisie : la notification de fin d’emploi et la lettre d’autorisation fiscale
Deux pages de l’administration méritent d’être lues avant un départ définitif : celle sur la fin d’emploi, et celle sur les restrictions de voyage.
La notification de fin d’emploi. L’employeur doit prévenir l’administration au moins 30 jours avant la fin du contrat, au moyen du formulaire CP21 (CP22A dans le secteur privé), et retenir les sommes dues au salarié jusqu’à réception de la lettre d’autorisation fiscale (Tax Clearance Letter). Le salarié qui quitte définitivement la Malaisie est visé. Le défaut de notification expose l’employeur à une amende de 200 à 2 000 RM et/ou à six mois d’emprisonnement, et l’employeur répond de l’impôt dû par le salarié.
Le « stoppage order ». La page de l’administration sur les restrictions de voyage indique que le statut d’un « stoppage order » se consulte via MyTax ou le portail de l’Immigration, et décrit les conditions de levée : paiement intégral, ou libération temporaire contre le paiement de la moitié de l’impôt dû, avec le reçu de paiement et la demande déposés 5 jours avant la date du voyage, accompagnés d’une lettre indiquant la destination, le motif et la durée. Cette page ne définit pas la mesure ni les cas dans lesquels elle s’applique : elle ne permet pas de dire qui peut y être soumis.
Immobilier : la RPGT et la CGT depuis 2024
L’impôt sur les plus-values immobilières (RPGT) frappe le gain sur la cession d’un actif imposable situé en Malaisie. Depuis le 1er janvier 2024, la cession d’actions de sociétés immobilières par des sociétés, LLP, trusts et coopératives relève d’un impôt sur les gains en capital et non plus de la RPGT. Les taux ne figurent pas dans le texte de la page lue : nous n’en donnons aucun.
Côté France : ce qui reste imposable
Un départ en Malaisie ne met pas fin au domicile fiscal français par lui-même. La doctrine retient trois critères : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle, le centre des intérêts économiques. Elle écrit : « il suffit que l’un des critères soit rempli ». Notre page sur l’article 4 B les détaille.
Si la France cesse d’être votre domicile fiscal, vous n’y êtes imposable que sur vos revenus de source française, sous réserve de la convention. Les taux minimum sont de 20 % jusqu’à 29 579 € et de 30 % au-delà pour les revenus perçus en 2025, avec une option pour le taux moyen quand il est plus favorable. L’IFI continue de viser vos biens immobiliers situés en France, au-delà de 1 300 000 € de patrimoine net taxable au 1er janvier. Tant que vous êtes domicilié en France, vous déclarez chaque année les comptes ouverts, utilisés ou clos à l’étranger, sous peine d’une amende de 1 500 € par compte non déclaré ; la page de service-public.gouv.fr prévoit 10 000 € par compte pour un État n’ayant pas conclu de convention d’échange de renseignements, cas à vérifier à la source.
Impôt malaisien d’un résident : exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Un cadre, profil fictif, séjourne 200 jours en Malaisie au cours de l’année d’imposition. Son revenu imposable de source malaisienne s’élève à 250 000 RM (hypothèse).
Problème. Il veut connaître l’impôt selon que la Malaisie le traite en résident ou en non-résident.
Stratégie. Il vérifie d’abord le critère des 182 jours, puis applique le barème des résidents tranche par tranche, et le compare au taux forfaitaire de 30 %.
Résultat. Avec 200 jours, il dépasse le seuil de 182 jours de 18 jours. Au barème, l’impôt est de 46 900 RM, soit un taux moyen de 18,76 %. Au taux forfaitaire des non-résidents, il serait de 75 000 RM, soit 28 100 RM de plus.
Ce profil est fictif. Le calcul ne retranche ni relief ni rebate, ne tient pas compte de ses autres revenus, et ne dit rien de l’imposition en France.
Vivre en Malaisie : ce qui change selon votre cas
- Votre nombre de jours de présence sur l’année d’imposition, et vos séjours des années voisines.
- Votre statut au regard des critères de 90 jours et de résidence continue.
- La nature de vos revenus et leur lieu de naissance.
- Le maintien ou non de votre foyer, de votre activité ou de vos intérêts économiques en France.
- Un projet de cession immobilière en Malaisie.
Aucun résultat n’est promis. Ces points s’examinent dossier par dossier, avec un professionnel malaisien pour le droit local.
Questions fréquentes
Combien de jours faut-il passer en Malaisie pour être résident fiscal ?
Le premier critère est de 182 jours ou plus dans l’année d’imposition. Trois autres critères existent (séjours liés, 90 jours avec historique, résidence continue) : un seul suffit.
Quel est le taux d’impôt d’un non-résident en Malaisie ?
L’administration indique un taux forfaitaire de 30 %, sans aucun relief.
Un Français installé en Malaisie reste-t-il résident fiscal français ?
Cela dépend de ses critères. La doctrine française retient trois critères et un seul suffit. En cas de double résidence, la convention franco-malaisienne départage.
Faut-il une autorisation fiscale pour quitter la Malaisie ?
L’administration décrit une notification par l’employeur au moins 30 jours avant la fin d’emploi, qui concerne notamment le salarié quittant définitivement le pays, et une retenue des sommes dues au salarié jusqu’à réception de la lettre d’autorisation fiscale (Tax Clearance Letter). Elle décrit aussi les conditions de levée d’un « stoppage order », sans en définir les cas d’application.
Faire le point sur votre situation
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Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- Administration fiscale malaisienne (LHDNM), résidence : https://www.hasil.gov.my/en/individu/taraf-mastautin/
- Administration fiscale malaisienne, particuliers : https://www.hasil.gov.my/en/individu/
- Administration fiscale malaisienne, barème : https://www.hasil.gov.my/en/individu/kadar-cukai/
- Administration fiscale malaisienne, reliefs : https://www.hasil.gov.my/en/individu/pelepasan-cukai/
- Administration fiscale malaisienne, déclaration : https://www.hasil.gov.my/en/individu/lapor-pendapatan/
- Administration fiscale malaisienne, enregistrement : https://www.hasil.gov.my/en/individu/pendaftaran/
- Administration fiscale malaisienne, fin d’emploi : https://www.hasil.gov.my/en/individu/penamatan-perkhidmatan/
- Administration fiscale malaisienne, interdiction de sortie : https://www.hasil.gov.my/en/individu/sekatan-perjalanan/
- Administration fiscale malaisienne, RPGT : https://www.hasil.gov.my/en/ckht/
- Convention France-Malaisie, texte consolidé (impots.gouv.fr) : https://www.impots.gouv.fr/version-consolidee-de-la-convention-avec-la-malaisie-modifiee-par-la-convention-multilaterale
- BOFiP, domicile fiscal (BOI-IR-CHAMP-10) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1911-PGP.html/identifiant=BOI-IR-CHAMP-10-20160728
- economie.gouv.fr, règles pour les résidents à l’étranger : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/impots-et-fiscalite/gerer-mon-impot-sur-le-revenu/impot-quelles-regles-pour-les-residents-letranger
- impots.gouv.fr, personnes imposables à l’IFI : https://www.impots.gouv.fr/particulier/personnes-imposables-lifi
- service-public.gouv.fr, comptes détenus à l’étranger : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31443?lang=en