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Fiscalité et résidence

Vivre en Colombie : 183 jours sur 365, nationaux colombiens et déclarations

En Colombie, la résidence fiscale d’une personne physique tient d’abord au temps passé : plus de 183 jours calendaires, continus ou non, au cours de toute période de 365 jours consécutifs. C’est la règle de l’article 10 de l’Estatuto Tributario. Les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus et gains de source colombienne et sur leur patrimoine situé dans le pays. Cette page s’appuie sur les textes et pages de la DIAN, l’administration fiscale colombienne. Elle ne donne ni le barème de l’impôt sur le revenu, ni l’impôt sur le patrimoine : ces points n’ont pas pu être lus à la source officielle.

Plus de 183 jours sur 365 jours consécutifs

L’article 10 compte les jours calendaires, jours d’entrée et de sortie inclus. La présence peut être continue ou non. Le décompte se fait sur « toute période de 365 jours consécutifs », donc sur une fenêtre glissante et non sur l’année civile.

Le texte ajoute une règle pour les présences qui couvrent plus d’une année : la personne est alors considérée comme résidente à partir de la deuxième année ou période gravable. Lisez cette règle en entier avant tout calcul à cheval sur deux années.

Les nationaux colombiens : un test à six entrées

Un Colombien est aussi résident s’il remplit l’un des critères du numéral 3 de l’article 10 :

CritèreContenu
FamilleConjoint ou partenaire permanent non séparé légalement, ou enfants mineurs dépendants, résidents fiscaux en Colombie
RevenusAu moins 50 % des revenus de source nationale
Biens gérésAu moins 50 % des biens gérés dans le pays
ActifsAu moins 50 % des actifs détenus dans le pays
JustificationRésidence à l’étranger non justifiée quand l’administration le demande
JuridictionRésidence fiscale dans une juridiction que le gouvernement national qualifie de paradis fiscal (« paraíso fiscal »)

Un paragraphe ajouté par la loi 1739 de 2014 écarte la qualité de résident pour le national qui a au moins 50 % de ses revenus ou de ses actifs dans la juridiction de son domicile. Le gouvernement fixe la manière de le prouver.

Cette partie concerne directement un Français qui a aussi la nationalité colombienne, ou dont le conjoint est colombien et résident en Colombie.

Prouver sa résidence à l’étranger

Le national qui prouve sa résidence fiscale à l’étranger doit présenter un certificat de résidence fiscale délivré par le pays concerné. La forme de ce certificat côté français n’est pas décrite ici.

Non-résident : la source colombienne et le patrimoine situé en Colombie

L’article 9 limite l’imposition des non-résidents : leurs revenus et gains de source nationale, et leur patrimoine situé dans le pays. Ils sont aussi redevables de l’impôt sur les remises (impuesto de remesas). Le premier alinéa du même article, qui vise les résidents, porte sur le site de la DIAN la mention « Inciso derogado por el artículo 198 de la Ley 1607 de 2012 » : cette page ne s’appuie pas sur cet alinéa et ne dit rien de l’étendue de l’imposition des résidents.

Quand faut-il déclarer ? Les seuils en UVT

La DIAN publie pour l’année gravable 2025 les cas où la déclaration de revenus des personnes physiques est obligatoire. Deux d’entre eux : un patrimoine brut supérieur à 4 500 UVT au 31 décembre 2025, ou des revenus bruts égaux ou supérieurs à 1 400 UVT en 2025. L’UVT de référence pour 2025 est de 49 799 pesos.

SeuilEn UVTEn pesos (UVT 2025)
Revenus bruts1 40069 718 600
Patrimoine brut4 500224 095 500

La page cite d’autres cas (responsable de la TVA, dépenses par carte, achats, dépôts) qui ne sont pas détaillés ici.

Actifs à l’étranger : le formulaire 160

Les contribuables de l’impôt sur le revenu qui possèdent des actifs à l’étranger déposent le formulaire 160 si la valeur de ces actifs au 1er janvier dépasse 2 000 UVT, soit 104 748 000 pesos pour 2026 selon la DIAN. La déclaration est informative : « no hay valor a pagar por parte del declarante por impuesto ». La page n’est pas datée.

Double résidence avec la France

Un Français qui s’installe en Colombie peut rester domicilié en France au sens de l’article 4 B du CGI. L’administration fiscale française retient trois critères : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle, le centre des intérêts économiques. Il suffit que l’un d’eux soit rempli. Le séjour de plus de six mois est en règle générale un séjour principal, sans être un critère absolu (BOI-IR-CHAMP-10).

Quand les deux États vous considèrent comme résident, la convention franco-colombienne départage dans l’ordre : foyer d’habitation permanent, liens personnels et économiques les plus étroits, séjour habituel, nationalité, accord amiable. Pour un résident de Colombie, elle prévoit une déduction égale à l’impôt payé en France, dans la limite de l’impôt colombien afférent. Notre page sur la convention détaille ces points.

Santé et retraite : ce que dit le Cleiss

Selon le Cleiss (fiche mise à jour le 30 septembre 2026), tous les résidents colombiens accèdent au système général de santé (SGSSS), et l’affiliation à une EPS est obligatoire. La retraite est obligatoire pour les titulaires d’un contrat de travail, avec un choix entre le régime public et le régime privé. La fiche ne mentionne pas de convention bilatérale France-Colombie ni de règle de détachement.

Séjourner sans visa : 90 jours

France Diplomatie indique que les Français peuvent entrer sans visa en Colombie pour une durée maximale de 90 jours, sur présentation d’un billet aller-retour. Les voyageurs en situation irrégulière, dont les touristes qui travaillent, s’exposent à de lourdes amendes. La page n’a pas de date de mise à jour renseignée. Les conditions d’un séjour plus long ne sont pas traitées ici.

Test des 183 jours sur 365 : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Julien, profil fictif, séjourne en Colombie du 10 novembre 2025 au 28 février 2026 (111 jours), puis du 15 mai au 10 août 2026 (88 jours).

Problème. Il veut savoir s’il remplit la condition de présence de l’article 10, qui compte les jours sur toute période de 365 jours consécutifs.

Stratégie. Il additionne ses jours de présence sur la fenêtre de 365 jours qui en contient le plus et compare le total au seuil de 183 jours.

Résultat. Sur la période du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026, ses séjours totalisent 199 jours : le seuil est dépassé de 16 jours. Aucun des deux séjours pris seul n’atteint 183 jours. La règle propre aux présences à cheval sur deux années (résidence à partir de la deuxième année) n’est pas appliquée dans ce calcul. Les dates sont des hypothèses.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne donne ni le barème progressif de l’impôt des personnes physiques, ni l’impôt sur le patrimoine et ses taux, ni les retenues sur les non-résidents, ni la manière dont les résidents sont imposés sur leurs revenus étrangers. Elle ne traite pas non plus les visas de long séjour, les produits d’épargne locaux, les successions ni la sécurité sociale au-delà de la fiche du Cleiss. Une fiscalité locale se fait valider avec un professionnel colombien ; ce qui relève de la France est traité dans nos pages sur le départ et sur le domicile fiscal.

Vivre en Colombie : ce qui change selon votre cas

  • Le nombre de jours passés dans le pays sur 365 jours consécutifs.
  • Votre nationalité, notamment si vous êtes aussi colombien.
  • La résidence de votre conjoint et de vos enfants mineurs.
  • La part de vos revenus, de vos biens et de vos actifs située en Colombie.
  • Le montant de vos actifs à l’étranger au 1er janvier.
  • Votre statut migratoire et la durée de votre séjour.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Comment devient-on résident fiscal en Colombie ?

En séjournant plus de 183 jours calendaires, de façon continue ou non, au cours de toute période de 365 jours consécutifs (article 10 de l’Estatuto Tributario). Les nationaux ont des critères supplémentaires.

Faut-il déclarer ses actifs à l’étranger ?

Les contribuables de l’impôt sur le revenu qui possèdent des actifs à l’étranger dépassant 2 000 UVT au 1er janvier déposent le formulaire 160. La déclaration est informative.

Un non-résident est-il imposé en Colombie sur ses revenus étrangers ?

Selon l’article 9, les non-résidents ne sont assujettis que sur leurs revenus et gains de source nationale et sur leur patrimoine situé dans le pays.

Peut-on séjourner en Colombie sans visa ?

Pour 90 jours au maximum, selon France Diplomatie, sur présentation d’un billet aller-retour. Un séjour plus long suppose d’autres démarches, non traitées ici.

Faire le point sur votre situation

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et la Colombie. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles