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Épargne et placements

Livrets et plans d’épargne : les conditions de résidence en France

Les produits d’épargne réglementée ne posent pas tous la même condition de résidence. D’après les fiches officielles consultées, le LDDS et le LEP exigent un domicile fiscal en France, et le livret jeune demande de résider en France à titre habituel. La fiche de service-public.gouv.fr sur les prélèvements sociaux écrit en outre que, si le domicile fiscal est hors de France, on ne peut pas détenir ces trois livrets. Le Livret A et le PEL n’ont pas de condition de résidence écrite à l’ouverture. Pour le LEP, la fiche prévoit en plus la clôture d’office par la banque quand le titulaire ne remplit plus la condition de domicile fiscal.

Ce que cette page ne traite pas

  • La procédure de clôture après un départ de France (démarches, délais, sort des intérêts). Pour le LDDS, les fiches consultées ne la détaillent pas. Elle se demande à votre banque, avant le départ.
  • Le Livret A, le PEL et le CEL après un départ de France. Les fiches consultées ne traitent pas ce cas. Cette page n’en tire aucune règle.
  • L’impôt sur le revenu des intérêts perçus par un non-résident. Aucune des fiches consultées ne le traite.
  • Les plafonds de revenu du LEP. Ils font l’objet de la page consacrée au LEP.

Ce que dit la fiche sur les non-résidents

La fiche de service-public.gouv.fr sur les prélèvements sociaux (vérifiée le 30/06/2026) contient une section « Non résident fiscal français ». Elle y écrit : « Si votre domicile fiscal est hors de France, vous ne pouvez pas détenir les produits suivants : ». Elle liste ensuite le « Livret de développement durable » (LDD), le « Livret jeune » et le « Livret d’épargne populaire » (LEP).

L’intitulé de la fiche est « Livret de développement durable ». Nous le rapprochons du LDDS étudié dans cette page : relisez la fiche pour le vérifier.

La règle est formulée en domicile fiscal, pas en nationalité. Le Livret A, le PEL, le CEL, le compte sur livret et le PEAC ne figurent pas dans cette liste.

Produit par produit : ce que disent les fiches

ProduitCondition écrite dans la ficheSource
Livret A« il n’y a pas de condition d’âge, de nationalité, ou de résidence fiscale en France »service-public.gouv.fr, vérifié le 01/08/2026
LDDS« il faut avoir son domicile fiscal en France »service-public.gouv.fr, vérifié le 01/08/2026
LEP« Pour ouvrir et détenir un LEP, il faut être fiscalement domicilié en France. »service-public.gouv.fr, vérifié le 01/08/2026
Livret jeune« résider en France à titre habituel »economie.gouv.fr, écrit le 29/07/2026
PEL« il n’y a pas de condition d’âge, de résidence ou de nationalité »service-public.gouv.fr, vérifié le 09/10/2026
CELaucune condition de résidence mentionnéeservice-public.gouv.fr, vérifié le 01/08/2026
Compte sur livret bancaire« Il n’y a pas condition d’âge ou de nationalité ou de résidence. »service-public.gouv.fr, vérifié le 01/01/2026
PEAC« Le titulaire doit obligatoirement résider en France et être âgé de moins de 21 ans lors de l’ouverture d’un PEAC. »economie.gouv.fr, écrit le 18/09/2026

Une fiche qui ne mentionne aucune condition de résidence ne dit pas que la condition n’existe pas, ni qu’elle existe. Pour le CEL, c’est le cas : les fiches consultées sont muettes.

Le Livret A

La fiche de service-public.gouv.fr écrit qu’il n’y a pas de condition d’âge, de nationalité ou de résidence fiscale en France. La page de présentation d’economie.gouv.fr ne mentionne, elle, aucune condition de résidence.

Aucune des deux ne traite le cas d’un titulaire qui quitte la France. La fiche sur les prélèvements sociaux range les intérêts du Livret A parmi les revenus non soumis aux prélèvements sociaux pour un non-résident, et ne cite pas le Livret A dans sa liste de produits non détenables hors de France. Cette page n’en tire aucune règle sur la conservation du livret après un départ.

Le LDDS

Selon economie.gouv.fr, le LDDS s’ouvre notamment pour « Toute personne majeure ayant son domicile fiscal en France ». La même page prévoit aussi le cas des mineurs qui disposent de revenus personnels et ne sont plus rattachés fiscalement au foyer de leurs parents. La fiche de service-public.gouv.fr ajoute qu’il n’y a pas de condition de revenus ni de nationalité. Un LDDS par contribuable, et un par époux ou partenaire de Pacs à imposition commune.

Pour un titulaire dont le domicile fiscal est hors de France, la fiche sur les prélèvements sociaux écrit qu’on ne peut pas détenir le livret de développement durable (voir plus haut). Ce que la banque fait concrètement du livret (clôture, délai) n’est pas détaillé dans la fiche de service-public.gouv.fr sur le LDDS ni dans la page d’economie.gouv.fr. Demandez-le à votre banque avant le départ.

Le LEP

Pour le LEP, deux textes se rejoignent. La fiche de service-public.gouv.fr sur le LEP exige d’être fiscalement domicilié en France « pour ouvrir et détenir » le livret, et prévoit que la banque a l’obligation de clôturer d’office un LEP dans plusieurs cas. L’un d’eux : « Le titulaire ne remplit plus les conditions de revenus ou de domicile fiscal pour bénéficier du LEP ». La fiche sur les prélèvements sociaux range, de son côté, le LEP parmi les produits qu’on ne peut pas détenir si le domicile fiscal est hors de France.

La page d’economie.gouv.fr parle d’une ouverture « réservée aux foyers fiscaux résidant en France ».

Ces fiches raisonnent en domicile fiscal. Aucune ne traite spécifiquement les Français établis à l’étranger.

Le livret jeune

Le livret jeune s’adresse aux 12-25 ans. Il faut y résider en France à titre habituel. Il est clôturé automatiquement l’année des 25 ans du titulaire.

La fiche de service-public.gouv.fr contient une règle générale : « Si les conditions fixées à l’ouverture du livret ne sont plus respectées, la banque a interdiction de conserver le livret. » La phrase suivante précise que la banque clôturera le livret jeune. Cette fiche ne mentionne pas elle-même le cas d’un départ de France.

La fiche sur les prélèvements sociaux écrit de son côté que, si le domicile fiscal est hors de France, on ne peut pas détenir de livret jeune. La procédure concrète (délai, démarches) se demande à la banque.

Le PEL et le CEL

Pour le PEL, les deux sources écrivent la même chose : pas de condition d’âge, de résidence ou de nationalité. Il n’est pas possible de détenir plusieurs PEL.

Pour le CEL, les fiches ne mentionnent aucune condition de résidence. Elles ne traitent pas non plus le cas d’un non-résident ni celui d’un départ de France.

Le PEL est conclu pour une durée minimale de 4 ans. Après 4 ans, il peut être prolongé d’année en année jusqu’à la durée maximale de 10 ans depuis son ouverture (service-public.gouv.fr, vérifié le 09/10/2026). Les fiches consultées ne traitent pas le cas d’un changement de résidence en cours de plan.

Le PEAC

Le plan d’épargne avenir climat (PEAC) a une condition de résidence explicite : le titulaire doit résider en France et avoir moins de 21 ans à l’ouverture. La condition est posée à l’ouverture. Les pages consultées ne disent pas ce qu’elle devient ensuite.

Les prélèvements sociaux d’un non-résident

La fiche de service-public.gouv.fr sur les prélèvements sociaux, vérifiée le 30/06/2026, contient une section pour les personnes fiscalement domiciliées hors de France. Elle y range parmi les revenus non soumis aux prélèvements sociaux les intérêts du Livret A, les intérêts d’un livret d’épargne-entreprise et les revenus de l’épargne logement (CEL et PEL).

Cette page ne donne aucun taux de prélèvements sociaux. Elle ne donne pas non plus l’impôt sur le revenu des intérêts d’un non-résident : reportez-vous à la fiche citée, à sa date.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Un cadre célibataire, domicilié fiscalement en France, prépare un départ à l’étranger dans douze mois. Il détient un Livret A à 22 950 €, un LDDS à 12 000 € et un LEP à 10 000 €. Ces montants sont les plafonds de dépôt, hors intérêts capitalisés. On suppose que son revenu fiscal de référence est sous le plafond du LEP, que son domicile fiscal reste en France jusqu’au départ et que les taux en vigueur au 01/08/2026 restent constants sur douze mois.

Problème. Quelle part de son épargne repose sur des produits que la fiche sur les non-résidents cite parmi ceux qu’on ne peut pas détenir si le domicile fiscal est hors de France ?

Stratégie. Classer chaque produit selon cette fiche (LDDS et LEP cités, Livret A non cité). Calculer l’encours concerné et les intérêts annuels correspondants, avec les taux de 1,7 % pour le Livret A et le LDDS et de 2,5 % pour le LEP (communiqué du ministère de l’économie du 15/07/2026, entrée en vigueur au 01/08/2026).

Résultat.

ProduitEncoursTauxIntérêts annuelsCité parmi les produits non détenables hors de France
Livret A22 950 €1,7 %390,15 €non
LDDS12 000 €1,7 %204,00 €oui
LEP10 000 €2,5 %250,00 €oui
Total44 950 €844,15 €

Sur 44 950 €, 22 000 € (48,9 %) reposent sur des produits que la fiche cite parmi ceux qu’on ne peut pas détenir si le domicile fiscal est hors de France. Ils portent 454,00 € d’intérêts annuels sur 844,15 €. Les fiches ne détaillent pas la procédure de clôture ni les délais : c’est la question à poser à la banque avant le départ.

Ce profil est fictif. Les taux sont supposés constants, ce qui n’est pas acquis : le communiqué du 15/07/2026 indique que le taux du Livret A est réévalué tous les six mois. Les chiffres illustrent un mécanisme et ne présagent d’aucun résultat.

Ce qui change selon votre cas

  • Le produit détenu : la condition de résidence n’est pas la même pour chaque livret.
  • La date de votre départ, et la date à laquelle votre domicile fiscal quitte la France.
  • Votre banque, qui est l’interlocuteur pour la procédure de clôture et les délais.
  • L’âge du titulaire, pour le livret jeune et le PEAC.
  • Votre revenu fiscal de référence, pour le LEP.

La règle dépend de votre situation, à vérifier avant de décider. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Peut-on ouvrir un Livret A sans avoir son domicile fiscal en France ?

La fiche de service-public.gouv.fr écrit qu’il n’y a pas de condition de résidence fiscale en France pour détenir un Livret A. La fiche sur les prélèvements sociaux ne cite pas le Livret A parmi les produits qu’on ne peut pas détenir si le domicile fiscal est hors de France.

Que devient mon LDDS si je quitte la France ?

La fiche de service-public.gouv.fr sur les prélèvements sociaux écrit que, si votre domicile fiscal est hors de France, vous ne pouvez pas détenir le livret de développement durable. Les fiches du LDDS ne détaillent pas la procédure de clôture ni les délais. Interrogez votre banque avant le départ.

Mon LEP est-il clôturé si je pars vivre à l’étranger ?

La fiche du LEP prévoit que la banque a l’obligation de clôturer d’office un LEP quand le titulaire ne remplit plus les conditions de revenus ou de domicile fiscal. La fiche sur les prélèvements sociaux écrit qu’on ne peut pas détenir de LEP si le domicile fiscal est hors de France. Votre cas se vérifie sur votre dossier et auprès de votre banque.

Un PEL a-t-il une condition de résidence ?

À l’ouverture, non : economie.gouv.fr et service-public.gouv.fr écrivent qu’il n’y a pas de condition d’âge, de nationalité ou de résidence.

Les intérêts d’un non-résident sont-ils soumis aux prélèvements sociaux ?

La fiche de service-public.gouv.fr (vérifiée le 30/06/2026) classe les intérêts du Livret A et les revenus de l’épargne logement parmi les revenus non soumis pour une personne fiscalement domiciliée hors de France. Elle ne traite pas l’impôt sur le revenu.

Faire le point avant un départ

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Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles