Accueil / Ressources / Fonds en euros ou unités de compte : ce que dit l’AMF

Assurance, prévoyance et retraite

Fonds en euros ou unités de compte : ce que dit l’AMF

Un contrat d’assurance-vie peut recevoir votre épargne sur deux familles de supports. Le fonds en euros est investi sur des placements que l’AMF qualifie de peu risqués, majoritairement en obligations. Les unités de compte (UC) sont des supports de marché : l’assureur s’engage sur leur nombre, pas sur leur valeur, et le capital investi peut diminuer.

Cette page s’appuie sur le document de l’Autorité des marchés financiers « Investir dans une assurance-vie » (6 avril 2022) et sur la fiche de service-public sur le fonctionnement du contrat (vérifiée le 25 septembre 2026). Elle ne donne ni rendement, ni performance passée, ni répartition conseillée entre les deux supports.

Les deux supports en un tableau

Fonds en eurosUnités de compte (UC)
NaturePlacements peu risqués, majoritairement en obligations d’État et d’entreprises, plus marginalement en actions et en immobilierSupports d’investissement : actions, obligations, OPC, parts de SCPI, OPCI
CapitalL’assureur est tenu de rembourser le capital versé ; dans certains contrats, la protection s’entend hors frais de gestionLe capital n’est pas protégé pour la plupart des UC
Ce que l’assureur s’engage à tenirLe capital verséLe nombre d’unités, pas leur valeur
Profil décrit par l’AMFÉpargnant en quête de sécurité, souhaitant prendre peu de risques et acceptant de plus faibles rendementsÉpargnant prêt à investir sur le moyen ou long terme et à accepter les risques liés aux fluctuations des marchés

Le fonds en euros

L’AMF écrit que le fonds en euros est investi « sur des placements peu risqués, majoritairement en obligations d’Etat et d’entreprises, mais aussi plus marginalement en actions et dans l’immobilier ». Elle précise que l’assureur « est tenu de rembourser à l’échéance du contrat le capital versé ».

Une réserve compte autant que la règle. L’AMF avertit que, dans certains contrats, la protection du capital s’entend hors frais de gestion. Vérifiez ce point dans votre contrat avant de souscrire.

Service-public résume le compromis de ce support : une protection du capital en contrepartie d’un faible rendement.

Les unités de compte

Une unité de compte est un support d’investissement. Service-public cite notamment les actions, les obligations, les parts de SCPI, les parts d’OPCVM ou de FIA. L’AMF précise que la liste des UC disponibles varie d’un contrat à l’autre.

Deux phrases résument le risque :

  • Le capital n’est pas protégé. L’AMF indique que, pour la plupart des UC, le capital investi n’est pas assuré. Service-public parle d’un risque de perte en capital, en contrepartie d’un possible rendement plus attractif.
  • L’assureur s’engage sur le nombre d’unités, pas sur leur valeur. Vous détenez un nombre de parts. La valeur de chaque part varie avec le marché, et c’est cette valeur qui fait varier le montant de la part de votre contrat investie en UC.

Pendant combien de temps

L’AMF recommande de n’investir dans les UC risquées que l’argent que vous êtes sûr de pouvoir bloquer pendant plusieurs années, soit au moins 5 ans. Elle ajoute qu’il faut bien choisir ses supports et diversifier ses investissements en fonction de son profil d’épargnant.

Ce que l’assureur doit vous montrer

Depuis le 1er janvier 2025, selon service-public, pour chaque unité de compte, les informations de performance doivent être données pour le dernier exercice clos et aussi sur la moyenne annualisée sur 5 ans. Service-public indique aussi que le niveau de risque d’un produit financier est classé de 1 à 7, et que l’assureur doit remettre le document d’information clé (DIC) avant la signature du contrat. Cette page ne reproduit aucune de ces performances : elles se lisent support par support, dans les documents du contrat.

Monosupport, multisupport, euro-croissance

  • Contrat monosupport : un contrat qui n’offre qu’un seul support d’investissement (service-public). Le support unique n’est pas toujours le fonds en euros : economie.gouv.fr décrit un contrat monosupport dont les versements sont investis dans un fonds en euros, et service-public cite un contrat monosupport en unités de compte.
  • Contrat multisupport : différents supports coexistent dans le même contrat (service-public) ; le fonds en euros et des unités de compte peuvent y figurer.
  • Fonds euro-croissance : le capital investi est protégé à condition de détenir le contrat au moins 8 ans. Selon les fonds, la protection est totale ou partielle : par exemple 80 % du capital investi, même à la fin de la période de détention.

Selon l’AMF, pour les contrats multisupports ouverts depuis le 1er janvier 2022, le conseiller doit obligatoirement proposer au moins un fonds solidaire. Service-public indique que l’assureur doit aussi proposer au moins une unité de compte labellisée ISR, et mentionne également des unités de compte labellisées Greenfin et solidaires. La page de service-public ne donne pas de date d’entrée en vigueur.

Les frais, support par support

L’AMF liste les frais à repérer avant de choisir : frais de dossier ou d’adhésion, frais de versement, frais de gestion du contrat, frais d’arbitrage, frais de rachat et frais de gestion sur les OPC. Deux précisions ressortent de son document :

  • les frais de gestion du contrat sont spécifiques aux contrats en unités de compte ; ils sont prélevés annuellement, voire plus régulièrement, sur le nombre de parts d’UC détenues ;
  • les frais d’arbitrage ne concernent que les contrats multisupports.

Les taux dépendent de chaque contrat. Cette page n’en cite aucun.

Un effet sur la fiscalité : à quel moment

Service-public précise le calendrier des prélèvements sociaux. Ils sont prélevés chaque année par l’assureur sur les intérêts des supports en euros. Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu’au moment d’un rachat. Le taux applicable en 2026 fait l’objet d’une page dédiée.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Martine, dirigeante, verse 60 000 € sur un contrat multisupport. Elle place 30 000 € sur le fonds en euros et 30 000 € sur une unité de compte dont la part vaut 100 €.

Problème. Que devient son contrat si la valeur de la part baisse de 20 % ? L’assureur s’engage sur le nombre de parts, pas sur leur prix.

Stratégie. Avant de verser, Martine fait le point avec le cabinet sur son horizon de placement, sur la part de son épargne qu’elle peut immobiliser pendant plusieurs années, et sur les supports réellement proposés par le contrat.

Résultat. Hypothèses de l’exemple : le capital du fonds en euros est rendu tel quel, sans intérêts et sans frais. Aucun frais n’est pris en compte sur l’UC.

ÉlémentCalculMontant
Nombre de parts achetées30 000 € ÷ 100 €300 parts
Valeur de la part après une baisse de 20 %100 € × (1 − 20 %)80 €
Valeur de la somme placée en UC300 × 80 €24 000 €
Valeur de la somme placée en fonds en euroscapital rendu tel quel30 000 €
Valeur totale du contrat24 000 € + 30 000 €54 000 €

Le nombre de parts est resté à 300. Leur valeur a baissé : le contrat vaut 6 000 € de moins que les 60 000 € versés, soit 10 % du versement et 20 % de la somme placée en UC. Ce profil est fictif. La baisse de 20 % est une hypothèse de calcul : ce n’est ni une prévision ni un scénario annoncé. Les chiffres illustrent le mécanisme.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre horizon : l’AMF recommande au moins 5 ans pour les UC risquées.
  • Votre besoin de disponibilité : l’argent dont vous pouvez avoir besoin à court terme.
  • Votre contrat : monosupport ou multisupport, liste des UC proposées, niveau des frais.
  • Votre profil d’épargnant : le niveau de risque que vous acceptez, au sens de l’AMF.
  • Votre âge et votre fiscalité : ils relèvent d’autres pages.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Le capital est-il protégé sur un fonds en euros ?

L’AMF écrit que l’assureur « est tenu de rembourser à l’échéance du contrat le capital versé ». Elle ajoute que, dans certains contrats, cette protection s’entend hors frais de gestion. Vérifiez ce point dans votre contrat.

Que veut dire « l’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte » ?

Vous êtes titulaire d’un nombre de parts. L’assureur s’engage sur ce nombre, pas sur le prix de chaque part. Service-public indique que seul le nombre d’unités de compte est tenu par l’assureur, pas leur valeur.

Combien de temps laisser son argent en unités de compte ?

L’AMF recommande de n’y placer, pour les UC risquées, que l’argent que vous pouvez bloquer pendant plusieurs années, au moins 5 ans.

Peut-on détenir les deux supports dans le même contrat ?

Oui, dans un contrat multisupport, où différents supports coexistent dans le même contrat. Un contrat monosupport n’offre qu’un seul support d’investissement.

Quel rendement attendre ?

Cette page ne donne ni rendement, ni performance passée, ni répartition conseillée. Les informations de performance de chaque UC se lisent support par support, dans les documents du contrat.

Faire le point avant de choisir

Le choix entre les deux supports se prépare avec les chiffres de votre dossier, votre horizon et votre contrat. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles