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Mutuelle d’entreprise : ce que l’employeur doit financer en 2026
Tout employeur du secteur privé doit, sauf exceptions, proposer à ses salariés une complémentaire santé collective. Sa participation financière doit être au moins égale à 50 % de la cotisation. La couverture doit comprendre un panier de soins minimal, et elle bénéficie à tous les salariés, quelle que soit leur ancienneté. Certains salariés peuvent demander à en être dispensés.
Cette page traite ce que l’employeur doit financer et ce que la couverture doit contenir au minimum. Elle ne traite pas le régime social et fiscal de la participation de l’employeur, ni les sanctions en cas de non-respect de l’obligation, ni le détail du cahier des charges du contrat responsable.
Qui est concerné
L’obligation pèse sur tout employeur du secteur privé : entreprise et association. Un particulier qui emploie un salarié à domicile n’est pas concerné.
Les points suivants viennent de la fiche de l’administration, vérifiée le 20 janvier 2026 :
- Tous les salariés. La couverture bénéficie à tous les salariés, quelle que soit leur ancienneté dans l’entreprise.
- Les ayants droit. La couverture des ayants droit du salarié n’est pas obligatoire. L’employeur ou les partenaires sociaux peuvent toutefois décider de les couvrir.
- Plusieurs employeurs. Un salarié déjà couvert par le contrat collectif d’un de ses employeurs peut refuser de souscrire aux autres contrats. Il doit alors justifier de cette protection auprès des autres employeurs au moyen d’un justificatif annuel d’adhésion.
- Contrat de travail suspendu. La couverture doit être maintenue lorsque le contrat de travail est suspendu et que le salarié est indemnisé par l’employeur ou par la Sécurité sociale. S’il ne l’est pas, il se rapproche de son employeur.
Ce que l’employeur doit financer
La participation financière de l’employeur doit être au moins égale à 50 % de la cotisation. C’est un minimum. Le solde de la cotisation reste à la charge du salarié.
Ce que la couverture doit contenir au minimum
Le panier de soins minimal comprend, d’après la fiche :
| Poste | Prise en charge minimale |
|---|---|
| Ticket modérateur | L’intégralité, sur les consultations, actes et prestations remboursables par l’Assurance maladie (des exceptions peuvent exister) |
| Hospitalisation | La totalité du forfait journalier hospitalier |
| Dentaire (prothèses et orthodontie) | 125 % du tarif conventionnel |
| Optique, correction simple | Minimum de 100 €, forfait par période de 2 ans (annuellement pour les enfants ou en cas d’évolution de la vue) |
| Optique, correction complexe | Minimum de 150 € (voire 200 €), même périodicité |
La fiche renvoie aux articles D911-1 à D911-8 du Code de la sécurité sociale. Elle précise aussi que la complémentaire peut être un contrat dit responsable. Elle doit alors respecter le cahier des charges correspondant. Le contrat doit en outre être solidaire : l’assuré ne peut pas être soumis à un questionnaire de santé.
Le détail du contrat responsable fait l’objet d’un billet de blog distinct du cabinet. Cette page ne le reprend pas.
Comment la mutuelle est mise en place
- Accord de branche. Un accord de branche peut imposer des niveaux de couverture minimaux ou un taux de cotisation plancher.
- Accord d’entreprise. Un accord d’entreprise peut être négocié au sein même de l’entreprise. Si un accord de branche existe, il doit prévoir une couverture au moins aussi favorable.
- Décision unilatérale. Si les négociations n’aboutissent pas, la complémentaire santé est mise en place par décision unilatérale de l’employeur.
Les salariés qui peuvent être dispensés
Un salarié peut demander à être dispensé d’adhérer dans les cas suivants, d’après la fiche :
| Situation du salarié | Dispense |
|---|---|
| Contrat à durée déterminée de moins de 3 mois | Sur demande du salarié |
| Contrat de mission (intérim) de moins de 3 mois | Sur demande du salarié |
| Temps partiel, jusqu’à 15 heures par semaine | Sur demande du salarié |
| Bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire | Jusqu’à la date à laquelle il cesse d’en bénéficier |
| Couvert à titre individuel lors de la mise en place du régime (ou de l’embauche, si elle est postérieure) | Jusqu’à l’échéance de son contrat individuel |
| Bénéficiaire, y compris comme ayant droit, de prestations servies au titre d’un autre emploi (par exemple le régime local d’Alsace-Moselle ou la Camieg) | Sur demande du salarié |
Cette liste reprend une partie des cas de dispense. La fiche en prévoit d’autres, notamment pour des salariés couverts comme ayants droit depuis avril 2024. Les seuils de durée de contrat sont repris tels qu’écrits sur cette fiche. Leur formulation diffère sur une autre fiche de l’administration : le seuil exact est à vérifier auprès de la source avant toute application.
Le versement santé en 2026
Pour certains salariés dispensés d’adhésion, un versement santé peut tenir lieu de couverture. D’après la fiche, il concerne notamment les salariés en CDD ou en contrat de mission de moins de 3 mois, et les salariés à temps partiel.
Il doit être prévu par accord. Un accord de branche peut prévoir que l’obligation de couverture est assurée par le versement santé. En l’absence d’accord de branche, ou lorsque celui-ci le permet, un accord d’entreprise peut le prévoir. Le salarié doit justifier être couvert par un contrat responsable.
Le versement correspond aux sommes que l’employeur aurait été obligé de verser si le salarié avait été couvert par la couverture collective. Lorsque ce montant ne peut pas être déterminé, le montant de référence est fixé à 22,27 € pour 2026. En Alsace-Moselle, il est de 7,44 €. Il est multiplié par 105 % pour les salariés en CDI, et par 125 % pour les salariés en CDD ou en contrat de mission. La fiche prévoit aussi un coefficient de proratisation selon le temps de travail (1 pour un temps plein).
La fiche cite un arrêté du 8 janvier 2026 pour ce montant. La période à laquelle se rapporte le montant de référence et ses modalités d’application sont à vérifier auprès de la fiche et de cet arrêté.
Après la fin du contrat de travail
Les salariés dont le contrat est rompu, sauf en cas de faute lourde, peuvent conserver la couverture pendant la durée de leur indemnisation chômage, dans la limite de la durée de leur dernier contrat de travail. Selon la fiche, ce maintien ne peut pas excéder 12 mois (un an). La suite, avec le maintien à titre individuel, fait l’objet d’une autre page du cabinet.
Exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Une société de conseil de 12 salariés met en place une complémentaire santé collective par décision unilatérale. Le contrat retenu coûte 58 € par mois et par salarié. Ce montant est une hypothèse du profil fictif.
Problème. Le dirigeant veut connaître le coût annuel minimal pour l’entreprise, et l’effet d’un niveau de participation supérieur au minimum.
Stratégie. Le cabinet fait le point avec lui sur son contrat et sur la situation de ses salariés. Le calcul compare le minimum légal de 50 % et deux niveaux plus élevés.
| Participation de l’employeur | Employeur, par mois et par salarié | Salarié, par mois | Employeur, par an pour 12 salariés |
|---|---|---|---|
| 50 % (minimum) | 29,00 € | 29,00 € | 4 176,00 € |
| 60 % | 34,80 € | 23,20 € | 5 011,20 € |
| 70 % | 40,60 € | 17,40 € | 5 846,40 € |
Résultat. Au minimum de 50 %, la participation de l’entreprise est de 348 € par an et par salarié, soit 4 176 € pour 12 salariés. La cotisation annuelle totale est de 8 352 €. Chaque tranche de 10 points de participation supplémentaire ajoute 835,20 € par an à la charge de l’entreprise.
Ce profil est fictif. L’exemple ne tient compte ni des salariés dispensés, ni du régime social et fiscal de la participation, qui ne sont pas traités sur cette page. Les chiffres illustrent le calcul et ne présagent pas de votre situation.
Ce qui change selon votre cas
- La voie de mise en place : accord de branche, accord d’entreprise ou décision unilatérale.
- Le niveau de participation retenu au-delà du minimum de 50 %.
- La présence de salariés en CDD ou en mission de moins de 3 mois, ou à temps partiel jusqu’à 15 heures par semaine.
- Un salarié bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire, couvert à titre individuel ou couvert au titre d’un autre emploi.
- Le choix d’un versement santé, qui suppose un accord de branche ou d’entreprise.
- Un établissement situé en Alsace-Moselle, qui a son propre montant de référence.
- Le caractère responsable et solidaire du contrat.
La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.
Questions fréquentes
L’employeur doit-il payer la mutuelle de ses salariés ?
Il doit, sauf exceptions, proposer une complémentaire santé collective et en financer au moins 50 % de la cotisation (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F33754).
Un salarié peut-il refuser la mutuelle d’entreprise ?
Dans les cas de dispense listés plus haut, il peut demander à être dispensé. La fiche de l’administration prévoit d’autres cas de dispense. Un salarié déjà couvert par le contrat collectif d’un de ses employeurs peut aussi refuser de souscrire aux autres contrats, avec un justificatif annuel d’adhésion.
Faut-il aussi couvrir la famille du salarié ?
Ce n’est pas obligatoire. L’employeur ou les partenaires sociaux peuvent toutefois décider de couvrir les ayants droit.
Comment est fixé le versement santé en 2026 ?
Il correspond aux sommes que l’employeur aurait été obligé de verser si le salarié avait été couvert par la couverture collective. Si ce montant ne peut pas être déterminé, le montant de référence est fixé à 22,27 € pour 2026 (7,44 € en Alsace-Moselle), multiplié par 105 % en CDI et par 125 % en CDD ou en contrat de mission, avec une proratisation selon le temps de travail. La période du montant de référence est à vérifier auprès de la fiche.
Pendant combien de temps garde-t-on la couverture après la rupture du contrat ?
Pendant la durée de l’indemnisation chômage, dans la limite de la durée du dernier contrat de travail et au maximum 12 mois, sauf en cas de faute lourde.
Faire le point sur votre situation
Vous dirigez une entreprise et voulez faire le point sur votre couverture santé collective et sur votre protection de dirigeant ? Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, pour en parler.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F33754, complémentaire santé collective obligatoire (vérifiée le 20/01/2026) : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F33754