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Combien de temps pour une succession ? Au 31 octobre 2026, la loi ne fixe aucune durée globale pour régler une succession, mais elle impose des échéances : 4 mois pour choisir d’accepter ou de renoncer, 4 mois pour publier l’attestation immobilière une fois le notaire saisi, et 6 mois à compter du décès pour déposer la déclaration et payer les droits. En pratique, le dossier s’organise autour d’un horizon de six mois, plus long si un bien est à partager ou à vendre.

Combien de temps dure une succession en pratique ?

Il n’existe pas de « durée légale d’une succession ». Ce qui existe, ce sont des échéances qui s’enchaînent, chacune avec son point de départ. La plus connue est la déclaration de succession : 6 mois à compter du décès si la personne est décédée en France métropolitaine, 12 mois si elle est décédée à l’étranger. Les droits de succession se paient en même temps que le dépôt de la déclaration.

Le reste du calendrier dépend de la composition du patrimoine. Un patrimoine limité à quelques comptes est plus simple à régler. Un bien immobilier, une assurance-vie, une entreprise ou plusieurs héritiers en désaccord allongent le dossier. Cet article sépare ce qui est encadré par un délai légal de ce qui dépend de vous et de votre notaire.

Quelles sont les étapes d’une succession et leurs délais ?

ÉtapeDélai ou échéancePoint de départ
Choix d’accepter ou de renoncer4 mois pour réfléchir, puis 2 mois après une sommationOuverture de la succession (le décès)
Publication de l’attestation immobilière4 mois, prorogés d’un mois par service de publicité foncière supplémentaireJour où le notaire est requis
Déclaration de succession et paiement des droits6 mois (décès en France) ou 12 mois (décès à l’étranger)Décès
Déblocage des comptes du défuntDès que la banque reçoit l’acte de décès, dans la limite de 5 965 € pour certaines dépensesInformation de la banque
Partage entre héritiersAucun délai légal pour y procéderAccord entre héritiers

Combien de temps a-t-on pour accepter ou renoncer à une succession ?

L’héritier dispose de 4 mois à compter de l’ouverture de la succession pour choisir, et personne ne peut le contraindre à décider avant (article 771 du Code civil). Passé ce délai, un créancier, un cohéritier ou l’État peut le sommer de prendre parti : il a alors 2 mois pour décider ou demander un délai supplémentaire au juge (article 772). S’il se tait, il est réputé avoir accepté purement et simplement. S’il n’a jamais été sommé, il garde 10 ans maximum, après lesquels il est réputé avoir renoncé (article 780). Les trois options (acceptation pure et simple, acceptation à concurrence de l’actif net, renonciation) sont détaillées sur notre page accepter ou renoncer à une succession.

Quel est le délai pour la déclaration de succession ?

6 mois à compter du décès en France métropolitaine, 12 mois à l’étranger. Si le dernier jour tombe un dimanche ou un jour férié, l’échéance passe au jour ouvrable suivant. Les services fiscaux tolèrent un dépôt jusqu’à la fin du mois du sixième mois. Une dispense existe pour l’enfant, le conjoint, le partenaire de Pacs ou le parent lorsque l’actif brut est inférieur à 50 000 € et qu’il n’y a que des dons manuels ou donations déjà déclarés ou enregistrés. Pour les autres bénéficiaires, le seuil est de 3 000 €. Sans déclaration à déposer, aucun droit n’est dû. Le détail des formulaires est sur déclaration de succession : délais et formulaires.

Un dépôt tardif coûte 0,20 % par mois de retard, soit 2,4 % par an, avec une majoration de 10 % à 80 % selon la situation. Si la trésorerie manque pour régler les droits dans le délai, il existe des solutions décrites sur payer les droits de succession : différé, fractionné.

Les délais changent-ils à l’étranger ou outre-mer ?

Oui. Le lieu du décès modifie le délai de déclaration :

Lieu du décèsDélai de déclaration
France métropolitaine6 mois
Étranger12 mois
Guadeloupe, Guyane, Martinique6 mois si le décès a lieu dans le département de domicile, sinon 1 an
La Réunion6 mois si le décès a lieu à La Réunion ; 1 an à Madagascar, à l’île Maurice, en Europe ou en Afrique ; 2 ans dans les autres cas

La déclaration se dépose au centre des finances publiques du domicile du défunt. Si le défunt résidait à l’étranger, elle est reçue par le service des impôts des particuliers non résidents. Dans les deux cas, les droits se paient en même temps que le dépôt. Pour un patrimoine réparti entre plusieurs pays, lisez aussi la loi applicable à la succession d’un expatrié.

Quand faut-il un notaire, et quand le saisir ?

Le notaire est obligatoire dans trois situations : la succession comprend un bien immobilier (il établit l’attestation de propriété immobilière), l’actif atteint 5 965 € (il établit l’acte de notoriété qui prouve la qualité d’héritier), ou le défunt a laissé un testament ou une donation entre époux. En dessous de 5 965 € d’actif brut, une attestation signée par tous les héritiers suffit. Voir prouver sa qualité d’héritier.

Le moment de la saisine compte autant que l’obligation. Le délai de 4 mois pour publier l’attestation immobilière part du jour où le notaire est requis. Plus tôt il est saisi, plus tôt le calendrier est tenu.

Pourquoi une succession peut-elle durer plus d’un an ?

Quatre causes reviennent. Elles ne tiennent pas à la loi mais à l’organisation du dossier.

  • Un héritier introuvable ou en désaccord. Tant que la qualité d’héritier n’est pas établie par un acte de notoriété (obligatoire à partir de 5 965 € d’actif), rien ne se débloque.
  • Un patrimoine à l’étranger. Chaque pays a ses règles, ses délais et ses formalités.
  • Un bien à évaluer ou à vendre. Tant que le prix n’est pas arrêté, le partage reste ouvert.
  • L’indivision. Sans partage, les héritiers possèdent les biens ensemble. Les règles de sortie figurent sur indivision successorale : règles de gestion et sortie.

Que se passe-t-il pour l’argent du défunt pendant ce temps ?

Dès que la banque apprend le décès, elle bloque les comptes dont le défunt était seul titulaire. Trois catégories de dépenses peuvent être payées à partir du compte : les frais d’obsèques, les soins de la dernière maladie et les impôts dus par le défunt, dans la limite des fonds disponibles et de 5 965 €. La banque ne clôture les comptes qu’au règlement de la succession. Si le solde est inférieur à 5 965 € et qu’il n’y a pas de bien immobilier, un héritier peut clôturer seul le compte.

  • Compte joint : la convention de compte en règle le sort. En principe, il reste ouvert sauf opposition des héritiers du cotitulaire décédé.
  • Titres et PEA : ils sont bloqués. Sauf accord de tous les héritiers, la banque ne peut ni acheter ni vendre.
  • Frais bancaires de succession : ils sont plafonnés à 1 % du solde total des comptes et produits d’épargne du défunt, sans dépasser 857 €.

Le capital d’une assurance-vie, lui, suit sa propre procédure : voir assurance-vie : délai de versement au bénéficiaire.

Cas concret : deux enfants, un appartement à Lyon et des comptes

Situation. Mme Perrin, veuve, décède à Lyon le 12 janvier 2026. Elle laisse deux enfants, Claire et Julien. Son patrimoine comprend un appartement de 300 000 € et 60 000 € de comptes et d’épargne, soit 360 000 € au total.

Problème. Les enfants pensent que « tout se règle en quelques semaines » et ne contactent le notaire qu’en février. Ils ne savent pas quelles dates comptent.

Stratégie. Ils confient le dossier au notaire le 2 février 2026. Les échéances deviennent : choix d’accepter ou de renoncer avant le 12 mai 2026 (4 mois après le décès, délai de réflexion sans contrainte), publication de l’attestation immobilière au plus tard le 2 juin 2026 (4 mois après la saisine du notaire, un seul service de publicité foncière), déclaration de succession et paiement des droits au plus tard le 12 juillet 2026, soit 181 jours après le décès. Chaque enfant reçoit 180 000 €, soit 80 000 € imposables après l’abattement de 100 000 € par enfant.

Résultat chiffré. Les droits s’élèvent à 14 194,35 € par enfant, soit 28 388,70 € au total, à régler au dépôt de la déclaration. Si le dossier était déposé avec 3 mois de retard, l’intérêt de retard à 0,20 % par mois coûterait 170,33 €, hors majoration éventuelle. L’échéance de 6 mois est un plafond, pas une durée à viser : la déclaration peut être déposée plus tôt dès que les pièces sont réunies.

Deuxième cas : un décès à Genève

Situation. M. Aubert, veuf et domicilié à Lyon, décède à Genève lors d’un séjour le 3 mars 2026. Son fils unique, Hugo, hérite d’un appartement lyonnais de 230 000 € et de 50 000 € de comptes, soit 280 000 €.

Problème. La famille croit que la déclaration doit être déposée avant le 3 septembre 2026. Elle ignore que le décès à l’étranger ouvre un délai plus long, et que l’attestation immobilière, elle, obéit à son propre compteur.

Stratégie. Hugo saisit le notaire le 20 avril 2026. Le délai de réflexion pour accepter ou renoncer court jusqu’au 3 juillet 2026 (4 mois après le décès). L’attestation immobilière doit être publiée avant le 20 août 2026 (4 mois après la saisine). La déclaration de succession est due au plus tard le 3 mars 2027, soit 365 jours après le décès.

Résultat chiffré. Après l’abattement de 100 000 €, la base taxable est de 180 000 €. Les droits s’élèvent à 34 194,35 €. Un dépôt avec trois mois de retard (soit le 3 juin 2027) ajouterait 205,17 € d’intérêt de retard, hors majoration. Le délai de 12 mois est un avantage de calendrier, pas une raison d’attendre : l’attestation immobilière, elle, n’attend pas.

Quelles erreurs retardent le plus une succession ?

  • Attendre la fin du délai pour saisir le notaire, alors que l’attestation immobilière a son propre délai de 4 mois.
  • Confondre le délai de 4 mois pour choisir (aucune contrainte) et le délai de 6 mois pour déclarer et payer.
  • Vouloir vendre des titres du défunt avant l’accord de tous les héritiers : la banque ne peut pas les vendre.
  • Compter sur les comptes du défunt pour toutes les dépenses : seuls les obsèques, les soins de la dernière maladie et les impôts du défunt peuvent être payés, dans la limite de 5 965 €.
  • Oublier un compte, un contrat ou un bien lors du recensement : une déclaration incomplète se corrige, mais retarde le règlement.

Comment raccourcir une succession ?

  • Saisir le notaire dans les premières semaines, pas à la veille de l’échéance.
  • Rassembler d’emblée : acte de décès, livret de famille, contrat de mariage ou testament, relevés de comptes, contrats d’assurance-vie, titres de propriété.
  • Faire le point en famille sur le sort du bien immobilier : vendre, conserver, racheter la part des autres.
  • Avoir anticipé : une donation de son vivant et une clause bénéficiaire à jour réduisent le nombre de pièces à traiter. Voir droits de succession en ligne directe.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, aide les familles à préparer la transmission avant qu’elle ne se pose : cartographie du patrimoine, contrats d’assurance-vie, donations, coordination avec votre notaire. Si vous êtes déjà dans une succession, nous vous aidons à décider de la suite pour les placements et contrats du défunt. Prenez rendez-vous pour faire le point.

FAQ

Combien de temps dure une succession simple ?

La loi ne fixe pas de durée. Les échéances imposées vont de 4 mois (option de l’héritier, attestation immobilière) à 6 mois (déclaration et droits). Un dossier sans bien immobilier ni désaccord entre héritiers peut se régler plus vite, mais aucun délai n’est garanti.

Que risque-t-on si la déclaration de succession est déposée en retard ?

Un intérêt de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an, et une majoration de 10 % à 80 % selon la situation. Les droits dus doivent être payés au dépôt de la déclaration.

Peut-on accepter une succession après 4 mois ?

Oui. Le délai de 4 mois est un délai pendant lequel personne ne peut vous forcer à choisir. Ensuite, vous pouvez toujours opter tant que vous n’avez pas été sommé de le faire, dans la limite de 10 ans.

Les comptes bancaires du défunt sont-ils bloqués ?

Oui, dès que la banque connaît le décès. Les frais d’obsèques, les soins de la dernière maladie et les impôts du défunt peuvent toutefois être réglés, dans la limite des fonds disponibles et de 5 965 €.

Qui peut accélérer une succession bloquée ?

Un cohéritier, un créancier ou l’État peut sommer un héritier de prendre parti : il a alors 2 mois pour répondre. Le notaire coordonne les autres étapes.

Faut-il toujours déposer une déclaration de succession ?

Non. Pour un enfant, un conjoint, un partenaire de Pacs ou un parent, aucune déclaration n’est exigée si l’actif brut est inférieur à 50 000 € et qu’il n’y a que des dons manuels ou donations déjà déclarés. Pour les autres bénéficiaires, le seuil est de 3 000 €.

Quel délai si le décès a eu lieu à l’étranger ?

12 mois à compter du décès pour déposer la déclaration et payer les droits. L’attestation immobilière, elle, doit être publiée dans les 4 mois qui suivent la saisine du notaire.

Où dépose-t-on la déclaration de succession ?

Au centre des finances publiques du domicile du défunt. Si le défunt résidait à l’étranger, la déclaration est reçue par le service des impôts des particuliers non résidents.

Sources : « Déclaration de succession et paiement des droits » (service-public.gouv.fr, fiche F80, consultée le 31 octobre 2026) ; « Le recours à un notaire est-il obligatoire ? » (service-public.gouv.fr, fiche F1295, consultée le 31 octobre 2026) ; « Compte bancaire en cas de décès » (service-public.gouv.fr, fiche F1451, vérifiée le 22 juin 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Accepter ou renoncer à la succession » (service-public.gouv.fr, fiche F1199, consultée le 30 octobre 2026) ; « Barème des droits en ligne directe » (service-public.gouv.fr, fiche F14198, consultée le 30 octobre 2026) ; Code civil, articles 771, 772 et 780 (legifrance.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; décret n° 55-22 du 4 janvier 1955, article 33 (legifrance.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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