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8 novembre 2026

Présidentielle 2027 : ce que les programmes prévoient pour un patrimoine de 2 millions d’euros

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Publié le :
8 novembre 2026

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Pour un couple qui possède 2 millions d’euros, les propositions publiées avant l’élection présidentielle de 2027 vont d’un impôt sur la fortune rétabli à des abattements de donation relevés : selon le scénario, l’impôt annuel sur le patrimoine passe de zéro à plusieurs milliers d’euros, et les droits de succession varient de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Cet article recense les propositions, sujet par sujet, à partir du comparateur de la Fondation iFRAP consulté début novembre 2026, puis en chiffre l’effet sur un cas type. Il ne prend parti pour aucune d’elles.

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Avertissement de méthode

Les candidatures et les programmes évoluent jusqu’au dépôt officiel des candidatures, et la plupart des propositions ne sont pas encore assorties de barèmes ou de seuils précis. Nous reprenons les candidats et les mesures tels qu’ils figurent dans le comparateur de la Fondation iFRAP, par ordre alphabétique au sein de chaque sujet. Lorsqu’une mesure n’est pas chiffrée par son auteur, nous ne la chiffrons pas.

Impôt sur la fortune

  • Rétablir un ISF : Jean-Luc Mélenchon (avec un volet climatique), Fabien Roussel, Marine Tondelier (avec une dimension climatique).
  • Un impôt sur les très grandes fortunes, hors résidence principale : Nicolas Dupont-Aignan, qui propose aussi de sortir la résidence principale de l’IFI.
  • Remplacer l’IFI par un impôt sur la fortune financière : Marine Le Pen. L’assiette et le barème détaillés ne sont pas stabilisés dans les documents publiés.
  • Supprimer l’IFI et le remplacer par une taxe foncière fondée sur des valeurs de marché actualisées : David Lisnard.
  • Taxe Zucman, impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros : Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier.

Successions et donations

  • Alléger les droits de succession : Gabriel Attal.
  • Relever les abattements de donation : Nicolas Dupont-Aignan (100 000 euros de plus par enfant ou petit-enfant, délai de rappel ramené de quinze à dix ans) ; Marine Le Pen (abattement de 100 000 euros tous les dix ans, exonération des successions immobilières familiales jusqu’à 300 000 euros) ; Édouard Philippe (plafonds d’exonération des donations relevés pendant les trois premières années du mandat) ; Bruno Retailleau (exonération de 150 000 euros par donateur pour les bénéficiaires de moins de 30 ans, 100 000 euros pour ceux de moins de 40 ans).
  • Taxer davantage les grosses successions : Raphaël Glucksmann (successions de plus de 2 millions d’euros, taux marginal porté de 45 % à 50 % et imposition des plus-values latentes transmises) ; Jean-Luc Mélenchon (taxation à 100 % au-delà de 12 millions d’euros) ; Fabien Roussel (taxer les plus gros héritages) ; Marine Tondelier (contributions de 10 % au-delà de 4 millions d’euros et de 10 % supplémentaires au-delà de 13 millions).
  • Pacte Dutreil : défendu par Édouard Philippe ; exonération portée de 75 % à 90 % chez Nicolas Dupont-Aignan ; réformé chez Raphaël Glucksmann ; ramené à 50 % chez Marine Tondelier, qui propose aussi de supprimer les avantages liés au démembrement.

Revenus du capital

  • Prélèvement forfaitaire unique : maintenu comme base stable chez David Lisnard ; supprimé chez Jean-Luc Mélenchon ; relevé de 3 points chez Marine Tondelier.
  • Stabilité fiscale : Gabriel Attal propose de ne pas augmenter les impôts pendant le quinquennat ; Édouard Philippe a déclaré ne vouloir aucun nouvel impôt sur la durée du mandat.

Un cas concret : un couple lyonnais avec 2,2 millions d’euros

Situation. Catherine, 62 ans, et Marc, 60 ans, vivent à Lyon. Résidence principale 1 million d’euros, appartement loué 400 000 euros, assurance-vie 500 000 euros, compte-titres 300 000 euros. Deux enfants de 33 et 35 ans. Aucune dette.

Impôt sur la fortune. Aujourd’hui, leur patrimoine immobilier taxable s’élève à 1,1 million d’euros (la résidence principale comptant pour 70 % de sa valeur) : ils ne paient pas l’IFI. Dans l’hypothèse d’un ISF rétabli sur le modèle de 2017 (même barème, placements financiers inclus), leur assiette atteindrait 1,9 million d’euros et l’impôt environ 6 700 euros par an. Les variantes climatiques proposées ne sont pas chiffrées par leurs auteurs. Un impôt sur la fortune financière ou la suppression de l’IFI ne changeraient rien pour eux aujourd’hui, puisqu’ils ne paient pas l’IFI ; l’effet d’un impôt sur la fortune financière dépendrait de son assiette, non publiée.

Transmission. Au droit actuel, si chaque enfant reçoit 1,1 million d’euros (550 000 euros de chaque parent), les quatre transmissions supportent environ 352 800 euros de droits, après l’abattement de 100 000 euros. Avec un abattement porté à 200 000 euros par parent et par enfant, comme le permettraient les propositions de Nicolas Dupont-Aignan ou, pour des donations à des enfants de moins de 40 ans, de Bruno Retailleau, les droits descendraient à environ 272 800 euros. Les propositions de hausse des droits sur les successions de plus de 2, 4 ou 12 millions d’euros ne les concerneraient pas, sous réserve de leurs modalités exactes.

Stratégie. Utiliser dès maintenant les abattements existants (400 000 euros transmissibles sans droits), renouvelables, ce qui est utile dans tous les scénarios ; conserver l’assurance-vie, dont la fiscalité successorale propre n’est visée par aucune des propositions recensées ; suivre les textes après l’élection pour profiter d’un éventuel relèvement des abattements.

Résultat. L’écart entre les scénarios recensés atteint environ 6 700 euros par an sur l’impôt sur la fortune et environ 80 000 euros sur les droits de transmission. Une donation réalisée aujourd’hui dans les abattements reste acquise quel que soit le résultat.

Comment Balmont Conseil intervient

Balmont Conseil chiffre pour chaque client l’effet des propositions publiées, sans pronostic ni recommandation de vote, et construit une stratégie qui reste bonne dans plusieurs scénarios : transmission, enveloppes, structuration, préparation d’une éventuelle mobilité. Nous mettrons ce recensement à jour à mesure que les programmes se préciseront.

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Sources : Fondation iFRAP, comparateur des programmes de l’élection présidentielle de 2027, rubrique Fiscalité, consulté début novembre 2026 ; Contribuables associés, « Présidentielle 2027 : suivi des propositions des candidats », 9 septembre 2026 ; Code général des impôts, articles 777, 779, 790 G, 885 A et suivants (ancien ISF), 964 et suivants (IFI), 990 I.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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