Accueil / Ressources / Détachement ou expatriation : effets sur la retraite
Assurance, prévoyance et retraite
Détachement ou expatriation : ce que ça change pour votre retraite française
Le détaché et l’expatrié n’ont pas la même retraite en jeu. Un salarié détaché continue de cotiser en France, à l’Assurance retraite et à l’Agirc-Arrco : sa retraite française n’est pas interrompue. Pour un salarié expatrié, tout dépend du pays : dans l’Union européenne, l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni, les périodes comptent pour la retraite française ; dans un pays qui a signé une convention avec la France, elles comptent aussi ; dans les autres pays, elles ne comptent pas.
Cette page s’appuie sur les fiches de service-public.fr, dont les dates de vérification sont indiquées. Elle ne traite pas : la liste des pays liés à la France par une convention, les durées de détachement hors de l’Union européenne, de l’EEE et de la Suisse, le montant des cotisations de la Caisse des Français de l’étranger, l’effet des périodes à l’étranger sur l’âge de départ ou sur la décote, ni les règles fiscales détaillées. Elle ne traite pas non plus les travailleurs non salariés ni les agents publics.
Détaché ou expatrié : la définition qui décide de tout
Service-public.fr (fiche vérifiée le 1er septembre 2025) distingue deux situations.
| Salarié détaché | Salarié expatrié | |
|---|---|---|
| Définition de la fiche | Salarié qui « conserve son contrat de travail et son lien de subordination » | Salarié « envoyé à l’étranger en mission de longue durée ou employé sous contrat local » |
| Cotisations retraite | Maintenues en France : Assurance retraite (base) et Agirc-Arrco (complémentaire) | Dépendent du pays, voir ci-dessous |
Pour le détaché, la fiche précise que l’employeur français continue de cotiser pour lui, et que le salarié est exonéré des cotisations de sécurité sociale du pays d’accueil.
Le détaché : la retraite française continue
Pendant le détachement, vous continuez de cotiser à l’Assurance retraite et à l’Agirc-Arrco, comme si vous étiez en France. Vous êtes exonéré des cotisations de sécurité sociale du pays d’accueil.
La limite de durée : 24 mois
Selon la fiche de service-public.fr sur les effets du détachement et de l’expatriation sur la retraite, la durée maximale du détachement dans un État membre de l’Espace économique européen (EEE), en Suisse ou au Royaume-Uni est de 24 mois. Cette fiche ne nomme pas l’Union européenne dans cette phrase.
La fiche sur le détachement (vérifiée le 22 mai 2024) vise « un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et en Suisse » et indique que la durée « ne doit pas, en principe, dépasser 24 mois ». La durée applicable à votre mission se vérifie auprès de la source officielle avant le départ.
Au-delà de la durée maximale, la fiche précise : « un salarié est considéré comme un expatrié ».
Pour les autres pays, les deux fiches de service-public.fr ne donnent pas les mêmes repères de durée : cette page ne les publie pas et ne tranche pas entre elles. La durée prévue pour votre mission se vérifie auprès de la source officielle avant le départ.
L’expatrié : le pays d’accueil décide
Pour un expatrié, la fiche de service-public.fr distingue trois cas.
| Où vous travaillez | Effet sur la retraite française |
|---|---|
| Union européenne, EEE, Suisse, Royaume-Uni | Les périodes travaillées sont « prises en compte comme si elles avaient été accomplies en France » |
| Pays lié à la France par une convention de sécurité sociale | Les périodes sont prises en compte comme si elles avaient été accomplies en France ; avec plusieurs pays, le calcul se fait accord par accord |
| Autre pays | Les périodes « ne sont pas prises en compte par les organismes de retraite français » ; elles ouvrent des droits selon le système local |
Trois précisions de la fiche :
- Si plusieurs zones sont concernées, la retraite française ne retient qu’une seule combinaison : Union européenne + Suisse, Union européenne + EEE, ou Union européenne + Royaume-Uni. Le pays qui n’est pas retenu verse sa part selon ses propres règles.
- Dans certains pays, la retraite n’est pas versée à une personne qui ne vit plus sur place.
- La liste des pays conventionnés ne figure pas sur la fiche. Elle se consulte avant le départ.
Pays sans convention : l’assurance volontaire
Dans un pays qui n’a pas signé de convention avec la France, une assurance volontaire permet de faire prendre en compte les périodes à l’étranger. Il faut alors payer en plus les cotisations du régime local.
Pour la retraite de base : la Caisse des Français de l’étranger (CFE)
La fiche liste trois conditions. Il faut en remplir une :
- avoir cotisé 6 mois à l’Assurance retraite avant le départ de France, et avoir cessé d’en relever depuis moins de 6 mois à la date où la CFE reçoit la demande ;
- si vous n’êtes pas né en France, avoir relevé d’un régime français d’assurance maladie obligatoire pendant au moins 5 ans, de manière continue ou non ;
- si vous êtes né en France, avoir relevé d’un tel régime, sans condition de durée.
L’adhésion ne couvre pas les périodes déjà passées à l’étranger. Les cotisations sont reversées à l’Assurance retraite. La démarche en ligne propose un devis gratuit ; la page ne donne pas le montant des cotisations. Les pièces demandées incluent une pièce d’identité, les trois derniers bulletins de salaire certifiés conformes par l’employeur et un relevé d’identité bancaire (fiche vérifiée le 9 octobre 2025).
Pour la retraite complémentaire
La fiche cite Malakoff Humanis International Agirc-Arrco. L’adhésion passe par l’employeur, s’il a souscrit un contrat collectif, ou se fait à titre individuel, sauf si vous avez la nationalité du pays où vous travaillez. Dans le premier cas, l’employeur peut, selon la fiche, vous affilier « avec votre accord ». Il faut avoir cotisé à l’Agirc-Arrco pour une activité antérieure, ou cotiser à la CFE pour l’activité à l’étranger. En adhésion individuelle, la fiche indique : « vous avez 12 mois pour adhérer ». La fiche ne précise pas à partir de quand ce délai court. Passé ce délai, elle indique que « la date d’adhésion est fixée au 1er janvier de l’année en cours » ; elle mentionne aussi des majorations de retard, dont le détail se lit sur la fiche.
Exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Thomas, cadre, est envoyé en Allemagne par son employeur français. La mission commence le 1er mars 2027 et doit durer 30 mois (hypothèses du profil fictif). Il conserve son contrat de travail avec l’entreprise française.
Problème. La limite de 24 mois, que la fiche applique notamment à l’EEE, est-elle respectée ? L’Allemagne est un État membre de l’EEE (hypothèse du profil).
Stratégie. Découper la mission entre la période de détachement et ce qui dépasse.
Résultat.
| Durée de mission prévue | Mois en détachement | Mois au-delà de 24 mois | Part de la mission au-delà |
|---|---|---|---|
| 18 mois | 18 | 0 | 0 % |
| 24 mois | 24 | 0 | 0 % |
| 30 mois (Thomas) | 24 | 6 | 20 % |
| 36 mois | 24 | 12 | 33,3 % |
Pour Thomas, 24 mois de détachement courent du 1er mars 2027 au 1er mars 2029. Les 6 derniers mois, soit 20 % de la mission, dépassent la limite : selon la fiche, il est alors considéré comme un expatrié. La fiche prévoit que les périodes travaillées dans un État de l’EEE sont prises en compte pour la retraite française comme si elles avaient été accomplies en France. Cette lecture appliquée à Thomas est une illustration, à confirmer auprès de la source ; la fiche sur le détachement précisant « en principe », la durée applicable à une mission réelle se vérifie. Le montant de pension qui en résulte n’est pas calculé ici.
Ce profil est fictif : le pays, la date de début et la durée de 30 mois sont des hypothèses. Le calcul est une simple soustraction et division de durées (30 – 24 = 6 mois ; 6 / 30 = 20 %). Il ne présage pas de votre situation.
Pendant la retraite : partir vivre à l’étranger
Partir vivre à l’étranger pendant la retraite ne vous empêche pas de percevoir vos pensions (fiche vérifiée le 26 avril 2024). Trois points pratiques :
- le changement d’adresse se signale à chaque régime de retraite ;
- un certificat de vie est à envoyer aux caisses dans le mois qui suit l’arrivée, puis chaque année : « La non-production de ce document interrompt le versement de votre pension » ;
- la pension peut être versée sur un compte français ou étranger. La fiche recommande de garder le compte français tant que les versements sur le compte étranger ne sont pas opérationnels.
Côté impôt, la résidence fiscale décide : hors de France, vous êtes imposable sur vos seuls revenus de source française, sauf exception ; si elle reste en France, sur tous vos revenus. Seuls les services fiscaux fixent la résidence fiscale. Le salarié détaché relève en outre de règles fiscales propres (article 81 A du code général des impôts), qui ne sont pas détaillées ici.
Mesurer l’impact sur votre cas
Service-public.fr propose un simulateur gratuit, « Connaître l’impact sur votre retraite française des périodes travaillées à l’étranger » (page vérifiée le 26 août 2025). Il s’adresse, selon la page, au « salarié du secteur privé, travailleur indépendant, clerc ou employé de notaire ». Il demande votre statut, le type de contrat à l’étranger et la zone géographique.
Ce qui change selon votre cas
- Votre statut : détaché ou expatrié, et la durée prévue de la mission.
- Le pays d’accueil : Union européenne, EEE, Suisse, Royaume-Uni, pays conventionné ou autre.
- Votre historique en France : il joue sur les conditions d’accès à l’assurance volontaire.
- Votre nationalité : elle peut exclure l’adhésion individuelle à la retraite complémentaire volontaire.
- Votre résidence fiscale.
La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.
Questions fréquentes
Un salarié détaché perd-il des droits à la retraite française ?
La fiche indique qu’il continue de cotiser à l’Assurance retraite et à l’Agirc-Arrco, et que son employeur continue de cotiser pour lui.
Que se passe-t-il si mon détachement dépasse la durée maximale ?
Au-delà de la durée maximale, la fiche de service-public.fr précise qu’un salarié est considéré comme un expatrié. La fiche sur le détachement emploie la réserve « en principe » : la durée applicable se vérifie avant le départ.
Mes années de travail dans un pays sans convention comptent-elles ?
Selon la fiche, elles ne sont pas prises en compte par les organismes de retraite français. Elles ouvrent des droits selon le système local. Une assurance volontaire permet de les faire prendre en compte, sous conditions.
Puis-je percevoir ma retraite française si je vis à l’étranger ?
Oui, selon la fiche « Je pars vivre à l’étranger » : partir ne vous empêche pas de percevoir vos pensions. Le certificat de vie annuel est à fournir.
Où estimer l’effet de mes années à l’étranger ?
Sur le simulateur de service-public.fr cité plus haut.
Faire le point avant de partir
Le choix entre détachement, contrat local et assurance volontaire se prépare avant le départ, avec les éléments de votre dossier. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
À lire aussi
- Pension de réversion du régime général : conditions et taux
- Retraite Agirc-Arrco : points, valeur du point et calcul
- Quitter la France : exit tax, domicile fiscal, démarches
- Demander sa retraite : délais et démarches en 2026
- Enfants et retraite : trimestres et majoration de 10 %
- Réversion Agirc-Arrco : 60 % sans condition de ressources
Sources officielles
- service-public.gouv.fr, « Salarié détaché à l’étranger ou expatrié : quels effets sur la retraite ? » (F34071, vérifiée le 01/09/2025) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34071
- service-public.gouv.fr, « Salarié détaché à l’étranger » (F3155, vérifiée le 22/05/2024) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3155
- service-public.gouv.fr, « Je pars vivre à l’étranger » (F2485, vérifiée le 26/04/2024) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2485
- service-public.gouv.fr, « Caisse des français de l’étranger – Assurance retraite – Estimer vos cotisations et souscrire en ligne une assurance » (R61386, vérifiée le 09/10/2025) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R61386
- service-public.gouv.fr, « Connaître l’impact sur votre retraite française des périodes travaillées à l’étranger » (R61454, vérifiée le 26/08/2025) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R61454
- service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu d’un Français qui part vivre ou travailler à l’étranger » (F31442, vérifiée le 15/04/2026) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31442