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Fiscalité et résidence

Vivre au Chili : 183 jours pour être résident, trois ans avant l’impôt mondial

Au Chili, le Code tributaire définit le résident : toute personne qui séjourne dans le pays plus de 183 jours au total dans un laps quelconque de douze mois. La loi de l’impôt sur le revenu (décret-loi 824) impose les personnes domiciliées ou résidentes sur leurs revenus de toute origine. Elle prévoit une règle propre à l’étranger qui s’installe : pendant les trois premières années à compter de son entrée, il n’est imposé que sur ses revenus de source chilienne, avec une prorogation possible dans des cas qualifiés. Cette page présente ces textes. Elle ne donne ni l’impôt global complémentaire, ni l’impôt additionnel, ni l’impôt sur les plus-values, ni les visas, ni les produits d’épargne locaux : ces points n’ont pas pu être lus à la source officielle.

Résident : plus de 183 jours sur douze mois, glissants

L’article 8, numéro 8, du Code tributaire (décret-loi 830) donne la définition : est « résident » toute personne qui séjourne au Chili, de manière ininterrompue ou non, pendant une période ou des périodes dont le total excède 183 jours, dans un laps quelconque de douze mois. La fenêtre est donc mobile et ne suit pas l’année civile. Le décret-loi 824 renvoie à ce code pour les termes qu’il ne définit pas lui-même. Le texte consulté ne définit pas la notion de « domicilié » : elle n’est pas traitée ici.

Les trois premières années : seulement les revenus de source chilienne

L’article 3 du décret-loi 824 pose le principe : toute personne domiciliée ou résidente au Chili paie l’impôt sur ses revenus de toute origine, que la source soit au Chili ou à l’étranger. Les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source chilienne.

Le même article ajoute une règle pour l’étranger qui constitue domicile ou résidence dans le pays : pendant les trois premières années à compter de son entrée au Chili, il n’est soumis qu’aux impôts qui frappent les revenus de sources chiliennes. Ce délai « podrá ser prorrogado por el Director Regional en casos calificados » : le directeur régional peut le proroger dans des cas qualifiés. À l’expiration du délai ou de sa prorogation, la règle générale s’applique à nouveau.

SituationRevenus imposables au Chili
Non-résidentSource chilienne
Étranger résident ou domicilié, trois premières annéesSource chilienne
Domicilié ou résident, règle généraleToute origine

Pour un Français, cette règle ne dit rien de la France : le domicile fiscal français se juge selon l’article 4 B du CGI, et une convention franco-chilienne départage les doubles résidences. Notre page sur la convention détaille ces critères.

L’absence ne fait pas perdre le domicile

L’article 4 du même texte prévoit que l’absence ou le défaut de résidence dans le pays ne fait pas perdre le domicile au Chili si la personne conserve, directement ou indirectement, le siège principal de ses affaires au Chili. La règle vise donc la personne qui s’absente tout en gardant ce siège au Chili. La page ne dit pas comment le siège principal des affaires est apprécié : le texte se lit en entier avant toute conclusion.

Salaires et pensions : l’impôt unique de seconde catégorie

L’impôt unique de seconde catégorie est un impôt progressif payé chaque mois par les personnes qui perçoivent des revenus d’activité exercée en forme dépendante, traitements, salaires et pensions, dont le montant dépasse 13,5 UTM par mois. Le Service des impôts internes (SII) publie une table par mois. Celle de janvier 2026, en pesos chiliens, se présente ainsi.

Tranche mensuelle imposableFacteurCantidad a rebajar
Jusqu’à 941 638,50Exonérésans objet
941 638,51 à 2 092 530,000,0437 665,54
2 092 530,01 à 3 487 550,000,08121 366,74
3 487 550,01 à 4 882 570,000,135313 181,99
4 882 570,01 à 6 277 590,000,23777 026,14
6 277 590,01 à 8 370 120,000,3041 241 567,80
8 370 120,01 à 21 622 810,000,351 626 593,32
Plus de 21 622 810,010,42 707 733,82

Les tranches et les montants à rebajar changent chaque mois : il faut consulter la table du mois concerné. La page du SII ne porte pas de date de publication.

Impôt unique sur un salaire de janvier 2026 : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Diego, salarié au Chili, profil fictif, a une base mensuelle imposable de 2 500 000 pesos en janvier 2026.

Problème. Il veut estimer l’impôt unique de seconde catégorie de ce mois.

Stratégie. Il repère la tranche de 2 092 530,01 à 3 487 550,00 pesos, applique le facteur de 0,08 à sa base, puis retranche le montant à rebajar de 121 366,74 pesos.

Résultat. 2 500 000 × 0,08 donne 200 000 pesos ; moins 121 366,74, l’impôt est de 78 633,26 pesos, soit 3,15 % de la base. Cette méthode se vérifie sur la table : en haut de la même tranche (3 487 550 pesos), elle donne un taux de 4,52 %, celui que la page du SII affiche comme taux effectif de la tranche. La base imposable (après cotisations) est une hypothèse du profil fictif.

Retraite par capitalisation, santé, chômage

La fiche du Cleiss, millésimée 2025, décrit le régime chilien. Il s’applique à toutes les personnes exerçant une activité professionnelle salariée. Les travailleurs qui entrent sur le marché du travail doivent adhérer à un système de pension par capitalisation, fondé sur des fonds individuels que gèrent les sociétés de gestion (AFP) ; elles peuvent prélever des frais et commissions. L’âge légal de la pension de vieillesse est de 65 ans pour les hommes et de 60 ans pour les femmes. Pour la santé, les salariés choisissent entre le FONASA, public, et une ISAPRE, privée. L’assurance chômage repose sur un compte individuel pour les contrats postérieurs à octobre 2002.

La fiche ne mentionne aucune convention de sécurité sociale entre la France et le Chili et renvoie à une fiche distincte pour les taux de cotisation : cette page n’en tire aucune conclusion et ne donne aucun taux.

Vivre au Chili : ce qui change selon votre cas

  • Le nombre de jours passés au Chili sur chaque période de douze mois.
  • La date d’entrée et l’écoulement des trois premières années.
  • La nature de vos revenus : salaire, pension, revenus de source chilienne ou étrangère.
  • Le maintien d’un siège d’affaires chilien si vous vivez à l’étranger.
  • Votre domicile fiscal français, si vous gardez des liens avec la France.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne donne ni l’impôt global complémentaire, ni l’impôt additionnel des non-résidents, ni les impôts sur les sociétés et sur les plus-values, ni un éventuel impôt sur le patrimoine, ni le taux des cotisations sociales, ni les visas et titres de séjour, ni l’assurance-vie et les comptes locaux. La fiscalité locale se fait valider avec un professionnel chilien ; ce qui relève de la France est traité dans nos pages sur le domicile fiscal et sur la convention.

Questions fréquentes

Quand devient-on résident fiscal au Chili ?

Selon l’article 8 n° 8 du Code tributaire, lorsqu’on séjourne plus de 183 jours au total dans un laps quelconque de douze mois.

Un étranger installé au Chili est-il imposé sur ses revenus mondiaux ?

Pas pendant les trois premières années à compter de son entrée : il n’est alors soumis qu’aux impôts sur les revenus de source chilienne (article 3 du décret-loi 824). Le directeur régional peut proroger ce délai dans des cas qualifiés. Ensuite, la règle générale s’applique.

Quitter le Chili suffit-il à perdre le domicile chilien ?

Non, si la personne conserve, directement ou indirectement, le siège principal de ses affaires au Chili (article 4).

Quel est le seuil de l’impôt sur les salaires ?

L’impôt unique de seconde catégorie s’applique aux revenus d’activité dépendante dont le montant mensuel excède 13,5 UTM, selon le SII.

Faire le point sur votre situation

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et le Chili. Pour faire le point sur votre situation, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles