En résumé…
Depuis janvier 2026, la hausse de la CSG sur les revenus du capital porte les prélèvements sociaux à 18,6 % et la flat tax à 31,4 %. Dividendes, intérêts, plus-values mobilières et PEA sont concernés. L'assurance-vie et le contrat de capitalisation y échappent : leurs prélèvements sociaux restent à 17,2 %. L'écart impose de revoir la répartition des placements.
1. Ce que change la LFSS 2026
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi 2025-1403, article 12) porte la CSG sur les revenus du capital à 10,6 %. Les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %. Avec l'impôt sur le revenu de 12,8 %, le prélèvement forfaitaire unique de l'article 200 A atteint 31,4 %.
10 000 € de dividendes coûtaient 3 000 € en 2025. Ils coûtent 3 140 € en 2026. Les intérêts, les plus-values de cession de valeurs mobilières et les gains du PEA supportent la même hausse.
2. Les placements restés à 17,2 %
La hausse épargne l'assurance-vie et les contrats de capitalisation, ainsi que les PEL et CEL, les revenus fonciers et les plus-values immobilières. Pour l'épargne financière, l'assurance-vie devient l'enveloppe la moins chargée en prélèvements sociaux.
Après 8 ans, l'article 125-0 A ajoute un abattement annuel de 4 600 € de gains, 9 200 € pour un couple, sur l'impôt sur le revenu. Au-delà, les gains sont imposés à 7,5 % pour les primes jusqu'à 150 000 €, à 12,8 % au-delà.
Le contrat de capitalisation suit le même régime : prélèvements sociaux à 17,2 % et abattement annuel après 8 ans. Il présente en plus l'avantage de pouvoir être donné sans être dénoué.
3. Cas concret
Situation. Un couple marié perçoit 10 000 € de revenus financiers par an sur un compte-titres. Il détient aussi une assurance-vie de plus de 8 ans, primes inférieures à 150 000 €.
Problème. Au compte-titres, ces 10 000 € supportent la flat tax de 31,4 % : 3 140 € par an.
Stratégie. Le couple finance ses besoins par des rachats partiels sur l'assurance-vie, dont la part de gains atteint 10 000 € par an. 9 200 € sont couverts par l'abattement de l'article 125-0 A.
Résultat. Prélèvements sociaux : 1 720 €. Impôt sur le revenu : 7,5 % sur 800 €, soit 60 €. Total : 1 780 € au lieu de 3 140 €. 1 360 € d'écart chaque année.
4. Les limites à connaître
L'abattement annuel ne joue qu'après 8 ans de détention. Un contrat récent n'en bénéficie pas : la date d'ouverture pèse plus que le montant versé.
Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la part de gains de chaque retrait. L'exonération ne porte que sur l'impôt sur le revenu.
Le taux de 7,5 % est réservé aux primes n'excédant pas 150 000 €. Au-delà, la fraction de gains correspondante est imposée à 12,8 %.
5. Arbitrer entre les enveloppes
Le compte-titres garde son utilité pour certaines stratégies, le PEA son exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans. Mais pour une épargne financière destinée à produire des revenus complémentaires, l'assurance-vie de plus de 8 ans est devenue l'enveloppe de retrait la plus efficace dans la limite de l'abattement annuel. L'ordre des retraits entre enveloppes et leur calibrage sur l'abattement annuel se décident sur la situation complète du foyer.
Le transfert n'est pas neutre : céder des titres d'un compte-titres pour alimenter une assurance-vie déclenche l'imposition des plus-values latentes à 31,4 %. L'arbitrage se chiffre ligne par ligne, en tenant compte des moins-values disponibles.
Questions fréquentes
L'assurance-vie est-elle concernée par la hausse de la CSG 2026 ?
Non. Ses prélèvements sociaux restent à 17,2 %, comme ceux des contrats de capitalisation.
L'abattement de 9 200 € s'applique-t-il aux prélèvements sociaux ?
Non. Il ne concerne que l'impôt sur le revenu. Les 17,2 % s'appliquent à l'ensemble des gains retirés.
Le PEA échappe-t-il à la hausse ?
Non. Ses gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux, même après 5 ans de détention.
Vos placements sont-ils logés dans les bonnes enveloppes depuis la hausse de 2026 ? Réservez un rendez-vous de conseil patrimonial : nous revoyons leur répartition et l'ordre de vos retraits.







