Accueil / Ressources / Vivre à Singapour : résidence fiscale et barème 2024
Fiscalité et résidence
Vivre à Singapour : résidence fiscale, barème de 0 à 24 % et revenus de source étrangère
Un étranger est résident fiscal à Singapour s’il y a séjourné ou travaillé au moins 183 jours durant l’année civile précédente, ou pendant trois années consécutives. Le barème des résidents commence à 0 % et monte à 24 % au-delà d’un million de dollars de Singapour. Les revenus de source étrangère reçus par un résident sont exonérés dans des conditions que l’IRAS précise, mais l’imposition en France se juge séparément. Cette page rapporte ce que dit l’autorité fiscale singapourienne ; elle ne traite ni les dividendes, ni les intérêts, ni la sécurité sociale locale.
Résident ou non-résident : le décompte des jours
L’IRAS, l’autorité fiscale de Singapour, distingue trois situations selon la durée de présence dans l’année.
| Présence | Statut | Traitement des revenus d’emploi |
|---|---|---|
| 60 jours ou moins | Non-résident | Emploi de courte durée exonéré, sauf administrateur, artiste ou profession libérale. Rémunération d’administrateur et autres revenus : 24 % |
| De 61 à 182 jours | Non-résident | 15 % ou barème des résidents, le montant le plus élevé. Autres revenus à 24 %. Pas d’allégements |
| 183 jours ou plus | Résident | Barème progressif, allégements personnels possibles |
La page de l’IRAS consacrée aux étrangers ajoute quatre règles.
- Le critère des 183 jours porte sur l’année civile précédente : « for at least 183 days in the previous calendar year ». L’impôt se calcule sur l’année précédente : l’année d’imposition 2026 couvre les revenus du 1er janvier au 31 décembre 2025.
- Trois années consécutives de séjour ou de travail font aussi de vous un résident.
- Une concession dite « de deux ans » vise un emploi à cheval sur deux années civiles, avec au moins 183 jours au total, hors administrateurs, artistes et professions libérales.
- Un titre de travail valable au moins un an conduit à un traitement comme résident. Le statut est toutefois réexaminé à l’autorisation fiscale de départ, quand l’emploi prend fin.
Un citoyen ou un résident permanent est résident s’il réside normalement à Singapour, hors absences temporaires. Cette page de l’IRAS n’est pas datée et appartient à l’ancienne arborescence du site. Son tableau ne précise pas l’année de décompte, alors que sa phrase de définition vise l’année civile précédente : la règle se confirme auprès de l’IRAS avant une décision.
Le barème des résidents depuis l’année d’imposition 2024
Un document de l’IRAS reproduit le barème des résidents « à partir de l’année d’imposition 2024 ». Un autre document de l’IRAS, consacré au Budget 2022, indique la hausse des taux marginaux supérieurs à compter de cette année : 23 % de 500 000 à 1 000 000 de dollars, 24 % au-delà.
| Tranche de revenu imposable (S$) | Taux | Impôt cumulé en haut de tranche (S$) |
|---|---|---|
| 20 000 premiers | 0 % | 0 |
| 10 000 suivants | 2 % | 200 |
| 10 000 suivants | 3,5 % | 550 |
| 40 000 suivants | 7 % | 3 350 |
| 40 000 suivants | 11,5 % | 7 950 |
| 40 000 suivants | 15 % | 13 950 |
| 40 000 suivants | 18 % | 21 150 |
| 40 000 suivants | 19 % | 28 750 |
| 40 000 suivants | 19,5 % | 36 550 |
| 40 000 suivants | 20 % | 44 550 |
| 180 000 suivants | 22 % | 84 150 |
| 500 000 suivants | 23 % | 199 150 |
| Au-delà de 1 000 000 | 24 % | sans objet |
Ces documents ne portent pas de date. Une page de l’IRAS sur les changements fiscaux du Budget 2026 existe, mais son contenu n’a pas pu être lu : vérifiez le barème de l’année d’imposition qui vous concerne.
Revenus de source étrangère : l’exonération et ses limites
Le guide de l’IRAS sur l’exonération des revenus de source étrangère (cinquième édition, 30 janvier 2026) concerne les personnes physiques résidentes. Il pose quatre points.
- Les revenus de source étrangère reçus à Singapour par une personne physique résidente sont exonérés au titre de la section 13(7A)(b) de l’Income Tax Act, lorsque l’administration est convaincue que l’exonération lui est bénéfique.
- Les revenus reçus par l’intermédiaire d’une société de personnes à Singapour sont exclus de cette disposition.
- Un revenu est reçu quand il est « remitted to, transmitted or brought into Singapore ».
- Le revenu d’une activité exercée à Singapour reste imposable, qu’il soit reçu ou non à Singapour.
Le guide vise les résidents. Il ne traite pas le cas des non-résidents.
Plus-values : la position de l’IRAS et sa nuance
Selon le guide de l’IRAS sur les gains de cession d’actifs étrangers (troisième édition, 6 juin 2025), « Currently, gains from the sale of foreign assets that are capital in nature are not taxable ». Trois nuances figurent dans le même guide.
- Les gains de nature commerciale sont imposés comme des revenus, quand ils sont reçus à Singapour. La nature du gain se juge au cas par cas.
- La section 10L, applicable depuis le 1er janvier 2024, vise des « entities ». Le guide désigne ainsi toute personne morale (société et limited liability partnership comprises), mais pas une personne physique, ainsi que les general partnerships, les limited partnerships et les trusts.
- L’exonération de la section 13(1)(zu) porte, dans le guide, l’intitulé « Exemption from Tax for Individuals Who Receive Gains from the Sale of Foreign Assets by an Entity » : elle vise les personnes physiques qui reçoivent des gains de cession d’actifs étrangers réalisés par une entité. Elle n’est pas accordée si les gains sont des revenus commerciaux.
Écrire « Singapour n’impose pas les plus-values » sans ces nuances serait inexact.
Successions : pas de droits depuis 2008, pas de convention de succession
L’IRAS écrit que les droits de succession (« Estate Duty ») ont été supprimés pour les décès à compter du 15 février 2008. La liste officielle des conventions fiscales de la France classe la convention franco-singapourienne parmi celles qui visent l’impôt sur le revenu, sans mention de succession. Cette page ne traite pas la transmission d’un patrimoine français ou européen.
Ce que la France continue de regarder
Être résident fiscal à Singapour ne suffit pas à ne plus l’être en France. Le domicile fiscal français repose sur trois critères alternatifs : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle (exercée à titre principal selon la doctrine), le centre des intérêts économiques. L’administration écrit : « il suffit que l’un des critères soit rempli ».
Si les deux États vous jugent résident, l’article 4 § 2 de la convention départage dans cet ordre : le foyer d’habitation permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel, puis l’accord des autorités compétentes. La nationalité ne figure pas dans cette liste. Le détail est dans notre page sur la convention.
Ce que cette page ne traite pas
Les dividendes et les intérêts, les impôts des non-résidents autres que ceux cités, la sécurité sociale locale, les droits de timbre, les incitations aux family offices et les titres de long séjour ne sont pas traités : les sources officielles correspondantes n’ont pas été lues. Les titres de travail font l’objet de notre page sur l’Employment Pass et l’ONE Pass.
Revenu d’emploi de 300 000 S$ : exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Un cadre français, profil fictif, perçoit 300 000 dollars de Singapour de revenu d’emploi imposable en 2025. Les allégements et déductions sont laissés de côté pour comparer les deux statuts.
Problème. Il a passé 120 jours à Singapour en 2025 et ignore quel traitement s’applique.
Stratégie. Il applique la règle de l’IRAS pour 61 à 182 jours, puis la compare au barème des résidents.
Résultat. Au barème des résidents, l’impôt serait de 40 550 S$. À 15 %, il serait de 45 000 S$. Pour 120 jours, l’IRAS retient le montant le plus élevé : 45 000 S$, soit 4 450 S$ de plus que le barème des résidents. Avec 183 jours ou plus, le barème progressif s’applique et des allégements peuvent être réclamés, ce qui n’est pas chiffré ici.
Ce qui change selon votre cas
- Le nombre de jours passés à Singapour sur l’année civile, et la durée de votre emploi.
- Votre titre de travail et la date de fin d’emploi, qui déclenche l’examen du statut.
- La nature de vos revenus : emploi, activité exercée à Singapour, revenu étranger reçu ou non.
- La nature d’un gain : capital ou commercial.
- Votre domicile fiscal français, qui se juge indépendamment.
Ces points s’examinent dossier par dossier. Aucun résultat fiscal ne peut être annoncé sans cet examen.
Questions fréquentes
Combien de jours faut-il passer à Singapour pour y être résident fiscal ?
Pour un étranger, au moins 183 jours durant l’année civile précédente, selon l’IRAS. Trois années consécutives de séjour ou de travail suffisent aussi.
Un non-résident présent 100 jours est-il imposé ?
Pour un revenu d’emploi, l’IRAS indique 15 % ou le barème des résidents, le montant le plus élevé, sans allégements. Les autres revenus sont imposés à 24 %. Avec 60 jours ou moins, l’emploi de courte durée est exonéré, sauf exceptions.
Les revenus étrangers sont-ils imposés à Singapour ?
Reçus à Singapour par un résident personne physique, ils sont exonérés au titre de la section 13(7A)(b), sous la condition de l’avantage et hors société de personnes singapourienne.
Y a-t-il des droits de succession à Singapour ?
L’IRAS écrit qu’ils ont été supprimés pour les décès à compter du 15 février 2008.
Faire le point sur votre installation
Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, est spécialisé dans les situations internationales. Pour faire le point sur votre résidence fiscale et votre patrimoine avant ou après une installation à Singapour, prenez rendez-vous.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
À lire aussi
- Revenir en France depuis Singapour : impôts et démarches
- Convention fiscale France – Singapour : le détail
- Quitter la France pour Singapour : exit tax et démarches
- Employment Pass ou ONE Pass : s’installer à Singapour
- Résidence fiscale française : les 3 critères (art. 4 B)
- Quitter la France : exit tax, domicile fiscal, démarches
Sources officielles
- IRAS, page pour les étrangers (résidence, non-résidents) : https://www.iras.gov.sg/irashome/Individuals/Foreigners/Learning-the-basics/Individuals–Foreigners–Required-to-Pay-Tax/
- IRAS, barème des résidents depuis l’année d’imposition 2024 : https://www.iras.gov.sg/media/docs/default-source/uploadedfiles/pdf/examples-on-tot.pdf
- IRAS, Budget 2022, aperçu des changements fiscaux : https://www.iras.gov.sg/docs/default-source/budget-2022/budget-2022—overview-of-tax-changes69937d71-ba59-4b39-b1e5-7e85b2504e1c.pdf
- IRAS, e-Tax Guide sur l’exonération des revenus de source étrangère : https://www.iras.gov.sg/media/docs/default-source/e-tax/tax-exemption-for-foreign-sourced-income285e5d43d6af4001b3ce35da1e9005b5.pdf
- IRAS, e-Tax Guide sur les gains de cession d’actifs étrangers : https://www.iras.gov.sg/media/docs/default-source/e-tax/tax-treatment-of-gains-or-losses-from-the-sale-of-foreign-assets.pdf
- IRAS, droits de succession : https://www.iras.gov.sg/taxes/other-taxes/estate-duty/estate-duty
- Convention France-Singapour (texte consolidé) : https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/singapour/singapour_convention_cml.pdf
- Liste des conventions fiscales (BOI-ANNX-000306) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2509-PGP.html/identifiant=BOI-ANNX-000306-20260429
- Doctrine BOFiP, domicile fiscal (BOI-IR-CHAMP-10) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1911-PGP.html/identifiant=BOI-IR-CHAMP-10-20160728