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Pension de réversion du régime général : conditions, taux de 54 % et plafonds de ressources

La pension de réversion du régime général est égale à 54 % de la pension de retraite de base du défunt. Pour la toucher, il faut avoir été marié avec la personne décédée, avoir au moins 55 ans et respecter un plafond de ressources : 25 001,60 € par an si vous vivez seul, 40 002,56 € si vous vivez en couple. Lorsque la pension et vos ressources dépassent ce plafond, la fiche officielle prévoit que la pension est réduite. Le Pacs et le concubinage ne donnent aucun droit.

Cette page traite la réversion de l’Assurance retraite. Elle ne traite ni la réversion de la retraite complémentaire Agirc-Arrco, ni celle des autres régimes, ni la situation des personnes qui résident à l’étranger.

Les trois conditions

Elles sont posées par la fiche de service-public.gouv.fr consacrée à la pension de réversion de l’Assurance retraite, vérifiée le 1er janvier 2026.

ConditionRègle
MariageVous devez avoir été marié avec la personne décédée
ÂgeVous devez avoir au moins 55 ans
RessourcesVos ressources annuelles brutes ne doivent pas dépasser un plafond

Le mariage, et lui seul

Le Pacs et le concubinage ne permettent pas d’obtenir une pension de réversion. C’est le point qui surprend le plus. Un couple installé depuis vingt ans, avec des enfants, mais non marié, n’ouvre aucun droit à cette pension dans le régime général.

Le plafond de ressources

Votre situationPlafond annuel brut
Vous vivez seul25 001,60 €
Vous vivez en couple40 002,56 €

La fiche ne précise pas l’année d’application de ces plafonds. Elle est vérifiée au 1er janvier 2026 ; les montants se contrôlent auprès de votre caisse au moment de la demande.

La fiche indique aussi que, lorsque le montant de la pension de réversion et de vos ressources dépasse le plafond, la pension de réversion est réduite de façon à ce que ce plafond ne soit pas dépassé.

Trois règles encadrent le calcul des ressources :

  • La période. Sont retenues les ressources des 3 mois civils précédant l’attribution. Si elles dépassent le quart du plafond applicable, ce sont celles des 12 mois civils précédents qui comptent.
  • Les revenus d’activité. Ils ne sont pris en compte qu’à hauteur de 70 % de leur montant.
  • Les exclusions. Les ressources ne comprennent pas les revenus d’activité et de remplacement du conjoint ou ex-conjoint décédé, les pensions de réversion versées par les régimes obligatoires complémentaires à l’Assurance retraite, ni les revenus des biens acquis en application des droits du conjoint ou ex-conjoint décédé.

Le montant : 54 % de la pension de base

La pension de réversion est égale à 54 % de la pension de retraite de base du défunt. Elle ne peut pas être inférieure à 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois, pour un défunt qui avait 15 ans (60 trimestres) d’assurance au régime général. Si le défunt avait moins de trimestres, ce minimum est proportionnel.

Les majorations

MajorationCondition
11,1 %Vous avez au moins 67 ans et le total de vos pensions (retraites de base, complémentaires et réversion) ne dépasse pas un plafond fixé par trimestre
10 %Vous avez eu au moins 3 enfants
113,59 € par enfant et par moisVous ne percevez pas de retraite, avez moins de 67 ans et au moins un enfant à charge

Le plafond trimestriel de la majoration de 11,1 % se lit directement sur la fiche officielle de service-public.gouv.fr. Au-delà de ce plafond, la majoration est réduite pour ne pas le dépasser.

La majoration pour enfant à charge est revalorisée chaque 1er janvier. Elle cesse si vous percevez une retraite ou si l’enfant n’est plus à charge.

Si le défunt s’était remarié

La pension est alors partagée entre le conjoint survivant et les ex-époux divorcés, proportionnellement à la durée de chaque mariage. La durée de chaque mariage est déterminée de date à date et arrondie au nombre de mois inférieur. Au décès de l’un des bénéficiaires, sa part augmente celle des autres bénéficiaires.

La demande et les délais

  • Où demander. En ligne sur le site officiel Info retraite, depuis votre compte retraite, ou avec le formulaire papier « Demande unique de retraite de base de réversion », valable pour plusieurs régimes de base.
  • L’Agirc-Arrco est à part. Pour les caisses qui ne figurent pas dans la liste des régimes de base, notamment l’Agirc-Arrco, la fiche indique qu’une demande de pension de réversion supplémentaire doit être faite auprès de cette caisse. Les conditions de cette réversion ne sont pas traitées ici.
  • Date d’effet. La pension prend effet le 1er jour d’un mois, pas avant le dépôt de la demande ni avant le 1er jour du mois suivant vos 55 ans. Si la demande est déposée dans le délai d’un an suivant le décès, la date de début de versement peut être fixée au plus tôt au 1er jour du mois qui suit le décès.
  • Silence de l’administration. L’absence de réponse pendant plus de 4 mois vaut refus.
  • Variation des ressources. Le montant est révisable. Tout changement se signale à la Carsat. Il n’y a plus de révision 3 mois après la date à laquelle vous bénéficiez de vos pensions de retraite de base et complémentaire, ni à la date à laquelle vous atteignez l’âge minimum de départ à la retraite si vous ne bénéficiez pas de pensions de retraite.

Fiscalité et prélèvements

La fiche de service-public.gouv.fr sur la déclaration des pensions indique que les pensions de réversion versées par les organismes de retraite qu’elle liste doivent être déclarées à l’impôt sur le revenu. Elle ne mentionne pas le pré-remplissage pour les pensions de réversion : vérifiez le montant déclaré. La pension de réversion est soumise à la CSG, à la CRDS et à la Casa. Les taux ne sont pas repris ici : la fiche consultée n’en donne pas pour la réversion. La page sur l’abattement de 10 % et la CSG des pensions traite des pensions de retraite ; l’application à la réversion se vérifie auprès de votre caisse.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Hélène, 58 ans, vit seule. Son mari Paul est décédé. Il percevait une pension de base de 1 600 € brut par mois (hypothèse du profil fictif), avec plus de 60 trimestres au régime général. Hélène travaille : son salaire brut est de 28 000 € par an dans le cas A, de 38 000 € dans le cas B (hypothèses). Elle n’a pas d’autre ressource dans cet exemple.

Problème. Quelle pension Hélène peut-elle attendre, compte tenu du plafond de ressources ?

Stratégie. Appliquer les règles de la fiche : 54 % de la pension de base ; revenus d’activité comptés à 70 % ; plafond d’une personne seule, avec réduction de la pension lorsque pension et ressources le dépassent. Pour simplifier, on suppose que la caisse retient les ressources des 12 mois civils et que la réduction s’applique à la lettre de la phrase de la fiche (pension + ressources au plus égales au plafond). La fiche ne détaille pas l’assiette exacte : le résultat est une illustration, pas le calcul de la caisse.

Résultat.

Cas A : salaire de 28 000 €Cas B : salaire de 38 000 €
Revenus d’activité retenus à 70 %19 600,00 €26 600,00 €
Plafond, personne seule25 001,60 €25 001,60 €
Marge entre les ressources et le plafond5 401,60 €aucune : ressources de 1 598,40 € au-dessus du plafond
Pension à 54 %, avant plafonnement10 368,00 € par an (864,00 € par mois)10 368,00 € par an (864,00 € par mois)
Pension après application de la règle de la fichelimitée à 5 401,60 € par an, soit environ 450 € par moisà vérifier auprès de la caisse

Dans les deux cas, la pension de base de Paul, 1 600 € par mois, soit 19 200 € par an, donne 19 200 € × 54 % = 10 368 € par an avant plafonnement. Le minimum de 4 019,13 € par an ne joue pas.

Dans le cas A, les ressources retenues (19 600 €) et la pension à 54 % (10 368 €) totalisent 29 968 €, au-dessus du plafond de 25 001,60 €. La fiche prévoit alors que la pension est réduite de façon à ce que le plafond ne soit pas dépassé : en appliquant cette phrase à la lettre, la pension est limitée à 25 001,60 € − 19 600 € = 5 401,60 € par an.

Dans le cas B, les ressources retenues dépassent à elles seules le plafond tel qu’il est écrit sur la fiche. Ce qui s’applique alors, réduction ou refus, se vérifie auprès de la caisse.

Si Hélène et Paul avaient été pacsés, la pension du régime général aurait été nulle, quelles que soient les ressources d’Hélène.

Ce profil est fictif. L’exemple ne tient compte ni des majorations, ni de la réversion Agirc-Arrco, ni de la fiscalité. Il illustre la mécanique ; il ne présage pas de votre situation.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre statut de couple : marié, pacsé ou concubin. Seul le mariage ouvre droit à la pension du régime général.
  • Votre vie en couple ou seul : le plafond passe de 25 001,60 € à 40 002,56 €.
  • Vos revenus d’activité : ils comptent à 70 %. Les revenus du conjoint décédé sont exclus. Au-delà du plafond, la pension est réduite.
  • Vos enfants : trois enfants ouvrent la majoration de 10 %. Un enfant à charge peut ouvrir une majoration forfaitaire.
  • Votre âge : 55 ans pour la pension, 67 ans pour la majoration de 11,1 %.
  • Les mariages du défunt : un remariage entraîne un partage au prorata des durées.
  • Les autres régimes : la retraite complémentaire du défunt suit ses propres règles, sur demande séparée.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Un pacsé ou un concubin a-t-il droit à la pension de réversion du régime général ?

Non. Le Pacs et le concubinage ne permettent pas d’obtenir une pension de réversion. Il faut avoir été marié avec la personne décédée.

Quel est le taux de la pension de réversion ?

54 % de la pension de retraite de base du défunt, avec un minimum de 4 019,13 € par an pour 60 trimestres d’assurance.

Quel est le plafond de ressources ?

25 001,60 € par an si vous vivez seul, 40 002,56 € si vous vivez en couple. Les revenus d’activité ne comptent qu’à hauteur de 70 %. Lorsque la pension et vos ressources dépassent le plafond, la pension est réduite de façon à ce que le plafond ne soit pas dépassé.

À quel âge peut-on demander la pension ?

À partir de 55 ans. La pension ne prend pas effet avant le 1er jour du mois suivant vos 55 ans.

Faut-il faire une demande pour la retraite complémentaire ?

Oui, séparément : pour les caisses qui ne figurent pas dans la liste des régimes de base, notamment l’Agirc-Arrco, la fiche officielle indique qu’une demande de pension de réversion supplémentaire doit être faite auprès de cette caisse.

Faire le point sur la protection de votre conjoint

La réversion du régime général dépend du mariage, de l’âge et des ressources. Elle se compare à votre situation réelle. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles