Au 1er novembre 2026, aucun placement ne verse un revenu garanti chaque mois. Avec 200 000 € et une tranche d’impôt à 30 %, le revenu mensuel net estimé va d’environ 284 € (location nue) à 564 € (obligation d’État à 10 ans), en passant par 362 € (assurance-vie) et 432 € (SCPI). Le plus élevé n’est pas le meilleur.
Quel investissement rapporte de l’argent tous les mois ?
Posons la question autrement : quel placement vous verse de l’argent à intervalles réguliers, pour quel montant net, et à quel risque ? Il y en a cinq. Trois paient de façon naturelle (SCPI, loyers, rachats programmés d’assurance-vie), deux paient une ou quelques fois par an (obligations, dividendes), et vous lissez vous-même.
Voici le résultat pour 200 000 € placés, calculé avec les hypothèses détaillées plus bas. Le revenu est net d’impôt, pour un contribuable à 30 % de tranche marginale d’imposition.
| Solution | Revenu brut par an | Impôt et prélèvements | Net par an | Net par mois |
|---|---|---|---|---|
| Obligation d’État à 10 ans (OAT) | 9 860 € | 3 096 € | 6 764 € | 564 € |
| SCPI | 9 820 € | 4 635 € | 5 185 € | 432 € |
| Actions à dividendes (compte-titres) | 7 000 € | 2 198 € | 4 802 € | 400 € |
| Assurance-vie, fonds en euros, rachats programmés | 5 260 € | 917 € | 4 343 € | 362 € |
| Location nue en direct | 8 000 € de loyers | 2 423 € d’impôt, plus 2 167 € de vacance, taxe foncière et charges | 3 410 € | 284 € |
Notre position : ne choisissez pas la ligne la plus haute. Le revenu le plus élevé a un prix : l’obligation vous immobilise dix ans ou vous expose à un prix de revente incertain, et son coupon tombe une fois par an. Le bon objectif est un revenu mensuel que vous pouvez tenir dix ans sans toucher au capital.
Sur quelles hypothèses reposent ces calculs ?
Un revenu « estimé » n’a de valeur que si ses hypothèses sont écrites. Les voici, avec leur source quand elle existe. Aucune n’est une promesse : ce sont des taux observés ou des valeurs de travail.
| Solution | Hypothèse retenue | Origine |
|---|---|---|
| SCPI | Taux de distribution de 4,91 %, imposé en revenus fonciers (barème + 17,2 %) | ASPIM, taux de distribution 2025 ; impots.gouv.fr |
| Assurance-vie | Fonds en euros à 2,63 %, rachat annuel égal aux intérêts nets de prélèvements sociaux | ACPR, revalorisation 2025 ; impots.gouv.fr |
| Location nue | Loyer brut de 4 % du capital, un mois de vacance par an, taxe foncière de 900 €, charges non récupérables de 600 €, micro-foncier | Valeurs de travail du cabinet ; régime fiscal : impots.gouv.fr |
| Obligation | OAT à 10 ans achetée au pair, coupon de 4,93 %, imposé au PFU de 31,4 % | Agence France Trésor, indice TEC 10 du 30 octobre 2026 ; economie.gouv.fr |
| Dividendes | 3,5 % de dividendes par an sur un compte-titres, PFU de 31,4 % | Valeur de travail du cabinet |
Les frais de courtage ne sont pas déduits. Dans la location, le capital de 200 000 € s’entend frais de notaire compris. Pour une comparaison des rendements avant le calcul du revenu mensuel, voyez quel placement rapporte le plus en 2026.
La SCPI verse-t-elle un revenu régulier ?
Oui, c’est sa fonction. Une SCPI distribue les loyers de son parc immobilier, chaque mois ou chaque trimestre selon la SCPI. L’ASPIM, l’association professionnelle du secteur, publie un taux de distribution moyen de 4,91 % pour 2025, en hausse de 0,19 point sur 2024. La moyenne cache un écart : de 4,2 % pour les SCPI résidentielles à 6 % pour les SCPI diversifiées.
Sur 200 000 €, cela donne 9 820 € par an avant impôt. Les loyers de SCPI sont des revenus fonciers : barème de l’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux, selon l’administration fiscale. À 30 % de tranche, le total est de 47,2 %, soit 4 635 € d’impôt et 5 185 € nets, ou 432 € par mois. À 11 % de tranche, le net monte à 588 € par mois ; à 41 %, il tombe à 342 €. La SCPI est donc un placement de contribuable peu imposé.
Les risques tiennent en trois faits, dont deux chiffrés par l’ASPIM pour 2025 :
- Le revenu n’est pas garanti : en 2025, 50 % des SCPI ont réduit leur dividende, avec une baisse moyenne pondérée de 10 %.
- Le capital n’est pas garanti : le prix de la part peut baisser.
- La sortie peut être lente : au 31 décembre 2025, les parts en attente de rachat représentaient 2,8 milliards €, soit 3,1 % de la capitalisation du marché. Quinze SCPI en concentraient environ les trois quarts.
La conclusion pratique : une SCPI se garde dix ans, avec de l’argent dont vous n’aurez pas besoin. Les fondamentaux sont dans notre article sur les SCPI, le calcul du rendement dans la rentabilité d’une SCPI et le choix d’un véhicule dans comment choisir une SCPI.
L’assurance-vie peut-elle verser une rente chaque mois ?
Oui, avec les rachats programmés : vous fixez un montant et une date, l’assureur vire chaque mois une somme prélevée sur votre contrat. Ce n’est pas un revenu au sens strict, c’est un retrait. Mais sa fiscalité est la plus douce des cinq solutions.
Un rachat n’est imposé que sur la part de gains qu’il contient. Au-delà de 8 ans, l’impôt sur le revenu s’applique à 7,5 % sur la part correspondant à des versements jusqu’à 150 000 € (12,8 % au-delà), après un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple. Les prélèvements sociaux sont de 17,2 % (impots.gouv.fr, economie.gouv.fr). Sur le fonds en euros, ils sont prélevés chaque année sur les intérêts crédités.
Le rendement, lui, est modeste. Selon l’ACPR, le taux moyen de revalorisation des fonds en euros des contrats individuels s’établit à 2,63 % en 2025, net de prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux. Sur 200 000 €, c’est 5 260 € d’intérêts, 905 € de prélèvements sociaux, soit 4 355 € à retirer sans entamer le capital. La première année, l’impôt sur le revenu ne porte que sur 93 € de gains contenus dans les rachats : 12 € d’impôt. Le net est de 4 343 €, soit 362 € par mois. Après 8 ans, l’abattement efface l’impôt sur le revenu : 363 € par mois.
Avantage : le fonds en euros garantit le capital, par l’assureur. Limite : 362 € par mois, c’est 70 € de moins qu’avec une SCPI. Vous payez la sécurité et la souplesse. Sur les unités de compte, le capital n’est pas garanti.
La location en direct rapporte-t-elle vraiment tous les mois ?
Elle encaisse tous les mois, quand le logement est loué. C’est le seul de ces placements dont le revenu dépend d’une personne, le locataire, et d’un bien, qui vieillit.
Prenons 200 000 € investis dans un logement loué nu, frais de notaire compris. Un loyer brut de 4 % donne 8 000 € par an, soit 667 € par mois. Avec un mois de vacance, vous encaissez 7 333 €. Retirez 900 € de taxe foncière et 600 € de charges non récupérables : il reste 5 833 € avant impôt.
Le micro-foncier s’applique aux loyers de moins de 15 000 € par an, avec un abattement forfaitaire de 30 %. La base imposable est de 5 133 € (70 % de 7 333 €), imposée à 30 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux : 2 423 €. Il reste 3 410 € par an, soit 284 € par mois. Soit 1,7 % net du capital.
La location donne moins que les autres, pour plus de travail : choix du locataire, travaux, impayés. Elle garde un autre intérêt, celui d’un actif réel que vous contrôlez. Le face-à-face complet avec la SCPI est dans SCPI ou location en direct.
Une obligation peut-elle remplacer un salaire ?
Les obligations rapportent beaucoup en 2026, et c’est la ligne la plus haute du tableau. Le rendement de l’OAT à 10 ans (indice TEC 10) était de 4,93 % le 30 octobre 2026, selon l’Agence France Trésor. Acheté au pair, un titre de 200 000 € verse 9 860 € de coupon par an, soit 6 764 € nets après le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Cela fait 564 € par mois, à condition de les mettre de côté vous-même : le coupon tombe une fois par an.
Trois faits à retenir :
- Le capital est remboursé à l’échéance, 10 ans plus tard, si vous gardez le titre jusque-là.
- Si vous revendez avant, le prix dépend des taux du moment. Quand les taux montent, le prix baisse : vous pouvez perdre du capital.
- Le coupon est fixe. Il ne suit pas le coût de la vie, ce qui érode sa valeur réelle sur dix ans.
L’obligation convient à ceux qui veulent un revenu connu à l’avance et qui n’ont pas besoin du capital avant l’échéance.
Peut-on vivre de dividendes ?
C’est possible, mais c’est le revenu le moins prévisible des cinq. Un dividende est une décision du conseil d’une entreprise, votée chaque année, et une entreprise peut le réduire ou le supprimer. Les actions peuvent aussi baisser : le capital n’est pas garanti.
Avec une hypothèse de 3,5 % de dividendes, 200 000 € rapportent 7 000 € par an. Sur un compte-titres, le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en prend 2 198 €. Il reste 4 802 €, soit 400 € par mois. Cette hypothèse est une valeur de travail, pas une statistique de marché.
L’enveloppe change le résultat. Dans un PEA, les dividendes ne sont pas imposés tant que vous ne retirez rien, et après 5 ans un retrait ne supporte que 18,6 % de prélèvements sociaux, sans impôt sur le revenu. Le plafond de versements est de 150 000 €. Vous trouverez les règles dans notre page sur les plafonds, retraits et la fiscalité du PEA.
Cas concret : 200 000 € après la vente d’un local professionnel
Situation. Hélène, cheffe d’entreprise lyonnaise de 58 ans, a vendu un local professionnel. Elle dispose de 200 000 € et veut un complément de revenu mensuel qu’elle puisse tenir jusqu’à sa retraite. Sa tranche marginale d’imposition est de 30 %.
Problème. Elle hésite entre acheter un studio à louer et placer l’argent. Elle a besoin que la somme reste disponible en partie : une année creuse dans son entreprise peut l’obliger à puiser dans le capital.
Stratégie. Nous répartissons les 200 000 € en quatre poches de 50 000 € : une SCPI pour le revenu foncier, un contrat d’assurance-vie en fonds euros avec rachats programmés pour la souplesse, une obligation d’État pour un revenu connu à l’avance, un portefeuille d’actions à dividendes pour la croissance. La poche SCPI se détient dix ans. Les trois autres se récupèrent plus vite : une obligation ou des actions cotées se vendent sur le marché, un contrat d’assurance-vie se rachète auprès de l’assureur.
| Poche de 50 000 € | Net par mois |
|---|---|
| SCPI | 108,0 € |
| Assurance-vie, fonds en euros | 90,5 € |
| Obligation d’État à 10 ans | 140,9 € |
| Actions à dividendes | 100,1 € |
| Total | 439,5 € |
Résultat. Le panier verse environ 440 € nets par mois, soit 5 274 € par an et 2,64 % net du capital. Le studio loué en direct aurait rapporté 284 € par mois sur les mêmes hypothèses. Hélène gagne environ 155 € par mois et garde les trois quarts de son capital disponible. Les chiffres sont une simulation : les rendements réels varient et le capital n’est pas garanti, sauf sur le fonds en euros.
Quels sont les risques de chaque solution ?
- SCPI : revenu et prix de la part variables, délai de revente pouvant atteindre plusieurs mois quand des parts sont en attente.
- Assurance-vie : capital garanti par l’assureur sur le fonds en euros, non garanti sur les unités de compte. Rendement faible.
- Location : vacance, impayés, travaux, taxe foncière. Bien difficile à revendre vite.
- Obligation : perte en capital si revente avant l’échéance après une hausse des taux ; coupon fixe face à la hausse des prix.
- Dividendes : dividende réduit ou supprimé, baisse des cours.
Questions fréquentes sur les revenus mensuels
Quel placement donne un revenu complémentaire mensuel sans entamer le capital ?
Les SCPI et les loyers distribuent un revenu sans vendre le bien. L’assurance-vie le permet si le rachat programmé reste égal aux intérêts. Le capital reste intact seulement si le retrait ne dépasse pas le revenu et si le prix du support ne baisse pas.
Combien faut-il pour toucher 1 000 € nets par mois ?
Avec le panier de notre exemple, qui rapporte 2,64 % net, il faut environ 455 000 € pour 1 000 € par mois (12 000 ÷ 2,64 %). Avec uniquement des obligations d’État à 4,93 % brut (3,38 % net), la somme tombe à environ 355 000 €.
Une SCPI verse-t-elle chaque mois ou chaque trimestre ?
Cela dépend de la société de gestion : certaines versent un acompte mensuel, d’autres trimestriel. Le taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 est annuel, et le rythme de versement ne change pas le revenu de l’année.
Les revenus d’une SCPI sont-ils très imposés ?
Ils sont imposés comme des loyers : barème de l’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux. À 30 % de tranche, la charge est de 47,2 %. C’est la fiscalité la plus lourde des cinq solutions pour un contribuable de cette tranche.
L’assurance-vie est-elle imposée à chaque rachat programmé ?
Oui, mais seulement sur la part de gains contenue dans chaque rachat. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple) s’applique avant l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
Sources : ASPIM, « Collecte et performance des fonds immobiliers grand public en 2025 », consulté le 1er novembre 2026 ; ACPR, Analyses et synthèses n° 180, « Revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation », consulté le 1er novembre 2026 ; Agence France Trésor, indice TEC 10 du 30 octobre 2026, consulté le 1er novembre 2026 ; impots.gouv.fr, « Je donne un bien en location. Dois-je payer des prélèvements sociaux ? » (modifiée le 17 juillet 2026) et « Je mets en location un logement vide. Comment déclarer les loyers perçus ? » (modifiée le 10 juillet 2026), consultés le 1er novembre 2026 ; impots.gouv.fr, « Comment sont imposés les produits des contrats d’assurance-vie depuis le 1er janvier 2018 ? » (modifiée le 20 mars 2026), consulté le 1er novembre 2026 ; economie.gouv.fr, « Comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ? » (écrite le 20 octobre 2026), consulté le 1er novembre 2026.
Ce que fait Balmont Conseil
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