En résumé…
Un travailleur non salarié dispose d'un plafond de déduction PER sans commune mesure avec celui d'un salarié : jusqu'à 88 911 € par an en 2026, contre 37 680 € au maximum pour un salarié. Avec 150 000 € de bénéfice, le plafond atteint 30 291 €, soit 12 419 € d'impôt en moins dans la tranche à 41 %. Encore faut-il le calculer sur le bon bénéfice et verser à temps.
1. Le plafond de l'article 154 bis
Les versements des travailleurs non salariés sur un PER sont déductibles de leur revenu professionnel imposable (BIC, BNC ou rémunération de gérant majoritaire) dans une limite propre fixée par l'article 154 bis du CGI. Elle se compose de deux étages.
Premier étage : 10 % du bénéfice, retenu dans la limite de 8 PASS, soit 384 480 € en 2026. Second étage : 15 % supplémentaires sur la fraction du bénéfice comprise entre 1 PASS (48 060 €) et 8 PASS (384 480 €). Le plancher est de 4 806 €, le plafond de 88 911 €.
2. Le calcul sur 150 000 € de bénéfice
10 % × 150 000 € = 15 000 €. 15 % × (150 000 € − 48 060 €) = 15 291 €. Plafond total : 30 291 €.
Dans la tranche marginale à 41 %, un versement de 30 291 € réduit l'impôt de 12 419 €. Le second étage fait plus que doubler le plafond : sans lui, la déduction s'arrêterait à 15 000 €.
3. Cas concret
Situation. Une avocate associée de 46 ans, 150 000 € de bénéfice en BNC, imposée dans la tranche à 41 %. Elle verse 5 000 € par an sur son PER.
Problème. Elle raisonne avec un plafond de salarié. Son versement n'utilise qu'une fraction de son plafond de 30 291 € et ne réduit son impôt que de 2 050 €.
Stratégie. Calcul du plafond 154 bis sur le bénéfice estimé de l'année, puis versement de 30 291 € avant le 31 décembre, investi selon son horizon de retraite.
Résultat. 12 419 € d'impôt en moins au lieu de 2 050 €, soit 10 369 € d'économie supplémentaire sur l'année.
4. Les points de vigilance
Le plafond se calcule chaque année sur le bénéfice de l'année. Un bénéfice en hausse ouvre une enveloppe plus large ; une année creuse la réduit, dans la limite du plancher de 4 806 €.
Le bénéfice n'est connu qu'à la clôture. Pour un exercice calé sur l'année civile, le versement se fait avant le 31 décembre sur un bénéfice estimé : un chiffrage serré évite de verser au-delà de la part déductible.
À la sortie en capital, les versements déduits sont imposés au barème et les gains au PFU de 31,4 %. L'opération est la plus rentable quand la tranche d'entrée dépasse celle attendue à la retraite.
5. Pour qui le levier est décisif
Professions libérales, gérants majoritaires, artisans et commerçants dont le bénéfice dépasse 1 PASS : c'est au-dessus de 48 060 € que le second étage de 15 % s'active. Plus le bénéfice monte vers 384 480 €, plus l'écart avec le plafond d'un salarié se creuse.
Le versement se pilote avec le prévisionnel : estimer le bénéfice en novembre, verser en décembre, ajuster l'année suivante. Un travailleur non salarié qui verse un montant fixe chaque année, sans recalcul, laisse une partie de son enveloppe inutilisée dès que son bénéfice progresse.
Questions fréquentes
Quel est le plafond PER maximum d'un travailleur non salarié en 2026 ?
88 911 €, atteint pour un bénéfice de 384 480 €, soit 8 PASS. Le plancher est de 4 806 €.
Le plafond se calcule-t-il sur le chiffre d'affaires ?
Non. Sur le bénéfice imposable de l'année : BIC, BNC ou rémunération de gérant majoritaire.
Comment sont imposés les versements à la sortie ?
En capital, les versements déduits sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu et les gains au PFU de 31,4 %.
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