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Immobilier et défiscalisation

IR-PME : que se passe-t-il si vous vendez avant 5 ans ou si la réduction dépasse le plafond ?

Pour garder la réduction d’impôt IR-PME, vous devez conserver vos titres jusqu’au 31 décembre de la cinquième année qui suit celle de la souscription. Si vous les vendez avant, la réduction fait en principe l’objet d’une reprise, au titre de l’année de la vente. Deux reports existent, et ils ne se confondent pas : celui des versements qui dépassent le plafond annuel, sur quatre ans, et celui de la réduction qui dépasse le plafonnement global de 10 000 €, jusqu’à la cinquième année.

Cette page traite le régime de droit commun des PME. Elle ne traite ni les taux majorés, ni les ESUS, SFS, JEI et JEIR, ni la situation d’un non-résident, ni le détail financier d’une reprise. Pour le principe, les taux et les plafonds, voir notre page sur la réduction d’impôt à la souscription au capital d’une PME.

La règle de conservation

PointCe que disent les textes
DuréeConserver les titres jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de la souscription. Pour une souscription de l’année N, jusqu’au 31 décembre N+5 (BOFiP, BOI-IR-RICI-90-30, § 10).
Point de départLa date de la souscription s’entend de la date à laquelle elle est effectivement libérée (§ 1).
Souscription via une holdingLa conservation se respecte aux deux niveaux : titres de la holding pour vous, titres des PME pour la holding (§ 20).
PreuveSur demande, vous présentez tout document qui justifie la durée de détention : relevés de compte-titres, avis d’opéré, actes d’acquisition, extraits de registre (BOI-IR-RICI-90-40, § 170 et 180).

Le BOFiP en vigueur depuis le 27/08/2026 commente l’article 199 terdecies-0 A dans sa rédaction issue de la loi de finances pour 2026. Il reprend la même conservation, jusqu’au 31 décembre de la cinquième année.

Si vous vendez avant le terme

Quand le délai n’est pas respecté, « la réduction d’impôt fait l’objet d’une reprise ». En principe, l’avantage obtenu est remis en cause. Trois précisions :

  • L’année. La reprise se fait au titre de l’année au cours de laquelle la condition cesse d’être respectée, donc l’année de la vente.
  • La vente partielle. Si vous ne cédez qu’une partie des titres, la réduction n’est reprise que partiellement, « à hauteur du nombre de titres cédés ou remboursés ».
  • La déclaration. Vous portez le montant de la reprise dans la case prévue à cet effet de votre déclaration de revenus (BOI-IR-RICI-90-40, § 200). Le numéro de cette case se vérifie sur la déclaration de l’année de l’événement.

La reprise n’est pas le seul événement à surveiller. La réduction peut aussi être remise en cause si la société rembourse votre apport avant le 31 décembre de la septième année suivant celle de la souscription.

Les cas où la réduction n’est pas remise en cause

SituationCe que disent les sources lues
Licenciement, décès ou invalidité de 2e ou 3e catégorie du souscripteurPas de remise en cause (service-public.gouv.fr). Le BOFiP vise aussi le conjoint ou le partenaire de PACS (§ 130).
Liquidation judiciaire de la société, fusion, donationPas de remise en cause. Pour la donation, service-public.gouv.fr ajoute : si le donataire reprend l’obligation de conservation.
Annulation de titres pour cause de pertesPas de reprise (BOFiP, § 50).
Liquidation amiable« L’avantage fiscal est remis en cause » (BOFiP, § 50).
Offre publique d’échangePas de remise en cause si la soulte est réinvestie dans un délai de douze mois et si les conditions de conservation sont respectées (§ 100).
Offre publique d’achatLa réduction est remise en cause si les titres sont cédés dans ce cadre (§ 110).
Cession après trois ans avec réinvestissementVoir ci-dessous.

L’exception « trois ans et réinvestissement »

Les deux sources officielles lues décrivent la même idée avec des mots différents. Je les cite chacune pour ce qu’elle dit.

  • service-public.gouv.fr : pas de remise en cause si vous avez conservé les titres « au moins 3 ans » après la souscription, réinvesti « l’intégralité du prix de vente des titres cédés (diminué des impôts et taxes générés par cette cession) » dans un délai maximum de 12 mois à compter de la cession, et conservé les nouveaux titres jusqu’au terme du délai initial de 5 ans.
  • BOFiP (§ 120) : cession « plus de trois ans » après la souscription, réinvestissement dans un délai maximum de douze mois à compter de la cession, dans des sociétés éligibles, du prix de vente diminué des impôts et taxes générés par la cession.

Sur le réinvestissement, les deux sources parlent du prix de vente diminué des impôts et taxes générés par la cession. Un écart de formulation subsiste : « au moins 3 ans » d’un côté, « plus de trois ans » de l’autre. Cette page ne tranche pas. Si votre cession tombe près du troisième anniversaire, faites vérifier votre cas avant de vendre.

Deux reports qui ne se confondent pas

Report des versementsReport de la réduction
Ce qui dépasseLe plafond annuel de versements : 50 000 € (célibataire, veuf, divorcé) ou 100 000 € (couple marié ou pacsé)Le plafonnement global de 10 000 € de réduction par an
Durée du reportQuatre années suivantes, dans les mêmes limitesJusqu’à la cinquième inclusivement (BOFiP), soit de N+1 à N+5 dans son exemple
Ordre d’utilisationLes excédents reportés sont utilisés avant les versements de l’année, les plus anciens d’abordImputation sur l’impôt sur le revenu dû au titre des années suivantes
SourceBOI-IR-RICI-90-20-10, § 130 et 150 ; service-public.gouv.fr ; impots.gouv.frBOI-IR-RICI-90-20-10, § 190 ; service-public.gouv.fr ; impots.gouv.fr

La réduction IR-PME entre dans les avantages soumis au plafonnement global (BOI-IR-LIQ-20-20-10-10, § 75). Parmi les exemples chiffrés du BOFiP (§ 190), on trouve une réduction de 18 000 € dont 10 000 € imputables, soit 8 000 € reportés de N+1 à N+5, et une réduction de 9 000 €, sous le plafond, qui ne donne lieu à aucun report.

Pour la réduction, le BOFiP (§ 190) écrit « jusqu’à la cinquième inclusivement », et son exemple reporte l’excédent de N+1 à N+5. service-public.gouv.fr et impots.gouv.fr décrivent le même report jusqu’à la cinquième année.

Une réduction d’impôt ne se transforme pas en remboursement : la fraction qui ne peut pas être imputée sur l’impôt sur le revenu ne donne pas lieu à remboursement (BOFiP, § 180). La réduction s’impute sur l’impôt progressif, pas sur les impositions à taux proportionnel (§ 170).

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Marc est célibataire. En 2026, il libère une souscription de 60 000 € au capital d’une PME de droit commun. Hypothèses du profil : le taux est supposé de 18 % en 2026 comme en 2027 pour la fraction reportée (le BOFiP, § 160, indique un taux de 18 %), son impôt avant réduction est de 15 000 € en 2026 et en 2027, il n’a aucun autre avantage soumis au plafonnement global, et il ne fait aucun nouveau versement en 2027.

Problème. Son plafond de versements est de 50 000 €. Que devient la fraction de 10 000 € au-delà ? Et jusqu’à quand doit-il garder ses titres ?

Stratégie. Poser trois dates avant de signer : la date de libération, l’année d’utilisation de l’excédent, l’horizon de détention.

Résultat.

ÉlémentCalculMontant
Versements retenus en 2026min(60 000 € ; 50 000 €)50 000 €
Excédent de versements, reportable 4 ans60 000 € − 50 000 €10 000 €
Réduction de 2026taux supposé de 18 % × 50 000 €9 000 €
Réduction imputée en 2026min(9 000 € ; 10 000 € ; 15 000 €)9 000 €
Réduction reportée au titre du plafonnement global9 000 € est sous 10 000 €0 €
Réduction de 2027 sur l’excédent reportétaux supposé de 18 % × 10 000 €1 800 €
Réduction totale 2026 et 20279 000 € + 1 800 €10 800 €
Conservation des titres31 décembre 2026 + 5 ans31/12/2031

Si Marc vend ses titres en 2029, avant le 31/12/2031 et hors cas d’exception, la réduction fait en principe l’objet d’une reprise au titre de 2029. S’il ne vend que la moitié de ses titres, la reprise se limite aux titres cédés.

Variante : si l’impôt avant réduction de Marc n’était que de 5 000 € en 2026, 5 000 € de réduction seraient imputés et 4 000 € ne le seraient pas. Ces 4 000 € ne donneraient pas lieu à remboursement.

Ce profil est fictif. Les montants illustrent le mécanisme et n’annoncent aucun résultat pour votre situation.

Ce qui change selon votre cas

  • La date de libération de votre souscription, qui fixe le terme des 5 ans.
  • Votre situation familiale : plafond de versements de 50 000 € ou de 100 000 €.
  • Le montant de votre impôt, car une réduction non imputée n’est pas remboursée.
  • Vos autres avantages soumis au plafonnement global.
  • La nature de votre sortie : vente, offre publique, liquidation, donation.
  • Une souscription en direct ou par une holding.

Aucun résultat n’est promis. La règle dépend de votre situation.

Risque de perte en capital. Souscrire au capital d’une PME non cotée expose à la perte de tout ou partie du capital investi. La réduction d’impôt ne protège pas ce capital.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il garder les titres d’une PME souscrits avec l’IR-PME ?

Jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de la souscription. Une souscription de 2026 impose de conserver les titres jusqu’au 31/12/2031 (BOI-IR-RICI-90-30, § 10).

Que se passe-t-il si je vends avant ce terme ?

La réduction fait en principe l’objet d’une reprise, au titre de l’année de la vente. Si vous ne vendez qu’une partie des titres, la reprise est partielle, à hauteur des titres cédés (BOI-IR-RICI-90-30).

Peut-on vendre après trois ans sans perdre la réduction ?

Les deux sources officielles prévoient une exception : conservation de trois ans, réinvestissement dans un délai maximum de 12 mois, conservation des nouveaux titres jusqu’au terme initial. Elles ne formulent pas la durée à l’identique : « au moins 3 ans » ou « plus de trois ans ». Faites vérifier votre cas avant de vendre.

Que devient la réduction au-delà de 10 000 € ?

L’excédent peut être reporté sur l’impôt sur le revenu des années suivantes, jusqu’à la cinquième inclusivement, de N+1 à N+5 dans l’exemple du BOFiP (BOI-IR-RICI-90-20-10, § 190). Les versements au-delà du plafond annuel sont un autre sujet : ils sont reportables sur quatre ans.

Faire le point avant de souscrire ou de vendre

Une souscription se prépare avec votre impôt, vos autres avantages et un calendrier de détention. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, pour faire le point sur votre situation.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles