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Lexique · Assurance-vie et épargne

Aversion aux pertes : définition et effets sur l’épargne

L’aversion aux pertes est un biais cognitif qui fait ressentir une perte plus fortement qu’un gain de même montant. Elle pousse à faire tout son possible pour éviter de perdre, au risque de prendre de moins bonnes décisions.

Comment l’aversion aux pertes agit-elle sur un investisseur ?

D’où vient cette notion ?

Elle vient de la théorie des perspectives, proposée en 1979 par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky. Selon cette théorie, nous jugeons un résultat par rapport à un point de départ, souvent le prix d’achat, et non par rapport à notre situation d’ensemble.

Quels comportements provoque-t-elle ?

  • Garder trop longtemps un placement en moins-value, dans l’espoir de revenir au prix d’achat.
  • Vendre trop vite un placement en plus-value, pour sécuriser un gain. On parle d’effet de disposition.
  • Renoncer à investir après une baisse des marchés, même si l’horizon est lointain.

Un exemple fictif

Un épargnant détient deux lignes de 10 000 euros. La première gagne 1 500 euros, la seconde perd 1 500 euros. Il vend la première pour « sécuriser » et garde la seconde en attendant qu’elle remonte. Pourtant, la seconde vaut 8 500 euros : pour revenir à 10 000 euros, elle doit gagner environ 17,6 % (1 500 / 8 500). Sa décision dépend du prix d’achat, alors que seules les perspectives de chaque ligne devraient compter.

Quels sont les points de vigilance ?

  • Une perte latente n’est pas une perte réalisée, mais elle pèse sur les décisions comme si elle l’était.
  • Des règles fixées à l’avance, comme une allocation cible et un horizon, réduisent l’effet du moment.
  • Éviter tout risque a un coût : l’inflation réduit le pouvoir d’achat des sommes laissées sans rendement.
  • Le niveau réel de tolérance aux pertes se révèle pendant une baisse, plus qu’à la lecture d’un questionnaire.
  • Elle joue aussi dans l’immobilier : on retarde la vente d’un bien acheté trop cher, au lieu de comparer son prix actuel avec d’autres usages de l’argent.

Pour un épargnant, le remède passe par une stratégie écrite à l’avance, où les seuils de réexamen sont fixés avant que la perte n’apparaisse.

Termes voisins

Biais cognitif, biais d’ancrage, perte en capital, profil de risque, stop loss, volatilité.

À consulter aussi dans le lexique

Cette notion concerne votre patrimoine ?

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Alexis SagnierFondateur de Balmont Conseil, Lyon

Source officielle

Définition à portée générale. Les règles applicables varient selon la situation : vérifiez-les sur les sites officiels ou auprès d’un professionnel avant toute décision.