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Fiscalité et résidence
Vivre en Uruguay : quatre critères de résidence fiscale, dont un seuil immobilier
Le guide de la DGI, l’administration fiscale uruguayenne, présente quatre critères pour établir la résidence fiscale d’une personne physique : plus de 183 jours dans l’année civile, le noyau principal ou la base des activités, la base des intérêts économiques, le centre des intérêts vitaux. Le troisième est particulier : un immeuble de plus de 3 500 000 unités indexées (UI), acquis à partir du 01/07/2020, remplit avec 60 jours de présence l’une des conditions de ce critère. Le guide ne dit pas si un seul critère suffit : cette question reste ouverte (voir plus bas). Cette page traite ces critères, un régime simplifié à montant fixe, les cotisations sociales et l’entrée sur le territoire. Elle ne donne ni le barème de l’impôt sur le revenu, ni l’impôt sur le patrimoine, ni les produits d’épargne locaux : ces points n’ont pas pu être lus à la source officielle.
Les quatre critères du guide de la DGI
Le guide de la DGI sur le certificat de résidence fiscale (personne physique), daté du 12/12/2023, écrit que la résidence « podrá ser acreditada de acuerdo a los siguientes criterios ». Le guide ne dit pas si un seul de ces critères suffit. Il renvoie à l’article 2 du Título 7 du Texto Ordenado 2023, que nous n’avons pas pu obtenir : la question « un seul critère suffit-il ? » reste ouverte.
| Critère | Ce que le guide demande |
|---|---|
| I. Présence | Plus de 183 jours dans l’année civile sur le territoire uruguayen |
| II. Noyau principal ou base des activités | Certificat notarial ou comptable du revenu total, avec une déclaration du contribuable dont la signature est certifiée par un notaire |
| III. Base des intérêts économiques | Un immeuble ou un investissement dans une entreprise, au-dessus de seuils chiffrés en UI |
| IV. Centre des intérêts vitaux | Tout document pertinent : école des enfants, couverture médicale, club sportif |
Le guide cite le décret 148/007, article 5 bis, et le Texto Ordenado 2023. Il ne contient ni délai de traitement ni coût.
Le critère II : ce que doit déclarer le contribuable
Pour le noyau principal ou la base des activités, le guide exige un certificat notarial ou comptable du revenu total. S’y ajoute une déclaration du contribuable, avec certification notariale de la signature, qui précise quatre points. Le contribuable n’a pas d’autres revenus que ceux du certificat. Les revenus venant d’autres pays sont inférieurs à ceux de source uruguayenne, pays par pays. Les revenus uruguayens ne sont pas uniquement des rentes de capital pur. Les informations fournies correspondent aux années demandées.
Le critère III : les seuils en unités indexées
Le critère s’apprécie au 31 décembre de chaque année. Le certificat n’est donc délivré que pour une année échue. Le guide distingue quatre situations.
| Situation | Seuil |
|---|---|
| Immeuble, condition a) | Valeur supérieure à UI 15 000 000 |
| Immeuble, condition b) | Valeur supérieure à UI 3 500 000, acquis à partir du 01/07/2020, avec au moins 60 jours de présence effective dans l’année civile |
| Entreprise avec projet d’investissement promu | Investissement supérieur à UI 45 000 000 |
| Entreprise créant des emplois | Investissement supérieur à UI 15 000 000 à partir du 01/07/2020, avec au moins 15 nouveaux emplois directs, à temps plein et salariés, dans l’année |
Les conditions d’investissement du critère III sont alternatives : le décret 148/007, article 5 bis, parle de « alguno de estos supuestos ». Les pièces sont un certificat notarial (prix, date et origine de l’acquisition) et, pour la condition b), le certificat d’arrivée de la Dirección Nacional de Migración. Nous ne convertissons pas ces montants en euros : la valeur de l’UI n’a pas pu être lue à la source.
Un régime simplifié à montant fixe pour les revenus de l’étranger
Le guide de la DGI « IRPF : rentas del exterior », daté du 15/10/2026, décrit un régime simplifié : un montant fixe annuel de UI 1 875 000, au titre de l’IRPF catégorie I, avec une échéance en janvier (article 44 quaterdecies du décret 148/007). Le contribuable a l’option de payer la totalité du montant en janvier. L’option s’exerce par la déclaration annuelle de l’IRPF catégorie I (formulaire 1101), que la page de la DGI indique comme pas encore disponible. La même page mentionne, pour 2026, une échéance de paiement au 19/10/2026 : l’échéance de janvier ne résume donc pas toutes les dates, et chaque échéance se vérifie à la source.
Le 09/10/2026, la DGI a publié une actualité intitulée « IRPF: Pago de monto fijo de rentas generadas en el exterior e impatriados », qui renvoie à la résolution n° 2294/2026 du 08/10/2026. Cette résolution ajuste les résolutions n° 1517/2026 et n° 2158/2026. Ni le guide ni l’actualité n’indiquent qui peut opter, ni à quelles conditions. Lisez les résolutions avant d’envisager ce régime. Le guide est lui-même incohérent sur la date de cotation de l’UI : ne retenez aucun montant en euros sans l’avoir fait vérifier.
Demander le certificat de résidence fiscale
La demande se fait avec le formulaire 5202, en ligne avec l’identité numérique, ou en présentiel. Elle suppose la constitution d’un domicile électronique (DOMEL), selon le décret 93/2018. La page du guide mentionne une version v07 du mode d’emploi du formulaire alors que le texte cite la v06 : vérifiez la version en vigueur.
Sécurité sociale : un système mixte
Le Cleiss décrit un système mixte, avec un régime public par répartition géré par la BPS et un régime privé par capitalisation géré par les AFAP. Au 1er octobre 2025, les cotisations sont de 18,10 % pour les salariés et de 19,525 % à 40,125 % pour les employeurs, selon les risques. Les non-salariés relèvent du régime public : maladie 8 %, invalidité-vieillesse-survivants 22,5 %, fonds de reconversion 0,10 %. Ils ne sont couverts ni pour le chômage ni pour les prestations familiales. Les fiches du Cleiss que nous avons lues ne mentionnent pas de convention bilatérale : renseignez-vous avant de vous installer.
Entrer et rester : 90 jours sans visa
France Diplomatie (page mise à jour le 15/09/2026) indique qu’un visa n’est pas exigé pour un séjour de 90 jours au plus, et qu’un passeport en cours de validité suffit pour entrer. Au-delà de 90 jours, il faut demander un visa à la section consulaire de l’ambassade de l’Uruguay à Paris, ou, une fois sur place, une autorisation de prolongation de séjour jusqu’à 180 jours, auprès de la Dirección Nacional de Migraciones. Le titre de séjour de longue durée n’est pas décrit : renseignez-vous auprès de l’administration uruguayenne ou du consulat.
Et la France ?
Devenir résident uruguayen ne vous fait pas quitter le domicile fiscal français tant qu’un critère de l’article 4 B du CGI est rempli : un seul suffit, et six mois de séjour ne sont pas un critère absolu. Aucune convention ne départage les deux résidences : la liste du BOFiP ne comporte aucune ligne pour l’Uruguay. Notre page sur l’absence de convention détaille les conséquences.
Un immeuble de UI 4 200 000 et 65 jours sur place : exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Un Français, profil fictif, a acquis en mars 2022 un immeuble en Uruguay d’une valeur de UI 4 200 000. Il y passe 65 jours dans l’année civile.
Problème. Il n’atteint pas 183 jours et pense ne pas pouvoir être résident au sens de la DGI.
Stratégie. Il compare sa situation aux seuils du guide : 183 jours, UI 15 000 000, puis UI 3 500 000 avec acquisition à partir du 01/07/2020 et 60 jours de présence.
Résultat. Il est 118 jours sous le seuil de 183 jours et UI 10 800 000 sous la condition a). La condition b) est remplie : valeur supérieure de UI 700 000 au seuil, acquisition postérieure au 01/07/2020, présence supérieure de 5 jours au minimum de 60. Ce profil remplit donc une condition du critère III ; la page ne dit pas si cela suffit à établir la résidence. Ce calcul ne tranche ni son domicile en France ni le traitement fiscal de ses revenus en Uruguay. Les chiffres sont fictifs.
Ce qui change selon votre cas
- Le nombre de jours passés en Uruguay dans l’année civile, et la date d’acquisition de vos biens.
- La valeur de votre immeuble ou de votre investissement en UI au 31 décembre.
- Votre statut : salarié ou non-salarié, pour les cotisations.
- Vos liens avec la France : foyer, activité, intérêts économiques.
- Le droit uruguayen de l’impôt sur le revenu, que cette page ne traite pas : faites-le valider avec un professionnel local.
Ces éléments s’examinent dossier par dossier. Aucun résultat fiscal ne peut être annoncé sans cet examen.
Questions fréquentes
Quand devient-on résident fiscal en Uruguay ?
Le guide de la DGI présente quatre critères, dont la présence de plus de 183 jours dans l’année civile. Il ne dit pas si un seul suffit : cette question reste ouverte, l’article 2 du Título 7 qu’il cite n’ayant pas pu être obtenu.
Un immeuble suffit-il à établir la résidence fiscale ?
Selon le guide, une valeur supérieure à UI 15 000 000, ou supérieure à UI 3 500 000 si le bien a été acquis à partir du 01/07/2020 et si vous êtes présent au moins 60 jours dans l’année civile, remplit une condition du critère III. Le guide ne dit pas si ce critère suffit à lui seul.
Faut-il un visa pour s’installer en Uruguay ?
Pas pour 90 jours au plus. Au-delà de 90 jours, France Diplomatie indique un visa ou une prolongation de séjour jusqu’à 180 jours auprès de la Dirección Nacional de Migraciones.
Quelles cotisations sociales pour un salarié ?
18,10 % à la charge du salarié et 19,525 % à 40,125 % à la charge de l’employeur, au 1er octobre 2025, selon le Cleiss.
Faire le point sur votre installation
Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, est spécialisé dans les situations internationales. Pour faire le point sur votre résidence fiscale et votre patrimoine avant ou après une installation en Uruguay, prenez rendez-vous.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- DGI Uruguay, guide du certificat de résidence fiscale (personne physique) : https://www.gub.uy/direccion-general-impositiva/comunicacion/publicaciones/tramite-solicitud-del-certificado-residencia-fiscal-pais-parte-persona
- DGI Uruguay, page du certificat de résidence fiscale : https://www.gub.uy/direccion-general-impositiva/tematica/certificado-residencia-fiscal
- DGI Uruguay, IRPF : rentas del exterior : https://www.gub.uy/direccion-general-impositiva/comunicacion/publicaciones/irpf-rentas-del-exterior
- DGI Uruguay, actualité du 09/10/2026 : https://www.gub.uy/direccion-general-impositiva/comunicacion/noticias/irpf-pago-monto-fijo-rentas-generadas-exterior-impatriados
- Cleiss, cotisations en Uruguay : https://www.cleiss.fr/docs/cotisations/uruguay.html
- Cleiss, régime de l’Uruguay : https://www.cleiss.fr/docs/regimes/regime_uruguay.html
- France Diplomatie, Uruguay, entrée et séjour : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/uruguay/conseils-aux-voyageurs-entree-sejour
- BOFiP, domicile fiscal (BOI-IR-CHAMP-10) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1911-PGP.html/identifiant=BOI-IR-CHAMP-10-20160728
- BOFiP, liste des conventions fiscales (BOI-ANNX-000306) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2509-PGP.html/identifiant=BOI-ANNX-000306-20260429