Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous
Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous

En résumé

Le Girardin industriel est une réduction d’impôt sur le revenu prévue par l’article 199 undecies B du CGI. Elle est réservée aux contribuables domiciliés en France qui financent un bien productif neuf exploité outre-mer. Le taux de base est de 38,25 %. Dans le montage locatif avec 66 % de l’avantage rétrocédé à l’exploitant, il est de 45,3 %, et il atteint 63,42 % dans les cas majorés. L’avantage est obtenu en une fois : si la réduction dépasse l’impôt dû, le solde n’est pas remboursé mais se reporte jusqu’à la cinquième année suivante. Les fonds apportés ne reviennent pas à l’investisseur, et l’administration peut reprendre la réduction si une condition cesse d’être remplie.

Comment fonctionne un Girardin industriel ?

L’investisseur ne finance pas directement une entreprise ultramarine. Il entre au capital d’une société de portage. Celle-ci achète un bien neuf, corporel et amortissable (matériel, équipement), puis le loue à une société exploitante. L’exploitant l’utilise dans une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale.

  • La société de portage loue le bien à l’exploitant pendant 5 ans minimum.
  • À l’issue de la location, l’exploitant rachète les parts ou le bien à un prix symbolique.
  • Un monteur, souvent un cabinet spécialisé, organise l’opération.
  • Pour certains programmes, un agrément préalable de l’administration est exigé : au-delà de 1 000 000 € de programme, ou au-delà de 250 000 € si le contribuable ne participe pas à l’exploitation.

Pour un bien mobilier, la réduction est accordée au titre de l’année de début d’exploitation.

Quel est le taux de la réduction d’impôt ?

Le taux s’applique au montant hors taxes et hors frais de l’investissement, diminué des aides publiques. Le barème publié au BOFiP donne les taux suivants pour 2025, repris par l’article 199 undecies B dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2026.

SituationInvestissement directSchéma locatif, rétrocession 66 %Schéma locatif, rétrocession 56 %
Taux de base38,25 %45,3 %44,12 %
Guyane, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna45,9 %54,36 %52,95 %
Énergie renouvelable (taux de base)45,9 %54,36 %52,95 %
Énergie renouvelable dans les territoires ci-dessus53,55 %63,42 %61,77 %

Qui peut profiter d’un Girardin industriel ?

La condition légale est le domicile fiscal en France au sens de l’article 4 B du CGI. Un expatrié qui n’est plus domicilié fiscalement en France ne peut pas utiliser la réduction. Notre article sur l’article 4B du CGI et la résidence fiscale détaille ce critère.

Il faut aussi un impôt sur le revenu à absorber. Les foyers concernés sont ceux qui paient un impôt élevé : professions libérales à fort bénéfice, chefs d’entreprise imposés à l’impôt sur le revenu.

Le plafonnement global des avantages fiscaux s’applique (article 200-0 A du CGI). Les réductions de l’article 199 undecies B sont exclues du plafond de 10 000 € et comptent dans le plafond de 18 000 €. Pour certains investissements visés par le texte, elles ne sont retenues que pour 34 % ou 44 % de leur montant. Pour mesurer l’effet sur votre impôt, utilisez notre simulateur Girardin industriel. Notre page défiscalisation présente les autres dispositifs.

Quels sont les risques d’un Girardin industriel ?

L’AMF insiste sur le fait que ces produits ne sont pas des placements financiers classiques. Leur rentabilité ne dépend pas de la performance économique : les apports ne sont pas remboursés en fin de période.

  • Reprise de la réduction. L’administration peut la reprendre si une condition n’est plus remplie, même sans faute de l’investisseur : cession de la participation avant 5 ans, non-exploitation continue du bien, investissement non éligible.
  • Risques d’exploitation. Impayés de loyers, non-exploitation, non-livraison du bien. Les assurances ne suppriment pas le risque de requalification.
  • Détournement des fonds. L’AMF cite un investisseur d’un Girardin industriel qui a perdu l’intégralité de son apport.
  • Responsabilité indéfinie. Si la société de portage est une SNC, les associés répondent indéfiniment et solidairement des dettes.

L’agrément fiscal ne supprime pas le risque de requalification, car l’administration peut contrôler l’opération après coup. Pour un Girardin logement social, l’AMF relate le cas d’un investisseur qui a dû rembourser 23 109 € alors qu’il avait investi 17 837 €.

Exemple chiffré : un foyer à 12 000 € d’impôt

Situation. Cas type, à titre illustratif. Un foyer fiscal domicilié en France doit 12 000 € d’impôt sur le revenu.

Problème. Il veut réduire fortement son impôt de l’année, dans la limite du plafond global, en sachant que son apport ne lui sera pas restitué.

Stratégie. Il souscrit à une société de portage dans un montage locatif avec 66 % de rétrocession. Sa quote-part de la base éligible est de 36 000 €, au taux de 45,3 %. L’apport demandé est fixé, dans cet exemple fictif, à 13 000 €.

Résultat. La réduction est de 16 308 €, soit moins que le plafond de 18 000 €. L’impôt de l’année tombe à 0 € et 4 308 € se reportent sur les années suivantes. Le gain maximal est de 3 308 €, si le report est entièrement utilisé. En cas de reprise, il faudrait rendre 16 308 €, soit 17 938,80 € avec une majoration de 10 % comme dans le cas décrit par l’AMF, avant intérêts de retard.

ÉtapeCalculMontant
Réduction d’impôt36 000 € × 45,3 %16 308 €
Réduction imputée cette annéeImpôt dû12 000 €
Excédent reporté16 308 € − 12 000 €4 308 €
Gain maximal (apport fictif 13 000 €)16 308 € − 13 000 €3 308 €
Somme à rendre en cas de reprise, majoration de 10 %16 308 € × 1,1017 938,80 €

L’avis d’Alexis Sagnier : le montage compte plus que le taux

Le taux affiché ne dit rien de la solidité de l’opération. Avant de souscrire, il faut examiner l’exploitant, le monteur, les garanties contractuelles et le montant que vous perdriez en cas de reprise. Le dispositif n’a de sens que pour un foyer dont l’impôt est suffisamment élevé pour absorber la réduction.

Questions fréquentes

Le Girardin industriel est-il rentable ?

Le gain se limite à l’écart entre la réduction d’impôt et la somme apportée. Il n’y a ni revenu ni capital restitué. Le résultat dépend du prix de l’apport fixé par le montage.

Combien de temps faut-il conserver l’investissement ?

Cinq ans minimum pour le portage et l’exploitation. Selon l’investissement, la durée peut être de 7, 10 ou 15 ans. Une cession avant le terme entraîne la reprise de la réduction.

Un expatrié peut-il faire un Girardin ?

Non, sauf s’il reste domicilié fiscalement en France au sens de l’article 4 B du CGI. La réduction est réservée aux contribuables domiciliés en France.

Le Girardin industriel existe-t-il encore en 2026 ?

Oui. L’article 199 undecies B, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2026, s’applique aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029 dans les territoires visés.

Que se passe-t-il si la réduction dépasse mon impôt ?

Le solde n’est pas remboursé. Il peut être reporté jusqu’à la cinquième année suivante.

Sources

Conseil patrimonial Balmont

Holding patrimoniale

Pour aller plus loin dans la structuration de vos revenus, consultez notre guide sur les avantages d’une holding pour le chef d’entreprise.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
✕