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Fiscalité et résidence
Vivre en Autriche : devenir résident fiscal, barème 2026 et épargne
S’installer en Autriche revient à entrer dans le champ de l’impôt autrichien sur le revenu mondial, avec un barème qui monte à 55 % pour la tranche la plus haute. Cette page s’appuie sur les pages du ministère fédéral des Finances (BMF) et sur le CLEISS. Elle dit ce que ces sources établissent, ce qui relève de la France, et ce qu’il faut faire valider par un professionnel autrichien. Le détail des retenues entre les deux pays est dans la page sur la convention fiscale France-Autriche.
Domicile ou séjour habituel : deux portes vers l’impôt illimité
Le BMF retient deux critères alternatifs. Une personne qui a un domicile (Wohnsitz) ou son séjour habituel (gewöhnlicher Aufenthalt) en Autriche est assujettie sans limitation : tous ses revenus, autrichiens et étrangers, sont imposés, et la nationalité n’est pas déterminante.
- Le domicile est un logement utilisé de façon « offensichtlich längerfristig », donc manifestement durable. Il n’a pas à être la résidence principale, ni à être occupé en continu, mais au moins de façon récurrente. Le BMF ajoute que le logement doit être adapté à l’habitation au regard de la situation personnelle de l’occupant.
- Le séjour habituel suppose un séjour qui n’est pas temporaire. Selon la page, l’assujettissement illimité s’applique en tout état de cause (« auf jeden Fall ») après six mois de séjour en Autriche, et rétroactivement : « nach sechs Monaten Aufenthalt in Österreich, und zwar rückwirkend ».
Conséquence pratique : après six mois de séjour, l’assujettissement illimité s’applique rétroactivement, selon le BMF. Les deux critères étant alternatifs, un logement répondant aux conditions ci-dessus peut suffire à lui seul. Pour la France, la question est symétrique et relève de l’article 4 B du CGI, traité dans notre page sur les trois critères de la résidence fiscale française.
Sans domicile ni séjour habituel : l’assujettissement limité
Une personne sans domicile ni séjour habituel, mais avec des revenus autrichiens, est assujettie de façon limitée. La page du BMF donne pour 2026 plusieurs chiffres : 11 077 € s’ajoutent à la base en cas de déclaration sur demande des assujettis limités, et la franchise de base est de 2 463 €.
Un ressortissant de l’Union européenne ou de l’EEE sans domicile en Autriche peut opter pour l’assujettissement illimité si ses revenus sont pour l’essentiel autrichiens : 90 %, ou des revenus étrangers d’au plus 13 539 € en 2026.
Un barème à sept paliers, de 0 à 55 %
La page « Steuertarif » du BMF, mise à jour au 1er janvier 2026, donne les taux marginaux suivants.
| Part du revenu (par an) | Taux marginal |
|---|---|
| jusqu’à 13 539 € | 0 % |
| de 13 539 à 21 992 € | 20 % |
| de 21 992 à 36 458 € | 30 % |
| de 36 458 à 70 365 € | 40 % |
| de 70 365 à 104 859 € | 48 % |
| de 104 859 € à 1 000 000 € | 50 % |
| au-delà de 1 000 000 € | 55 % |
Le taux de 55 % est temporaire : « Befristet bis 2029, danach 50 Prozent ». Il vise les parts de revenu supérieures à un million d’euros pour les années 2016 à 2029. Ce tableau donne l’impôt avant les déductions et les crédits d’impôt, que nous n’avons pas lus.
Épargne et titres : des taux spéciaux, hors barème
Les revenus de capitaux ne passent pas par ce barème. Les pages du BMF, dont la mention porte « dernière mise à jour 1er janvier 2025 » (le millésime 2026 n’est pas affiché), indiquent :
- Dividendes : l’impôt sur les revenus de capitaux (KESt) est de 27,5 %, en principe libératoire pour les dividendes d’une société autrichienne. Les dividendes de source étrangère, sans KESt, sont à déclarer et imposés à 27,5 %, séparément des autres revenus : « the taxation is isolated from the other income ».
- Intérêts : les intérêts de comptes d’épargne et de comptes courants relèvent d’un taux spécial de 25 % ; les autres revenus de capitaux, de 27,5 %.
- Plus-values sur titres : elles sont imposées comme des revenus de capitaux. Une personne à assujettissement limité est imposable sur la cession d’une participation dans une société ayant son siège ou sa direction en Autriche si elle en a détenu « at least 1 % » au cours des cinq dernières années civiles. La page ne donne pas le taux applicable à ce cas.
Pour un dividende de source française perçu par un résident d’Autriche, la convention plafonne la retenue française à 15 % du montant brut (article 10 § 2). Pour une société détenant au moins 10 % du capital, le texte réserve l’imposition à l’État dont le bénéficiaire effectif est résident, sous les conditions de l’article 10. Comment ce prélèvement français se combine avec la KESt autrichienne dépend du cas : la mécanique générale est dans notre page sur l’élimination de la double imposition.
Quitter l’Autriche : un départ vaut cession
Le BMF indique que la perte du droit d’imposer de l’Autriche sur des titres est assimilée à une cession (§ 27 VI 1 EStG), et que c’est le cas en particulier lorsque le contribuable part à l’étranger. Un report de l’imposition jusqu’à la vente effective peut être demandé dans la déclaration en cas de départ vers un État de l’UE ou de l’EEE. Selon la source, le contribuable peut aussi éviter une retenue ultérieure de l’impôt sur les plus-values par sa banque, en l’informant et en lui remettant la décision du bureau des impôts. Les conditions détaillées du report ne sont pas reprises ici.
Pour un départ de France, le mécanisme comparable est l’exit tax : voir quitter la France, exit tax et domicile fiscal.
Arriver en Autriche : le régime pour chercheurs et artistes
La page « Zuzugsbegünstigung » du BMF, mise à jour au 1er janvier 2026, décrit un régime de l’article 103 EStG destiné aux scientifiques, chercheurs, artistes et sportifs. Pour les scientifiques et chercheurs, il prévoit un abattement de 30 % des revenus d’activité scientifique pendant cinq ans, et un taux moyen forfaitaire d’au moins 15 % sur les revenus étrangers pour l’élimination des surcharges. La demande se fait « innerhalb von sechs Monaten ab Zuzug », soit dans les six mois suivant l’arrivée. Hors de ces métiers, nous n’avons lu aucun régime d’arrivée.
Sécurité sociale : les cotisations 2026 selon le CLEISS
Le CLEISS publie les cotisations valables du 1er janvier au 31 décembre 2026.
- Salariés : pensions 12,55 % (employeur) et 10,25 % (salarié) ; base de calcul plafonnée à 6 930 € par mois.
- Non-salariés : maladie-maternité 6,8 % et pensions 18,5 %, sur un plafond annuel de 97 020 €.
Les autres taux (maladie, chômage, prévoyance) sont dans la source. Pour un salarié détaché depuis la France, voir sécurité sociale et durée du détachement.
Revenu de 80 000 € : exemple chiffré (profil fictif)
Profil. Une personne seule, résidente d’Autriche toute l’année 2026, perçoit des revenus soumis au barème pour 80 000 €. Elle perçoit en outre un dividende de 10 000 € et 4 000 € d’intérêts d’un compte d’épargne, imposés à part.
Stratégie. On applique le barème 2026 tranche par tranche, puis les taux spéciaux, sans déduction ni crédit d’impôt.
Résultat. L’impôt par le barème est de 24 218 €, soit un taux moyen de 30,3 % : 1 690,60 € pour la tranche à 20 %, 4 339,80 € à 30 %, 13 562,80 € à 40 % et 4 624,80 € à 48 %. Le dernier euro est taxé à 48 %. Le dividende supporte 2 750 € (27,5 % de 10 000 €) et les intérêts 1 000 € (25 % de 4 000 €). Ce calcul ignore les déductions et crédits d’impôt, les cotisations sociales et l’effet de la convention. Le profil et les montants sont fictifs.
Ce que cette page ne traite pas
- L’impôt autrichien sur les successions ou sur la fortune : aucune page officielle autrichienne lue ne le décrit.
- Les produits d’épargne locaux, dont l’assurance-vie : aucune source officielle lue.
- Les démarches de séjour et d’enregistrement : la fiche consultée est ancienne.
- Les déductions et crédits d’impôt du salarié.
Ce qui change selon votre cas
- Votre situation de résidence en France au 4 B du CGI et en Autriche : domicile, séjour, durée.
- La nature de vos revenus : salaire, activité non salariée, capitaux, plus-values.
- Votre nationalité, pour l’option d’assujettissement illimité et pour certains régimes.
- La nature de vos titres et la date de votre départ éventuel.
Une règle autrichienne se lit avec les faits de votre dossier. Aucun résultat n’est acquis d’avance, et l’application du droit autrichien se valide avec un professionnel local.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps devient-on résident fiscal en Autriche ?
Dès qu’on y a un domicile, ou son séjour habituel. Pour le séjour, le BMF indique qu’en tout état de cause l’assujettissement illimité s’applique après six mois, de façon rétroactive.
Quel est le taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu en Autriche ?
55 % pour les parts de revenu supérieures à un million d’euros, de façon temporaire pour 2016 à 2029. Après 2029, le taux indiqué est de 50 %.
Les dividendes sont-ils imposés au barème ?
Non. La page du BMF indique un taux spécial de 27,5 %, séparé des autres revenus. Le millésime de cette page est 2025.
Faire le point sur votre situation
Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’Autriche. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- BMF, « Persönliche Steuerpflicht » : https://www.bmf.gv.at/themen/steuern/arbeitnehmerveranlagung/allgemeines-zur-lohn-und-einkommenssteuer/persoenliche-steuerpflicht.html
- BMF, « Steuertarif » : https://www.bmf.gv.at/themen/steuern/arbeitnehmerveranlagung/steuertarif-steuerabsetzbetraege/steuertarif-steuerabsetzbetraege.html
- BMF, « Zuzugsbegünstigung » : https://www.bmf.gv.at/themen/steuern/arbeitnehmerveranlagung/zuzugsbeguenstigung.html
- BMF, revenus de capitaux au sens strict : https://www.bmf.gv.at/en/topics/taxation/Income-Taxation-on-savings-and-investments/Capital-yields-in-the-strict-sense.html
- BMF, revenus de capitaux : https://www.bmf.gv.at/en/topics/taxation/Income-Taxation-on-savings-and-investments/Income-from-capital-assets-.html
- BMF, plus-values : https://www.bmf.gv.at/en/topics/taxation/Income-Taxation-on-savings-and-investments/Capital-gains-or-income-from-realised-value-increases.html
- CLEISS, cotisations en Autriche : https://www.cleiss.fr/docs/cotisations/autriche.html