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BSPCE : comment sont imposés les gains selon la date de souscription des titres
Le régime fiscal d’un BSPCE dépend de deux dates : celle de la souscription des titres (avant ou à partir du 1er janvier 2025) et, pour les titres souscrits jusqu’au 31 décembre 2024, celle de l’attribution des bons (jusqu’au 31 décembre 2017, ou à partir du 1er janvier 2018). L’ancienneté à la date de cession joue sur le gain net (titres souscrits jusqu’en 2024) et sur le gain d’exercice (titres souscrits depuis 2025) : à partir de trois ans, le taux est de 12,8 % pour les bons attribués depuis 2018 ; en dessous, il passe à 30 %. Pour les titres souscrits depuis 2025, la loi distingue deux gains, le gain d’exercice et le gain de cession.
Cette page traite les gains d’un particulier domicilié en France sur des BSPCE d’une société française. Elle ne traite ni le calcul au barème progressif, ni les numéros de cases de la déclaration, ni les sociétés étrangères, ni les management packages (régime distinct, BOI-RSA-ES-20-60). Elle ne fixe pas le taux de prélèvements sociaux par année d’opération.
Ce qu’est un BSPCE
Les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (article 163 bis G du CGI) donnent le droit de souscrire des titres à un prix fixé le jour de l’attribution. Le gain éventuel relève d’un régime d’imposition spécifique. Le prix d’exercice est fixé de manière intangible à l’attribution, et les bons sont incessibles (BOFiP BOI-RSA-ES-20-40-20).
Les conditions à remplir : la société, puis le bénéficiaire
Le régime de faveur ne joue que si la société et le bénéficiaire remplissent les conditions du BOFiP, appréciées à la date d’attribution des bons.
| Condition | Ce que dit le BOFiP |
|---|---|
| Forme de la société | Société par actions : SA, SAS, SCA, société européenne. Les SARL, SCS et SNC sont exclues |
| Capitalisation | Une société cotée doit avoir une capitalisation inférieure à 150 M€. Une société non cotée n’est pas soumise à ce seuil. Une société qui dépasse le seuil peut continuer à attribuer pendant trois ans |
| Ancienneté de la société | Immatriculée au registre du commerce et des sociétés depuis moins de quinze ans à la date d’attribution |
| Impôt sur les sociétés | Société française passible de l’impôt sur les sociétés ; les sociétés exonérées temporairement restent éligibles |
| Restructuration | Société non créée dans le cadre d’une restructuration d’activités préexistantes, sauf exceptions, dont l’essaimage |
| Bénéficiaires | Salariés, dirigeants soumis au régime fiscal des salariés, membres du conseil d’administration ou de surveillance. Les filiales détenues directement à au moins 75 % sont concernées |
Deux conditions ont été modifiées par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 25) pour les bons attribués à compter du 1er janvier 2026 : la détention minimale du capital par des personnes physiques, et l’extension aux sous-filiales. Cette page ne publie aucun seuil de détention : à vérifier auprès de la source, le BOFiP BOI-RSA-ES-20-40-10, avant toute attribution.
Si les conditions de l’article 163 bis G ne sont pas remplies, le gain d’exercice constitue un complément de salaire soumis à l’impôt sur le revenu (BOFiP BOI-RSA-ES-20-40-30).
Les trois régimes selon les dates
Le BOFiP est organisé en deux chapitres : les titres souscrits en exercice des bons jusqu’au 31/12/2024, et ceux souscrits à compter du 01/01/2025. Le premier se subdivise selon la date d’attribution des bons. Le cas d’un bon attribué avant 2018 dont les titres sont souscrits après le 01/01/2025 n’est pas traité ici.
| Régime | Ancienneté de 3 ans ou plus à la cession | Ancienneté de moins de 3 ans |
|---|---|---|
| Titres souscrits jusqu’au 31/12/2024, bons attribués jusqu’au 31/12/2017 | Gain net de cession à 19 %, sans abattement fixe | 30 % |
| Titres souscrits jusqu’au 31/12/2024, bons attribués depuis le 01/01/2018 | Gain net de cession à 12,8 %, ou barème progressif sur option globale ; abattement fixe possible | 30 %, sans option pour le barème et sans abattement |
| Titres souscrits depuis le 01/01/2025 | Gain d’exercice à 12,8 % (ou barème des traitements et salaires sur option). Gain de cession à 12,8 % | Gain d’exercice à 30 %, sans option pour le barème. Gain de cession à 12,8 % |
Sources : BOFiP BOI-RSA-ES-20-40-30 et BOI-RSA-ES-20-40-40 ; impots.gouv.fr, page « J’ai vendu des BSPCE » (modifiée le 17/07/2026).
Pour les titres souscrits jusqu’au 31 décembre 2024
Le gain net est la différence entre le prix de cession, net de frais et taxes supportés par le cédant, et le prix d’acquisition. Ces taux portent sur le gain net global, calculé depuis le prix d’acquisition, sans distinguer gain d’exercice et gain de cession.
L’abattement fixe de 500 000 € (article 150-0 D ter du CGI) peut réduire l’assiette dans la limite du gain, avec le taux de 12,8 % comme avec l’option pour le barème. Il est porté à 600 000 € pour les cessions au profit de jeunes agriculteurs. Il ne s’applique ni aux bons attribués jusqu’au 31/12/2017, ni à la cession avec moins de trois ans d’ancienneté. Selon impots.gouv.fr, il vise les dirigeants de PME qui partent à la retraite. Sa période d’application et ses conditions propres ne sont pas traitées ici : à vérifier auprès de la source.
Pour les titres souscrits depuis le 1er janvier 2025
Deux gains sont distingués :
- Le gain d’exercice : valeur des titres au jour de l’exercice, moins le prix fixé à l’attribution. Il est imposé à 12,8 % si vous exercez votre activité dans la société depuis au moins trois ans à la cession. Vous pouvez opter pour le barème des traitements et salaires, après déduction forfaitaire de 10 % ou frais réels. Avec moins de trois ans, il est taxé à 30 %, sans option. Le fait générateur est la cession ou une autre disposition des titres (le BOFiP vise aussi la conversion au porteur et la mise en location), pas l’exercice des bons. L’abattement fixe de 500 000 € ne peut pas réduire l’assiette de ce gain d’exercice (BOFiP BOI-RSA-ES-20-40-40).
- Le gain de cession : prix de cession, moins la valeur des titres au jour de l’exercice. Il suit le régime de droit commun des plus-values : 12,8 %, quelle que soit la durée passée dans l’entreprise, sauf option globale pour le barème. L’abattement fixe de 500 000 € (600 000 € pour les jeunes agriculteurs) s’applique avec le PFU comme avec le barème.
L’ancienneté de trois ans
Elle se compte de quantième à quantième, à la date de cession. Elle cumule les périodes d’activité ou de mandat dans la société et ses filiales (détenues à au moins 75 % du capital ou des droits de vote pour les titres souscrits jusqu’au 31 décembre 2024). Pour les titres souscrits depuis 2025, le BOFiP vise aussi les sous-filiales. Un salarié entré le 15 janvier N atteint trois ans le 15 janvier N+3.
Les prélèvements sociaux
Les prélèvements sociaux dus sur les revenus du patrimoine s’ajoutent, quel que soit le mode d’imposition à l’impôt sur le revenu. impots.gouv.fr (page modifiée le 17/07/2026) indique 18,6 %. Le BOFiP ne chiffre pas le taux. L’exemple ci-dessous les exclut. Vérifiez le taux de l’année de votre cession.
Exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Deux salariés de la même société, entrés en 2024, cèdent leurs titres en 2026 avec moins de trois ans d’ancienneté. Chacun détient 10 000 titres, au prix d’exercice de 2 € fixé à l’attribution. À l’exercice, le titre vaut 12 €. À la cession, il vaut 20 €. Le premier a reçu ses bons et souscrit ses titres en 2024. Le second a reçu ses bons et souscrit ses titres en 2025. Les frais et taxes de cession sont supposés nuls.
Problème. Quel impôt sur le revenu, hors prélèvements sociaux, pour chacun ?
Stratégie. Appliquer à chacun le régime de sa date de souscription. Pas d’option pour le barème ni d’abattement fixe dans cet exemple.
Résultat.
| Titres souscrits en 2024 | Titres souscrits en 2025 | |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition (10 000 × 2 €) | 20 000 € | 20 000 € |
| Valeur à l’exercice (10 000 × 12 €) | 120 000 € | 120 000 € |
| Prix de cession (10 000 × 20 €) | 200 000 € | 200 000 € |
| Gain d’exercice | 100 000 € | |
| Gain de cession | 80 000 € | |
| Gain net, imposé en une fois | 180 000 € | |
| Impôt sur le revenu | 54 000 € (30 % de 180 000 €) | 40 240 € (30 % de 100 000 € + 12,8 % de 80 000 €) |
L’écart est de 13 760 € en faveur des titres souscrits en 2025. Avec trois ans d’ancienneté ou plus, le même calcul donne 23 040 € dans les deux cas : sans abattement fixe, la date de souscription ne change alors pas l’impôt sur le revenu de cet exemple. L’abattement fixe, sous ses conditions propres, peut réduire le gain net des titres souscrits jusqu’en 2024, mais pas le gain d’exercice des titres souscrits depuis 2025.
Profils fictifs, valeurs hypothétiques. Ils ne présagent pas de votre situation.
Ce qui change selon votre cas
- La date de souscription de vos titres et la date d’attribution de vos bons.
- Votre ancienneté à la date de cession, calculée de quantième à quantième.
- Le respect des conditions de la société à la date d’attribution.
- Votre domicile fiscal au moment du fait générateur.
La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.
Si vous quittez la France
Le BOFiP BOI-RSA-ES-20-40-30 indique que le gain d’exercice constitue un revenu d’emploi au sens de l’article 15 du modèle de convention de l’OCDE, sous réserve de la convention applicable. Il est imposable dans l’État où l’activité rémunérée par le bon a été exercée. Le gain de cession relève de l’article 13, ou à défaut de l’article 21. La résidence retenue est celle du bénéficiaire au moment du fait générateur.
La déclaration
- La déclaration complémentaire 2042-C (cerfa n° 11222) : l’année de cession, vous y déclarez le gain net. Pour les titres souscrits depuis 2025, vous y indiquez le montant de l’avantage salarial et y exercez l’option pour le barème.
Questions fréquentes
Quel est le taux d’imposition d’un BSPCE si j’ai moins de trois ans d’ancienneté ?
30 %, sans option pour le barème. Pour les titres souscrits depuis 2025, ce taux porte sur le gain d’exercice ; le gain de cession reste à 12,8 %.
Quelle différence entre date d’attribution et date de souscription ?
L’attribution est la remise des bons. La souscription est l’exercice des bons, qui donne les titres. La date de souscription sépare les deux chapitres du BOFiP ; la date d’attribution fixe le taux pour les titres souscrits jusqu’au 31/12/2024.
Où déclare-t-on le gain ?
Sur la déclaration complémentaire 2042-C (cerfa n° 11222). Les numéros de cases ne sont pas traités sur cette page.
Faire le point avant d’exercer ou de céder
Le calendrier d’exercice et de cession se prépare avant l’opération, avec les dates de votre dossier. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- impots.gouv.fr, J’ai vendu des BSPCE (publiée le 15/02/2018, modifiée le 17/07/2026) : https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/jai-vendu-des-bons-de-souscription-de-parts-de-createurs-dentreprise-ou-bspce
- BOFiP, BOI-RSA-ES-20-40 (publiée le 12/08/2025) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-RSA-ES-20-40
- BOFiP, BOI-RSA-ES-20-40-10 (en vigueur depuis le 28/05/2026) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-RSA-ES-20-40-10
- BOFiP, BOI-RSA-ES-20-40-20 (en vigueur depuis le 28/05/2026) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-RSA-ES-20-40-20
- BOFiP, BOI-RSA-ES-20-40-30 (version du 12/08/2025) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-RSA-ES-20-40-30
- BOFiP, BOI-RSA-ES-20-40-40 (en vigueur depuis le 28/05/2026) : https://bofip.impots.gouv.fr/doctrine/BOI-RSA-ES-20-40-40