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Président de SAS : rémunération, cotisations sociales et logique du régime

D’après service-public.fr, le président de SAS a le statut d’assimilé-salarié et relève du régime général de la sécurité sociale. Ses cotisations sont celles d’un salarié cadre, à une exception : l’assurance chômage. Le même site précise qu’un associé rémunéré exclusivement en dividendes ne cotise pas et ne bénéficie donc d’aucune protection sociale. C’est le point à retenir avant de décider comment se payer.

Cette page traite la logique du régime : statut, formes de rémunération, déclaration, déductibilité. Elle ne donne aucun taux de cotisation : les pages officielles lues n’en contiennent pas pour le président de SAS. Elle ne compare pas, chiffres à l’appui, un salaire et des dividendes. Elle ne traite ni le gérant de SARL, ni les exonérations de cotisations.

Le statut : assimilé-salarié

D’après service-public.fr (page vérifiée le 21/02/2026), le président de SAS est assimilé-salarié. Il est affilié au régime général. Il bénéficie d’une assurance maladie-maternité, des allocations familiales, d’une assurance contre les accidents du travail, d’une retraite de base, d’une retraite complémentaire et d’une prévoyance.

Cette liste dit quelles branches sont couvertes. Elle ne dit rien du niveau des prestations, que cette page ne traite pas.

Les cotisations : celles d’un cadre, sans le chômage

Selon la même page de service-public.fr, sous l’intertitre consacré au dirigeant, le président de SAS paie les mêmes cotisations qu’un salarié cadre, sauf l’assurance chômage. Il n’a pas droit à l’assurance chômage et ne verse pas la contribution correspondante. Une assurance chômage complémentaire peut être souscrite en plus.

Sous l’intertitre consacré aux salariés, la page énumère des cotisations salariales générales (assurance vieillesse, CSG, CRDS, retraite complémentaire, chômage). Cette liste vaut pour les salariés. Pour le président, la page retient l’exception de l’assurance chômage.

Quelles rémunérations, quel traitement

Selon la page « Revenus du dirigeant d’une société » (vérifiée le 26/04/2024), le dirigeant de SAS dispose de quatre sources possibles. Leur régime n’est pas le même.

SourceQuand elle existeImpôt sur le revenuCotisations sociales
Rémunération du mandat socialPour tout dirigeantTraitements et salairesOui
Contrat de travailPour les dirigeants associés minoritaires ou égalitaires, et les dirigeants non associésTraitements et salairesOui
Avantages (logement, voiture, gratification, indemnité de départ à la retraite)Avec l’accord des associés, selon la pageTraitements et salairesLa page indique que le dirigeant cotise sur ses avantages
DividendesPour les dirigeants associésPrélèvement forfaitaire unique, ou option pour le barèmeNon

Le dirigeant non associé peut renoncer à la rémunération de son mandat. Il ne reçoit pas de dividendes, faute d’actions.

La rémunération du mandat

Elle est imposée en traitements et salaires et soumise aux cotisations sociales. Pour la société, elle est une charge déductible « dès lors qu’elle correspond à un travail effectif et n’est pas excessive ». Le BOFiP (BOI-IS-BASE-30-20, version en vigueur depuis le 20/12/2019) pose la même double condition pour la déduction des rémunérations de dirigeants : un travail effectif, et une rémunération qui n’est pas excessive au regard du service rendu. Ce texte ne vise pas la SAS en particulier.

Le contrat de travail

Le cumul d’un contrat de travail et du mandat suppose un travail technique et effectif, distinct du mandat, avec un lien de subordination. Selon service-public.fr, la rémunération du contrat de travail est imposable en traitements et salaires et soumise aux cotisations sociales. Elle est admise en déduction des résultats de la société, aux mêmes conditions de travail effectif et de rémunération non excessive.

Les dividendes

Les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales : c’est ce qu’indique la page de service-public.fr consacrée aux revenus du dirigeant. D’après la page de service-public.fr consacrée à la SASU (vérifiée le 06/02/2026), ils sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Une option pour le barème est possible. Le taux applicable dépend de l’année de versement : vérifiez-le auprès de la source avant tout calcul. Le détail fait l’objet d’une page dédiée.

L’avertissement de service-public.fr sur les dividendes seuls

La page consacrée à la SASU indique qu’un associé rémunéré exclusivement en dividendes ne cotise pas et ne bénéficie donc d’aucune protection sociale.

Comment les cotisations sont prélevées et déclarées

Cette section reprend le passage de service-public.fr consacré aux salariés de la SAS. La page ne l’applique pas expressément aux cotisations du président : pour votre cas, vérifiez auprès de l’Urssaf.

Pour les salariés, l’employeur retient les cotisations sociales chaque mois sur la paie. La société déclare et paie ensuite par la déclaration sociale nominative (DSN). Les échéances dépendent de l’effectif.

EffectifÉchéance
Moins de 11 salariésAu plus tard le 15 du mois suivant (option trimestrielle : le 15 du premier mois du trimestre suivant)
De 11 à 50 salariésAu plus tard le 15 du mois suivant
Plus de 50 salariésLe 5 du mois suivant si la paye est versée dans le mois travaillé, le 15 si la paye est décalée

La page précise que les cotisations sont calculées sur les salaires, les indemnités, les prestations sociales complémentaires, les revenus de remplacement, les prestations familiales extralégales, les avantages du comité social et économique et les avantages en nature. C’est la liste de service-public.fr pour les salariés de la SAS.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Mathilde préside une SAS dont elle est l’associée unique (SASU). Son bénéfice avant impôt sur les sociétés est de 60 000 €. On suppose que les conditions du taux réduit sont remplies : chiffre d’affaires hors taxes de 10 000 000 € au plus, capital entièrement libéré, capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. On suppose aussi que la totalité du bénéfice après impôt est distribuable. Elle ne se verse aucune rémunération pour son mandat. Pour simplifier, elle distribue en dividendes la totalité du bénéfice après impôt, taxé au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (taux indiqué par la page SASU de service-public.fr vérifiée le 06/02/2026).

Problème. Que lui reste-t-il, et que couvre cette voie ?

Stratégie. Appliquer l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà), puis le PFU de 31,4 % sur le dividende. Rapprocher le résultat de l’avertissement de service-public.fr sur les dividendes seuls.

Résultat.

ÉtapeMontant
Bénéfice avant impôt60 000,00 €
IS à 15 % sur 42 500 €6 375,00 €
IS à 25 % sur 17 500 €4 375,00 €
Bénéfice après IS (dividende brut)49 250,00 €
PFU à 31,4 % (dont 6 304,00 € d’impôt sur le revenu et 9 160,50 € de prélèvements sociaux)15 464,50 €
Dividende net33 785,50 €
Cotisations sociales sur ce dividende0 €

Les prélèvements (IS et PFU) représentent 26 214,50 €, soit 43,69 % du bénéfice avant impôt. Aucune cotisation n’est versée : d’après service-public.fr, un associé rémunéré exclusivement en dividendes, comme Mathilde, ne cotise pas et ne bénéficie donc d’aucune protection sociale.

Ce calcul n’est pas une comparaison avec une rémunération du mandat : les cotisations d’un cadre ne sont pas chiffrées sur les pages lues, la page ne peut donc pas les calculer. Le profil est fictif. Les hypothèses (bénéfice, sommes distribuables, distribution totale, conditions du taux réduit, taux du PFU) sont celles du profil. Les chiffres illustrent le calcul. Ils ne présagent pas de votre situation.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre position d’associé : associé majoritaire, minoritaire, égalitaire, ou non associé. Elle détermine l’accès aux dividendes et au contrat de travail.
  • La réalité de votre travail : la déduction de la rémunération suppose un travail effectif et une rémunération non excessive.
  • Les conditions du taux réduit d’impôt sur les sociétés : chiffre d’affaires, libération du capital, détention par des personnes physiques.
  • L’effectif de la société : il fixe, pour les salariés, la date de déclaration et de paiement des cotisations.
  • Votre besoin de couverture : chômage (non couvert par le régime, assurance complémentaire possible), prévoyance, retraite.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Un président de SAS cotise-t-il à l’assurance chômage ?

Non. Il n’a pas droit à l’assurance chômage et ne verse pas la contribution. Une assurance chômage complémentaire peut être souscrite.

Les dividendes sont-ils soumis à cotisations sociales dans une SAS ?

Non. D’après service-public.fr, ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Ils relèvent du prélèvement forfaitaire unique (ou de l’option pour le barème). Un associé rémunéré exclusivement en dividendes ne cotise pas et ne bénéficie donc d’aucune protection sociale, selon la même source.

Un président de SAS peut-il avoir un contrat de travail en plus de son mandat ?

Seulement si le travail est technique et effectif, distinct du mandat, avec un lien de subordination. D’après la page de service-public.fr, le contrat de travail figure parmi les sources de rémunération des dirigeants associés minoritaires ou égalitaires et des dirigeants non associés.

La rémunération du président est-elle déductible du résultat de la société ?

Elle l’est dès lors qu’elle correspond à un travail effectif et n’est pas excessive.

Quand les cotisations des salariés d’une SAS sont-elles déclarées et payées ?

Selon service-public.fr, l’employeur retient les cotisations chaque mois sur la paie des salariés, puis la société les déclare par la DSN. L’échéance dépend de l’effectif : au plus tard le 15 du mois suivant pour moins de 11 salariés (option trimestrielle possible) et pour 11 à 50 salariés ; pour plus de 50 salariés, le 5 du mois suivant si la paye est versée dans le mois travaillé, le 15 si elle est décalée. La page traite ces échéances au titre des salariés : pour les cotisations du président, vérifiez auprès de l’Urssaf.

Faire le point sur votre rémunération

La façon de se rémunérer engage la protection sociale du dirigeant autant que la fiscalité de la société. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point sur votre situation.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles