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23 octobre 2026

Que déclarer à l’administration fiscale en arrivant ou en revenant vivre en France ?

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Publié le :
23 octobre 2026

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

En résumé…

À votre arrivée, la France vous impose sur vos revenus de toute origine. L’année suivante, vous déclarez vos revenus français et étrangers à partir de la date d’arrivée, et vous joignez le formulaire 3916 ou 3916-bis pour chaque compte bancaire et chaque contrat d’assurance-vie ouvert à l’étranger : l’oubli coûte 1 500 € par compte ou contrat, et 10 000 € dans certains pays. Si vous êtes salarié recruté de l’étranger, le régime des impatriés (article 155 B du code général des impôts) peut alléger l’impôt sur le revenu jusqu’à la huitième année suivant la prise de fonctions. Côté immobilier, l’impôt sur la fortune immobilière ne porte, pendant cinq ans, que sur vos biens situés en France.

Rédigé par Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF, fondateur de Balmont Conseil (Lyon). ORIAS 13003497. Dernière relecture : 23/10/2026.

Que déclarer à l’administration fiscale en rentrant en France après une expatriation ?

Vous déclarez l’année suivant votre retour vos revenus de la date d’arrivée au 31 décembre, avec les formulaires qui recensent vos comptes et contrats ouverts à l’étranger. Le détail dépend de ce que vous perceviez en France pendant votre absence.

  • Vous aviez des revenus de source française avant votre retour : vous déposez deux déclarations. La 2042-NR couvre vos seuls revenus français du 1er janvier à la date d’arrivée. La 2042 et ses annexes (dont la 2047 pour les revenus étrangers) couvrent vos revenus français et étrangers de la date d’arrivée au 31 décembre.
  • Vous n’aviez pas de revenus de source française avant votre retour : pas de 2042-NR. Vous déclarez vos revenus de la date de retour au 31 décembre.

À l’arrivée, mettez aussi à jour votre adresse dans votre espace Finances publiques. Si vous n’aviez pas de revenus de source française pendant votre séjour à l’étranger, l’administration demande le formulaire 2043 avec ses justificatifs, à envoyer à votre service des impôts des particuliers.

Les comptes et contrats étrangers. Vous joignez le formulaire 3916 (ou 3916-bis) à votre déclaration pour les comptes bancaires, les contrats d’assurance-vie et les comptes d’actifs numériques ouverts, utilisés ou clos à l’étranger, y compris si vous n’en êtes que procurataire. Les trusts relèvent d’une obligation distincte (article 1649 AB du code général des impôts).

Les sanctions sont chiffrées :

  • 1 500 € par compte bancaire non déclaré, 10 000 € si le compte est dans un État sans accord d’assistance administrative avec la France sur les informations bancaires ;
  • 1 500 € par contrat d’assurance-vie étranger non déclaré, 10 000 € dans le même cas ;
  • une majoration de 80 % des droits éludés peut remplacer l’amende lorsque les sommes n’ont pas été imposées ; l’amende en constitue alors le minimum.

L’oubli a un second coût : le délai de reprise de l’administration passe de trois à dix ans en cas de manquement à ces obligations. Nous détaillons le contrôle, les formulaires et les pénalités et la préparation d’un retour dans des pages dédiées.

Impatriation : comment un cadre étranger doit-il organiser son patrimoine en arrivant en France ?

Un cadre étranger commence par vérifier s’il remplit les conditions du régime des impatriés, puis organise son patrimoine autour de trois points : sa date d’arrivée, ses comptes et contrats à l’étranger, et son immobilier.

Le régime des impatriés (article 155 B du code général des impôts). Il s’adresse à un salarié, ou à un dirigeant imposé comme un salarié, recruté à l’étranger par une entreprise française ou envoyé en France par une entreprise étrangère. Deux conditions s’ajoutent : vous ne devez pas avoir été domicilié fiscalement en France pendant les cinq années civiles précédant la prise de fonctions, et vous devez l’être à partir de cette date. Une personne venue en France de sa propre initiative est exclue.

Pour une prise de fonctions à partir du 6 juillet 2016, le régime court jusqu’au 31 décembre de la huitième année qui suit la prise de fonctions. Il s’arrête plus tôt si vous quittez l’entreprise concernée. Les principaux avantages :

  • l’exonération du supplément de rémunération directement lié à l’activité exercée en France (la prime d’impatriation), dans des limites fixées par la loi ;
  • l’exonération à hauteur de 50 % de certains revenus passifs perçus à l’étranger ;
  • l’exonération à hauteur de 50 % de certaines plus-values de cessions de titres, les moins-values n’étant retenues que pour 50 % ;
  • la déduction des cotisations de retraite et de prévoyance complémentaires versées avant l’arrivée.

Les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité des plus-values. Le détail des conditions figure dans notre page consacrée au régime des impatriés.

L’organisation du patrimoine. Dans l’ordre où nous traitons un dossier :

  • La résidence fiscale : la date et les critères qui font de vous un résident (foyer, activité, intérêts économiques) déterminent le début de l’imposition en France.
  • L’assurance-vie et les comptes étrangers : leur liste, leur déclaration (formulaire 3916) et leur sort après l’arrivée se décident avant l’arrivée, pas au moment de la première déclaration.
  • L’immobilier : la période de cinq ans décrite ci-dessous fixe la date à partir de laquelle l’immobilier étranger entre dans la base de l’impôt.

Arriver en France avec un patrimoine étranger : IFI et impôt sur le revenu

En arrivant, vous êtes imposé sur vos revenus mondiaux dès votre date d’arrivée, mais votre immobilier étranger reste hors de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pendant cinq ans.

L’impôt sur le revenu. Résident, vous êtes imposé en France sur vos revenus d’où qu’ils viennent. Si une convention fiscale existe avec le pays d’origine, elle évite la double imposition : un crédit d’impôt, ou une exemption en France avec prise en compte du revenu pour le taux (« taux effectif »). Ces revenus se déclarent sur le formulaire 2047. Sans convention, les revenus étrangers sont imposables en France.

L’IFI. Il s’applique quand le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 € au 1er janvier. Un résident est imposé sur ses biens situés en France et à l’étranger. Mais une personne qui n’était pas domiciliée en France pendant les cinq années civiles précédentes n’est imposée, jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant son arrivée, que sur ses biens situés en France. Aucune condition d’emploi n’est exigée pour cette règle : elle s’applique aussi hors régime des impatriés.

Le barème de l’IFI en 2026 :

  • jusqu’à 800 000 € : 0 % ;
  • de 800 000 € à 1 300 000 € : 0,50 % ;
  • de 1 300 000 € à 2 570 000 € : 0,70 % ;
  • de 2 570 000 € à 5 000 000 € : 1 % ;
  • de 5 000 000 € à 10 000 000 € : 1,25 % ;
  • au-delà de 10 000 000 € : 1,50 %.

Une décote s’applique aux patrimoines compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 €. Une fois les cinq ans écoulés, un crédit d’impôt peut être imputé sur l’IFI pour l’impôt de même nature payé à l’étranger, dans la limite de la part française afférente aux seuls biens situés hors de France.

Exemple illustratif (chiffres inventés pour le calcul, sans lien avec un client). Un foyer arrive en France avec un patrimoine immobilier net de 2 000 000 €, dont 1 200 000 € à l’étranger et 800 000 € en France.

  • Pendant les cinq premières années, seuls les 800 000 € situés en France sont pris en compte : ce montant est sous le seuil de 1 300 000 €, il n’y a pas d’IFI.
  • Après cette période, les 2 000 000 € sont pris en compte : (1 300 000 € − 800 000 €) × 0,50 % = 2 500 €, plus (2 000 000 € − 1 300 000 €) × 0,70 % = 4 900 €, soit 7 400 € avant réductions éventuelles et crédit d’impôt pour l’impôt payé à l’étranger.

Cet écart de 7 400 € par an, hors réductions, se prépare : la fin de la période de cinq ans est une date à anticiper, car l’immobilier étranger entre alors dans la base.

Ce que nous faisons

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil (Lyon, depuis bientôt 14 ans), est conseiller en investissements financiers adhérent de l’ANACOFI, courtier en assurance, ORIAS n° 13003497. Le cabinet est non indépendant et perçoit des commissions sur les contrats souscrits. Si vous arrivez ou revenez en France, la première étape est un échange de découverte : vous nous dites où vous en êtes, nous vous disons ce que nous pouvons traiter et ce qui demande l’avis d’un fiscaliste du pays de départ.

Sources

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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