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Fiscalité et résidence

Vivre au Liechtenstein : une fortune convertie en revenu à 4 %, un barème d’État qui monte à 8 % (hors supplément communal)

Au Liechtenstein, la loi prévoit une Vermögens- und Erwerbssteuer, un impôt sur la fortune et le revenu (art. 1). La fortune y est prise en compte par un rendement standardisé de 4 %, ajouté au revenu puis taxé avec le reste au barème d’État (art. 5 et 14). Ce barème monte à 8 % pour la tranche supérieure, hors supplément communal dont le taux n’a pas pu être lu. Sous réserve des limites du texte, notamment pour le patrimoine commercial, les dividendes et les gains en capital sur le patrimoine privé sont exonérés de l’impôt sur le revenu ; le rendement standardisé de 4 % reste imposé. Sur demande, un impôt d’après la dépense, à 25 % de la dépense totale, peut s’appliquer à une personne qui remplit quatre conditions cumulatives, dont celle de ne pas avoir la nationalité liechtensteinoise (art. 30) ; l’administration décide. Ces règles sont celles du Steuergesetz, lu dans sa version du 01/07/2026. Cette page ne traite ni les droits de succession ni les titres de séjour.

Résident du Liechtenstein : le domicile, ou plus de six mois d’un seul tenant

Une personne est assujettie sans limite au Liechtenstein si elle y a son domicile ou son séjour habituel (art. 6). Elle l’est alors pour toute sa fortune et tous ses revenus. Le domicile est le lieu où elle séjourne avec l’intention d’y rester durablement. Le séjour habituel suppose plus de six mois d’un seul tenant. Les séjours pour études, l’hébergement en établissement, les cures et les vacances jusqu’à douze mois ne créent ni l’un ni l’autre (art. 2).

L’assujettissement commence le jour où la personne prend domicile ou séjour habituel. Il prend fin à son décès ou à son départ à l’étranger (art. 7). Les époux sont imposés ensemble, quel que soit le régime matrimonial. Sur demande commune, ils peuvent l’être séparément (art. 8).

La fortune prise en compte par un rendement standardisé de 4 %

La loi parle d’une Vermögens- und Erwerbssteuer (art. 1), dont une section « Vermögenssteuer » commence à l’art. 9. Le texte désigne par « Sollertrag » le rendement standardisé de la fortune. Le taux est de 4 % (art. 5), et le Gouvernement doit se prononcer tous les quatre ans sur son caractère approprié. Ce rendement est ajouté au revenu imposable (art. 14). En contrepartie, les revenus de la fortune sur laquelle l’impôt est ainsi payé sont exonérés (art. 15).

ÉlémentRègle du SteuergesetzArticle
Fortune imposableEnsemble de la fortune mobilière et immobilièreart. 9
Mobilier et objets personnels, véhicules privésExonérés jusqu’à 26 400 CHF, 52 800 CHF pour des époux imposés ensembleart. 10
Outils professionnelsExonérés jusqu’à 2 100 CHFart. 10
DettesDéductibles si le contribuable est débiteur principal ; la fortune imposable ne devient pas négativeart. 11
Titres cotésÉvalués au cours, au début de l’année fiscaleart. 12
ArrondisFortune à la centaine de francs inférieure, revenu à la dizaine inférieureart. 18

Les immeubles et les établissements stables situés à l’étranger figurent aussi parmi les biens exonérés de l’art. 10. Relisez ce passage avant de vous en servir : il n’a été lu qu’une fois.

Le barème d’État : de 0 à 8 %, avant supplément communal

L’article 19 donne le tarif sous forme de formules, où x est le revenu imposable. Pour une personne seule :

Revenu imposable (CHF)Impôt
Jusqu’à 15 8550
15 856 à 21 1400,01 · x − 159
21 141 à 42 2800,03 · x − 581
42 281 à 73 9900,04 · x − 1 004
73 991 à 105 7000,05 · x − 1 744
105 701 à 137 4100,06 · x − 2 801
137 411 à 169 1200,065 · x − 3 488
169 121 à 211 4000,07 · x − 4 334
211 401 et plus0,08 · x − 6 448

Les époux imposés ensemble ont leur propre tarif : franchise commune jusqu’à 31 710 CHF, puis des tranches de 0,01 à 0,08 · x. Par exemple, de 147 981 à 211 400 CHF, l’impôt est de 0,05 · x − 3 488. De 422 801 CHF, il est de 0,08 · x − 12 895. Un tarif distinct existe aussi pour les parents seuls.

Le texte parle d’un impôt d’État et communal. Le supplément communal n’est pas chiffré dans la loi lue : son taux n’a pas pu être lu, et les calculs de cette page l’excluent.

Ce que le Liechtenstein n’impose pas

L’article 15 exonère plusieurs revenus de l’impôt sur le revenu :

  • les parts de bénéfice sur participations dans des personnes morales, c’est-à-dire les dividendes (let. n), sous réserve des limites du texte, notamment pour le patrimoine commercial ;
  • les gains en capital sur la vente d’éléments du patrimoine privé, mobilier ou immobilier (let. m) ;
  • les gains en capital sur la vente ou la liquidation de participations, et les plus-values non réalisées (let. o), sous la même réserve ;
  • les capitaux issus d’assurances de capitaux privées rachetables, à l’exception des polices de libre passage et des comptes bloqués (let. d).

Cette exonération ne s’applique pas à tout. Les gains sur immeubles relèvent d’un impôt à part (voir plus bas), et le rendement standardisé de 4 % reste imposé.

L’imposition d’après la dépense : 25 % de la dépense totale

Sur demande, un impôt d’après la dépense peut remplacer les impôts sur la fortune et le revenu. Quatre conditions s’additionnent (art. 30) :

  1. s’installer pour la première fois, ou après au moins dix ans d’absence ;
  2. ne pas avoir la nationalité liechtensteinoise ;
  3. n’exercer aucune activité lucrative dans le pays ;
  4. vivre du rendement de sa fortune ou de revenus venant de l’étranger.

Le taux est de 25 % de la dépense totale du contribuable (art. 32 et 33). Les immeubles situés au Liechtenstein restent soumis à l’impôt sur la fortune. La page ne dit pas quel montant minimal de dépense l’administration retient, ni si elle accorde la demande : ces points se valident avec l’administration fiscale du Liechtenstein.

Pensions, primes d’assurance et gains immobiliers

  • Rentes. Les rentes et prestations en capital de l’AVS/AI, de la prévoyance professionnelle et des fonds de pension sont imposables (art. 14). 70 % des rentes AVS/AI sont déductibles du revenu (art. 16 al. 2 let. d).
  • Primes d’assurance. Les primes d’assurances-vie privées, maladie et accidents (hors celles couvertes par une autre lettre de l’article) sont déductibles jusqu’à 3 700 CHF par contribuable, 7 400 CHF pour des époux imposés ensemble, plus 2 200 CHF par enfant (art. 16 al. 3 let. d).
  • Gains immobiliers. Le tarif de l’article 19 pour personnes seules s’applique au gain imposable. Un supplément de 200 % remplace le supplément communal (art. 42 et 43). La franchise de base n’est accordée qu’une fois si plusieurs parcelles sont vendues dans un délai de cinq ans.

Sécurité sociale : les taux publiés par le Cleiss

Le Cleiss, organisme public français de sécurité sociale internationale, publie les taux au 1er janvier 2024. La page n’est pas plus récente : à contrôler avant décision.

BrancheSalariéEmployeur
Vieillesse et survivants (AVS)4,025 %4,225 %
Invalidité (AI)0,675 %0,675 %
Chômage0,5 %0,5 %
Prestations familialesaucune part1,9 %

Le salaire assuré pour le chômage est plafonné à 126 000 CHF par an.

Un couple, 100 000 CHF de revenu, 1 500 000 CHF de fortune : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Un couple marié, profil fictif, réside au Liechtenstein. Il est imposé ensemble. Son revenu imposable, après déductions, est de 100 000 CHF (hypothèse), y compris la déduction des primes d’assurance au plafond de 7 400 CHF prévu pour des époux imposés ensemble, sans enfant (hypothèse ; art. 16 al. 3 let. d). Sa fortune imposable est de 1 500 000 CHF (hypothèse).

Problème. Il veut savoir ce que représente l’impôt d’État calculé par le barème, sans le supplément communal.

Stratégie. Il convertit la fortune en revenu au taux de 4 %, soit 60 000 CHF. Il l’ajoute au revenu, ce qui donne 160 000 CHF. Il applique le tarif des époux imposés ensemble de l’article 19, tranche de 147 981 à 211 400 CHF : 0,05 · x − 3 488.

Résultat. L’impôt est de 4 512 CHF, soit 2,82 % du revenu imposable total. Par comparaison, le tarif des personnes seules sur la même base donnerait 6 912 CHF. Ce chiffre ne comprend ni le supplément communal, ni les exonérations de l’article 10, ni les déductions autres que celles déjà comprises dans les 100 000 CHF.

Et la France ?

S’installer au Liechtenstein ne fait pas sortir automatiquement du domicile fiscal français. L’article 4 B du CGI repose sur trois critères alternatifs : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle, le centre des intérêts économiques. Un seul suffit. La France n’a pas de convention fiscale avec le Liechtenstein : la principauté ne figure pas dans la liste officielle du BOFiP. Ce que cela change est détaillé dans notre page dédiée à l’absence de convention.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre nationalité, qui conditionne l’imposition d’après la dépense.
  • La commune d’installation, qui fixe le supplément communal.
  • La composition de votre fortune : titres, immeubles, dettes, contrats d’assurance.
  • Votre situation familiale, qui détermine le tarif applicable.
  • Votre domicile fiscal français, qui se juge séparément.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne traite ni les droits de succession ni les titres de séjour, ni les comptes bancaires locaux, ni les fondations et les sociétés. Le supplément communal n’est pas chiffré. La fiscalité locale se valide avec un professionnel du Liechtenstein.

Questions fréquentes

Quand devient-on résident fiscal du Liechtenstein ?

Dès que l’on y prend domicile, ou que l’on y séjourne plus de six mois d’un seul tenant (Steuergesetz, art. 2, 6 et 7).

Le Liechtenstein a-t-il un impôt sur la fortune ?

La loi prévoit une Vermögens- und Erwerbssteuer (art. 1), avec une section « Vermögenssteuer » (art. 9 et suivants). La fortune y est prise en compte par un rendement standardisé de 4 % ajouté au revenu imposable (art. 5 et 14), taxé au barème d’État.

Les dividendes et les plus-values y sont-ils imposés ?

Les parts de bénéfice sur participations et les gains en capital sur le patrimoine privé sont exonérés de l’impôt sur le revenu (art. 15), sous réserve des limites du texte, notamment pour le patrimoine commercial. Le rendement standardisé de la fortune reste imposé.

Peut-on être imposé d’après la dépense ?

Sur demande, à 25 % de la dépense totale, sous quatre conditions cumulatives (l’administration décide) : installation nouvelle ou après dix ans d’absence, absence de nationalité liechtensteinoise, aucune activité lucrative dans le pays, vie sur le rendement de la fortune ou des revenus venus de l’étranger (art. 30 et 33).

Faire le point sur votre situation

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles