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Épargne et placements

Intérêts de placements à revenu fixe : imposition 2026

Les intérêts d’un livret bancaire fiscalisé, d’un compte à terme ou d’une obligation perçus à compter du 1er janvier 2026 sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (impots.gouv.fr ; service-public.gouv.fr, fiche F2329). Le prélèvement de 12,8 % opéré à la source n’est qu’un acompte. Vous pouvez en être dispensé si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € (50 000 € en couple). Vous pouvez aussi opter, sur la déclaration, pour le barème progressif.

Cette page traite du résident fiscal de France qui perçoit des intérêts de placements à revenu fixe. Elle ne traite pas le cas du non-résident, le prélèvement forfaitaire libératoire, les plafonds des livrets réglementés, ni l’assurance-vie, qui a sa propre page. Elle porte sur la fiscalité des intérêts, pas sur le choix d’un placement ni sur le risque de l’obligation, qui n’est pas traité ici.

Quels produits sont concernés

Sont des placements à revenu fixe les livrets bancaires ordinaires rémunérés, les comptes à terme, les obligations. La brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026 (déclaration des revenus 2025) range dans la même rubrique, ligne 2TR, les intérêts des livrets bancaires fiscalisés, les produits des comptes de dépôt et des comptes à terme, ceux des obligations et emprunts d’État, ainsi que les produits de créances, de cautionnements et de comptes courants d’associés.

À l’inverse, la brochure demande de ne pas déclarer, notamment, les intérêts du livret A, du livret d’épargne populaire (LEP), du livret de développement durable et solidaire (LDDS), du livret jeune, du plan d’épargne populaire (PEP), d’un compte épargne-logement (CEL) ouvert avant le 1er janvier 2018 et d’un plan d’épargne-logement (PEL) ouvert avant cette date et de moins de 12 ans.

ProduitTraitement des intérêts
Livret bancaire ordinaire rémunéré (fiscalisé)Ligne 2TR, PFU ou option barème
Compte à termeLigne 2TR, PFU ou option barème
Obligations, emprunts d’ÉtatLigne 2TR, PFU ou option barème
Compte courant d’associé rémunéréLigne 2TR, PFU ou option barème
Livret A, LEP, LDDS, livret jeuneÀ ne pas déclarer
CEL et PEL ouverts avant 2018 (PEL de moins de 12 ans)À ne pas déclarer ; prélèvements sociaux traités à part (voir ci-dessous)

Les taux pour les intérêts perçus en 2026

ComposanteTaux
Impôt sur le revenu (prélèvement forfaitaire)12,8 %
Prélèvements sociaux18,6 %
Total du PFU31,4 %

La page « Les revenus mobiliers » d’impots.gouv.fr (modifiée le 08/04/2026) indique qu’à compter du 1er janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux passe à 18,6 %. La fiche F2329 de service-public.gouv.fr (vérifiée le 30/06/2026) indique que le taux des prélèvements sociaux dépend de l’année de perception des revenus et affiche 18,6 % dans le cas général pour les revenus de 2026.

La page d’impots.gouv.fr précise que certains produits restent à 17,2 %, parmi lesquels les intérêts des CEL ouverts jusqu’au 31 décembre 2017 et ceux des PEL ouverts jusqu’à cette date pendant les 12 premières années du plan. La fiche F2329 range elle aussi le PEL et le CEL à 17,2 %.

Pour des intérêts perçus en 2025, cette page ne chiffre pas les prélèvements sociaux : vérifiez le taux auprès de la source officielle.

Le prélèvement à la source : un acompte

Le BOFiP (BOI-RPPM-RCM-30-20, version du 30/06/2022) fixe le taux du prélèvement à 12,8 %. Il ne libère pas de l’impôt sur le revenu : il s’impute sur l’impôt dû au titre de l’année où il a été opéré, et l’excédent éventuel est restitué.

Le prélèvement est dû quand les produits sont payés ou inscrits en compte (BOFiP BOI-RPPM-RCM-30-20-30, paragraphe 140). Des intérêts crédités sur un compte sont donc concernés même si vous ne les avez pas retirés.

La dispense

Vous pouvez demander à être dispensé du prélèvement de 12,8 % sur les intérêts si le revenu fiscal de référence (RFR) de l’avant-dernière année est inférieur à un seuil.

RevenusPersonne seuleCouple marié ou pacsé
Intérêts25 000 €50 000 €
Dividendes (pour comparaison)50 000 €75 000 €

La demande se fait auprès de l’établissement payeur, par attestation sur l’honneur, avant le 30 novembre de l’année précédant celle du paiement des revenus (impots.gouv.fr, modifiée le 07/04/2026). Pour des intérêts payés en 2027, l’échéance est donc le 30 novembre 2026.

La dispense ne concerne pas les prélèvements sociaux, qui restent dus.

Payeur établi hors de France

Si la personne qui paie les intérêts est établie hors de France, le prélèvement est déclaré et payé par le contribuable lui-même, par la déclaration 2778. Selon le BOFiP (paragraphe 20), seuls les foyers dont le RFR de l’avant-dernière année atteint 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (imposition commune) y sont soumis.

Déclarer ses intérêts

La brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026 correspond à la déclaration des revenus 2025 : le formulaire 2042 K y est prérempli des revenus de capitaux mobiliers perçus en 2025, et les intérêts à revenu fixe figurent ligne 2TR. Pour des intérêts perçus en 2026, reportez-vous à la brochure de la déclaration correspondante pour confirmer la ligne. Des produits voisins, comme les prêts participatifs et les minibons, ont d’autres lignes.

L’option pour le barème progressif

Vous pouvez opter pour le barème en cochant la case 2OP de la déclaration n° 2042 (impots.gouv.fr, modifiée le 20/03/2026). Quatre points comptent :

  • L’option est annuelle et globale. Selon le BOFiP (BOI-RPPM-RCM-20-15, paragraphe 310, version du 21/06/2021), elle porte sur l’ensemble des revenus et gains mobiliers. Vous ne choisissez pas le barème pour vos seuls intérêts.
  • Une fraction de la CSG devient déductible. Impots.gouv.fr indique une déduction à hauteur de 6,8 % en cas d’option.
  • Des frais deviennent déductibles. Les frais de garde de titres et d’encaissement de coupons ne sont déductibles qu’en cas d’option pour le barème (impots.gouv.fr, modifiée le 17/07/2026). La brochure 2026 les inscrit ligne 2CA.
  • L’abattement de 40 % cité par impots.gouv.fr vise les dividendes éligibles. Il n’est pas présenté pour les intérêts.

Le caractère irrévocable ou non de l’option est à vérifier auprès de la source officielle (impots.gouv.fr, BOFiP) avant de cocher.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Claire, célibataire, une part, résidente fiscale de France, a perçu 6 000 € d’intérêts d’un compte à terme en 2026. Elle les déclarera dans sa prochaine déclaration de revenus. Son RFR de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € dans les cas 2 et 3. Hypothèses : le barème utilisé est celui des revenus 2025 pour une part, à titre d’illustration (le barème applicable aux revenus 2026 est à vérifier auprès de la source officielle) ; les « autres revenus imposables » s’entendent hors intérêts ; les intérêts sont ajoutés pour leur montant entier à ces revenus, sans abattement ; la décote et la déduction de la fraction de CSG ne sont pas calculées.

Problème. Prélèvement forfaitaire de 12,8 % ou barème ? La réponse dépend du reste de ses revenus : trois cas sont comparés. Seul l’impôt sur le revenu est comparé : les prélèvements sociaux ne sont pas calculés.

Stratégie. Comparer l’impôt au taux de 12,8 % (768 €) et l’impôt supplémentaire que les intérêts ajoutent au barème. Dans les cas 2 et 3, demander la dispense avant le 30 novembre de l’année précédant le paiement évite l’avance de 12,8 %.

Résultat.

Autres revenus imposables de ClaireImpôt à 12,8 %Impôt supplémentaire au barèmeÉcart
50 000 €768 €1 800 €taux forfaitaire moins cher de 1 032 €
5 000 €768 €0 €barème moins cher de 768 €
10 000 €768 €484 €barème moins cher de 284 €

Dans le cas 1, les 6 000 € d’intérêts sont imposés à 30 %. Dans le cas 2, le total (11 000 €) reste dans la tranche à 0 %. Dans le cas 3, 4 400 € dépassent le seuil de 11 600 € et sont imposés à 11 %. Ces écarts valent sous les hypothèses ci-dessus : ils sont à confirmer sur votre propre situation.

Le barème des revenus 2025 comporte une tranche à 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, 41 % jusqu’à 181 917 € et 45 % au-delà (service-public.gouv.fr, fiche F1419, vérifiée le 15/04/2026). Reprenez celui de l’année de vos intérêts.

Ce profil est fictif. Les chiffres illustrent le calcul. Ils ne présagent pas de votre situation.

Ce qui change selon votre cas

  • Le produit : livret exonéré, produit à 17,2 %, ou intérêts à 18,6 % de prélèvements sociaux.
  • L’année de perception des intérêts : le taux des prélèvements sociaux en dépend.
  • Votre RFR de l’avant-dernière année : il conditionne la dispense.
  • La date de votre demande : elle doit être faite avant le 30 novembre de l’année précédant le paiement.
  • Le lieu d’établissement du payeur : en France ou hors de France.
  • Le reste de vos revenus : il détermine le taux du barème.
  • Vos autres revenus du capital : l’option est globale.
  • Votre résidence fiscale : la page vise le résident fiscal de France.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Les intérêts de mon livret A sont-ils imposables ?

Non. La fiche F2329 de service-public.gouv.fr (vérifiée le 30/06/2026) classe les intérêts du livret A, du LDDS et du LEP comme exonérés, et la brochure demande de ne pas déclarer ceux du livret A, du LEP, du LDDS et du livret jeune (impots.gouv.fr, brochure IR 2026).

Le prélèvement de 12,8 % est-il définitif ?

Non. Il s’impute sur l’impôt sur le revenu dû, et l’excédent est restitué (BOFiP BOI-RPPM-RCM-30-20, paragraphe 50).

Mes intérêts sont crédités mais je ne les ai pas retirés : sont-ils concernés ?

Oui. Le prélèvement est dû lorsque les produits sont payés ou inscrits en compte (BOFiP BOI-RPPM-RCM-30-20-30, paragraphe 140).

Si je suis dispensé du 12,8 %, dois-je aussi les prélèvements sociaux ?

Oui. La dispense ne concerne pas les prélèvements sociaux (impots.gouv.fr, brochure IR 2026).

Puis-je opter pour le barème uniquement pour mes intérêts ?

Non. L’option est annuelle et globale : elle porte sur l’ensemble des revenus et gains mobiliers (BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-15, paragraphe 310).

Faire le point sur vos placements

Le choix entre prélèvement forfaitaire et barème, et la demande de dispense, se préparent avec les chiffres de votre dossier. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles