En résumé…
Chaque année, la part de plafond PER non utilisée se reporte. Mais le reliquat né en 2023 disparaît définitivement le 31 décembre 2026. La loi de finances 2026 a allongé le report à 5 ans, sans effet rétroactif : les plafonds 2023 à 2025 conservent leur durée de 3 ans. Pour un contribuable imposé à 41 %, 7 200 € de reliquat représentent 2 952 € d'impôt en jeu.
1. Le plafond de déduction du PER salarié
L'article 163 quatervicies du CGI plafonne la déduction des versements sur un PER à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente. Pour les versements de 2026, calculés sur les revenus 2025 : 4 710 € minimum, 37 680 € maximum.
La part non utilisée se reporte sur les années suivantes. Le montant disponible figure sur l'avis d'imposition, détaillé par année d'origine : plafond de l'année, reliquats 2023, 2024 et 2025.
2. Pourquoi le reliquat 2023 disparaît en 2026
La loi de finances 2026 porte le délai de report de 3 à 5 ans pour les plafonds nés à partir de 2026. Les plafonds 2023, 2024 et 2025 restent sur l'ancienne règle de 3 ans. Le reliquat 2023 est utilisable jusqu'au 31 décembre 2026, pas au-delà.
L'ordre d'imputation aggrave le risque. Les versements consomment d'abord le plafond de l'année, puis les reliquats en commençant par le plus ancien. Un versement inférieur ou égal au plafond de l'année ne touche pas au reliquat 2023 : il faut aller au-delà pour le sauver.
3. Cas concret
Situation. Un cadre dirigeant célibataire, imposé dans la tranche à 41 %. Son avis d'imposition indique un plafond 2026 de 12 000 € calculé sur ses revenus 2025 et un reliquat 2023 de 7 200 € jamais utilisé.
Problème. Son versement habituel de 12 000 € ne consomme que le plafond 2026. Les 7 200 € du reliquat 2023 disparaissent le 31 décembre.
Stratégie. Versement de 19 200 € avant le 31 décembre : 12 000 € s'imputent sur le plafond 2026, 7 200 € sur le reliquat 2023. Les reliquats 2024 et 2025 restent disponibles pour les années suivantes.
Résultat. 7 872 € d'impôt en moins, dont 2 952 € tirés d'un reliquat qui aurait été perdu.
4. Les leviers et les limites
En couple marié ou pacsé, les plafonds se mutualisent : la case 6QR de la déclaration permet à un conjoint d'utiliser le plafond non consommé de l'autre. Un foyer où un seul conjoint verse ajoute à sa capacité de déduction le plafond non utilisé de l'autre.
Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Pour les contribuables proches de cet âge, les reliquats encore disponibles sont à utiliser maintenant.
À la sortie en capital, les versements déduits sont imposés au barème, les gains au PFU de 31,4 %. La déduction joue à plein quand la tranche marginale à l'entrée dépasse celle attendue à la retraite.
5. Ce qu'il faut faire avant le 31 décembre
Relever sur l'avis d'imposition le plafond de l'année et les reliquats 2023, 2024 et 2025. Dimensionner le versement pour couvrir au minimum le plafond 2026 et le reliquat 2023. Vérifier la tranche marginale pour que toute la déduction s'impute à 30 % ou 41 %.
Verser suffisamment tôt pour que les fonds soient encaissés par l'assureur avant la fin de l'année. Un versement enregistré en janvier s'impute sur l'année suivante, quand le reliquat 2023 n'existe plus.
Questions fréquentes
Où trouver son plafond PER non utilisé ?
Sur l'avis d'imposition, qui détaille le plafond de l'année et les reliquats des trois années précédentes.
Le report de 5 ans s'applique-t-il au reliquat 2023 ?
Non. Il ne vise que les plafonds nés à partir de 2026. Les plafonds 2023 à 2025 conservent un report de 3 ans : le reliquat 2023 expire le 31 décembre 2026.
Peut-on utiliser le plafond de son conjoint ?
Oui, pour les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune, en cochant la case 6QR de la déclaration de revenus.
Vous avez un reliquat de plafond PER ? Réservez un rendez-vous de conseil patrimonial : nous dimensionnons votre versement avant le 31 décembre.







