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Compte courant d’associé : intérêts déductibles, taux limite et imposition de l’associé
Les intérêts qu’une société verse sur le compte courant d’un associé sont une charge déductible si le capital de la société est entièrement libéré. Le taux est plafonné par le taux limite : si le taux convenu le dépasse, seule la fraction d’intérêts correspondant à l’excédent de taux n’est pas déductible. Chez l’associé, personne physique, ces intérêts sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Cette page porte sur les intérêts : leur déduction, leur taux et leur imposition. Elle ne traite pas les cotisations sociales.
Les conditions de la déduction
Une condition et une limite s’appliquent à la société qui verse les intérêts :
- Le capital est entièrement libéré. Tant que les apports en capital ne sont pas versés en totalité, la condition n’est pas remplie.
- Le taux est plafonné par le taux limite. Ce taux est publié par l’administration. Il dépend de la date de clôture de l’exercice. Si le taux convenu est supérieur, la partie excédentaire des intérêts n’est pas déductible : l’ensemble des intérêts n’est pas pour autant écarté.
Chaque compte courant est apprécié séparément. Une société qui compte plusieurs associés dont les comptes courants sont rémunérés examine donc chaque compte.
Le taux limite : une moyenne publiée, qui change avec la clôture
Le taux limite est la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit. Il vise les prêts à taux variable aux entreprises, d’une durée initiale supérieure à deux ans.
Il change avec la date de clôture de l’exercice. Service-public cite par exemple 4,34 % pour les exercices clos du 31 mai au 29 juin 2026 (tableau des taux limites par date de clôture). Ce chiffre ne vaut que pour cette période de clôture : le taux applicable à votre société se lit dans le tableau publié pour votre date de clôture, avant de fixer ou de modifier une rémunération de compte courant.
La déclaration des prêts
Une déclaration annuelle des prêts doit être déposée (formulaire cerfa n° 10142). Elle l’est au plus tard à la date de dépôt de la déclaration de résultats.
L’imposition chez l’associé personne physique
Les intérêts perçus sont des revenus de capitaux mobiliers. Ils sont imposés :
- au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % ;
- ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
La hausse de la CSG s’applique à compter du 1er janvier 2026 pour les produits de placement (brochure de l’administration sur les nouveautés des revenus 2025), ce qui porte le PFU à 31,4 % (service-public).
Trois lectures à éviter
- Retenir un taux sans sa date de clôture. Le taux limite change avec la date de clôture de l’exercice. Un chiffre cité sans cette date ne dit rien.
- Penser que la déduction est automatique. Elle suppose un capital entièrement libéré, et la fraction d’intérêts qui correspond à un taux supérieur au taux limite n’est pas déductible.
- Oublier la déclaration des prêts. Elle est annuelle et se dépose au plus tard à la date de dépôt de la déclaration de résultats.
Exemple chiffré (profil fictif)
Situation. Un dirigeant associé de sa société laisse 100 000 € en compte courant (hypothèse du profil fictif). Le capital est entièrement libéré. L’exercice de douze mois de la société est clos au 15 juin 2026, période pour laquelle le taux limite cité par service-public est de 4,34 %. La société lui verse des intérêts au taux de 4 % (hypothèse du profil fictif) pour l’année.
Problème. Le dirigeant veut savoir quel taux la société peut retenir, et ce qu’il percevra après impôt.
Stratégie. Le cabinet fait le point avec le dirigeant sur le taux, la clôture de l’exercice et la déclaration des prêts, avant de fixer la rémunération du compte.
Résultat.
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Intérêts maximaux au taux limite | 100 000 € × 4,34 % | 4 340 € |
| Intérêts versés au taux de 4 % | 100 000 € × 4 % | 4 000 € |
| PFU de 31,4 % chez l’associé | 4 000 € × 31,4 % | 1 256 € |
| Intérêts nets de PFU | 4 000 € − 1 256 € | 2 744 € |
Le taux de 4 % reste sous le taux limite de 4,34 %. Aucune fraction des 4 000 € d’intérêts n’excède donc la limite : 4 340 € au maximum au taux limite.
Ce profil est fictif. Il suppose que le capital est entièrement libéré et ne compare pas le PFU avec l’option pour le barème. Il n’annonce aucun résultat pour votre société.
Ce qui change selon votre cas
- La date de clôture de l’exercice, qui fixe le taux limite.
- Le niveau de libération du capital.
- Le montant du compte courant et le taux de rémunération prévu.
- Le choix entre PFU et barème pour l’associé.
- Le nombre d’associés ayant un compte courant.
Ces éléments déterminent ce qui s’applique à votre situation. Aucun résultat n’est promis : la règle se vérifie sur votre dossier.
Questions fréquentes
Les intérêts d’un compte courant d’associé sont-ils déductibles ?
Oui, si le capital est entièrement libéré. Si le taux convenu dépasse le taux limite, seule la partie excédentaire des intérêts n’est pas déductible (service-public).
Quel est le taux maximal déductible ?
Le taux limite, qui est la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit pour les prêts à taux variable aux entreprises de plus de deux ans. Il dépend de la date de clôture : 4,34 % pour les exercices clos du 31 mai au 29 juin 2026, selon service-public.
Comment sont imposés les intérêts chez l’associé ?
Au PFU de 31,4 %, ou sur option au barème progressif.
Faut-il déclarer les prêts d’associés ?
Une déclaration annuelle des prêts (cerfa n° 10142) est à déposer au plus tard à la date de dépôt de la déclaration de résultats.
Plusieurs associés ont un compte courant : comment cela se passe-t-il ?
Chaque compte courant est apprécié séparément.
Faire le point sur la rémunération de votre compte courant
Vous avez un compte courant dans votre société, ou vous envisagez d’en ouvrir un ? Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.
Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)
Sources officielles
- service-public.gouv.fr (Entreprendre), intérêts des comptes courants d’associés : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32966
- BOFiP, BOI-BIC-CHG-50-50-30 (définition du taux limite, version en vigueur) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/5505-PGP.html
- service-public.gouv.fr (Entreprendre), imposition des dividendes et revenus de capitaux mobiliers : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32963
- impots.gouv.fr, principales nouveautés revenus 2025 : https://www.impots.gouv.fr/www2/fichiers/documentation/brochure/ir_2026/pdf_som/nouveautes.pdf