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Droits de succession : qui est exonéré ?
Trois catégories d’héritiers sont exonérées de droits de succession en raison de leur lien avec le défunt : le conjoint survivant, le partenaire de Pacs, et le frère ou la sœur qui remplit trois conditions. Les enfants, les parents et les petits-enfants ne sont pas exonérés : ils bénéficient d’un abattement, puis le barème s’applique. Être exonéré de droits ne dispense pas, en règle générale, de déposer une déclaration de succession ; des dispenses existent, décrites plus bas.
Cette page traite les exonérations liées au lien avec le défunt, à la qualité du défunt, aux legs et à la résidence du défunt. Elle ne détaille pas les exonérations partielles de l’assurance-vie, des entreprises et des parts de société, ni le régime du concubin, ni les conventions fiscales internationales.
Les exonérations selon le lien avec le défunt
| Bénéficiaire | Droits de succession | Conditions |
|---|---|---|
| Conjoint survivant | Exonération totale | Être le conjoint survivant |
| Partenaire de Pacs | Exonération totale | Un testament est nécessaire pour recevoir |
| Frère ou sœur | Exonération totale | Trois conditions à remplir, voir ci-dessous |
| Enfant, parent | Pas d’exonération | Abattement de 100 000 €, puis barème |
| Autres héritiers | Pas d’exonération | Abattement selon le lien, puis barème |
Source : service-public.gouv.fr, fiches F17456 (vérifiée le 13/05/2026) et F35794 (vérifiée le 19/08/2026), et impots.gouv.fr (mise à jour le 22/07/2026).
Le conjoint survivant
La page de service-public.gouv.fr est directe : « Vous êtes exonéré de droits de succession. » Le conjoint survivant doit pourtant déposer une déclaration de succession, sauf dispense (voir plus bas).
Le partenaire de Pacs
Le partenaire de Pacs est exonéré comme le conjoint. La différence tient à la désignation : pour recevoir tout ou partie de la succession, il faut qu’un testament le prévoie. Le testament est traité dans une page dédiée.
Le frère ou la sœur : trois conditions
Selon la fiche F17456, l’exonération joue si, au moment du décès, le frère ou la sœur remplit les trois conditions suivantes :
- Avoir été « constamment domicilié avec le défunt durant les 5 années ayant précédé son décès ».
- « Être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ».
- « Avoir plus de 50 ans ou être atteint d’une infirmité ne vous permettant pas de travailler ».
Si ces trois conditions ne sont pas remplies, il n’y a pas d’exonération. Le frère ou la sœur a alors droit à un abattement de 15 932 €, puis le barème de 35 % jusqu’à 24 430 € et de 45 % au-delà s’applique à la part taxable. La fiche F17456 indique : « Vous devez déposer une déclaration de succession. » Des dispenses existent selon le montant de l’actif, décrites plus bas.
Les exonérations liées à la qualité du défunt
Certaines successions sont exonérées pour tous les héritiers ou légataires, quels que soient le montant et le lien avec le défunt. La fiche F17456 cite :
- les victimes de guerre, militaires et victimes civiles ;
- les victimes d’actes de terrorisme ;
- les sapeurs-pompiers, policiers, gendarmes et agents des douanes cités à l’ordre de la Nation ;
- les personnes dont l’acte de décès porte la mention « Mort pour le service de la République ».
Les conditions précises de chaque cas, et la déclaration qui reste à déposer pour certains, se lisent sur la fiche avant toute démarche.
Les legs exonérés
Les biens légués aux associations ou fondations reconnues d’utilité publique sont exonérés de droits de succession, tout comme les legs à une association cultuelle, à l’État, aux collectivités et à certains établissements publics. La fiche F17456 donne la liste complète et les conditions.
Les biens exonérés ou partiellement exonérés
La fiche F17456 distingue deux listes.
- Exonération totale : la réversion de rente viagère entre parents en ligne directe, les monuments historiques sous conditions, les rentes et indemnités de réparation de dommages corporels, la restitution de biens spoliés entre 1933 et 1945, les œuvres d’art, livres, objets de collection ou documents de haute valeur artistique ou historique donnés à l’État.
- Exonération partielle, sous conditions : l’assurance-vie, les biens forestiers ou agricoles, les espaces naturels protégés, les entreprises individuelles, les parts et actions de sociétés, certains logements neufs ou locatifs, les biens reconstitués entre 2014 et 2027 et les biens situés en Corse.
Cette page s’arrête à cette liste. Les conditions de l’exonération partielle de l’assurance-vie ou des parts de société ne sont pas traitées ici : elles dépendent de chaque situation.
Défunt résidant à l’étranger : la règle des 6 ans sur 10
Si le défunt résidait à l’étranger, la fiscalité dépend du domicile de l’héritier :
- domicilié en France depuis au moins 6 ans, continus ou non, au cours des 10 dernières années : droits sur tous les biens reçus, en France ou à l’étranger ;
- domicilié en France sans avoir atteint ces 6 ans : seuls les biens situés en France sont imposables ;
- domicilié hors de France : seuls les biens du défunt situés en France sont imposables.
La fiche F17456 réserve les clauses contraires des conventions internationales. Elles ne sont pas traitées ici.
Exonéré de droits, mais pas de déclaration
Une exonération porte sur les droits. La déclaration de succession est une obligation distincte. La fiche F80 de service-public.gouv.fr (vérifiée le 29/01/2025) précise que les héritiers exonérés de droits de succession ne sont pas dispensés de déclaration de succession. Elle fixe le délai de dépôt à 6 mois à compter du décès en métropole et à 12 mois si le décès a lieu à l’étranger. Cette fiche date de janvier 2025 : il faut vérifier le délai applicable auprès de la source.
Deux dispenses existent, selon la fiche F17456 :
| Bénéficiaire | Dispense si l’actif brut successoral est inférieur à |
|---|---|
| Enfant, petit-enfant, père ou mère, conjoint, partenaire de Pacs | 50 000 €, et seuls des dons manuels ou donations déclarés ou enregistrés ont été reçus |
| Autre bénéficiaire | 3 000 € |
Pour les autres héritiers : l’abattement, puis le barème
| Lien avec le défunt | Abattement | Barème |
|---|---|---|
| Enfant, parent | 100 000 € | Ligne directe |
| Petit-enfant | 1 594 € si son parent est vivant ; en cas de représentation, abattement de l’héritier représenté, partagé à parts égales s’il y a plusieurs petits-enfants (F35794 cite 100 000 € en exemple) | Ligne directe |
| Frère ou sœur non exonéré | 15 932 € | 35 % jusqu’à 24 430 €, 45 % au-delà |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % |
| Autre situation | 1 594 € | 55 % jusqu’au 4e degré, 60 % au-delà ou sans lien de parenté |
Une personne en situation de handicap bénéficie d’un abattement supplémentaire de 159 325 €, cumulable avec celui du lien de parenté. Les abattements ne sont pas accordés s’ils ont déjà été utilisés dans les 15 années précédant le décès.
Le barème en ligne directe, appliqué à la part taxable après abattement, compte sept tranches. Les limites sont reprises de la fiche F35794 ; la présentation des limites basses diffère légèrement sur impots.gouv.fr, il faut donc vérifier auprès de la source avant tout calcul. Le tableau n’indique que la limite haute de chaque tranche.
| Part taxable : limite haute de la tranche | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| Jusqu’à 12 109 € | 10 % |
| Jusqu’à 15 932 € | 15 % |
| Jusqu’à 552 324 € | 20 % |
| Jusqu’à 902 838 € | 30 % |
| Jusqu’à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Marc décède en laissant une part de 250 000 € à un seul bénéficiaire. Aucun abattement n’a été utilisé dans les 15 années précédentes. Le profil du bénéficiaire reste à préciser : quatre cas sont comparés.
Problème. Le montant reçu est le même. Les droits à payer ne le sont pas.
Stratégie. Pour chaque bénéficiaire, on applique l’exonération si elle existe, sinon l’abattement du lien de parenté puis le barème de la fiche F35794. Pour le frère ou la sœur, on distingue la situation où les trois conditions sont remplies de celle où la condition de domicile commun manque.
Résultat.
| Bénéficiaire de la part de 250 000 € | Abattement | Base taxable | Droits |
|---|---|---|---|
| Partenaire de Pacs désigné par testament | exonération | 0 € | 0 € |
| Sœur remplissant les trois conditions | exonération | 0 € | 0 € |
| Sœur n’ayant pas vécu avec Marc pendant les 5 ans précédant le décès | 15 932 € | 234 068 € | 102 887,60 € |
| Enfant | 100 000 € | 150 000 € | 28 194,35 € |
| Personne sans lien de parenté | 1 594 € | 248 406 € | 149 043,60 € |
Pour la sœur sans domicile commun, les droits se décomposent ainsi : 24 430 € à 35 %, soit 8 550,50 €, et 209 638 € à 45 %, soit 94 337,10 €.
Ces profils sont fictifs. Les chiffres illustrent le calcul et ne présagent pas de votre situation.
Ce qui change selon votre cas
- Le lien exact avec le défunt, et l’existence d’un Pacs ou d’un mariage au jour du décès.
- Le testament, nécessaire pour le partenaire de Pacs.
- Les trois conditions du frère ou de la sœur, appréciées au décès, avec justificatifs.
- Les abattements déjà utilisés dans les 15 ans précédant le décès.
- La résidence du défunt et celle de l’héritier, qui déterminent les biens imposables.
- La nature des biens, pour les exonérations partielles.
La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.
Questions fréquentes
Un partenaire de Pacs hérite-t-il sans testament ?
Non. Selon service-public.gouv.fr, le partenaire de Pacs doit être désigné par testament pour recevoir tout ou partie de la succession. Il est exonéré de droits une fois désigné.
Mon frère est-il exonéré de droits de succession ?
Seulement s’il remplit les trois conditions : domicile commun pendant les 5 années précédant le décès, célibat, veuvage, divorce ou séparation de corps, et plus de 50 ans ou infirmité l’empêchant de travailler. Si elles ne sont pas toutes remplies, un abattement de 15 932 € et le barème de 35 % ou 45 % s’appliquent.
Un enfant paie-t-il des droits de succession ?
Il bénéficie d’un abattement de 100 000 €. La part qui dépasse ce montant est taxée selon le barème en ligne directe, de 5 % à 45 %.
Faut-il déposer une déclaration quand on est exonéré ?
Oui, en règle générale : la fiche F80 précise que les héritiers exonérés ne sont pas dispensés de déclaration. Des dispenses existent sous le seuil de 50 000 € pour l’enfant, le petit-enfant, le père ou la mère, le conjoint et le partenaire de Pacs, et sous 3 000 € pour les autres, aux conditions de la fiche F17456.
Quel est le délai pour déposer la déclaration ?
6 mois à compter du décès en métropole, 12 mois si le décès a lieu à l’étranger, selon la fiche F80 de service-public.gouv.fr vérifiée le 29/01/2025.
Faire le point sur votre situation
Le lien avec le bénéficiaire, un Pacs, un testament ou une résidence à l’étranger changent le montant des droits. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
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Sources officielles
- service-public.gouv.fr, Dans quels cas un héritier est-il exonéré des droits de succession ?, F17456 (vérifiée le 13/05/2026) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F17456
- service-public.gouv.fr, Quels sont les droits à payer sur une succession selon le lien avec le défunt ?, F35794 (vérifiée le 19/08/2026) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35794
- service-public.gouv.fr, Droits de succession : déclaration, F80 (vérifiée le 29/01/2025) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F80
- impots.gouv.fr, Comment dois-je calculer les droits de succession ? (mise à jour le 22/07/2026) : https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-dois-je-calculer-les-droits-de-succession